Un dispositif plus mobile pour Vigilant Guardian à partir du mois d’octobre

Des Chasseurs Ardennais en opération Vigilant Guardian à Bruxelles en septembre 2017 (crédit-photo Bordi/BE DG-Com)

Le dispositif de l’opération Vigilant Guardian sera plus mobile à partir du mois d’octobre. L’éventualité était évoquée depuis plusieurs mois mais sans mise en pratique réelle. Le commandant de la Composante Terre, le général-major Marc Thys, en faisait une priorité pour rendre plus efficace Vigilant Guardian et réduire son effectif.  Au début du mois, le ministre Steven Vandeput a expliqué que le dispositif serait plus dynamique à partir du 15 septembre. Sa mise en place ne sera finalement effective qu’à partir du mois d’octobre.

Ce changement dispositif a été évoqué par la Défense lors de son point de presse mensuel des opérations. Les militaires ne seront plus en surveillance statique devant des bâtiments mais patrouilleront désormais par groupe minimum de quatre au lieu de deux comme c’était le cas jusqu’ici. La capacité de réserve va également évoluer afin de permettre des engagements plus flexibles.

L’engagement maximum de militaires dans cette opération est de 1250 hommes mais leur nombre n’est pas fixe. D’ailleurs sur la dernière mise à jour de la carte récapitulative des opérations sur le site de la Défense, leur nombre est passé à 980 plus les 63 hommes de l’opération Spring Guardian.

 

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L’armée belge travaille sur la mise en place d’une réserve opérationnelle

Du 28 au 30 août, des réservistes du 12/13 de Ligne ont effectué une période d’entrainement et de qualification aux Techniques de Tirs de Combat (TTC) au camp d’Elsenborn (crédit-photo Marc Ganser – LtBn 12/13Li-IPR)

La réserve est un domaine délaissé depuis quelques années par la Défense belge. On compte actuellement environ 5800 réservistes au sein de l’armée belge mais seulement 1200 sont entraînés et engageables sur le terrain.  Peu valorisée avec un statut pas très clair parfois, la réserve manque d’attractivité auprès des civils et des employeurs ainsi que d’une réelle plus-value militaire. Dans sa vision stratégique, le ministre Steven Vandeput a décidé de lui redonner un second souffle et de moderniser son fonctionnement avec la mise en place d’une vraie réserve opérationnelle composée d’environ 7 compagnies d’infanterie légère. Le 12/13ème de Ligne s’est porté volontaire en tant que projet-pilote. Explications.

Un projet-pilote débuté en 2016

Dès 2016 et la présentation de la vision stratégique, le 12/13ème de Ligne a travaillé sur la création d’une compagnie de réserve au sein de son bataillon. « Nous avons toujours eu à cœur d’utiliser au mieux les réservistes qui étaient dédiés au bataillon. À l’Avant-Garde, le 12/13ème de Ligne a saisi la balle au bond avec le projet du ministre et a proposé à l’état-major un projet-pilote. Ce projet se fait en parallèle des études de l’état-major et vise surtout à alimenter ce dernier avec des problèmes, défis, solutions bien concrètes venant du terrain », explique son chef de corps le lieutenant-colonel Manuel Monin. Le premier rappel officiel de cette nouvelle compagnie de réserve a eu lieu en juin dernier.

Mise en place d’une 4ème compagnie de réserve: son entraînement et ses futures missions

Du 28 au 30 août, des réservistes du 12/13 de Ligne ont effectué une période d’entrainement et de qualification aux Techniques de Tirs de Combat (TTC) au camp d’Elsenborn (crédit-photo Marc Ganser – LtBn 12/13Li-IPR)

