L’armée belge crée une division unique pour accompagner la mise en place de ses futures capacités

photo Christian Decloedt, Malek Azoug/BE Defence

Les divisions Doctrines and Requirements du département d’état-major Opérations et Entraînement et Defense Development du département d’état-major Stratégie ont fusionné au mois de mai dernier pour créer la division Integrated Capability Management (ICM), chargée d’accompagner les transformations des capacités de l’armée belge dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique.

Le dernier numéro de la revue Dbriefing de la Défense belge est revenu longuement sur cette nouvelle création en prenant l’exemple du SOCOM et de la mise en place de la nouvelle capacité de Forces Spéciales. Cette division est composée de 23  Capability Team (CT), une pour chaque capacité des différentes dimensions mises en place dans la vision stratégique: Terre, Air, Mer, Information, Protection et Appui (médical et logistique). Chaque Capability Team a plusieurs axes de travail: doctrine, organisation, training, matériel, leadership, personnel, facilités et interopérabilité. Les membres de chaque Capacibility Team sont un haut-gradé de la capacité concernée, des représentants du département d’état-major Opérations et entraînement, de la Direction générale des Ressources Matérielles (DG MR) et de la Direction générale des Ressources Humaines (DG HR).

La division Integrated Capability Management (ICM) devra ensuite présenter ses résultats et faire des propositions au Capability Transformation Steering Group (CTSG), pilotée par le vice-commandant en chef de la Défense et qui comprend des représentants de tous les départements d’état-major, des directions générales et des différentes composantes. La division ICM est commandée par le colonel Ray De Loose qui vient de la Composante Air.

Pour en savoir plus: http://magazines.mil.be/division-integrated-capability-management/?lang=fr

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Remplacement des blindés : La Belgique choisit officiellement le programme français Scorpion

un piranha du 1/3 Lanciers (photo BE Defense)

Le ministre de la Défense Steven Vandeput a annoncé dans un communiqué de presse que la Belgique avait choisi le programme français Scorpion pour le remplacement de la capacité motorisée de la Composante Terre. Ce choix était attendue depuis quelques semaines et a été donc officialisé par le gouvernement belge.

La Belgique va acheter de nouveaux véhicules de combat pour les forces terrestres belges, en coopération avec la France. Avec 1,1 milliard d’euros, il s’agit du plus grand programme d’investissement pour les forces terrestres dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique, indique le communiqué du ministère :« L’objectif est d’établir un partenariat fondé sur des véhicules de combat français et belges identiques. La Belgique et la France auront, entre autres, une organisation commune et la formation, l’entraînement et le soutien logistique seront organisés conjointement. »

Ces nouveaux véhicules de combat sont actuellement développés dans le programme français Scorpion et prendront la place des véhicules de combat type Piranha et Dingo actuels. 60 véhicules de combat médians du type ‘’Jaguar’’ et 417 véhicules de combat légers de type ‘’Griffon’’ seront achetés, les moyens de communication ainsi que les pièces de rechange étant compris. Ces véhicules seront les véhicules de base pour la capacité motorisée interarmes de la Défense belge et seront également utilisés dans une version médicale et de reconnaissance. L’entrée en service des véhicules est prévue dans la période 2025-2030 et il est prévu de commencer déjà à court terme avec le développement du partenariat étroit avec la France.

Le ministre Steven Vandeput lance son premier projet pilote de privatisation au Quartier Hemptinne à Heverlee

photo RTL-Info
photo RTL-Info

Le Conseil des ministres a approuvé vendredi la procédure de marché public pour l’externalisation du service de garde du Quartier Hemptinne à Heverlee. Ce marché public a pour but de faire assurer le service de garde par une firme privée de gardiennage avec la mise en place de personnel et de moyens techniques (caméras, systèmes de détection et de contrôle d’accès). C’est le premier projet pilote d’outsourcing lancé par le ministre Steven Vandeput dans le cadre de la vision stratégique.

