Plus de 420 militaires belges bientôt en exercice en France au camp de la Courtine

Des Carabiniers-Grenadiers lors de l’exercice « Yellow Tiger » du 29 novembre au 1er décembre 2016 (photo bataillon 1 Carabiniers – 1 Grenadiers)

Un peu plus de 420 militaires belges vont participer à un exercice de grande ampleur en France au camp de la Courtine à partir du 27 mars pour une durée de deux semaines. Depuis le début de l’année, c’est le deuxième exercice de cette importance que va mener l’armée belge après celui du début de mois de février dans la province de Namur, impliquant 250 militaires dont une grande majorité du 12/13ème de Ligne.

Cette exercice, qui se déroulera cette fois-ci sur le sol français, va concerner des unités de la Brigade Médiane de la Composante Terre. La grande majorité de l’effectif sera fournie par le bataillon 1 Carabiniers – 1 Grenadiers avec 270 hommes. Le reste sera composé d’une vingtaine du bataillon Libération / 5 de Ligne, d’une vingtaine de l’État-Major de la Brigade Médiane ainsi que des éléments logistiques et d’appui. Les Carabiniers-Grenadiers seront appuyés par des véhicules blindés: les Dingo de l’armée belge. Cet exercice s’inscrit dans les entraînements réguliers effectués par la Brigade. Les Carabiniers-Grenadiers vont plus spécialement préparer un prochain déploiement au Mali, un théâtre d’opérations qu’ils ne connaissent pas encore.

Les militaires belges arriveront en France par la route et par le train via Ussel pour les blindés. Comme l’indique le journal local La Montagne, une délégation d’une cinquantaine de militaires belges sont venus en début d’année durant quatre jours pour étudier les sites de manoeuvres, champ de tir et village de combat en zone urbaine du camp de la Courtine.

Un Belge à la tête de la MINUSMA

general-deconinckLe général belge Jean-Paul Deconinck a été désigné jeudi comme prochain commandant de la force (militaire) de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la quatrième plus importante force de maintien de la paix onusienne dans le monde, a-t-on appris de sources concordantes.

Le général-major Deconinck, qui commande actuellement la composante Terre de l’armée belge, devrait prendre ses fonctions à Bamako à la mi-mars. Sa candidature a franchi toute les étapes de la sélection organisée par le département des opérations de maintien de la paix (DPKO) avant d’être approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU et le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres. Sa nomination à la tête de la Minusma devrait être avalisée vendredi matin par le gouvernement belge lors d’un conseil des ministres électronique et annoncée par communiqué, selon une bonne source.

Présente au Mali depuis avril 2013, la Minusma dispose d’effectifs s’élevant à 13.456 personnes, dont 10.763 militaires, 36 observateurs et 1.258 policiers pour la composante militaire. Elle est considérée comme la mission de l’ONU la plus dangereuse au monde depuis la Somalie en 1993-1995. Elle est la cible d’attaques régulières menées par des djihadistes, avec plus de 70 Casques bleus tués lors d’attaques et un bilan total de 114 morts depuis son déploiement.

Source: Belga

Les premiers Chasseurs Ardennais sont rentrés du Mali

Photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
Photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

Partis pour le Mali le 12 septembre  2016 dernier, les premiers Chasseurs Ardennais ont foulé le sol belge tôt le dimanche 8 janvier 2017 après une mission de quatre mois au sein de l’EUTM Mali. Ils étaient appuyés dans leur mission par du personnel issu du 4ème Bataillon Logistique (4Bn Log), du 3ème Élément Médical d’Intervention (3EMI) et du 4ème Groupement Communication Information System (4Gp CIS), de Marche-en-Famenne également, ainsi que d’un élément MCG (Movement Control Gp) de Zeebrugge.

Les Chasseurs Ardennais ont été accueillis par leurs familles pour certains à l’Aéroport Militaire de Bruxelles et pour d’autres au Camp Roi Albert de Marche-en-Famenne. Les autres rentreront dans les prochains jours. Le déploiement au Mali s’était effectué en deux temps avec un premier groupe parti le 12 septembre et un autre le 17 septembre. Ils seront remplacés par un détachement du 3ème bataillon de Parachutistes.

Photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
Photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

Les familles avaient appris le retour de leurs proches déployés juste avant Noël lors d’une réunion d’informations organisée au bataillon. Les Chasseurs Ardennais, rentrés du Mali, vont bénéficier d’un mois de permission. Ils seront ensuite déployés mi-février à Bruxelles et à Zaventem dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian.

