La Belgique va acquérir 199 véhicules blindés légers pour ses Forces Spéciales

Dessin conceptuel du Light Troop Transport Vehicle

Après l’accord conclu avec la France pour l’achat de 477 véhicules blindés pour la Composante Terre, la Belgique va acquérir 199 nouveaux véhicules blindés du type Light Troop Transport Vehicle  avec des ‘mission modules’ et des systèmes (d’armes) connexes pour un coût de 63,3 millions d’euros pour ses Forces Spéciales, a annoncé le ministre Steven Vandeput dans un communiqué. Le gouvernement belge a marqué ce vendredi son accord pour le lancement de procédure de marché public. La livraison est prévue à partir de 2019 jusqu’à 2021.

Cet achat s’inscrit dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput et du renforcement de la capacité des Forces Spéciales, les deux bataillons de paracommandos, prenant la dénomination « Ranger » (SFSG: Special Support Forces Group) pour évoluer en soutien. Des structures de commandement SOF spécialisées nationales et internationales  comme le SOCOM seront également développées. Les véhicules, qui vont être commandées, serviront donc aux Forces Spéciales mais également aux paracommandos.

Ces nouveaux véhicules blindés légers doivent permettre à la capacité SOF de se déployer rapidement, de manière autonome et flexible. La flexibilité sera renforcée par l’utilisation de différents modules de mission (SF, para-commando, en différentes versions, dont un module ambulance) qui peuvent être montés sur un LTTV, ensemble avec un armement pouvant être adapté. Cet armement comprendra des mitrailleuses légères et lourdes, des lance-grenades et des systèmes de lance-pots fumigènes. Ces LTTV auront la possibilité d’être transportés dans les actuels C-130 de la Composante Air et les futurs A400M.

Les LTTV vont remplacer les Unimogs non-blindés actuels. La protection standard balistique contre des balles, des grenades, des mines et des bombes d’accotement sera renforcée par des kits balistiques supplémentaires qui font également partie de cette acquisition. Cet achat est complémentaire de celui des Rapid Reaction Vehicles blindés déjà décidé en 2015 et dont la livraison doit commencer dans la première moitié de 2018. De plus, le ministre Steven Vandeput souhaite également acquérir quatre avions-SOF spécialisés dans la période 2025-2027.

« Cette acquisition correspond au processus de ma vision stratégique de renforcer la capacité Special Operations Forces de la Défense belge, tel qu’également demandé par l’OTAN », a indiqué le ministre de la Défense, Steven Vandeput, dans un communiqué.

 

In memoriam les dix paras belges tués à Kigali en 1994

Comme chaque année le 7 avril, l’armée belge va rendre hommage aux 252 soldats belges morts en opération depuis 1945. Cette date d’hommage a été choisie par le gouvernement belge comme jour anniversaire de l’assassinat des dix paras belges du 2ème bataillon de Commandos de Flawinne tués à Kigali le 7 avril 1994. Ces paras belges appartenaient à l’opération MINUAR. Leur assassinat va provoquer le retrait du contingent belge du Rwanda et marquer profondément l’opinion publique belge.

In memoriam

 1er Lieutenant Lotin Thierry (1964-1994)
1er sergent Leroy Yannick (1965-1994)
Caporal Lhoir Stéphane (1966-1994)
Caporal Bassine Bruno (1966-1994)
Caporal Uyttebroeck Marc (1968-1994)
Caporal Dupont Christophe (1968-1994)
Caporal Debatty Alain (1964-1994)
Caporal Meaux Bruno (1965-1994)
Caporal Plescia Louis (1961-1994)
Caporal Renwa Christophe (1967-1994)

Un livre-album exceptionnel sur les 75 ans des Forces Spéciales belges sortira au mois de mars 2017

© BEL SF Gp
© BEL SF Gp

L’Amicale des Belgian SAS va sortir sur un livre inédit sur l’histoire des Forces Spéciales belges (SF Gp) pour leurs 75 ans. Rencontre avec le lieutenant-colonel Tom Bilo, président du comité de rédaction. 

En 2017, les Forces Spéciales belges (SF Gp) vont être à l’honneur dans un livre illustré qui va retracer leur histoire, commencée il y a 75 ans. Elles ont fait leur apparition durant la période troublée de la Seconde Guerre mondiale et n’ont jamais cessé d’exister depuis malgré des évolutions. C’est l’amicale des Belgian SAS, créée il y a quatre ans, qui a décidé de se lancer dans ce vaste projet pour rendre hommage à ces hommes d’élite à travers ce travail de mémoire à dimension historique.

