Opération Desert Falcon : Quatre F-16 belges en Irak jusqu’en décembre 2017

photo Défense belge

Le gouvernement Charles Michel a annoncé jeudi soir la prolongation de la mission de quatre F-16 belges en Irak, qui doit être officialisée lors du prochain conseil des ministres.

Depuis la fin de l’année 2016, les Pays-Bas avaient annoncé qu’ils ne pourraient pas prendre la succession de la Belgique avant janvier 2018. Depuis la Belgique étudiait à donner une nouvelle forme à l’opération Desert Falcon, la prolongation de la mission n’étant pas budgétée, ou bien à la prolonger purement et simplement. En commission de la Défense ce mercredi, le ministre Steven Vandeput avait laissé entendre que la mission des F-16 belges serait prolongée alors qu’ils devaient rentrer normalement en Belgique fin juin.

Le premier ministre Charles Michel a indiqué jeudi soir à l’agence Belga que le gouvernement avait trouvé un accord pour prolonger la mission de quatre F-16 belges en Irak jusqu’à la fin de l’année. Les deux autres F-16 devraient donc rentrer au pays. Selon le ministre Steven Vandeput, le prolongement de la mission devrait coûter environ 23 millions d’euros brut à la Belgique. En contrepartie, les Pays-Bas vont continuer à fournir le détachement de protection du contingent belge en Jordanie et assurer la protection de l’espace aérien du Benelux jusqu’à la fin de l’année sans discontinuité. D’autres contreparties sont à l’étude mais elles ne seront pas d’ordre financière.

 

Opération Desert Falcon : Les F-16 belges ont utilisé des bombes de l’armée américaine en Irak

crédit-photo BE Defence/Malek Azoug

Dans un rapport parlementaire publié au mois de mars sur l’audition du commandant de la Défense le général Marc Compernol en commission de la Défense le 23 novembre dernier, on apprend que les F-16 belges de l’opération Desert Falcon ont utilisé des bombes de l’armée américaine en Irak et en Syrie.

En réponse aux questions des députés sur l’action des F-16 belges dans la coalition internationale contre l’EI, le général Marc Compernol a indiqué que la livraison des bombes pour les F-16 belges basés en Jordanie méritait une attention particulière. Les stocks ne sont plus gérés par la Défense belge tout comme pour les Pays-Bas et le Danemark (pays qui a mis fin à l’engagement de ses F-16 au sein de la coalition internationale en décembre dernier) par exemple, des pays qui ne peuvent plus continuer à le faire à leur niveau. En raison de la longueur des délais de livraison, l’armée belge a dû utiliser des bombes de l’armée américaine.

En mars 2016, le gouvernement belge a approuvé l’achat de bombes GBU-39 A/B «Small Diameter Bomb» (SDB) de 250 livres (environ 125 kg), un achat direct aux États-Unis. Ces bombes, dotées d’une charge deux ou quatre fois moindres que les actuelles bombes en service – de 1.000 ou de 250 kg, doivent réduire les risques de dommages collatéraux. En raison des délais de livraison, la Défense belge ne pourra en disposer que vers fin 2017.

Le 20 mars dernier, le ministre Steven Vandeput et des membres de la commission Défense se sont rendus en Jordanie pour visiter la base belgo-néerlandaise qui abrite les F-16 en partance quotidienne pour des missions en Irak et en Syrie. La barre des 7.000 heures de vol des F-16 belges depuis octobre 2014 et le début de l’opération a été franchie ce jour-là . Au cours de l’opération Desert Falcon actuelle, entamée en juillet 2016, les Belges ont effectué 326 missions, soit environ 3 400 heures de vol. Parmi celles-ci, 45% se composait de missions « cinétiques », jargon militaire signifiant que des bombes ont été larguées sur des objectifs. La plupart de ces missions, quelque 80%, ont eu lieu en Irak.

Les F-16 belges vont quitter la Jordanie le 30 juin prochain et ne seront pas remplacés par les Hollandais. Suivant la décision que le gouvernement prendra, ils pourraient faire leur retour en janvier 2018. Un semestre de déploiement de F-16 coûte à la Belgique environ 23 millions d’euros.