Les photos du retour sur la page FB de la Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais ici

[PERSPECTIVE] Quel visage pour l’armée belge en 2017 ?

photo Défense belge
photo Défense belge

En 2017, de nouveaux défis vont se présenter pour l’armée belge avec la mise en place progressive de la vision stratégique pour 2030. L’armée belge commence sa mutation. Tour d’horizon sur les principaux enjeux.

Un effectif en légère baisse

Comme le veut la Constitution, le gouvernement a fixé le nombre du contingent pour 2017. Le nombre maximum de militaires mobilisables a été fixé à 30.130 et devra être atteint au mois de mars. Dans les faits, l’armée belge va descendre en-dessous des 30.000 avec 29.980 militaires du cadre actif et élèves. Elle va recruter 1.160 militaires en 2017 avec une augmentation prévue les deux années suivantes (1.285 en 2018 et 1.410 en 2019) pour compenser les départs à la pension prévus au nombre de 1.709. Le but est d’atteindre progressivement 25.000 ETP dont 1.000 civils. La création du nouveau corps de sécurité entretient également le flou. 150 militaires pourraient partir pour l’intégrer. L’armée aurait alors la possibilité d’engager 285 militaires. Il en est de même pour l’élargissement des missions des sociétés de sécurité et la fin de la période d’attente de 3 ans pour les militaires voulant les intégrer. Des militaires pourraient se tourner vers le privé. D’autre part, la Défense va lancer plusieurs projets pilotes de privatisation en 2017.Cette expérimentation menacerait quelque 5 000 équivalents temps plein selon les syndicats.

photo Belga
photo Belga

Pas de grand bouleversement budgétaire

L’impact de la vision stratégique sera encore réduit pour 2017. Le gouvernement ne prévoit pas d’augmentation du budget de la Défense avant 2018/19. Le budget ne devrait donc pas trop bouger mais il va falloir tenir compte de la réforme du régime de la pension. Dans les documents officiels sur la vision stratégique, le budget des pensions est stable jusqu’en 2030 avec une très légère augmentation. La réforme devrait bouleverser ses chiffres. Il est également prévu la livraison de matériel militaire à hauteur de 5 millions d’euros. Pour respecter la trajectoire budgétaire 2017-2019, la Défense a budgétisé 400.000 jours d’entraînement intensif pour l’ensemble des activités d’entraînement. Par ailleurs, le gouvernement a décidé d’augmenter  légèrement le budget des opérations de 69 à 73 millions d’euros.

photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

Une présence sur tous les théâtres d’opération

Pour 2017, les deux grosses opérations de l’armée belge resteront l’Irak et le Mali. Les F-16 belges achèveront leur mission en Jordanie au mois de juillet 2017. La Belgique fournira ensuite un détachement de 30 militaires pour la protection des avions de chasse néerlandais. En plus des 13 instructeurs déjà présents en Irak, l’armée belge va envoyer 30 militaires pour former les équipes A&A (Advice and assist) en collaboration avec les Pays-Bas.  Le gouvernement a également décidé de maintenir les 175 militaires belges au Mali jusqu’à mi-2018. L’Afghanistan n’est pas non plus à négliger puisque 75 militaires seront toujours présents dans le cadre de la mission Resolute Report de l’OTAN.  L’Europe de l’Est fera aussi partie des opérations internationales. La Belgique fournira une compagnie de transport d’environ 90 militaires entre février et fin 2017 au sein du Battle Group allemand déployé en Lituanie. La Composante Marine sera mise en contribution dans la mer Baltique dans des missions de déminage et dans la mer Méditerranée avec l’opération EUNAVFOR Med.

photo Défense belge
photo Défense belge

Quid de Vigilant Guardian ?

C’est l’inconnu. Au mois de novembre, le gouvernement a décidé de baisser progressivement le nombre des militaires dans la rue. Ils sont passés de 1.828 à 1.250. Il était même prévu que le nombre passe à 1.089 militaires lors d’une phase ultérieure mais pour l’instant ce n’est toujours pas le cas. Il faudra attendre fin décembre pour savoir combien de militaires seront déployés au mois de janvier. La création d’un nouveau corps de sécurité (genre de garde nationale) est dans les papiers du gouvernement et devrait être mis en place en 2017. Mais pour l’instant, rien ne dit qu’il sera opérationnel avant 2018. La mission des militaires dans la rue durera sans doute encore un an. L’opération Vigilant Guardian va continuer de peser sur la Composante Terre.