Cette toute nouvelle compagnie, pour l’instant intégrée au bataillon en tant que 4ème compagnie, est composée actuellement d’une cinquantaine de personnes. Ce sont uniquement des réservistes déjà engagés qui en font partie mais le bataillon espère en recruter de nouveaux en 2018. L’encadrement est constitué de réservistes issus de la milice ainsi que d’anciens militaires de carrière engagés dans la réserve. Tout nouvellement créée, cette compagnie de réserve effectue une remise à niveau d’ensemble de techniques indispensables: tirs, premiers soins, maîtrise de la violence, tactique de base etc… Des rappels de trois jours ont lieu tous les deux-trois mois avec pour but un engagement au sein de l’opération Vigilant Guardian en 2018. Avant d’être déclarée opérationnelle, elle devra recruter et attendre que l’état-major ait clairement défini le concept global de ces nouvelles compagnies de réserves avec un statut bien défini. Ses missions seraient les suivantes: sécurité du territoire, aide à la Nation, protection de QG, missions protocolaires, forces ennemies lors d’exercices d’entraînement.

Le major Dohogne est à la tête de cette nouvelle compagnie de réserve

Du 28 au 30 août, des réservistes du 12/13 de Ligne ont effectué une période d’entrainement et de qualification aux Techniques de Tirs de Combat (TTC) au camp d’Elsenborn (crédit-photo Marc Ganser – LtBn 12/13Li-IPR)

La 4ème compagnie de réserve du 12/13ème de Ligne est sous le commandement du major Dohogne, fortement investi dans le projet. « Né aux confins même de la bataille des Ardennes, j’ai été marqué par l’esprit de corps et la confiance durant mes premiers mois d’affection au régiment.  L’armée belge a besoin d’une réserve formée et efficace prête à soutenir les unités d’active. Dans le contexte actuel sécuritaire en Belgique et dans le monde, il est nécessaire de créer un lien fort entre la Défense et la Nation et d’inspirer et montrer aux jeunes le devoir, l’éthique, le patriotisme et les valeurs de notre pays », explique-t-il. Le major connait bien le bataillon puisqu’après avoir fait l’école d’Infanterie, il est affecté en mars 1991 comme chef de peloton d’infanterie blindée au 12ème de Ligne de la 7ème brigade mécanisée. « C’est un honneur pour moi de faire partie de ce projet. La confiance, que m’a accordée ma hiérarchie pour mener à bien le projet, est un signe de reconnaissance de mes qualités militaires acquises au fil des entraînements et démontrées au fil des missions auxquelles j’ai participé », confie-t-il. « Le projet du ministre est un nouveau tournant pour l’évolution de la Réserve de notre pays, à l’image de ce qui se passe chez nos voisins comme la France par exemple.  Dans un premier temps, on va redéfinir un contingentement de réserve opérationnelle, puis dans un deuxième temps, structurer la sélection, le recrutement et la formation pour répondre aux besoins actuels de notre Défense, et enfin dans un troisième temps, être prêt à s’adapter à l’évolution sécuritaire intérieure et extérieure aux côtés de notre Défense », ajoute-t-il.

Un détachement composé uniquement de réservistes a défilé le 21 juillet 2017 (photo BE Défense)

Un autre projet-pilote devrait voir le jour en Flandre au sein d’une unité du camp Bervelo. Signe que l’armée belge accorde une nouvelle attention à sa réserve, un détachement de réservistes a défilé pour la première fois le 21 juillet dernier. Des éléments de nouvelle compagnie de réserve du 12/13ème de Ligne seront d’ailleurs également présents à la cérémonie d’investiture du nouveau chef de corps du bataillon comme compagnie complètement intégrée au bataillon. La modernisation de la réserve militaire belge était impérative au risque de tomber en désuétude. Elle arrive au bon moment alors que l’armée belge est engagée dans l’opération Vigilant Guardian sur le territoire national belge.

 

Le nouveau corps de sécurité pas pleinement opérationnel avant 2019

Des militaires de la Composante Air en opération Vigilant Guardian en 2016 (photo Composante Air)

Le nouveau corps de sécurité de 1.600 hommes, qui doit permettre de soulager l’opération Vigilant Guardian et la Police fédérale, ne sera pas pleinement opérationnel avant janvier 2019 comme l’a indiqué le ministre de l’Intérieur Jan Jambon en commission. Au départ dans l’avant-projet de loi présenté par le gouvernement au mois de mai de dernier, un déploiement progressif était prévu courant 2017 mais cela ne sera pas le cas. Le ministre confirme ainsi des informations parues dans les médias ces derniers mois. 