La vision stratégique du ministre Vandeput prévoit le passage d’une armée de 30.000 à 25.000 hommes avec une baisse évolutive jusqu’en 2030. Le recours à des partenaires privés ou publics va compenser cette perte de 5.000 hommes. Dans un communiqué, le ministre rappelle que: »l’externalisation de tâches de soutien permettra à la Défense de se concentrer sur son cœur de métier », précisant: « Laissez faire la garde par un partenaire privé signifie que plus de soldats sont disponibles pour les opérations, tandis que les coûts pour la garde baisseront. »  L’outsourcing concerne des métiers de cuisine, horeca, la protection de caserne. La vision stratégique souligne toutefois que le coût sera élevé pour le démarrage de ces initiatives. Il se chiffrerait à quelque dizaines de millions d’euros.

La Défense fait déjà appel à des prestations de services venant du marché civil pour les services facilitaires (maintenance d’installations techniques, le nettoyage, l’entretien de jardin), la « flotte blanche » (Airbus A321), le transport commercial (taxis à Bruxelles, leasing de véhicules utilitaires), développement de software, matériel informatique, les soins de santé primaire, ainsi que l’entretien (navires, avions et véhicules utilitaires).

Dans cette optique de sous-traitance, le ministère de la Défense voulait lancer plusieurs projets pilotes au cours de la première moitié de l’année 2017 pour un coût de 3 millions d’euros avec l’objectif d’en tirer des enseignements d’ici 2018. Le service de garde du Quartier Hemptinne en est le premier. Le contrat aura une durée de quatre ans avec une prolongation possible d’un an. En cas de succès, la privatisation du service de garde pourrait être étendue à d’autres quartiers.

Le Quartier Hemptinne accueille plusieurs unités de la Composante Terre: les Special Forces Group (SF Gp), le bataillon de Chasseurs à Cheval (ISTAR), l’Information Operations Group. Le 30 novembre 2015, une intrusion y avait été constatée avec la découverte d’un dispositif explosif (bouteilles de type « cocktail Molotov ») à proximité de véhicules militaires, provoquant une brève évacuation et l’intervention des services de déminage.

Le 12/13 de Ligne intègre la Brigade Médium

Le lieutenant-colonel Manuel Monin, chef de corps du 12/13 de Ligne lors de la cérémonie militaire d'accueil (photo Brigade Médium)
Le lieutenant-colonel Manuel Monin, chef de corps du 12/13 de Ligne, lors de la cérémonie militaire d’accueil (photo Brigade Médium)

Depuis le 1er janvier 2017, le bataillon d’infanterie légère le 12/13ème de Ligne a intégré la Brigade Médium. La cérémonie militaire d’accueil avait lieu le 27 janvier dernier à Bourg-Léopold au quartier général de la Brigade Médium. C’est le premier pas vers la prochaine réorganisation de la Composante Terre dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique du ministre Vandeput.

La Brigade Médium est désormais composée de 3 bataillons de manœuvre médians et de 2 bataillons de manœuvre légers. Le 12/13ème de Ligne rejoint ainsi le bataillon Carabiniers Prince Baudouin-Grenadiers, le bataillon Libération-5 de Ligne, le bataillon de Chasseurs Ardennais et le 1/3 bataillon de Lanciers. Dans la vision stratégique du ministre Vandeput, la Composante Terre doit se doter d’une capacité motorisée interarmes construite autour de 5 bataillons de manœuvre motorisés, qui seront équipés de manière uniforme et complète, avec des éléments combat support (artillerie, génie, ISTAR), des éléments combat service support (logistique, appui médical, moyens de commandement et de communication). La Belgique a l’ambition de fournir de façon illimitée un Battlegroup interarmes de 800 à 1.200 hommes pour des opérations de gestion de crise. La vision stratégique met l’accent sur le concept interarmes, qui doit permettre un déploiement rapide avec une meilleure efficacité.