Les défis restent nombreux pour une armée belge en mutation mais qui restera présente sur les différents théâtres d’opération. 2017 sera une année de transition en attendant la réelle mise en place de la vision stratégique. Il faudra également suivre le dossier de la réforme des pensions et l’avancée de la première loi de programmation militaire à la Chambre bloquée pour l’instant par l’opposition.

Le Mali, nouvelle opération-vitrine de l’armée belge

Photo Daniel Orban/BE Defence
Photo Daniel Orban/BE Defence

Le gouvernement a approuvé dernièrement les opérations pour 2017 de l’armée belge avec une légère augmentation du budget (de 69 à 73 millions d’euros). Parmi la liste des opérations, une retient plus particulièrement avec l’EUTM Mali dont la Belgique assurera le commandement jusqu’à mi-juillet 2018. La Belgique va donc rester deux ans au Mali avec 175 militaires. Elle reste l’opération-vitrine d’une armée belge qui veut rester crédible avec ses partenaires malgré des moyens réduits.

Pourquoi ?

Si on exclut l’opération Vigilant Guardian sur le territoire national, l’autre opération-phare de l’armée belge est son implication dans la lutte contre l’EI en Irak que ce soit par des frappes ou que ce soit par l’envoi d’instructeurs. Mais elle n’a pas la même couverture par la communication de la Défense pour deux raisons. De un, la Défense et le gouvernement communiquent de façon très discrète sur l’opération Desert Falcon pour des raisons de sécurité selon les arguments avancés. La Belgique est le pays le moins transparent de la coalition internationale quant à ses actions sur le sol irakien. De deux, elle coopère avec les Pays-Bas et ne mène pas seule ses actions. Le choix du Mali est le plus pertinent.

L’histoire de la prise de commandement belge au Mali

Au mois de février dernier, le gouvernement belge approuve le prolongement de la participation belge à l’EUTM Mali et le ministre Steven Vandeput annonce que la Belgique en prendra le commandement à partir du mois de juillet pour une durée d’un an portant le nombre de militaires belges à 175. Cette décision répond à une demande d’assistance de la France après les attentats du 13 novembre. À une époque, la Belgique avait envisagé l’envoi d’une brigade tactique interarmes d’environ 300 militaires au Sahel aux côtés de l’opération Barkhane. Elle avait finalement dû y renoncer sur une demande de la Minusma et aussi sans aucun doute pour des raisons financières.

L’opération de la Composante Terre la plus importante sous les projecteurs

Les Chasseurs Ardennais se sont envolés au mois de septembre pour le Mali et leur déploiement a fait l’objet d’une série de reportages de la Dernière Heure sur plusieurs jours. Ces derniers jours, la page FB de la Défense a publié plusieurs portraits de militaires belges de l’EUTM. On a ainsi eu Marie-Sophie, Liaison Officer Medical; Michel de la Force Protection; Céline, médecin d’unité des Chasseurs Ardennais et commandant du centre médical rôle 1 à Kati; Aymeric, chef de la division presse au sein de la Direction Générale Communication; Samuel, mécanicien au sein du Joint Support Détachement et même le général de brigade Éric Harvent, commandant de l’EUTM. C’est en tout 6 portraits, divers et variés, qui ont été publiés en l’espace d’une semaine du 29 novembre au 4 décembre, une façon d’écrire l’histoire de cette opération et de montrer l’action de la Belgique au Mali. C’est sans compter les autres reportages sur le site de la Défense.

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« En prenant la direction de toute la mission au Mali, notre pays prouve qu’il s’engage énergiquement dans les opérations de l’Union européenne », écrivait le site de la Défense au mois de juin dernier. C’est sans aucun doute une satisfaction pour la Belgique d’avoir le commandement d’une mission de l’UE car elle peut montrer ses capacités militaires et la confiance qu’elle a de ses partenaires européens. Le 19 décembre prochain, le ministre de la Défense Steven Vandeput et le patron de la Défense le général Marc Compernol seront présents à Koulikoro pour la passation de commandant entre le général de Brigade Éric Harvent et le général de brigade Peter Devogelaere, un signe de plus de l’importance accordée à cette mission.