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon a indiqué que le projet de loi serait discuté en commission le 20 septembre prochain. La direction Surveillance et Protection (DSP) dépendra directement de la direction de la Sécurisation (DAB) au sein de la Police fédérale. Les premières formations destinées aux agents de sécurité sont prévues au début de mars 2018 et le premier engagement opérationnel en septembre 2018. Elle ne sera pleinement opérationnelle qu’en 2019. En premier lieu, les hommes de la DSP seront chargés de la sécurisation des sites nucléaires, de l’aéroport de Bruxelles et d’une partie de l’exécution des tâches de la police des cours et tribunaux. Sur le plus long terme, ils devraient même se charger du transfèrement de détenus pour soulager la police locale. Le ministre n’a pas donné plus d’indication sur les modalités de recrutement, ce nouveau corps devant comprendre notamment des militaires volontaires.

Il faudra attendre avant de voir en quoi consiste concrètement ce nouveau corps de sécurité, qui s’apparente plus à une police parallèle. En tout cas, l’information du ministre Jan Jambon confirme que l’opération Vigilant Guardian continuera au moins jusqu’en 2019. Dernièrement, le commandant de la Composante Terre le général-major Marc Thys a expliqué au Standaard que les militaires se préparaient à rester dans les rues jusqu’en 2020.

Exercice grandeur nature pour les para-commandos belges au Gabon

Des paras du 3ème bataillon lors de l’exercice Tropical Storm 2015 (photo Brigade légère)

À partir d’aujourd’hui et jusqu’au 15 octobre, environ 800 militaires belges vont s’entraîner lors d’un exercice grandeur nature intitulé Tropical Storm au Gabon pendant un mois. La majorité des troupes de cet exercice interarmes seront fournies par les para-commandos.

« Une attention particulière de l’exercice se focalisera autour des opérations spéciales et des tactiques spécifiques des para-commandos dans les conditions climatologiques propres à l’Afrique », a précisé la Défense dans un communiqué. Les unités para-commandos de la Brigade légère doivent former la nouvelle capacité de forces spéciales de l’armée belge comme voulue dans la vision stratégique du ministre Steven Vandeput. Les Composantes Air et Médicale seront en appui des unités de la Composante Terre et travailleront leurs spécificités dans des conditions tropicales. Des militaires gabonais seront également associés à cet exercice. L’armée française assurera un appui logistique. Tropical Storm sera l’occasion pour l’armée belge de préparer au mieux ses missions en Afrique.

Cet exercice sera aussi exceptionnel par le matériel engagé avec un premier déploiement de NH-90 à l’étranger en vue de leur probable projection au Mali en 2018: 3 avions de transport C-130, 2 hélicoptères A-109 et 2 hélicoptères NH-90.

L’armée belge avait déjà effectué un exercice de cet ampleur au Gabon et au Congo fin 2015. Des militaires luxembourgeois y avaient également pris part.

Engagée sur de nombreuses missions depuis 2015 en plus de l’importance prise par l’opération Vigilant Guardian, l’armée belge n’a plus l’occasion de faire régulièrement des exercices d’une telle ampleur.

Les militaires de l’opération Vigilant Guardian à l’honneur du défilé du 21 juillet

Les différents porte-drapeaux des unités engagées dans l’opération Vigilant Guardian le 23 mars dernier lors de la cérémonie de passation de commandement de la Composante Terre (crédit-photo Malek Azoug/BE Defense)

Pour la Fête Nationale, la Défense belge a décidé de mettre à l’honneur les militaires de l’opération Vigilant Guardian, opération désormais à part entière de l’armée belge qui mobilise quelques 1250 militaires plus 150 en réserve prêts à être déployés en cas de crise. Un détachement composé de militaires des Composantes Terre, Air et Médicale défileront pour le 21 juillet. Seule la Composante Marine ne participe pas à cette opération.