Depuis 2011, le 12/13 de Ligne faisait partie de la Brigade légère. L’année 2011 avait vu également de profonds changements au sein de la Composante Terre avec la dissolution de la 7ème brigade de Marche-en-Famenne et d’autres unités dans le cadre du plan de « finalisation de la transformation » du ministre de la Défense de l’époque, Pieter de Crem. Les deux brigades actuelles de la Composante Terre avaient été créées à cette époque. Dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique du ministre Vandeput, la Brigade légère va également connaître des transformations avec le renforcement des Forces Spéciales et la création d’une capacité SOF (Special Operations Forces).

L’avenir de la Composante Médicale devrait se dessiner en 2017

Photo Peter Leduc/BE Defense
Photo Peter Leduc/BE Defense

Des quatre Composantes de l’armée belge, la Composante Médicale est sans doute la moins connue et la plus discrète. Avec un peu moins de 2000 hommes, elle est la plus petite avec une proportion de 5,4% au sein de la Défense. Avec la mise en place de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput, elle devrait connaitre de profonds bouleversements. Beaucoup de spéculations ont circulé lors de cette fin d’année 2016 au sein du Département. 2017 devrait permettre d’y voir un peu plus clair à moins que les annonces soient encore retardées.

Le cas de l’Hôpital Militaire Reine Astrid de nouveau sur la table

L'Hôpital Militaire Reine Astrid le jour des attentats du 22 mars (photo BE Defense)
L’Hôpital Militaire Reine Astrid le jour des attentats du 22 mars (photo BE Defense)

En 2016, la Composante Médicale aura été mise à rude contribution avec les attentats du 22 mars et aura joué pleinement son rôle. L’Hôpital Militaire Reine Astrid en est un symbole. Il a accueilli un tiers des victimes des attentats, une situation inédite à laquelle le personnel a su faire face et s’adapter. Pourtant des spéculations demeurent autour de son avenir et ce n’est pas la première fois. En 2014, il était déjà question dans la presse d’une privatisation au point que l’ancien commandant de la Composante Médicale, le Médecin Général-Major Geert Laire, avait produit un document pour défendre l’Hôpital, demandant une rentabilisation des moyens. La vision stratégique prévoit une rationalisation du coût de fonctionnement global de 20 à 25% avec l’étude de cinq business models. On se dirigerait vers une collaboration interdépartementale et civilo-militaire renforcée. Il devrait rester un élément central de la médecine militaire. Il possède un Centre des grands brûlés à la réputation internationale. En novembre 2015, ce Centre avait accueilli 8 patients roumains du grave incendie de la discothèque, qui avait fait 32 morts et 90 blessés. Pour cette action, il avait reçu la plus haute distinction roumaine.  Les résultats d’un audit indépendant devaient être disponibles fin 2016 mais ils ne sont pas encore arrivés.

Le 1er EMI défilant le jour de la Fête Nationale le 21 juillet 2016 (photo Composante Médicale)
Le 1er EMI défilant le jour de la Fête Nationale le 21 juillet 2016 (photo Composante Médicale)

Le cas emblématique du 1er EMI

La plus grosse polémique de cette fin d’année a été la non-annonce de la fermeture du 1er EMI (Élément Médical d’Intervention) de Lombardsijde par manque d’officiers pour mi-2017 dans une note interne en date du 28 octobre 2016 qui a fuité.  Cette note interne a été mise en ligne sur le site du député Écolo Wouter De Vriendt. Certains syndicats ont dénoncé une décision arbitraire prise dans le dos des principaux intéressés. La nouvelle a provoqué une vive inquiétude au sein du personnel de l’unité concernée. Le ministre Steven Vandeput a dû apporter une clarification, apportant plus largement une vision d’ensemble sur la situation de la Composante Médicale. Un manque d’officiers va bientôt se faire sentir. Des mesures ont été prises dans le recrutement mais leurs effets ne se feront sentir qu’en 2030. Pour compenser ce manque, la Défense fait pour l’instant appel à des médecins civils contractuels. La situation sera particulièrement difficile pour le 1er EMI mi-2017 mais il n’est pas question d’une fermeture collective, simplement d’une réorganisation. Cette unité est importante comme soutien médical aux deux Composantes Terre et Marine en Flandre Orientale et en Flandre Occidentale. Cette note, qui n’était en fait qu’une proposition stratégique interne, n’aurait jamais dû être rendue publique et il y a eu une faille. Sa diffusion en dit long sur l’inquiétude du personnel médical militaire alors qu’une réorganisation globale se profile.