Des F-16 belges interceptent un avion civil indien dans l’espace aérien néerlandais

photo Défense belge

Deux F-16 belges ont intercepté aujourd’hui un avion civil indien au-dessus de l’espace aérien néerlandais. C’est la première intervention du QRA (Quick Reaction Alert), au-dessus du territoire néerlandais, depuis le début des accords entre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

La patrouille belge, qui a effectué cette interception, est partie depuis la base de Florennes. Les interceptions au-dessus des Pays-Bas sont dirigées depuis l’AOCS de Nieuw-Milligen. L’ordre de décoller a été donné à 10H44. Les deux F-16 belges ont quitté la piste pour l’interception à 10H53. L’interception du Boeing 787-800 d’Air India, qui ne répondait plus aux injonctions du contrôle aérien au-dessus du territoire allemand, a été effectuée à 11H14. Un contact visuel a été établi entre les pilotes belges et ceux de l’avion civil, victime d’un souci technique indéterminé. Les F-16 belges ont escorté l’avion civil jusque dans l’espace aérien britannique et l’ont laissé poursuivre en route vers Londres.

Depuis le début des accords du traité Renegade en janvier 2017, les F-16 belges et néerlandais veillent en alternance sur l’espace aérien du Benelux. Les F-16 belges ont pris la première rotation de six mois. Les Néerlandais prendront le relais au mois de juin prochain.

C’est la deuxième interception effectuée par les F-16 belges cette semaine après celle de l’avion civil hongrois mardi dernier. La Défense belge a précisé que c’était exceptionnel. En 2016, la procédure QRA a été appliquée six fois et les F-16 belges ont décollé à quatre reprises pour des interventions (scrambles).

La Belgique et les Pays-Bas ont collaboré à la construction d’une nouvelle piste d’obstacles pour les troupes irakiennes

Un militaire belge en Irak (photo d'illustration)
Un militaire belge en Irak (photo d’illustration)

L’info était passée inaperçue mais la Belgique et les Pays-Bas ont collaboré à la construction d’une nouvelle piste d’obstacles pour les troupes irakiennes fin 2016. C’est ce que nous apprend le magazine de la Défense D-Briefing tout nouvellement numérisé et consacré à l’opération Valiant Phoenix, l’autre opération militaire belge en Irak consacré à la formation des troupes irakiennes depuis 2015. 

Le 1er novembre 2016, le général-major irakien Falah Hassan, commandant de la Counter Terrorism Service Academy à Bagdad, a signé avec les représentants néerlandais et belges un accord pour l’aménagement d’une nouvelle piste d’obstacles. Si les Néerlandais ont apporté leur appui financier, la Belgique est intervenu à deux niveaux dans ce projet : un officier de réserve a dessiné les plans de la piste et un « géniaque » a supervisé les travaux exécutés par une firme de construction irakienne.

La nouvelle piste comprend une vingtaine d’obstacles respectant évidemment les normes de sécurité. Quatre ont été récupérés de l’ancien parcours, les 16 autres étaient neufs.

En 2017, la Belgique et les Pays-Bas vont renforcer leur collaboration en Irak sur le plan de la formation militaire.

Vers la mise en place du « SOCOM » en collaboration avec les Pays-Bas et le Danemark

photo SF Gp
photo SF Gp

La Belgique, les Pays-Bas et le Danemark ont signé aujourd’hui une Lettre d’Intention pour la formation conjointe d’une Composite Special Operations Component (C-SOCC et SOCOM). Il s’agit d’une contribution importante à une critique lacune capacitaire livrée à l’OTAN. Ce C-SOCC offre un « command & control » pour les Special Forces, en particulier pour le Response Force de l’OTAN (NRF), régulièrement en pénurie. Il doit être également expéditionnaire. Les trois pays verseront chacun un tiers à l’initiative.