« La Défense et la Composante Terre en particulier sont très fières d’avoir pu assurer la sécurité de la population. Il ne faut cependant pas oublier qu’un militaire doit être aguerri à des tâches et missions beaucoup plus complexes se déroulant sur des théâtres d’opération étrangers », explique la Défense dans un communiqué pour expliquer ce choix. Au départ, seules les unités de combat de la Composante Terre ont pris part à cette opération mais l’armée a été obligée d’élargir son vivier à des unités d’appui comme la logistique, les transmissions ainsi qu’aux deux autres Composantes Air et Médicale. La Défense précise même que des volontaires de différents états-majors y participent après avoir suivi un entraînement spécifique dans le but d’alléger certaines unités.

Il ne faut pas non plus oublier l’opération Spring Guardian, qui vise à protéger les installations nucléaires belges et qui est moins médiatisée. Elle mobilise toujours 63 militaires.

Dans le courant de l’année 2017, la Défense belge a mis en valeur les militaires de l’opération Vigilant Guardian lors de cérémonies. Le Général-major Jean-Paul Deconinck, aujourd’hui commandant de la MINUSMA et ancien chef de la Composante Terre, avait tenu à mettre l’accent sur les militaires de Vigilant Guardian lors de la cérémonie de passation le 23 mars dernier pour les remercier de leur engagement continu depuis 2015.

Les Carabiniers-Grenadiers en partance pour le Mali pour une mission de six mois

Le lieutenant-colonel Lieven Geeraert à la tête de ses hommes (photo 1C/1Gr)

Le bataillon 1 Carabiniers – 1 Grenadiers de Bourg-Léopold va être déployé au Mali à partir de juillet pour une mission de six mois. La mission va concerner une centaine de militaires avec une rotation.

Bataillon d’infanterie légère de 400 hommes, le 1C/1GR n’avait plus  participé à une opération extérieure de cette importance depuis 2015 où il avait été déployé au Mali durant le premier trimestre. Comme les autres unités de combat de la Composante Terre, il est lourdement mis à contribution depuis avril 2015 sur le territoire belge dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian à Anvers et Bruxelles, obligeant le bataillon à annuler plusieurs exercices d’entraînement de longue durée. Le bataillon va donc retrouver une mission plus classique pendant six mois, une mission qui lui a permis de participer à nouveau à des exercices de grande ampleur à l’étranger, une première depuis deux ans.

Le 1C/1GR va déployer au Mali deux compagnies ainsi que des sous-officiers et des officiers de l’État-Major. La 1ère Compagnie de combat va assurer la mission de protection de l’EUTM Mali entre mi-juillet et mi-octobre. La 2ème Compagnie de combat prendra ensuite la relève jusqu’à mi-janvier 2018. Les officiers et sous-officiers de l’État-Major, dont leur commandant le lieutenant-colonel Lieven Geeraert, vont participer à la mission en principe pour une durée de six mois.

Cette mission a nécessité une préparation intense pour le bataillon durant les trois derniers mois en commençant d’abord par un entraînement spécifique en unité avant de participer à deux grands exercices à l’étranger afin d’évaluer et d’approfondir les compétences techniques et tactiques nécessaires pour cette opération. C’est ainsi que durant le mois d’avril, 270 militaires du bataillon se sont entraînés à la Courtine en France avant de participer à un exercice de la Brigade Médiane à Grafenwöhr en Allemagne du 5 au 15 juin. En Allemagne, les deux compagnies de combat ont passé avec succès leur exercice de certification finale avant leur déploiement au Mali.

 

Le commandant du bataillon, le lieutenant-colonel Lieven Geeraert, se dit confiant pour cette mission l’une des plus importantes de la Composante Terre à l’étranger: » Je suis très fier de mes hommes et femmes. Ils ont parcouru avec succès une préparation longue et intensive et sont prêts à partir. La mission, comme toute mission à l’étranger, n’est pas sans danger mais notre bonne préparation, notre matériel de qualité et la motivation de nos jeunes militaires font en sorte que ce danger est fortement moindre. J’ai pleine confiance en mes compagnies ! Je les suivrai de tout près durant cette mission. » Les Carabiniers-Grenadiers vont retrouver au Mali leur ancien commandant, le général de brigade Laurent Bart qui sera le commandant de l’EUTM Mali à partir du 12 juillet.

 

Tentative d’attentat à Bruxelles : le professionnalisme des militaires de Vigilant Guardian unanimement salué

Des Chasseurs Ardennais en opération Vigilant Guardian à Bruxelles en juin 2017 (photo Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais)

Mardi soir, des militaires belges de l’opération Vigilant Guardian ont abattu un homme qui a provoqué une explosion mineure dans la gare Centrale de Bruxelles. 

Caractère inédit de la situation, c’est la première fois que des militaires de l’opération Vigilant Guardian faisaient usage de leurs armes contre un individu en train de commettre un attentat. Le Parquet a précisé qu’au vu des éléments, les règles d’engagement avaient été respectées, une information confirmée par le ministre Steven Vandeput qui a toutefois voulu les garder secrètes. Cette intervention s’est faite sans victime collatérale et aucune précision n’a été donnée sur le nombre de balles tirées par le militaire qui a abattu Oussama Z. Selon différents éléments recoupés ici et là les militaires, qui sont intervenus, faisaient partie des Chasseurs Ardennais même si aucune communication n’a été faite à ce sujet que ce soit par la Défense ou la presse.

Ce mercredi 21 juin 2017, le Chef de la Défense accompagné du Ministre de la Défense et du Commandant de la Composante…

Posted by Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais on Wednesday, June 21, 2017

Ce mercredi 21 juin 2017, le Chef de la Défense accompagné du Ministre de la Défense et du Commandant de la Composante…

Publié par Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais sur mercredi 21 juin 2017

Si cet action n’empêchera pas un débat légitime sur l’utilité ou pas des militaires dans la rue et l’opération Vigilant Guardian, l’action des militaires de Vigilant Guardian aura été unanimement saluée par les politiques et les citoyens sur les réseaux sociaux. Une belle image pour l’armée belge !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le gouvernement lance le processus de création du nouveau corps de sécurité

Lors d’un Conseil des ministres, le gouvernement belge a approuvé l’avant-projet de loi pour la création de la direction de la Sécurisation (DAB) au sein de la Police fédérale, un nouveau corps de sécurité qui doit permettre le désengagement progressif des militaires dans la rue.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon avait annoncé en octobre 2016 la création d’une « garde nationale » pour suppléer l’opération Vigilant Guardian, qui pèse lourdement sur l’armée belge et notamment la Composante Terre. Le projet avait pris un peu de retard mais le processus législatif est désormais bien engagé. L’avant-projet de loi, qui doit attendre l’avis du Conseil d’État, est présenté conjointement par Jan Jambon, ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Koen Geens, ministre de la Justice et Steven Vandeput, ministre de la Défense.

photo Daniel Orban/Défense belge

Ce nouveau corps de sécurité aura un effectif de 1.600 hommes. Le recrutement se fera dans trois services précis: des fonctionnaires du Corps de Sécurité, des militaires en service actif revêtus d’un grade de volontaire ou de sous-officier qui se portent candidats et sont retenus, et des membres du personnel de Brussels Airport Company revêtus de la fonction d’inspecteur de l’inspection aéroportuaire. L’effectif sera composé en grande partie d’agents de sécurisation qui seront employés, des membres du cadre opérationnel à part entière, formés avec un nouveau grade et avec certaines compétences policières. La DAB sera chargée de la surveillance de plusieurs lieux stratégiques: les palais royaux, les infrastructures du SHAPE et de l’OTAN, les institutions internationales et européennes, les bâtiments des autorités nationales et internationales, les sites nucléaires, les cours et les tribunaux ainsi que l’aéroport de Bruxelles.

Le gouvernement précise que ce nouveau corps de sécurité doit permettre à la Police fédérale de dégager un maximum de capacité policière tant au niveau local qu’au niveau fédéral et de se réinvestir dans ses missions centrales. La DAB sera d’ailleurs également chargée de l’exécution de la sécurisation ponctuelle des opérations de police et, en ordre subsidiaire, des escortes. Mais l’autre objectif de départ était également de suppléer Vigilant Guardian même si le gouvernement parle désormais d’un désengagement partiel des militaires avec un équipement et des véhicules de transport adaptés pour cette opération. Le gouvernement prévoit le déploiement progressif de la Direction de Sécurisation courant 2017.

Le coût de Vigilant Guardian s’élève à un peu plus de 100 millions d’euros depuis 2015

Les premiers Chasseurs Ardennais de l’opération Vigilant en mission à Bruxelles le 17 janvier 2015 (photo Daniel Orban / BE Defense)

Le coût de l’opération Vigilant Guardian s’élève à un peu plus de 100 millions d’euros depuis son lancement le 17 janvier 2015 selon des chiffres fournis par le ministre Steven Vandeput aux députés de la Commission de la Défense. Le chiffre exact arrêté au 18 avril 2017 est de 100.289.000 d’euros. Son coût est supporté en grande partie par le ministère de l’Intérieur. 

Le ministre a par ailleurs indiqué que le dispositif avait évolué depuis son lancement et que le chiffre actuel de 1250 militaires déployés variait selon les endroits et les événements à couvrir. Le dispositif est désormais plus dynamique. En plus de la Composante Terre, deux autres Composantes sont concernées par l’opération: l’Air et la Médicale. Seule la Marine n’y participe pas. Depuis l’année dernière, d’autres unités que des unités de combat au sens strict sont mobilisées comme la logistique et les transmissions.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon veut lancer un cors de sécurité spécifique ou « garde nationale » qui doit remplacer les militaires dans la rue. Mais le projet prend pour l’instant du retard et les syndicats militaires ne l’espèrent pas avant 2019 voire plus tard s’il n’est pas mis en place par la législature actuelle.

 

Attentat ou conducteur fou à Anvers : l’action décisive des militaires de l’opération Vigilant Guardian ?

Jeudi en fin de matinée, un conducteur fou sous l’influence de l’alcool et de la drogue a tenté de foncer sur la foule à Anvers sur la principale artère commerçante. Différentes armes ont été découvertes dans le coffre de la voiture: des armes blanches, un riot gun et un bidon contenant un produit encore indéterminé. Pour l’instant la police ne privilégie aucune thèse entre l’attentat et le dealer voulant éviter un contrôle après l’attentat de Londres.

Même si cela n’a pas été spécialement relevé par la presse, les militaires de l’opération Vigilant Guardian ont été les premiers à remarquer la présence du véhicule fou et à tenter de l’intercepter sans faire usage de leurs armes apparemment. Le conducteur s’enfuit alors sur les quais où il est arrêté par l’équipe d’intervention rapide de la police d’Anvers. Si les militaires n’ont pas réussi à stopper la voiture, ils ont été les premiers sur les lieux à agir et à influer sur le cours de la situation en avertissant rapidement la police de quoi conforter certains dans le déploiement de militaires dans la rue s’il s’avérait que c’était bien une tentative d’attentat.

L’opération Vigilant Guardian a d’ailleurs été renforcée avec l’envoi de militaires supplémentaires à Anvers dans les lieux les plus fréquentés. Il faut rappeler que dans les effectifs de l’opération Vigilant Guardian, on compte une capacité de réserve de 150 hommes immédiatement opérationnelle qui doit justement servir dans ce genre de situation.