La Belgique a rapatrié son matériel sensible et son contingent militaire du Congo

crédit-photo Ritchie Sedeyn/BE Defence

Dans un communiqué, la Défense belge a officialisé la fin de la coopération militaire avec le Congo et le rapatriement de son matériel sensible ainsi que des derniers militaires sur place.

Hier, un C-130 de l’armée belge a atterri à Melsbroek avec du matériel sensible et des militaires en provenance du Congo, précise le communiqué de la Défense. Il fermait la marche d’un premier rapatriement de personnel le week-end dernier à Zaventem. Au cours de ses treize dernières années de coopération militaire, un important stock de matériel avait été accumulé au Congo. La Défense belge a indiqué qu’elle avait laissé sur place du matériel sans valeur et qu’elle avait vendu un nombre important de véhicules.

Le rapatriement du matériel et du contingent a été retardé à cause de complications diplomatiques et d’une panne générale qui avait cloué au sol la flotte de C-130 après que le gouvernement congolais ait mis fin à la coopération militaire avec la Belgique en avril dernier. Faute d’avoir eu les autorisations nécessaires pour son bon déroulement, une douzaine de militaires belges avait dû rester à Kindu pour garder le matériel sensible.

Dans son communiqué, la Défense belge a tenu à souligner qu’elle avait consacré beaucoup de temps et d’énergie pour la formation de l’armée congolaise notamment dans le domaine du génie, précisant que les militaires des deux pays avaient toujours eu de bonnes relations. « La décision de mettre fin à cette coopération émane du gouvernement congolais. La Défense belge reste prête à développer de nouveaux partenariats après décision du gouvernement », conclut-elle.

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Le ministre Steven Vandeput donne des précisions sur la situation des militaires belges au Congo

Un para belge au Congo à Kindu lors de l’exercice Tropical Storm en décembre 2015 (photo Stijn Verboven
/BE Defense)

Un certain flou entoure la situation exacte des militaires belges au Congo depuis certaines révélations parues la semaine dernière dans la presse et la fin de la coopération militaire décidée par le gouvernement congolais en avril dernier. Le ministre Steven Vandeput a donné des précisions en commission, sa première explication officielle sur ce dossier.

Actuellement 12 militaires belges surveillent la base logistique et le matériel belge à Kindu en attendant d’avoir les autorisations nécessaires du gouvernement congolais pour tout rapatrier. Pour l’instant, le Congo refuse d’accorder des visas et de donner des approbations diplomatiques depuis mi-mai pour le rapatriement qui doit nécessiter l’utilisation d’un C-130 et de personnel supplémentaire. Actuellement des rotations ont lieu au sein du détachement chargé de la protection de la base et du matériel pour le redéploiement pendant la période des grandes vacances. La panne qui a touché la flotte de C-130 aurait également compliqué l’évacuation, un fait non mentionné par le ministre en commission.

Les tractations pour le rapatriement n’ont lieu qu’au niveau diplomatique et du ministère des Affaires Étrangères, le ministère de la Défense n’intervenant  pas sur ce volet du dossier. Par ailleurs, le ministre Steven Vandeput a précisé que les relations étaient très bonnes entre les militaires belges et les militaires congolais.

De son côté, le gouvernement congolais nie bloquer des militaires belges et ne veut pas accorder de visas à cinquante personnes, estimant que vingt personnes suffisent pour évacuer le matériel.

Privée de ses C-130, la Belgique a fait appel à l’European Air Transport Command

Privée de ses C-130 immobilisés pendant un mois suite à une panne, la Belgique a fait appel à ses alliés de l’European Air Transport Command comme l’a indiqué en commission de la Défense nationale le ministre Steven Vandeput. « Le pooling and sharing a ses limites mais ici c’était un succès », a-t-il précisé pour appuyer ses propos. Un avion portugais a ainsi été envoyé par l’EATC à Kindu au Congo pour porter assistance à l’un des C-130 immobilisés.

Le ministre Steven Vandeput a toutefois reconnu que des missions avaient été décalées en attendant que les C-130 puissent à nouveau être opérationnels. Même si la coopération européenne a bien fonctionné dans ce cas précis, cet incident mécanique aura quand même eu des répercussions non négligeables sur les opérations militaires comme la Défense l’a reconnu elle-même.

Deux avions sont toujours en panne, l’un au Portugal et l’autre au Congo-Brazaville.