L’implication de la Belgique dans un SOCOM européen fait partie de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput, qui accorde une place importante aux Forces Spéciales. En parallèle avec la mise en place du SOCOM, la Belgique  contribuera en permanence avec des instructeurs à l’International Special Training Centre (ISTC) à Pfullendorf en Allemagne. Ce centre entraîne les Special Forces des pays membres de l’OTAN dans des domaines spécialisés. Les instructeurs belges y collaborent avec leurs homologues allemands, américains, danois, grecs, italiens, néerlandais, norvégiens et turcs.

Par ces implications, la Défense belge veut s’ancrer dans une capacité européenne de Forces Spéciales.

Petite précision: Le C-SOCC est un état-major opérationnel multinational  alors que le SOCOM est une structure de mise en condition. Les deux sont indissociables dans la vision stratégique. L’un n’ira pas sans l’autre.

Une trentaine de militaires belges du 11ème Génie participent au grand exercice de l’OTAN Bison Drawsko

photo PAO Bison Drawsko
photo PAO Bison Drawsko

Un peloton d’une trentaine de militaires belges du 11ème Bataillon Génie participe au grand exercice de l’OTAN Bison Drawsko, qui a débuté en Pologne le 11 janvier dernier.

Environ 4.500 militaires de six pays européens participent à cet exercice sous le commandement du général de brigade néerlandais Jan Swillens, commandant de la 43ème Brigade Mécanisée. Le gros des troupes est fourni par les Pays-Bas avec 3.600 hommes, les 900 autres venant de Belgique, Pologne, Allemagne, Estonie, Canada et États-Unis. Le but de cet exercice est de mener des opérations de combat sous tous ses aspects au niveau d’une brigade: franchissement d’un cours d’eau, attaque combinée de blindés, relation avec les populations, évacuation médicale par hélicoptères, maintenance des véhicules, transmissions ou bien encore guerre électronique. L’éventail est très large. Le mot d’ordre est: Ensemble nous faisons face, ensemble nous nous protégeons.

photo PAO Bison Drawsko
photo PAO Bison Drawsko

Le détachement belge, qui a rejoint la Pologne le 14 janvier, est de trente hommes. Ils proviennent tous du 11ème Bataillon Génie de Burcht, un bataillon de génie polyvalent qui a participé à des missions notamment au Liban et en Afghanistan. Ils sont intégrés dans une compagnie de génie de combat de l’armée néerlandaise. Les unités de génie des deux pays entretiennent de très bonnes relations et participent parfois à des exercices en commun. C’est dans ce cadre que le 11ème Génie a été invité à intégrer l’exercice Bison Drawsko. Géniaques belges et hollandais pourront ainsi partager leur savoir-faire  et coopérer ensemble dans cet exercice de l’OTAN de grande ampleur.

Bison Drawsko prendra fin le 27 février 2017. Cet exercice de l’OTAN veut montrer que les armées européennes avec leurs alliés américains sont capables de réagir rapidement avec efficacité et avec force à toute menace, en particulier celle sous-jacente de la Russie.

D’autres photos de l’exercice Bison Drawsko:

photo PAO Bison Drawsko
photo PAO Bison Drawsko

 

photo PAO Bison Drawsko
photo PAO Bison Drawsko

 

photo PAO Bison Drawsko
photo PAO Bison Drawsko

 

photo PAO Bison Drawsko
photo PAO Bison Drawsko

 

Un livre-album exceptionnel sur les 75 ans des Forces Spéciales belges sortira au mois de mars 2017

© BEL SF Gp
© BEL SF Gp

L’Amicale des Belgian SAS va sortir sur un livre inédit sur l’histoire des Forces Spéciales belges (SF Gp) pour leurs 75 ans. Rencontre avec le lieutenant-colonel Tom Bilo, président du comité de rédaction. 

En 2017, les Forces Spéciales belges (SF Gp) vont être à l’honneur dans un livre illustré qui va retracer leur histoire, commencée il y a 75 ans. Elles ont fait leur apparition durant la période troublée de la Seconde Guerre mondiale et n’ont jamais cessé d’exister depuis malgré des évolutions. C’est l’amicale des Belgian SAS, créée il y a quatre ans, qui a décidé de se lancer dans ce vaste projet pour rendre hommage à ces hommes d’élite à travers ce travail de mémoire à dimension historique.

Une Amicale à l’origine du projet 

Lancée en 2013, l’amicale des Belgian SAS regroupe des proches des premiers SAS ainsi que quelques anciens des para-commandos et forces spéciales. Elle s’est créée autour de cette volonté commune de rendre hommage aux SAS et à ceux qui les ont suivis sous d’autres appellations pour que les faits d’armes de ces combattants de l’ombre ne tombent pas dans l’oubli. L’idée de départ était de faire un reportage-vidéo mais comme les sources audiovisuelles étaient rares, les membres de l’association ont opté pour la formule du livre. « Tous, ils se sont donné à fond pendant des années pour rédiger ce livre album qui a pour but de maintenir vivant le souvenir de ces êtres exceptionnels qui leur étaient chers », explique le lieutenant-colonel Tom Bilo, président de l’Amicale et du comité de rédaction.

Un véritable travail de recherche historique à grande échelle

Pour mener à bien le projet, les membres du comité de rédaction se sont répartis les tâches. Certains ont eu la responsabilité de rédiger les textes, d’autres étaient en appui pour la recherche historique, l’adaptation de cartes ou la collecte de photos en rapport avec l’ouvrage. Une autre équipe de bénévoles s’est même chargée de la traduction, un travail indispensable. Pour la partie historique plus ancienne, le comité de rédaction s’est appuyé sur des anciens livres déjà publiés sur le sujet ainsi que sur des mémoires inédites des SAS de la première heure comme celles du colonel Blondeel, dont le neveu est vice-président de l’Amicale. Les textes sur les unités spéciales plus récentes ont été écrits par des ex-membres de ces unités, qui se sont fait aider par d’anciens collègues en pratiquant de nombreuses interviews. Dans la majorité des cas, les personnes interrogées ont collaboré avec enthousiasme au projet. C’est un travail de titan qui a été mené par l’association au cours de ces quatre années pour élaborer ce livre historique inédit.

 Jeeps SAS belges pendant la reconquête des Pays-Bas (Collection musée Pegasus, Diest)
Jeeps SAS belges pendant la reconquête des Pays-Bas (Collection musée Pegasus, Diest)

Un livre historique inédit 

« La particularité du livre est que c’est la première fois que cette histoire des forces spéciales est racontée de leurs débuts jusqu’à la situation actuelle : 75 ans d’histoire. C’est aussi la première fois que l’histoire des unités d’après-guerre est publiée de façon aussi documentée sous forme de livre. », estime le lieutenant-colonel Tom Bilo. La première partie, qui retrace l’histoire des premiers SAS belges, est assez volumineuse. Il faut dire que leur parcours est assez chaotique mais également riche de leur arrivée en Angleterre à travers des périples divers et variés à leur entraînement sur le sol britannique et leur participation à différentes opérations en Normandie, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Dans une seconde partie est racontée l’histoire inédite des unités spéciales qui leur ont succédé : les Équipes spéciales de reconnaissance, le Détachement LRRP et le Groupe des Forces spéciales (SF Gp). Rien est laissé au hasard dans le livre qui sera une véritable fresque historique.

Après quatre ans de travail acharné, le livre est désormais dans sa phase finale de conception. Il va paraître au mois de mars 2017 et servira de référence historique non seulement pour la Défense mais aussi pour un public plus large comme les historiens par exemple. Il sera présenté le 31 mars 2017 au Château de Belœil pour les 50 ans de l’Amicale Nationale Para-Commando en présence de toutes les Amicales Para-Commandos de Belgique et de nombreuses autorités civiles et militaires. Un événement exceptionnel pour un livre exceptionnel et inédit !

Le livre est disponible à la commande au prix de 60€ (édition classique) ou 135€ (édition de luxe limitée) sur le site de l’Amicale des Belgian SAShttp://www.belgian-sas.be/boutique.html

image002Deux questions d’actualité au lieutenant-colonel Tom Bilo, ancien chef de corps des SF Gp de 2011 à 2014

On remarque une nouvelle exposition médiatique sur les forces spéciales belges avec la série de reportages exceptionnels sur VTM et bientôt la RTBF ou encore la sortie de votre livre même si moins grand public. Est-ce positif pour l’image des forces spéciales dans l’opinion publique qui peut mieux percevoir leur mission et leur utilité ?

Très certainement ! L’inconvénient des forces spéciales est qu’elles ont un devoir de réserve et de discrétion. Ceci engendre naturellement une méconnaissance de ces unités avec pour effet non seulement certains préjugés mais également des difficultés au niveau du recrutement. Le fait de s’ouvrir au grand public à travers les médias devrait donc avoir un effet positif à plusieurs égards : une meilleure compréhension du rôle des forces spéciales en général et un attrait plus grand encore au niveau du recrutement.

Vous qui avez été le commandant des SF Gp, comment voyez-vous aujourd’hui le futur et les prochains défis des SF Gp dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique ?

Actuellement, nous sommes occupés à créer, un peu à l’image du COS en France, un commandement belge des opérations spéciales, regroupant un état-major, le SF Gp et les capacités para-commandos. Les unités para-commandos seront ainsi réorientées vers le domaine des opérations spéciales.

Ce nouveau commandement permettra de mieux faire face aux nombreux défis qui nous attendent. Nous allons non seulement intensifier nos collaborations avec les partenaires internationaux, mais nous allons aussi consolider les liens que nous avons avec les autres acteurs de la sécurité en Belgique. Au niveau militaire, ce nouveau commandement veillera aussi à améliorer l’interaction des forces spéciales avec d’autres capacités provenant d’armes ou de forces différentes, comme le renseignement, l’aviation, les capacités canines ou encore les démineurs de combat. C’est un défi d’envergure qui demandera de nombreux investissements en personnel et en moyens ainsi qu’une bonne touche de créativité, de communication et de persuasion, mais au final ce sera une très belle contribution à la sécurité de notre pays et des alliances dont nous faisons partie.

Merci au lieutenant-colonel Tom Bilo pour son aimable disponibilité.

 

 

[PERSPECTIVE] Quel visage pour l’armée belge en 2017 ?

photo Défense belge
photo Défense belge

En 2017, de nouveaux défis vont se présenter pour l’armée belge avec la mise en place progressive de la vision stratégique pour 2030. L’armée belge commence sa mutation. Tour d’horizon sur les principaux enjeux.

Un effectif en légère baisse

Comme le veut la Constitution, le gouvernement a fixé le nombre du contingent pour 2017. Le nombre maximum de militaires mobilisables a été fixé à 30.130 et devra être atteint au mois de mars. Dans les faits, l’armée belge va descendre en-dessous des 30.000 avec 29.980 militaires du cadre actif et élèves. Elle va recruter 1.160 militaires en 2017 avec une augmentation prévue les deux années suivantes (1.285 en 2018 et 1.410 en 2019) pour compenser les départs à la pension prévus au nombre de 1.709. Le but est d’atteindre progressivement 25.000 ETP dont 1.000 civils. La création du nouveau corps de sécurité entretient également le flou. 150 militaires pourraient partir pour l’intégrer. L’armée aurait alors la possibilité d’engager 285 militaires. Il en est de même pour l’élargissement des missions des sociétés de sécurité et la fin de la période d’attente de 3 ans pour les militaires voulant les intégrer. Des militaires pourraient se tourner vers le privé. D’autre part, la Défense va lancer plusieurs projets pilotes de privatisation en 2017.Cette expérimentation menacerait quelque 5 000 équivalents temps plein selon les syndicats.

photo Belga
photo Belga

Pas de grand bouleversement budgétaire

L’impact de la vision stratégique sera encore réduit pour 2017. Le gouvernement ne prévoit pas d’augmentation du budget de la Défense avant 2018/19. Le budget ne devrait donc pas trop bouger mais il va falloir tenir compte de la réforme du régime de la pension. Dans les documents officiels sur la vision stratégique, le budget des pensions est stable jusqu’en 2030 avec une très légère augmentation. La réforme devrait bouleverser ses chiffres. Il est également prévu la livraison de matériel militaire à hauteur de 5 millions d’euros. Pour respecter la trajectoire budgétaire 2017-2019, la Défense a budgétisé 400.000 jours d’entraînement intensif pour l’ensemble des activités d’entraînement. Par ailleurs, le gouvernement a décidé d’augmenter  légèrement le budget des opérations de 69 à 73 millions d’euros.

photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

Une présence sur tous les théâtres d’opération

Pour 2017, les deux grosses opérations de l’armée belge resteront l’Irak et le Mali. Les F-16 belges achèveront leur mission en Jordanie au mois de juillet 2017. La Belgique fournira ensuite un détachement de 30 militaires pour la protection des avions de chasse néerlandais. En plus des 13 instructeurs déjà présents en Irak, l’armée belge va envoyer 30 militaires pour former les équipes A&A (Advice and assist) en collaboration avec les Pays-Bas.  Le gouvernement a également décidé de maintenir les 175 militaires belges au Mali jusqu’à mi-2018. L’Afghanistan n’est pas non plus à négliger puisque 75 militaires seront toujours présents dans le cadre de la mission Resolute Report de l’OTAN.  L’Europe de l’Est fera aussi partie des opérations internationales. La Belgique fournira une compagnie de transport d’environ 90 militaires entre février et fin 2017 au sein du Battle Group allemand déployé en Lituanie. La Composante Marine sera mise en contribution dans la mer Baltique dans des missions de déminage et dans la mer Méditerranée avec l’opération EUNAVFOR Med.

photo Défense belge
photo Défense belge

Quid de Vigilant Guardian ?

C’est l’inconnu. Au mois de novembre, le gouvernement a décidé de baisser progressivement le nombre des militaires dans la rue. Ils sont passés de 1.828 à 1.250. Il était même prévu que le nombre passe à 1.089 militaires lors d’une phase ultérieure mais pour l’instant ce n’est toujours pas le cas. Il faudra attendre fin décembre pour savoir combien de militaires seront déployés au mois de janvier. La création d’un nouveau corps de sécurité (genre de garde nationale) est dans les papiers du gouvernement et devrait être mis en place en 2017. Mais pour l’instant, rien ne dit qu’il sera opérationnel avant 2018. La mission des militaires dans la rue durera sans doute encore un an. L’opération Vigilant Guardian va continuer de peser sur la Composante Terre.

Les défis restent nombreux pour une armée belge en mutation mais qui restera présente sur les différents théâtres d’opération. 2017 sera une année de transition en attendant la réelle mise en place de la vision stratégique. Il faudra également suivre le dossier de la réforme des pensions et l’avancée de la première loi de programmation militaire à la Chambre bloquée pour l’instant par l’opposition.

Belgique et Pays-Bas ont signé un premier protocole d’accord pour l’achat commun de navires

Crédits-photo: BE Defence-Malek Azoug
Crédits-photo: BE Defence-Malek Azoug

Le 30 novembre, le ministre de la Défense belge Steven Vandeput et son homologue néerlandais Jeanine Hennis-Plasschaert ont signé à Bruxelles un premier protocole d’accord pour l’achat commun de navires. Annoncée la semaine dernière dans la presse belge, la nouvelle a été officialisée par Steven Vandeput et par le ministère de la Défense des Pays-Bas.

Les deux pays vont faire l’acquisition commune de quatre nouvelles frégates et de quatre navires de lutte contre les mines, deux contrat d’un montant total de quelque quatre milliards d’euros. La Défense néerlandaise prendra en charge le dossier du remplacement des frégates, son homologue belge se chargeant quant à elle des navires de lutte contre les mines.

