Exercice grandeur nature pour les para-commandos belges au Gabon

Des paras du 3ème bataillon lors de l’exercice Tropical Storm 2015 (photo Brigade légère)

À partir d’aujourd’hui et jusqu’au 15 octobre, environ 800 militaires belges vont s’entraîner lors d’un exercice grandeur nature intitulé Tropical Storm au Gabon pendant un mois. La majorité des troupes de cet exercice interarmes seront fournies par les para-commandos.

« Une attention particulière de l’exercice se focalisera autour des opérations spéciales et des tactiques spécifiques des para-commandos dans les conditions climatologiques propres à l’Afrique », a précisé la Défense dans un communiqué. Les unités para-commandos de la Brigade légère doivent former la nouvelle capacité de forces spéciales de l’armée belge comme voulue dans la vision stratégique du ministre Steven Vandeput. Les Composantes Air et Médicale seront en appui des unités de la Composante Terre et travailleront leurs spécificités dans des conditions tropicales. Des militaires gabonais seront également associés à cet exercice. L’armée française assurera un appui logistique. Tropical Storm sera l’occasion pour l’armée belge de préparer au mieux ses missions en Afrique.

Cet exercice sera aussi exceptionnel par le matériel engagé avec un premier déploiement de NH-90 à l’étranger en vue de leur probable projection au Mali en 2018: 3 avions de transport C-130, 2 hélicoptères A-109 et 2 hélicoptères NH-90.

L’armée belge avait déjà effectué un exercice de cet ampleur au Gabon et au Congo fin 2015. Des militaires luxembourgeois y avaient également pris part.

Engagée sur de nombreuses missions depuis 2015 en plus de l’importance prise par l’opération Vigilant Guardian, l’armée belge n’a plus l’occasion de faire régulièrement des exercices d’une telle ampleur.

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La Belgique va acquérir 199 véhicules blindés légers pour ses Forces Spéciales

Dessin conceptuel du Light Troop Transport Vehicle

Après l’accord conclu avec la France pour l’achat de 477 véhicules blindés pour la Composante Terre, la Belgique va acquérir 199 nouveaux véhicules blindés du type Light Troop Transport Vehicle  avec des ‘mission modules’ et des systèmes (d’armes) connexes pour un coût de 63,3 millions d’euros pour ses Forces Spéciales, a annoncé le ministre Steven Vandeput dans un communiqué. Le gouvernement belge a marqué ce vendredi son accord pour le lancement de procédure de marché public. La livraison est prévue à partir de 2019 jusqu’à 2021.

Cet achat s’inscrit dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput et du renforcement de la capacité des Forces Spéciales, les deux bataillons de paracommandos, prenant la dénomination « Ranger » (SFSG: Special Support Forces Group) pour évoluer en soutien. Des structures de commandement SOF spécialisées nationales et internationales  comme le SOCOM seront également développées. Les véhicules, qui vont être commandées, serviront donc aux Forces Spéciales mais également aux paracommandos.

Ces nouveaux véhicules blindés légers doivent permettre à la capacité SOF de se déployer rapidement, de manière autonome et flexible. La flexibilité sera renforcée par l’utilisation de différents modules de mission (SF, para-commando, en différentes versions, dont un module ambulance) qui peuvent être montés sur un LTTV, ensemble avec un armement pouvant être adapté. Cet armement comprendra des mitrailleuses légères et lourdes, des lance-grenades et des systèmes de lance-pots fumigènes. Ces LTTV auront la possibilité d’être transportés dans les actuels C-130 de la Composante Air et les futurs A400M.

Les LTTV vont remplacer les Unimogs non-blindés actuels. La protection standard balistique contre des balles, des grenades, des mines et des bombes d’accotement sera renforcée par des kits balistiques supplémentaires qui font également partie de cette acquisition. Cet achat est complémentaire de celui des Rapid Reaction Vehicles blindés déjà décidé en 2015 et dont la livraison doit commencer dans la première moitié de 2018. De plus, le ministre Steven Vandeput souhaite également acquérir quatre avions-SOF spécialisés dans la période 2025-2027.

« Cette acquisition correspond au processus de ma vision stratégique de renforcer la capacité Special Operations Forces de la Défense belge, tel qu’également demandé par l’OTAN », a indiqué le ministre de la Défense, Steven Vandeput, dans un communiqué.