 

 

 

À Otterburn, les para-commandos ont préparé leur déploiement au Mali

photo Défense belge
photo Défense belge

Du 3 au 14 octobre 2016, environ 500 hommes de la Brigade Légère ont participé à un exercice grandeur nature au camp d’Otterburn dans le nord-est anglais. Le 3ème Bataillon de parachutistes était l’unité-maîtresse de cet exercice. Les militaires belges ont profité du cadre exceptionnel de ce camp pour parfaire leurs connaissances militaires et s’entraîner intensivement. Le général Marc Compernol, chef de la Défense, a rendu visite aux troupes participant à l’exercice et a notamment assisté à une démonstration de tirs du 3ème Bataillon de parachutistes.

Une partie de ses éléments vont être déployés au Mali en décembre, prenant la suite des Chasseurs Ardennais, dans le cadre de l’EUTM Mali. Depuis le mois de  juillet, la Belgique a pris le commandement de la mission européenne de formation. Le commandant de la Brigade Légère, le colonel Peter Devogelaere, prendra la succession du général de brigade Eric Harvent.

[Vigilant Guardian ] Pourquoi le militaire belge préfère-t-il patrouiller au Mali plutôt qu’à Bruxelles ?

Des Chasseurs Ardennais en patrouille au Mali (photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais)
Des Chasseurs Ardennais en patrouille au Mali (photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais)

Mali ou Bruxelles ? Suite à la publication d’une série d’articles de la DH sur la mission des militaires belges au Mali, la question a fait débat pour certains internautes, révélant une différence d’appréciation entre le militaire et le citoyen lambda. Elle révèle aussi un basculement de la mission même du militaire. Alors que certains pensaient que l’opération Vigilant Guardian allait rapprocher les militaires de la population civile, la réalité est peut-être tout autre mais aussi par la faute des politiques.

L’incompréhension du citoyen non-averti

Fabien, militaire belge au Mali, déclare dans une interview à la DH : « Patrouiller ici plutôt qu’à Bruxelles, c’est ça mon vrai travail. » Cette phrase, choisi comme titre d’accroche, n’a pas manqué de faire réagir certains internautes. « Patrouiller au Mali plutôt qu’à Bruxelles ! J’avais lu que ceux qui patrouillaient en Belgique se plaignaient qu’ils étaient trop loin de chez eux ? Décidément la logique militaire m’échappe ! De plus le vrai boulot d’un soldat ne serait-il pas de défendre son pays et pas celui des autres ! » « Au Mali, ils touchent une prime, à Bruxelles que dalle », peut-on lire entre autres parmi toutes les remarques acerbes ici et là. En gros, les militaires préfèrent aller en OPEX parce qu’ils touchent plus d’argent. Il n’est pas rare d’entendre des inepties sur la rémunération et les « avantages » des militaires… En gros, les militaires seraient des mercenaires grassement payés. En France, certains s’imaginent toujours que les militaires ne payent pas d’impôts ! Si le métier de militaire était si lucratif et plein d’avantages, cela se saurait et les centres de recrutement crouleraient de demandes. La fin du service militaire était sans aucun doute inévitable mais du coup, la réalité du métier de militaire échappe à beaucoup de gens éloignés de l’armée. Il y a fort à parier que si certains avaient des proches dans l’armée, leur discours serait différent et il verrait que la réalité du métier de militaire a changé depuis bien des années.

Militaires et policiers patrouillent ensemble dans le cadre de l'opération Vigilant Guardian
Militaires et policiers patrouillent ensemble dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian

L’OPEX est devenu la base du métier de militaire aujourd’hui

De plus la population civile a toujours du mal à appréhender la réalité qu’énonce le colonel Thierry Hinnekens dans une interview à la DH : « On ne défend pas son pays en restant au pays. » La mondialisation a changé la donne tout comme la nouvelle façon de faire la guerre et les nouvelles réalités géopolitiques. L’OPEX (opérations extérieures) est devenu la base du métier de militaire même si l’armée doit toujours se préparer à toute éventualité. Quand un jeune s’engage dans l’armée, il sait qu’il va un jour devoir partir pour plusieurs mois à l’étranger. En revanche, il ne peut s’attendre à devoir faire continuellement par intermittence la sentinelle devant un bâtiment public ou dans le métro sans aucune perspective de date de fin de mission. Renouvelée chaque mois, l’opération Vigilant Guardian est devenue routinière mettant gravement en péril l’opérationnalité de l’armée belge comme on a déjà pu l’évoquer. C’est sans compter les autres difficultés rencontrées. Alors certes la Défense a saisi l’opportunité de valoriser son travail auprès des citoyens comme le souligne ce même Fabien : « ils ont remarqué que l’armée est prête, l’armée est équipée, l’armée est là, elle ne se la coule pas douce dans les casernes. », mais en même temps elle a brouillé la frontière entre les missions de police et les missions de l’armée. Du coup, la population a dû mal à saisir véritablement le véritable rôle de l’armée et ce coup de projecteur n’a pas forcément que du bon, il faut bien le reconnaître. Qui est-ce qui loue le travail des militaires dans la rue ? Une partie de la population de bonne foi, des anciens militaires ou des proches des milieux militaires qui s’intéressent à l’armée ou qui ont quelqu’un dans l’armée.  La doxa : le militaire doit tout supporter et il n’a pas à se plaindre, reste toujours d’actualité.

L'armée belge a été réquisitionnée pour suppléer les gardiens de prison au mois de mai dernier.
L’armée belge a été réquisitionnée pour suppléer les gardiens de prison en grève au mois de mai dernier.

La responsabilité des politiques 

Il ne faut pas nier que les politiques ont une responsabilité dans cette méconnaissance du métier de militaire qui frise le mépris parfois et cette incompréhension, la Défense étant devenue une véritable variable d’ajustement selon leur bon vouloir. Le drame social et humain des fermetures de casernes, les pertes d’emploi n’ont fait sourciller personne à part les syndicats et les villes concernées. Pire le militaire est devenu de la main-d’œuvre bon marché qu’on sollicite quand on n’a plus de solution : sentinelle dans la rue en renfort de la police, aide humanitaire dans les prisons belges pendant la grève des gardiens de prison, protection des centrales nucléaires. Il est devenu le pompier de service, ne pouvant plus se concentrer sur ses missions principales et s’y préparer. Depuis janvier 2015 et le début de l’opération Homeland devenue ensuite Vigilant Guardian, le 1er ministre Charles Michel est venu une fois à la rencontre des militaires belges dans leurs casernes pour les remercier de leur engagement. C’était le 13 février 2015, depuis plus rien ! Seul le ministre Vandeput se montre mais en tant que ministre de la Défense, il est plus que dans son rôle. Comment les citoyens lambda pourraient-ils avoir de la considération pour le travail des militaires si les politiques, eux-mêmes, n’en sont pas capables ? Cela paraît difficile d’autant plus que ce n’est pas une opération contestée qui va y parvenir. Paradoxalement, c’est un footballeur belge qui a rendu un bel hommage aux militaires et aux policiers belges pour leur travail. Comme quoi tout arrive !

On peut aisément comprendre que le militaire belge préfère patrouiller au Mali qu’à Bruxelles. C’est une évidence pour un public averti, cela l’est moins pour beaucoup d’autres et on ne peut pas les blâmer. Il y a encore du travail à faire pour une meilleure considération du travail effectué par l’armée. Certains préjugés ont la vie dure. Ce billet est l’occasion de rendre hommage à ceux qui patrouillent à Bruxelles, au Mali pour contribuer à une meilleure protection et accomplissent leur mission avec fierté !

[EUTM Mali] 90 Chasseurs Ardennais en partance pour le Mali

Photo TV Lux
Photo TV Lux

Ce lundi 12 septembre, 90 militaires des Chasseurs Ardennais ont décollé de Melsbroek pour Koulikoro au Mali dans le cadre de la mission de l’EUTM Mali. Ils vont assurer la protection des instructeurs chargés de former l’armée malienne pendant 4 mois. Ils seront rejoints le 17 septembre par 33 autres militaires. Ils vont remplacer leurs camarades du Bataillon Libération- 5 Ligne de Bourg Léopold.

Pour assurer cette mission, les Chasseurs Ardennais seront appuyées par du personnel issu du 4ème Bataillon Logistique (4Bn Log), du 3ème Élément Médical d’Intervention (3EMI) et du 4ème Groupement Communication Information System (4Gp CIS), de Marche-en-Famenne également, ainsi que d’un élément MCG (Movement Control Gp) de Zeebrugge.

Des Chasseurs Ardennais en exercice à Canjuers (photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais)
Des Chasseurs Ardennais en exercice à Canjuers (photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais)

Pour préparer au mieux cette mission de 4 mois, le bataillon a été en exercice du 9 au 25 mai sur l’immense camp français de Canjuers. « La météo et le terrain du sud de la France sont mieux adaptés à leurs objectifs », déclarait le lieutenant-colonel Étienne Goudemant, « La plupart des hommes se préparent à l’European Union Training Mission (EUTM) au Mali. Ici, nous avons un grand terrain disponible avec stands de tirs, villages reconstruits, etc. Nous avons cette infrastructure en Belgique mais il manque la chaleur qui est une grande difficulté sur le terrain, c’est pour ça que nous travaillons ici. » Le  4ème Groupement Communication Information System faisait également partie de l’exercice.

Depuis juillet, un général belge est à la tête de l’EUTM Mali. Il s’agit du général de brigade Éric Harvent, commandant de la brigade Médium depuis le 13 février 2015 et ancien chef de corps des Chasseurs Ardennais entre avril 2006 et décembre 2008. L’actuel chef de corps des Chasseurs Ardennais, le lieutenant-colonel Étienne Goudemant, est déjà sur place depuis quelques semaines au sein de l’état-major européen. Il est remplacé par son commandant en second, le commandant Bruneau.

Le bataillon ISTAR participe à Combined Resolve VII

photo Bataillon ISTAR
photo Bataillon ISTAR

Environ 120 militaires du bataillon ISTAR ou bataillon de Chasseurs à Cheval participent au grand exercice de l’OTAN Combined Resolve VII à Hohenfels en Allemagne du 29 août au 15 septembre 2016. Plus de 3.500 militaires de tout pays sont présents pour cet exercice sous commandement américain : Arménie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, France, Hongrie, Macédoine, Moldavie, Monténégro, Norvège, Pologne, Roumanie, Serbie, Slovénie, Ukraine. Les militaires belges doivent s’adapter à la façon de travailler des Américains notamment sur la façon de récolter des renseignements comme éclaireurs.

Le bataillon ISTAR (Intelligence, Surveillance, Target Acquisition and Reconnaissance) est une unité spécialisée dans l’observation et la reconnaissance et il fournit de l’appui aux unités combattantes. Il participe régulièrement à Vigilant Guardian et a été projeté au Mali de septembre 2015 à janvier 2016. Sur la photo, on peut apercevoir un Unimog SCB (surveillance du champ de bataille) de marque Mercedes.

Homeland et Vigilant Guardian de nouveau sur la sellette

Commencée le 17 janvier 2015, l’opération Vigilant Guardian (OVG) ou Homeland n’a cessé de prendre de l’importance. Actuellement 1.800 militaires belges patrouillent dans les rues, un nombre élevé pour l’armée belge et du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Régulièrement prolongée par le gouvernement, elle ne semble pas prête de s’arrêter au vu du contexte actuel. La situation devient critique notamment pour la Composante Terre. L’opération et ses conséquences ont de nouveau été discutées dernièrement dans les médias.

Des militaires du 29ème bataillon Logistique s'entraînant pour Vigilant Guardian (photo FB 29ème bataillon Logistique)
Des militaires du 29ème bataillon Logistique s’entraînant pour Vigilant Guardian (photo FB 29ème bataillon Logistique)

La Composante Terre est forte de 12.000 hommes selon les derniers chiffres officiels. On comprend donc que la mobilisation de 1.800 hommes, qui proviennent en très grande majorité de cette Composante, pèse et met en péril son opérationnalité d’autant plus que la Belgique va disposer d’un contingent important au Mali en septembre (120 hommes). Elle a d’ailleurs dû annuler ses portes ouvertes du 29 mai 2016 par manque de personnel et de matériel. Elle pourrait bien ne pas avoir lieu du tout en 2016. Certains diront que depuis janvier 2015, le contact avec la population est 24H/24 mais l’exemple est significatif.  Présent jusqu’en août à Bruxelles, le 12-13ème bataillon de Ligne, basé à Spa, a transféré son PC de commandement dans la capitale pour mieux coordonner et gérer les opérations. En juin, la RTBF indiquait que des militaires d’unités d’appui se préparaient pour pouvoir participer à Vigilant Guardian et suppléer leurs camarades des unités de combat durant l’été. Déjà au mois de mai, le 29ème bataillon de Logistique de Grobbendonk publiait des photos sur sa page Facebook d’entraînement dans le cadre d’une participation à Vigilant Guardian. C’est désormais officiel puisque le site de la Défense a publié le portrait du 1er sergent Lisa d’une unité spécialiste en systèmes de communication et d’information (CIS), participant à Vigilant Guardian. Ces unités fourniraient 10% des effectifs déployés.

photo FOB http://forcesoperations.com/
photo FOB http://forcesoperations.com/

Pourquoi ce soudain regain d’intérêt envers cette opération ? Le tout est partie d’une lettre poignante publiée sur Facebook d’un militaire belge. Son succès est devenu viral au point d’atteindre les internautes français. Dans ce message, ce militaire belge explique son ressenti sur sa mission et tente d’expliquer aux gens qu’il est un humain comme un autre:« Je suis un de ces soldats qui sont prêts à quitter notre pays pour un autre. Ce soldat qui est prêt à laisser les gens qu’il aime sans savoir s’il reviendra. Et je vous entends déjà dire: ‘Vous avez signé pour ça’. Oui, vous avez raison. Nous avons signé pour ça. Par contre, nous n’avons pas signé pour les insultes, les manques de respect et toutes les agressions dont nous sommes victimes. Mais vous avez raison. En nous engageant, nous savons ce qu’il nous attend lorsque nous sommes en mission dans notre propre pays » évoquant plus loin les personnes respectueuses qui remercient les militaires ou leur apportent à manger  » Vous savez pourquoi ces petits gestes sont si importants pour nous? Car ils nous rappellent que nous ne sommes pas que des pions en uniforme qui apportent un sentiment de sécurité aux citoyens, pour éviter la peur dans leur regard à chaque suspicion d’attaque. Ils nous rappellent que nous existons, que notre travail n’est pas juste de se balader dans les rues (…) Ces petits gestes sont si importants. Pour nous, ils veulent dire beaucoup. Aux personnes qui sont intimidées par nos uniformes et nos armes: n’oubliez pas que nous ne sommes que des hommes et que nous avons les mêmes émotions que vous. »

photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne
photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne

Les médias belges ont parlé d’un ras-le-bol chez les militaires belges, parlant de démissions à cause de Vigilant Guardian. Renchérissant, le site français Zone Militaire n’a pas hésité à titrer « Démissions en série dans l’armée belge », un titre un peu trop exagéré et catastrophique si on lit l’article ensuite. Il y aurait en tout entre 10 et 20 militaires, qui auraient démissionné et ce pour des raisons différentes. Rien de vraiment alarmant. L’agence Belga évoque des divorces en hausse chez les militaires, des heures supplémentaires  mal-payées, une mission qui peut durer jusqu’à 5 semaines. Selon le secrétaire permanent de la CGSP-Défense, Patrick Descy, la grogne porterait aussi sur la baisse des mission d’entraînement, la base du métier de militaire professionnel. Les mises en garde sur la perte des capacités opérationnelles des unités belges à cause de Vigilant Guardian sont récurrentes et parfois par des personnes extérieures de l’armée belge. C’est d’ailleurs facile à comprendre. Il est difficile de faire des manoeuvres avec différentes unités, occupées alternativement dans les rues. En juillet, des lignards étaient dans les rues à Bruxelles avec le bataillon ISTAR et des commandos. En août, des parachutistes ont pris la relève et on peut ajouter des militaires d’unités d’appui, évoqués ci-dessus.  Le bataillon Libération – 5 Ligne est projeté en partie au Mali tandis qu’une autre patrouille dans les rues. Toutefois la vision alarmiste de cette dépêche contraste avec l’accent appuyé mis par la communication de la Défense sur la fierté des militaires dans leur rôle de protection des citoyens. Les militaires sont peut-être plutôt inquiets pour la conservation de leurs compétences et savoir-faire mais la presse belge ne se penche pas vraiment sur le sujet et certains citoyens ne semblent pas pouvoir le comprendre à lire certains commentaires .

On saura fin août-début septembre si Vigilant Guardian va être prolongée et si oui avec quel niveau de mobilisation. En attendant, l’opération continue de faire parler dans la presse, dans la communauté militaire et la société civile. Avec la France, la Belgique est le seul pays européen à avoir mobilisé massivement les militaires dans la rue à proportion égale. Cette situation inédite risque de faire encore parler et d’interroger. Il sera intéressant de voir la réaction des citoyens si elle venait à durer.