Une Amicale à l’origine du projet 

Lancée en 2013, l’amicale des Belgian SAS regroupe des proches des premiers SAS ainsi que quelques anciens des para-commandos et forces spéciales. Elle s’est créée autour de cette volonté commune de rendre hommage aux SAS et à ceux qui les ont suivis sous d’autres appellations pour que les faits d’armes de ces combattants de l’ombre ne tombent pas dans l’oubli. L’idée de départ était de faire un reportage-vidéo mais comme les sources audiovisuelles étaient rares, les membres de l’association ont opté pour la formule du livre. « Tous, ils se sont donné à fond pendant des années pour rédiger ce livre album qui a pour but de maintenir vivant le souvenir de ces êtres exceptionnels qui leur étaient chers », explique le lieutenant-colonel Tom Bilo, président de l’Amicale et du comité de rédaction.

Un véritable travail de recherche historique à grande échelle

Pour mener à bien le projet, les membres du comité de rédaction se sont répartis les tâches. Certains ont eu la responsabilité de rédiger les textes, d’autres étaient en appui pour la recherche historique, l’adaptation de cartes ou la collecte de photos en rapport avec l’ouvrage. Une autre équipe de bénévoles s’est même chargée de la traduction, un travail indispensable. Pour la partie historique plus ancienne, le comité de rédaction s’est appuyé sur des anciens livres déjà publiés sur le sujet ainsi que sur des mémoires inédites des SAS de la première heure comme celles du colonel Blondeel, dont le neveu est vice-président de l’Amicale. Les textes sur les unités spéciales plus récentes ont été écrits par des ex-membres de ces unités, qui se sont fait aider par d’anciens collègues en pratiquant de nombreuses interviews. Dans la majorité des cas, les personnes interrogées ont collaboré avec enthousiasme au projet. C’est un travail de titan qui a été mené par l’association au cours de ces quatre années pour élaborer ce livre historique inédit.

 Jeeps SAS belges pendant la reconquête des Pays-Bas (Collection musée Pegasus, Diest)
Jeeps SAS belges pendant la reconquête des Pays-Bas (Collection musée Pegasus, Diest)

Un livre historique inédit 

« La particularité du livre est que c’est la première fois que cette histoire des forces spéciales est racontée de leurs débuts jusqu’à la situation actuelle : 75 ans d’histoire. C’est aussi la première fois que l’histoire des unités d’après-guerre est publiée de façon aussi documentée sous forme de livre. », estime le lieutenant-colonel Tom Bilo. La première partie, qui retrace l’histoire des premiers SAS belges, est assez volumineuse. Il faut dire que leur parcours est assez chaotique mais également riche de leur arrivée en Angleterre à travers des périples divers et variés à leur entraînement sur le sol britannique et leur participation à différentes opérations en Normandie, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Dans une seconde partie est racontée l’histoire inédite des unités spéciales qui leur ont succédé : les Équipes spéciales de reconnaissance, le Détachement LRRP et le Groupe des Forces spéciales (SF Gp). Rien est laissé au hasard dans le livre qui sera une véritable fresque historique.

Après quatre ans de travail acharné, le livre est désormais dans sa phase finale de conception. Il va paraître au mois de mars 2017 et servira de référence historique non seulement pour la Défense mais aussi pour un public plus large comme les historiens par exemple. Il sera présenté le 31 mars 2017 au Château de Belœil pour les 50 ans de l’Amicale Nationale Para-Commando en présence de toutes les Amicales Para-Commandos de Belgique et de nombreuses autorités civiles et militaires. Un événement exceptionnel pour un livre exceptionnel et inédit !

Le livre est disponible à la commande au prix de 60€ (édition classique) ou 135€ (édition de luxe limitée) sur le site de l’Amicale des Belgian SAShttp://www.belgian-sas.be/boutique.html

image002Deux questions d’actualité au lieutenant-colonel Tom Bilo, ancien chef de corps des SF Gp de 2011 à 2014

On remarque une nouvelle exposition médiatique sur les forces spéciales belges avec la série de reportages exceptionnels sur VTM et bientôt la RTBF ou encore la sortie de votre livre même si moins grand public. Est-ce positif pour l’image des forces spéciales dans l’opinion publique qui peut mieux percevoir leur mission et leur utilité ?

Très certainement ! L’inconvénient des forces spéciales est qu’elles ont un devoir de réserve et de discrétion. Ceci engendre naturellement une méconnaissance de ces unités avec pour effet non seulement certains préjugés mais également des difficultés au niveau du recrutement. Le fait de s’ouvrir au grand public à travers les médias devrait donc avoir un effet positif à plusieurs égards : une meilleure compréhension du rôle des forces spéciales en général et un attrait plus grand encore au niveau du recrutement.

Vous qui avez été le commandant des SF Gp, comment voyez-vous aujourd’hui le futur et les prochains défis des SF Gp dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique ?

Actuellement, nous sommes occupés à créer, un peu à l’image du COS en France, un commandement belge des opérations spéciales, regroupant un état-major, le SF Gp et les capacités para-commandos. Les unités para-commandos seront ainsi réorientées vers le domaine des opérations spéciales.