Selon les précisions de Steven Vandeput, l’idée est de signer le Memorandum of Understanding pour l’acquisition et les contrats y afférents en 2018. Les coûts d’acquisition pour la Belgique sont estimés à 1 milliard € pour les 2 frégates et 1 milliard € pour les 6 chasseurs de mines. Selon lui, cette signature souligne l’intention qu’ont les deux pays de continuer à coopérer dans le futur.  Jeanine Hennis-Plasschaert espère :« Que cette coopération soit une inspiration pour d’autres capacités et d’autres pays », ajoutant « Au final, notre objectif est de renforcer la force de frappe de l’Europe et aujourd’hui, dans un tel moment, pour la Belgique et les Pays-Bas, d’ajouter le geste à la parole. »

La coopération devrait se poursuivre aussi sur le terrain de la formation. Le Corps de Marine hollandais va poursuivre l’entrainement amphibie d’une ou deux compagnies des paracommandos belges. La Belgique étude aussi la possibilité de fournir une participation au Joint Support Ship Néerlandais avec, par exemple, une unité médicale belge ou un détachement hélicoptère.

La ministre Jeanine Hennis-Plasschaert se trouvait à Bruxelles pour une conférence à l’IRSD (Institut royal supérieur de Défense)  sur le thème «La coopération Benelux en matière de défense: un catalyseur pour l’intégration de la défense européenne». La Défense néerlandaise a également insisté sur la coopération militaire, qui ne cesse de s’accroître ces dernières années, entre les trois pays du Benelux. À partir du 1er janvier 2017, un autre accord va rentrer en vigueur avec la mise en place d’une rotation pour la surveillance aérienne des trois pays du Benelux.

La coopération belgo-néerlandaise dans la lutte contre l’EI va s’intensifier en Irak

photo Défense belge
photo Défense belge

Le ministère de la Défense néerlandais a annoncé jeudi que des équipes de forces spéciales néerlandaises, accompagnées de militaires belges, vont soutenir les troupes irakiennes dans leur lutte contre l’EI.

Ils formeront ensemble des équipes A&A (pour « Advise and Assist« , conseil et assistance), élargissant le mandat jusqu’ici limité à l’instruction des forces spéciales irakiennes dans un secteur hautement sécurisé de l’aéroport international de Bagdad. Ces instructeurs doivent aider les troupes irakiennes en matière de planification opérationnelle, de coordination des tirs et dans l’analyse et le traitement des expériences tirées des opérations. Les deux pays vont mettre en place une équipe de planification et de liaison mixte. Les Pays-Bas déploieront également deux drônes de surveillance Raven-UAV. Le coût supplémentaire de la mise en place des équipes A&A est estimé à 5 millions d’euros et sera partagé avec la Belgique.

Depuis mars 2015, la Belgique a un détachement d’instructeurs, composé de différents éléments de la Composante Terre, en Irak dans le cadre de l’opération Valiant Phoenix. Au départ, il comprenait une trentaine de militaires mais depuis leur nombre a été réduit à treize. Début novembre, la Défense belge avait annoncé que la mission des instructeurs prendrait un autre tournant en 2017 et qu’on s’orienterait vers un rôle de conseillers et d’appui derrière la ligne de front. Des discussions avec les Pays-Bas étaient en cours. De plus, le détachement devait quitter Bagdad pour se déplacer vers le nord de l’Irak. Au mois d’octobre, La Libre Belgique,elle, indiquait que quatre membres des forces spéciales avaient été déployés dans une base située près d’Erbil pour préparer le terrain. Ce détachement d’instructeurs sera dans un lieu sécurisé et n’ira pas au front.

capture d'écran vidéo Défense des Pays-Bas
capture d’écran vidéo Défense des Pays-Bas

De leur côté, les instructeurs néerlandais sont au nombre de 150. Contrairement à la Belgique, ils forment également des combattants peshmergas kurdes dans le nord de l’Irak. Mardi, la Défense hollandaise a publié sur son site une vidéo de 3mn où on voit la mission de ses instructeurs avec les combattants kurdes.

Cette collaboration belgo-néerlandaise, plus poussée en Irak, devrait se préciser dans les prochains jours, notamment quant à sa mise en place et son fonctionnement. Les deux pays collaborent déjà pour les frappes aériennes dans le cadre de l’opération Desert Falcon. Les F-16 belges, basés en Jordanie, sont protégés par un détachement hollandais. Le relais doit se faire le 1er juillet 2017.