 

Le reportage sur les Forces Spéciales sur la RTBF le 14 mai

photo SF Gp Belgique

En novembre 2016, les SF Gp annonçaient la diffusion d’un reportage exceptionnel de six épisodes avec des images inédites sur la chaîne flamande VTM. Le tournage du reportage avait duré deux ans. La particularité de ce reportage, en plus de son caractère inédit, est le mélange d’images d’archives avec des images récentes.

D’abord annoncée en janvier puis avril 2017 sur la chaîne francophone de la RTBF, la première partie du reportage sera diffusée le dimanche 14 mai à 20H55 sur la Une de la RTBF. Dans cette première partie, seront évoquées l’évacuation des ressortissants belges du Rwanda en 1994 après l’assassinat des dix paras belges et une mission en Afrique avec une assistance à une ambassade en zone de conflit.

Le reportage sera présenté et commenté par  Justine Katz, journaliste de la RTBF spécialisée dans le terrorisme.

Vers la mise en place du « SOCOM » en collaboration avec les Pays-Bas et le Danemark

photo SF Gp
photo SF Gp

La Belgique, les Pays-Bas et le Danemark ont signé aujourd’hui une Lettre d’Intention pour la formation conjointe d’une Composite Special Operations Component (C-SOCC et SOCOM). Il s’agit d’une contribution importante à une critique lacune capacitaire livrée à l’OTAN. Ce C-SOCC offre un « command & control » pour les Special Forces, en particulier pour le Response Force de l’OTAN (NRF), régulièrement en pénurie. Il doit être également expéditionnaire. Les trois pays verseront chacun un tiers à l’initiative.

L’implication de la Belgique dans un SOCOM européen fait partie de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput, qui accorde une place importante aux Forces Spéciales. En parallèle avec la mise en place du SOCOM, la Belgique  contribuera en permanence avec des instructeurs à l’International Special Training Centre (ISTC) à Pfullendorf en Allemagne. Ce centre entraîne les Special Forces des pays membres de l’OTAN dans des domaines spécialisés. Les instructeurs belges y collaborent avec leurs homologues allemands, américains, danois, grecs, italiens, néerlandais, norvégiens et turcs.

Par ces implications, la Défense belge veut s’ancrer dans une capacité européenne de Forces Spéciales.

Petite précision: Le C-SOCC est un état-major opérationnel multinational  alors que le SOCOM est une structure de mise en condition. Les deux sont indissociables dans la vision stratégique. L’un n’ira pas sans l’autre.

Le ministre Steven Vandeput lance son premier projet pilote de privatisation au Quartier Hemptinne à Heverlee

photo RTL-Info
photo RTL-Info

Le Conseil des ministres a approuvé vendredi la procédure de marché public pour l’externalisation du service de garde du Quartier Hemptinne à Heverlee. Ce marché public a pour but de faire assurer le service de garde par une firme privée de gardiennage avec la mise en place de personnel et de moyens techniques (caméras, systèmes de détection et de contrôle d’accès). C’est le premier projet pilote d’outsourcing lancé par le ministre Steven Vandeput dans le cadre de la vision stratégique.

La vision stratégique du ministre Vandeput prévoit le passage d’une armée de 30.000 à 25.000 hommes avec une baisse évolutive jusqu’en 2030. Le recours à des partenaires privés ou publics va compenser cette perte de 5.000 hommes. Dans un communiqué, le ministre rappelle que: »l’externalisation de tâches de soutien permettra à la Défense de se concentrer sur son cœur de métier », précisant: « Laissez faire la garde par un partenaire privé signifie que plus de soldats sont disponibles pour les opérations, tandis que les coûts pour la garde baisseront. »  L’outsourcing concerne des métiers de cuisine, horeca, la protection de caserne. La vision stratégique souligne toutefois que le coût sera élevé pour le démarrage de ces initiatives. Il se chiffrerait à quelque dizaines de millions d’euros.

La Défense fait déjà appel à des prestations de services venant du marché civil pour les services facilitaires (maintenance d’installations techniques, le nettoyage, l’entretien de jardin), la « flotte blanche » (Airbus A321), le transport commercial (taxis à Bruxelles, leasing de véhicules utilitaires), développement de software, matériel informatique, les soins de santé primaire, ainsi que l’entretien (navires, avions et véhicules utilitaires).