Ce nouveau commandement permettra de mieux faire face aux nombreux défis qui nous attendent. Nous allons non seulement intensifier nos collaborations avec les partenaires internationaux, mais nous allons aussi consolider les liens que nous avons avec les autres acteurs de la sécurité en Belgique. Au niveau militaire, ce nouveau commandement veillera aussi à améliorer l’interaction des forces spéciales avec d’autres capacités provenant d’armes ou de forces différentes, comme le renseignement, l’aviation, les capacités canines ou encore les démineurs de combat. C’est un défi d’envergure qui demandera de nombreux investissements en personnel et en moyens ainsi qu’une bonne touche de créativité, de communication et de persuasion, mais au final ce sera une très belle contribution à la sécurité de notre pays et des alliances dont nous faisons partie.

Merci au lieutenant-colonel Tom Bilo pour son aimable disponibilité.

 

 

Le reportage de la RTBF sur les para-commandos en mission Vigilant Guardian

capture d'écran RTBF
capture d’écran RTBF

La RTBF a suivi quelques para-commandos du 2ème bataillon de Flawinne dans leur mission Vigilant Guardian mais aussi dans leurs exercices de maintien à niveau. On peut regretter l’accroche du journaliste qui évoque la colère des militaires sur la décision du gouvernement Charles Michel pour amener le reportage. On dirait qu’il fallait cette décision gouvernementale pour que la télévision s’intéresse un peu plus près à la mission des militaires belges. De plus, c’est très mal amené car il est bien entendu qu’il n’est pas question d’avoir des para-commandos opérationnels de 63 ans. Les politiques ne sont pas si bêtes. Du coup, cela dévalorise un peu le reportage qui veut montrer le quotidien des militaires belges dans les rues tout en les présentant comme  des contestataires alors que ce n’est pas du tout évoqué par la suite. C’est un peu décalé et maladroit. On notera la sécurisation maximum: aucun visage, aucun lieu. On notera également le mal qu’a la Défense à se rendre attractive, prise au piège entre la fierté de protéger les Belges dans la rue et donc d’avoir une autre visibilité et les « OPEX », attrait numéro un des jeunes pour l’armée. Dilemme cornélien !

Voir le reportage : http://www.rtbf.be/auvio/detail_les-paracommandos?id=2154800

À Otterburn, les para-commandos ont préparé leur déploiement au Mali

photo Défense belge
photo Défense belge

Du 3 au 14 octobre 2016, environ 500 hommes de la Brigade Légère ont participé à un exercice grandeur nature au camp d’Otterburn dans le nord-est anglais. Le 3ème Bataillon de parachutistes était l’unité-maîtresse de cet exercice. Les militaires belges ont profité du cadre exceptionnel de ce camp pour parfaire leurs connaissances militaires et s’entraîner intensivement. Le général Marc Compernol, chef de la Défense, a rendu visite aux troupes participant à l’exercice et a notamment assisté à une démonstration de tirs du 3ème Bataillon de parachutistes.

Une partie de ses éléments vont être déployés au Mali en décembre, prenant la suite des Chasseurs Ardennais, dans le cadre de l’EUTM Mali. Depuis le mois de  juillet, la Belgique a pris le commandement de la mission européenne de formation. Le commandant de la Brigade Légère, le colonel Peter Devogelaere, prendra la succession du général de brigade Eric Harvent.

De nouvelles jeeps « FOX » pour les para-commandos et les forces spéciales

photo Belgian Army
photo Belgian Army

Ce lundi 18 juillet, le ministre de la Défense Steven Vandeput et le patron de la Défense le général Marc Compernol ont présenté à la presse les nouvelles jeeps « FOX » qui vont équiper les forces spéciales et les para-commandos. La présentation avait lieu à Heverlee, près de Louvain, dans la caserne qui abrite le groupe des forces spéciales (SFG).

Ces jeeps (« Rapid Reaction Vehicles ») ont été commandés à la société britannique Jankel Armouring ltd au nombre de 108 pour un montant de 23 millions d’euros. Elles seront toutes livrées d’ici 2018. Il y aura deux versions de ce prototype: le véhicule de commandement et de liaison ainsi que le modèle scout. « Le grand avantage de ce véhicule est sa grande capacité de chargement », a expliqué le capitaine Félix Pieters, officier projet. « Il peut transporter un peu moins d’une tonne neuf cents. Il peut, de plus, couvrir une distance de 1.200 kilomètres sans aucun problème grâce à son grand réservoir. Il est donc idéal pour des opérations spéciales demandant une grande autonomie. »  Cet jeep a servi de nombreuses années sur les terrains accidentés de l’Afrique et de l’Asie.

Depuis sa nomination en 2014, Steven Vandeput a montré sa volonté de renouveler le matériel de l’armée belge. En plus du remplacement des F-16, le dernier Conseil des ministres du 15 juillet a entre autre donné son accord pour lancer une procédure de marché public pour acheter des radios multi-rôle tactiques pour le  Special Forces Group, dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian.