Un Belge à la tête de la MINUSMA

general-deconinckLe général belge Jean-Paul Deconinck a été désigné jeudi comme prochain commandant de la force (militaire) de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la quatrième plus importante force de maintien de la paix onusienne dans le monde, a-t-on appris de sources concordantes.

Le général-major Deconinck, qui commande actuellement la composante Terre de l’armée belge, devrait prendre ses fonctions à Bamako à la mi-mars. Sa candidature a franchi toute les étapes de la sélection organisée par le département des opérations de maintien de la paix (DPKO) avant d’être approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU et le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres. Sa nomination à la tête de la Minusma devrait être avalisée vendredi matin par le gouvernement belge lors d’un conseil des ministres électronique et annoncée par communiqué, selon une bonne source.

Présente au Mali depuis avril 2013, la Minusma dispose d’effectifs s’élevant à 13.456 personnes, dont 10.763 militaires, 36 observateurs et 1.258 policiers pour la composante militaire. Elle est considérée comme la mission de l’ONU la plus dangereuse au monde depuis la Somalie en 1993-1995. Elle est la cible d’attaques régulières menées par des djihadistes, avec plus de 70 Casques bleus tués lors d’attaques et un bilan total de 114 morts depuis son déploiement.

Source: Belga

Opération Desert Falcon: Le manque de transparence nuit à la crédibilité de la Belgique dans sa lutte contre l’EI

photo Défense belge
photo Défense belge

Dans une interview à des journalistes belges en début de semaine, le président syrien Assad a été très critique notamment sur l’action des F-16 belges en Syrie, déclarant que la mission de la coalition internationale était illégale: »Elle a été décidée sans nous consulter, sans demander la moindre permission au gouvernement syrien, qui est pourtant légitime. C’est une violation de notre souveraineté. » Après les graves accusations de la Russie au mois d’octobre 2016, la Belgique se trouve de nouveau mis en porte-à-faux et paye son manque de transparence dans son action militaire contre l’EI.

Un cadre légal faible en Syrie

Dans une note publiée sur l’Institut royal supérieur de défense (IRSD) en septembre 2016, Catherine Rémy, Directrice-adjointe du Centre d’études de sécurité et défense de l’Institut, analysait le cadre légal de la lutte armée de la Belgique contre l’EI. Elle soulignait les faiblesses juridiques du cadre légal de l’action belge notamment sur son intervention en Syrie:« Si le cadre légal est suffisamment justifié pour ce qui concerne l’intervention en Irak, il demeure assez faible pour ce qui concerne l’intervention en Syrie. » Elle insistait notamment sur la nécessité de renforcer le cadre légal de la mission, notamment par le consentement des autorités syriennes. En réponse aux accusations du président syrien, le ministre des Affaires Étrangères Didier Reynders a publié un communiqué déclarant que le cadre juridique de l’opération belge était partagé par tous les membres de la coalition internationale. De son côté, le Premier ministre Charles Michel s’est contenté d’une simple déclaration:« Nous ne recevrons aucune leçon de droits de l’homme de la part de M. Assad. »Il n’en reste pas moins que la Belgique reste l’un des pays de la coalition les moins transparents sur son action militaire en Irak et en Syrie, une constatation partagée même dans certains médias occidentaux  comme le journal français Le Monde.

 

capture d'écran RTBF
Interview du président syrien Assad à la chaîne VRT (capture d’écran RTBF)

Le grand inconnu des frappes militaires 

Aucun chiffre exact des frappes des F-16 belges n’a jamais été donné par le ministère et ce déjà dans une certaine mesure en 2015. On se contente de parler en pourcentage ou en termes relativement flous. « Durant les 9 mois de l’opération Desert Falcon, les six F-16 belges ont effectué 163 attaques lors des 796 vols au-dessus de l’Irak. La contribution belge s’élevait à 5,5% de la coalition internationale contre Daesh », pouvait-on lire sur le site de la Défense au mois de juillet 2015. Les six F-16 sont de nouveau en Jordanie depuis juillet 2016 et les chiffres de frappe ne sont toujours pas là. Au mois d’octobre, La Libre Belgique indiquait que seulement 5% des frappes belges avaient lieu en Syrie dont une frappe  pendant l’été. On parle de sorties, d’attaques, de soutien aérien mais le mot frappes n’est jamais prononcé. On invoque des raisons de sécurité. La Défense belge précise simplement que chaque sortie aérienne est fortement encadrée pour éviter les dommages collatéraux et vérifier le cadre légal. Depuis un certain temps, la Défense française a pris l’habitude de faire un point hebdomadaire précis sur ses opérations sans que cela ne nuise aux opérations. Communiquer un petit plus, ne ferait sans doute pas de mal même à destination des citoyens belges.

Clarifier l’efficacité militaire des opérations des F-16

Effectivement pour les citoyens belges eux-mêmes, il est difficile de se donner une idée exacte de l’efficacité militaire belge en Irak et en Syrie au milieu de ces termes et pourcentage. En 2015, les F-16 belges avaient détruit  au moins 107 cibles terrestres, un chiffre déjà beaucoup plus parlant en date d’avril 2015. En 2016,  ce n’est plus le cas. Au début de l’année, l’agence Belga s’est contenté d’indiquer que les F-16 belges avaient franchi le cap des 6000 heures de vol au dessus de l’Irak et de la Syrie, ajoutant que la source militaire n’avait pas précisé le nombre de missions effectuées ni le nombre d’engagements contre des objectifs de l’EI. On pourrait croire que les F-16 belges se contentent de voler sans plus. Bien sûr tout le monde sait que ce n’est pas le cas mais un chiffre clair et précis est certainement beaucoup plus parlant que d’afficher des heures de vol, qui ne veulent pas dire grand chose. L’opposition, comme le parti socialiste, s’était déjà plainte de ce manque de transparence au mois d’octobre 2016. Le gouvernement avait rétorqué qu’il y avait une commission parlementaire dédiée aux opérations militaires et que le contrôle démocratique était donc assuré. Sauf que cette commission se réunit toujours à huis-clos et que jamais rien n’en sort.

Des F-16 belges en Jordanie (photo Défense belge)
Des F-16 belges en Jordanie (photo Défense belge)

Vers la fin temporaire de l’opération Desert Falcon ?

Au-delà de ce manque de transparence, la crédibilité de la Belgique pourrait être entachée par l’arrêt de la mission des F-16 au mois de juillet prochain alors qu’elle avait fait son entrée en octobre 2016 dans le noyau dur des pays les plus impliqués dans la lutte contre l’EI, ce dont s’était félicité Steven Vandeput . La mission « flip-flop » avec les Pays-Bas est en train de tourner au flop, on peut le dire. Il apparaît désormais clairement après des premières rumeurs au mois de septembre 2016 que les F-16 hollandais ne pourront pas prendre la suite au mois de juillet prochain et qu’il faudra attendre au moins début janvier 2018 pour que leur retour soit possible. De son côté, la Belgique ne peut pas continuer alors que les opérations 2017 ont déjà été budgétées. Alors certes la Belgique n’y est pour rien, elle qui a tenu ses engagements, mais malheureusement c’est le résultat d’une coopération obligée, faute d’autonomie stratégique. Et le gouvernement belge n’accablera pas son homologue néerlandais alors que de nombreux projets de coopération militaire sont en cours. Le ministre de la Défense Steven Vandeput a laissé entendre que l’opération Desert Falcon prendrait temporairement fin. La contribution militaire belge dans la lutte contre l’EI serait alors cantonnée aux 30 instructeurs belges. Mais quid du détachement  de militaires qui était prévu pour protéger les F-16 hollandais ?

Entre 2016 et 2017, la Belgique aura été fortement attaquée sur son action militaire en Syrie et en Irak par la Russie et la Syrie. Fortement visée, elle devrait sans doute réfléchir à mieux communiquer sur ses opérations militaires pour gagner en crédibilité envers les autres alliés occidentaux mais aussi ses propres citoyens et éviter de devenir une cible privilégiée de pays adverses.

Où en est la stratégie de la Belgique en Irak et l’opération Desert Falcon ?

Des F-16 belges décollent de la base aérienne de Kleine-Brogel pour la Jordanie le 27 juin 2016 (photo Défense belge)
Des F-16 belges décollent de la base aérienne de Kleine-Brogel pour la Jordanie le 27 juin 2016 (photo Défense belge)

Depuis le 28 juin dernier, la Belgique a remplacé les Pays-Bas en Irak pour un an avec l’envoi de six F-16 en Jordanie dans le cadre de l’opération Desert Falcon. Les deux pays coopèrent depuis l’an dernier, en alternant les missions de combat et de surveillance. Cette coopération est unique au sein de la coalition internationale. Elle permet à ces deux pays de montrer qu’ils luttent contre Daesh, au-delà de leurs frontières, malgré des moyens budgétaires limités. Depuis juillet, la stratégie de la Belgique en Irak a-t-elle changé ou évolué ?

On a appris dernièrement que cette coopération belgo-néerlandaise en Irak ne devrait sans doute pas s’arrêter là. Les commandos néerlandais doivent aider les forces spéciales irakiennes et la formation devrait prendre une autre forme suite à leur avancée sur le terrain. Le gouvernement des Pays-Bas veut le faire en collaboration avec la Belgique, a indiqué la semaine dernière la ministre de la Défense Jeanine Hennis-Plasschaert. Hier le tout nouveau chef de la Défense, le général Marc Compernol, a rencontré pour la première fois son homologue néerlandais le général Tom Middendorp. Ils ont pu échanger sur les projets de coopération actuels et à venir. On devrait en savoir plus dans les semaines à venir.

De plus ce lundi sur la Radio 1, le ministre de la Défense Steven Vandeput a également affirmé qu’une trentaine de militaires belges se rapprocheraient de la ligne de front avec l’EI. Ces soldats ne seront toutefois pas amenés à combattre sur le terrain. Ils prêteront assistance depuis des centres internationaux fermés. « Ils ne courront pour l’essentiel pas plus de risque que dans leur environnement actuel en Irak« , où ils contribuent à la formation de l’armée, a précisé le ministre. Il a aussi indiqué que les F-16 belges prenaient part désormais à des vols au-dessus de la Syrie (10% sur le total des vols depuis la Jordanie).  La Belgique reste toutefois dans l’attente d’une demande de la coalition internationale après le dernier accord russo-américain.

Des F-16 belges en Jordanie (photo Défense belge)
Des F-16 belges en Jordanie (photo Défense belge)

Ces quelques indications donnent une idée sur la stratégie de la Belgique en Irak même si des lignes restent à définir. Peu d’informations filtrent sur les frappes des F-16 belges: fréquence, résultats etc. Dans la nuit du 5 juillet 2016, ils ont mené leurs premières frappes avec deux Rafales français. Depuis, plus rien ne sort dans les médias. Du côté de la Défense, on indique qu’une communication sera faite sur l’opération Desert Falcon, début octobre, lors d’un point-presse. Avant leur départ, les F-16 belges, en cours de remplacement, ont bénéficié d’une mise à jour logicielle pour être tout aussi performants que les autres avions de la coalition. La Belgique n’entend pas faire preuve de figuration.

Candidate à un siège de membre non-permanent du Conseil de sécurité pour la période 2019-2020, la Belgique veut augmenter sa contribution à des missions onusiennes dans des « niches » pour être plus crédible. Actuellement 120 pilotes et techniciens belges participent à l’opération Desert Falcon. La participation belge à l’opération internationale Inherent Resolve représente 5% de la coalition internationale.

Présentation du 1/3 Bataillon de Lanciers (vidéo)

Une vidéo du ministère de la Défense nous permet de découvrir un peu plus le 1/3 Bataillon de Lanciers. En 2003, les 1 et  3 Régiments de Lanciers ont fusionné. Depuis, le Régiment a participé à de nombreuses missions de l’OTAN et des Nations-Unies. EN 2008, il a également formé les militaires afghans à Kaboul. En 2010, le Régiment est devenu un Bataillon.