Dans cette optique de sous-traitance, le ministère de la Défense voulait lancer plusieurs projets pilotes au cours de la première moitié de l’année 2017 pour un coût de 3 millions d’euros avec l’objectif d’en tirer des enseignements d’ici 2018. Le service de garde du Quartier Hemptinne en est le premier. Le contrat aura une durée de quatre ans avec une prolongation possible d’un an. En cas de succès, la privatisation du service de garde pourrait être étendue à d’autres quartiers.

Le Quartier Hemptinne accueille plusieurs unités de la Composante Terre: les Special Forces Group (SF Gp), le bataillon de Chasseurs à Cheval (ISTAR), l’Information Operations Group. Le 30 novembre 2015, une intrusion y avait été constatée avec la découverte d’un dispositif explosif (bouteilles de type « cocktail Molotov ») à proximité de véhicules militaires, provoquant une brève évacuation et l’intervention des services de déminage.

Le premier reportage télévisé sur les Forces Spéciales belges en avril 2017 sur la RTBF

capture bande-annonce VTM
capture bande-annonce VTM

En novembre 2016, les SF Gp annonçaient la diffusion d’un reportage exceptionnel de six épisodes avec des images inédites sur la chaîne flamande VTM. Le tournage du reportage avait duré deux ans. La particularité de ce reportage, en plus de son caractère inédit, est le mélange d’images d’archives avec des images récentes.

Ce reportage devait être diffusé au mois de janvier sur la RTBF pour les francophones. Les SF Gp ont annoncé hier que la diffusion n’aurait lieu qu’au mois d’avril 2017. Il faudra donc encore patienter.

Un livre-album exceptionnel sur les 75 ans des Forces Spéciales belges sortira au mois de mars 2017

© BEL SF Gp
© BEL SF Gp

L’Amicale des Belgian SAS va sortir sur un livre inédit sur l’histoire des Forces Spéciales belges (SF Gp) pour leurs 75 ans. Rencontre avec le lieutenant-colonel Tom Bilo, président du comité de rédaction. 

En 2017, les Forces Spéciales belges (SF Gp) vont être à l’honneur dans un livre illustré qui va retracer leur histoire, commencée il y a 75 ans. Elles ont fait leur apparition durant la période troublée de la Seconde Guerre mondiale et n’ont jamais cessé d’exister depuis malgré des évolutions. C’est l’amicale des Belgian SAS, créée il y a quatre ans, qui a décidé de se lancer dans ce vaste projet pour rendre hommage à ces hommes d’élite à travers ce travail de mémoire à dimension historique.

Une Amicale à l’origine du projet 

Lancée en 2013, l’amicale des Belgian SAS regroupe des proches des premiers SAS ainsi que quelques anciens des para-commandos et forces spéciales. Elle s’est créée autour de cette volonté commune de rendre hommage aux SAS et à ceux qui les ont suivis sous d’autres appellations pour que les faits d’armes de ces combattants de l’ombre ne tombent pas dans l’oubli. L’idée de départ était de faire un reportage-vidéo mais comme les sources audiovisuelles étaient rares, les membres de l’association ont opté pour la formule du livre. « Tous, ils se sont donné à fond pendant des années pour rédiger ce livre album qui a pour but de maintenir vivant le souvenir de ces êtres exceptionnels qui leur étaient chers », explique le lieutenant-colonel Tom Bilo, président de l’Amicale et du comité de rédaction.

Un véritable travail de recherche historique à grande échelle

Pour mener à bien le projet, les membres du comité de rédaction se sont répartis les tâches. Certains ont eu la responsabilité de rédiger les textes, d’autres étaient en appui pour la recherche historique, l’adaptation de cartes ou la collecte de photos en rapport avec l’ouvrage. Une autre équipe de bénévoles s’est même chargée de la traduction, un travail indispensable. Pour la partie historique plus ancienne, le comité de rédaction s’est appuyé sur des anciens livres déjà publiés sur le sujet ainsi que sur des mémoires inédites des SAS de la première heure comme celles du colonel Blondeel, dont le neveu est vice-président de l’Amicale. Les textes sur les unités spéciales plus récentes ont été écrits par des ex-membres de ces unités, qui se sont fait aider par d’anciens collègues en pratiquant de nombreuses interviews. Dans la majorité des cas, les personnes interrogées ont collaboré avec enthousiasme au projet. C’est un travail de titan qui a été mené par l’association au cours de ces quatre années pour élaborer ce livre historique inédit.

 Jeeps SAS belges pendant la reconquête des Pays-Bas (Collection musée Pegasus, Diest)
Jeeps SAS belges pendant la reconquête des Pays-Bas (Collection musée Pegasus, Diest)

Un livre historique inédit 

« La particularité du livre est que c’est la première fois que cette histoire des forces spéciales est racontée de leurs débuts jusqu’à la situation actuelle : 75 ans d’histoire. C’est aussi la première fois que l’histoire des unités d’après-guerre est publiée de façon aussi documentée sous forme de livre. », estime le lieutenant-colonel Tom Bilo. La première partie, qui retrace l’histoire des premiers SAS belges, est assez volumineuse. Il faut dire que leur parcours est assez chaotique mais également riche de leur arrivée en Angleterre à travers des périples divers et variés à leur entraînement sur le sol britannique et leur participation à différentes opérations en Normandie, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Dans une seconde partie est racontée l’histoire inédite des unités spéciales qui leur ont succédé : les Équipes spéciales de reconnaissance, le Détachement LRRP et le Groupe des Forces spéciales (SF Gp). Rien est laissé au hasard dans le livre qui sera une véritable fresque historique.

Après quatre ans de travail acharné, le livre est désormais dans sa phase finale de conception. Il va paraître au mois de mars 2017 et servira de référence historique non seulement pour la Défense mais aussi pour un public plus large comme les historiens par exemple. Il sera présenté le 31 mars 2017 au Château de Belœil pour les 50 ans de l’Amicale Nationale Para-Commando en présence de toutes les Amicales Para-Commandos de Belgique et de nombreuses autorités civiles et militaires. Un événement exceptionnel pour un livre exceptionnel et inédit !

Le livre est disponible à la commande au prix de 60€ (édition classique) ou 135€ (édition de luxe limitée) sur le site de l’Amicale des Belgian SAShttp://www.belgian-sas.be/boutique.html

image002Deux questions d’actualité au lieutenant-colonel Tom Bilo, ancien chef de corps des SF Gp de 2011 à 2014

On remarque une nouvelle exposition médiatique sur les forces spéciales belges avec la série de reportages exceptionnels sur VTM et bientôt la RTBF ou encore la sortie de votre livre même si moins grand public. Est-ce positif pour l’image des forces spéciales dans l’opinion publique qui peut mieux percevoir leur mission et leur utilité ?

Très certainement ! L’inconvénient des forces spéciales est qu’elles ont un devoir de réserve et de discrétion. Ceci engendre naturellement une méconnaissance de ces unités avec pour effet non seulement certains préjugés mais également des difficultés au niveau du recrutement. Le fait de s’ouvrir au grand public à travers les médias devrait donc avoir un effet positif à plusieurs égards : une meilleure compréhension du rôle des forces spéciales en général et un attrait plus grand encore au niveau du recrutement.

Vous qui avez été le commandant des SF Gp, comment voyez-vous aujourd’hui le futur et les prochains défis des SF Gp dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique ?

Actuellement, nous sommes occupés à créer, un peu à l’image du COS en France, un commandement belge des opérations spéciales, regroupant un état-major, le SF Gp et les capacités para-commandos. Les unités para-commandos seront ainsi réorientées vers le domaine des opérations spéciales.

Ce nouveau commandement permettra de mieux faire face aux nombreux défis qui nous attendent. Nous allons non seulement intensifier nos collaborations avec les partenaires internationaux, mais nous allons aussi consolider les liens que nous avons avec les autres acteurs de la sécurité en Belgique. Au niveau militaire, ce nouveau commandement veillera aussi à améliorer l’interaction des forces spéciales avec d’autres capacités provenant d’armes ou de forces différentes, comme le renseignement, l’aviation, les capacités canines ou encore les démineurs de combat. C’est un défi d’envergure qui demandera de nombreux investissements en personnel et en moyens ainsi qu’une bonne touche de créativité, de communication et de persuasion, mais au final ce sera une très belle contribution à la sécurité de notre pays et des alliances dont nous faisons partie.

Merci au lieutenant-colonel Tom Bilo pour son aimable disponibilité.