Photo BE Defense
Photo BE Defense

Vers la disparition de la Composante Médicale en tant que telle

Dans les changements au sein de la Défense qui se profilent pour 2030, la Composante Médicale ne va pas disparaître mais se dissoudre dans les autres « dimensions » (nouveau nom donné au composante), avec l’apparition d’une dimension renseignement-cyber-influence à part entière. Elle se retrouve dans le commandement et l’appui opérationnel. Désormais, elle va s’articuler autour de trois grands piliers d’organisation : un pilier opérationnel appelé « capacités » (62% de la capacité médicale totale), un pilier de mise en condition centralisé pour la préparation médicale des troupes et un pilier de support aux différentes activités médicales. Des coopérations sont possibles sur le plan national, renforçant le soutien à la sécurité intérieure. La Défense belge réfléchit également à une meilleure coopération au niveau européen et en premier lieu le Benelux. Ses effectifs vont diminuer autour des 1755 ETP, prenant un peu plus d’importance au sein d’une Défense de 25000 ETP (7%). Actuellement la Composante Médicale est soumise à un audit global. Les conclusions de cet audit sont attendues pour mi-2017. De là devraient découler les premiers choix dans sa réorganisation.

Toutefois, les premiers changements notables ne devraient pas intervenir avant 2021. L’inquiétude reste présente au sein d’une Composante en plein doute face à la restructuration annoncée. Son commandant, le Médecin Général-major Pierre Neirinckx, a rassuré et remotivé ses troupes fin novembre dans un communiqué qui confirmait également la mauvaise ambiance : « De nombreuses études sont en cours, et des rumeurs ou des fuites mal intentionnées d’une petite partie de ces analyses créent malheureusement encore plus de frustration et de doutes. (…) Ne baissez pas les bras, soignez vos patients, entraînez-vous, et restez fiers de ce que vous êtes capables de faire pour la Santé de nos militaires ! » En attendant les premières décisions, il demande à son personnel de faire confiance à la hiérarchie.

 

L’armée belge inquiète sur la mise en place réelle de la vision stratégique

crédit-photo Belga
crédit-photo Belga

La réforme de la pension militaire, annoncée au mois d’octobre par le gouvernement et qui avait provoquée colère et incompréhension dans les rangs de l’armée belge, semble mettre véritablement mettre un frein à la mise en place de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput de quoi donner raison aux craintes du général Marc Compernol. Après les beaux espoirs du début de mandat, certaines inquiétudes justifiées commencent à poindre.

Des achats ont pris du retard

Au début du mois de novembre, le  journal L’Écho soulignait très justement que l’appel d’offres du gouvernement pour le remplacement des F-16 se faisait attendre. Ce fameux appel d’offres, tant attendu par les constructeurs, devait être lancé avant Noël pour que le gouvernement Charles Michel puisse prendre sa décision avant la fin de son mandat. Il s’est fait attendre tout le mois de novembre et celui de décembre…en vain. La Libre Belgique a confirmé cette semaine qu’il n’interviendrait pas avant 2017. En cause ? La fameuse réforme de la pension qui a retardé la rédaction du cahier des charges. Les autres achats de matériel militaire semblent également gelés en attendant d’en savoir plus sur les modalités de la réforme, qui doit rentrer en vigueur à partir de 2018.

L’exemple du passé

Le général Marc Compernol avait déjà fait part de ses craintes devant la commission de la Défense nationale à la Chambre. Il estime que la réforme va coûter dans 3,1 milliards d’euros et qu’elle pourrait anéantir la vision stratégique. Dans l’éditorial du dernier numéro du mois de décembre de la Revue Militaire Belge, l’ancien général de brigade Jo Coelmont se montre aussi très pessimiste, se basant sur des exemples passés:« Nous ne pouvons oublier que tous les plans stratégiques ayant précédé celui-ci ont capoté étant donné que – à peine approuvés – le budget de la Défense fut systématiquement érodé lors du premier ajustement budgétaire semestriel qui suivit. Il importe maintenant de mettre fin à cette « habitude ». » Pour lui, il faut éviter que la Défense ne soit amenée en unité de « soins palliatifs » et elle doit absolument relever le défi de surmonter les difficultés:« Nous n’avons pas le droit d’échouer. Nous ne pouvons en effet pas nous le permettre. »

La loi de programmation militaire recalée par le Conseil d’État

Le dernier avis juridique du Conseil d’État, qui a recalé la loi de programmation de militaire, n’est pas là pour rassurer les militaires même si le ministre de la Défense a voulu relativiser. Cette loi était simplement là pour amener plus de clarté mais elle ne change en rien les investissements militaires décidés. Le  Directeur Général des Ressources Matérielles, le Général-major Thijs, qui a reçu dernièrement le syndicat PROdef.be, confirme qu’il a fallu encaisser cette nouvelle et que rien empêche les prochains gouvernements de « détricoter » la vision stratégique. Toutefois, il sera difficile de recaler les achats bilatéraux mais pour le reste, rien est certain. Dans ses vœux de fin d’année, Steven Vandeput ne dit pas vraiment autre chose: » Après des décennies d’âpres économies, nous avons décidé de travailler avec le gouvernement afin de réaliser de gros investissements », tout en ajoutant plus loin, « Les investissements prévus dans notre département ne sont naturellement pas un bien acquis ».

Le site Le Vif parle d’« une grosse claque à la suédoise » pour évoquer l’avis juridique du Conseil d’État sur la loi de programmation militaire et se montre très critique. Avec la réforme de la pension, les investissements décidés par le gouvernement Michel ne sont plus aussi certains malgré la volonté affichée du ministre Steven Vandeput. Cette situation n’est pas là pour rassurer les militaires belges, déjà très inquiets pour leur avenir.

 

[PERSPECTIVE] Quel visage pour l’armée belge en 2017 ?

photo Défense belge
photo Défense belge

En 2017, de nouveaux défis vont se présenter pour l’armée belge avec la mise en place progressive de la vision stratégique pour 2030. L’armée belge commence sa mutation. Tour d’horizon sur les principaux enjeux.

Un effectif en légère baisse

Comme le veut la Constitution, le gouvernement a fixé le nombre du contingent pour 2017. Le nombre maximum de militaires mobilisables a été fixé à 30.130 et devra être atteint au mois de mars. Dans les faits, l’armée belge va descendre en-dessous des 30.000 avec 29.980 militaires du cadre actif et élèves. Elle va recruter 1.160 militaires en 2017 avec une augmentation prévue les deux années suivantes (1.285 en 2018 et 1.410 en 2019) pour compenser les départs à la pension prévus au nombre de 1.709. Le but est d’atteindre progressivement 25.000 ETP dont 1.000 civils. La création du nouveau corps de sécurité entretient également le flou. 150 militaires pourraient partir pour l’intégrer. L’armée aurait alors la possibilité d’engager 285 militaires. Il en est de même pour l’élargissement des missions des sociétés de sécurité et la fin de la période d’attente de 3 ans pour les militaires voulant les intégrer. Des militaires pourraient se tourner vers le privé. D’autre part, la Défense va lancer plusieurs projets pilotes de privatisation en 2017.Cette expérimentation menacerait quelque 5 000 équivalents temps plein selon les syndicats.

photo Belga
photo Belga

Pas de grand bouleversement budgétaire

L’impact de la vision stratégique sera encore réduit pour 2017. Le gouvernement ne prévoit pas d’augmentation du budget de la Défense avant 2018/19. Le budget ne devrait donc pas trop bouger mais il va falloir tenir compte de la réforme du régime de la pension. Dans les documents officiels sur la vision stratégique, le budget des pensions est stable jusqu’en 2030 avec une très légère augmentation. La réforme devrait bouleverser ses chiffres. Il est également prévu la livraison de matériel militaire à hauteur de 5 millions d’euros. Pour respecter la trajectoire budgétaire 2017-2019, la Défense a budgétisé 400.000 jours d’entraînement intensif pour l’ensemble des activités d’entraînement. Par ailleurs, le gouvernement a décidé d’augmenter  légèrement le budget des opérations de 69 à 73 millions d’euros.

photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

Une présence sur tous les théâtres d’opération

Pour 2017, les deux grosses opérations de l’armée belge resteront l’Irak et le Mali. Les F-16 belges achèveront leur mission en Jordanie au mois de juillet 2017. La Belgique fournira ensuite un détachement de 30 militaires pour la protection des avions de chasse néerlandais. En plus des 13 instructeurs déjà présents en Irak, l’armée belge va envoyer 30 militaires pour former les équipes A&A (Advice and assist) en collaboration avec les Pays-Bas.  Le gouvernement a également décidé de maintenir les 175 militaires belges au Mali jusqu’à mi-2018. L’Afghanistan n’est pas non plus à négliger puisque 75 militaires seront toujours présents dans le cadre de la mission Resolute Report de l’OTAN.  L’Europe de l’Est fera aussi partie des opérations internationales. La Belgique fournira une compagnie de transport d’environ 90 militaires entre février et fin 2017 au sein du Battle Group allemand déployé en Lituanie. La Composante Marine sera mise en contribution dans la mer Baltique dans des missions de déminage et dans la mer Méditerranée avec l’opération EUNAVFOR Med.

photo Défense belge
photo Défense belge

Quid de Vigilant Guardian ?

C’est l’inconnu. Au mois de novembre, le gouvernement a décidé de baisser progressivement le nombre des militaires dans la rue. Ils sont passés de 1.828 à 1.250. Il était même prévu que le nombre passe à 1.089 militaires lors d’une phase ultérieure mais pour l’instant ce n’est toujours pas le cas. Il faudra attendre fin décembre pour savoir combien de militaires seront déployés au mois de janvier. La création d’un nouveau corps de sécurité (genre de garde nationale) est dans les papiers du gouvernement et devrait être mis en place en 2017. Mais pour l’instant, rien ne dit qu’il sera opérationnel avant 2018. La mission des militaires dans la rue durera sans doute encore un an. L’opération Vigilant Guardian va continuer de peser sur la Composante Terre.

Les défis restent nombreux pour une armée belge en mutation mais qui restera présente sur les différents théâtres d’opération. 2017 sera une année de transition en attendant la réelle mise en place de la vision stratégique. Il faudra également suivre le dossier de la réforme des pensions et l’avancée de la première loi de programmation militaire à la Chambre bloquée pour l’instant par l’opposition.

La Défense organise un grand débat interne sur ses perspectives pour 2030

crédit-photo Belga
crédit-photo Belga

La Défense va organiser un grand débat interne sur ses perspectives pour 2030 dans le but de répondre aux interrogations de son personnel dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput. Le ministère veut donner la possibilité à chaque militaire de s’exprimer et d’apporter une critique constructive au texte. 

La franchise sera le mot-clé de ce débat. « Nous vous invitons à en parcourir le texte sur www.vandeput.fgov.be avec un certain esprit critique. Aujourd’hui, nous souhaitons littéralement en débattre avec vous« , peut-on lire sur le site de la Défense. Le débat aura lieu le le lundi 16 janvier 2017 à 14 heures dans les locaux de l’École Royale Militaire et est uniquement ouvert aux militaires et au personnel civil de la Défense. Les questions aux réponses seront apportées par le ministre de la Défense Steven Vandeput et le chef de la Défense le général Marc Compernol.

L’ensemble du personnel a jusqu’à aujourd’hui pour poser ses questions en ligne sur le site de la Défense. Certains pourront même les poser en direct s’ils le souhaitent. Afin de canaliser le débat, la Défense a choisi plusieurs axes de questions: personnel, pension et recrutement; budget et matériel; opérations et entraînement; stratégie et politique; casernes; les quatre composantes et la nouvelle dimension ICI (Intelligence, Cyber & Influence). Un choix sera fait selon la pertinence des questions avec sans aucun doute un rapprochement si certaines ont des similitudes.

Très critiqué depuis quelques semaines sur le dossier des pensions, le ministre Steven Vandeput entend donner la parole à son personnel, faisant preuve d’ouverture. Les questions ne vont pas manquer dans cette période d’incertitude pour les militaires belges quant à leur avenir.

 

L’avant-projet de loi de programmation militaire présenté au Conseil des Ministres

16-rue-de-la-loiLe Conseil des ministres a approuvé jeudi l’avant-projet de loi de programmation militaire, qui vise à « bétonner » pour les prochaines législatures les investissements de 9,4 milliards d’euros en matériels majeurs (avions de combat, frégates, véhicules blindés, …) décidés par le gouvernement, a-t-on appris auprès de la Défense.

Le principe d’une telle loi de programmation militaire – une première en Belgique – était inscrit dans la déclaration gouvernementale afin de financer les grands programmes d’armement prévus dans la « vision stratégique » qui dessine les contours de l’armée belge à l’horizon 2030. Ce plan, préparé par le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), avait finalement été approuvé en juin dernier et prévoit une réduction de format des forces armées de 32.000 personnes (civils et militaires) à 25.000.

La future loi couvrira les futurs investissements dans les dimensions Terre, Air, Maritime et Renseignement/Cyber/Influence qui seront payés durant la période 2020-2030, pour un montant estimé à 9,2 milliards d’euros (en euros constants de 2015). S’y ajoute un montant de 200 millions d’euros durant cette législature, déjà accordé à la Défense pour des achats urgents.

Ce ministère justifie la nécessité d’une loi de programmation par le caractère « inter-générationnel » des investissements en matière de défense, qui requiert une « vision à long terme » pour assurer la « stabilité nécessaire » – alors que les programmes d’armement s’étalent souvent sur plus d’une décennie.

En prévoyant de consacrer 9,2 milliards d’euros – plus les 200 autres millions – à des investissements majeurs, comme 34 nouveaux avions de combat, deux frégates, six chasseurs de mines, six drones, des véhicules de combat motorisés et des canons lourds, le gouvernement souhaite ramener la Belgique « dans le peloton » des pays européens en matière de dépenses de défense pour « rester un partenaire fiable ». Il prévoit donc une augmentation d’ici 2030 de ces dépenses, pensions comprises, à 1,3% du PIB, alors qu’elles sont tombées à un minimum historique de 0,9%, là où l’OTAN réclame 2% de ses Etats membres.

La philosophie du plan réside dans l’acquisition de capacités dans quatre « dimensions » (Terre, Air, Mer et Cyber) pour consolider l’acquis tout en renonçant à certaines capacités de moindre utilité et remédier à des lacunes existant aussi bien à l’OTAN qu’au sein de l’Union européenne, comme le renseignement avec des drones ou des satellites, les forces spéciales et, éventuellement la défense contre des missiles balistiques.

Source Belga