Le nouveau corps de sécurité pas pleinement opérationnel avant 2019

Des militaires de la Composante Air en opération Vigilant Guardian en 2016 (photo Composante Air)

Le nouveau corps de sécurité de 1.600 hommes, qui doit permettre de soulager l’opération Vigilant Guardian et la Police fédérale, ne sera pas pleinement opérationnel avant janvier 2019 comme l’a indiqué le ministre de l’Intérieur Jan Jambon en commission. Au départ dans l’avant-projet de loi présenté par le gouvernement au mois de mai de dernier, un déploiement progressif était prévu courant 2017 mais cela ne sera pas le cas. Le ministre confirme ainsi des informations parues dans les médias ces derniers mois. 

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon a indiqué que le projet de loi serait discuté en commission le 20 septembre prochain. La direction Surveillance et Protection (DSP) dépendra directement de la direction de la Sécurisation (DAB) au sein de la Police fédérale. Les premières formations destinées aux agents de sécurité sont prévues au début de mars 2018 et le premier engagement opérationnel en septembre 2018. Elle ne sera pleinement opérationnelle qu’en 2019. En premier lieu, les hommes de la DSP seront chargés de la sécurisation des sites nucléaires, de l’aéroport de Bruxelles et d’une partie de l’exécution des tâches de la police des cours et tribunaux. Sur le plus long terme, ils devraient même se charger du transfèrement de détenus pour soulager la police locale. Le ministre n’a pas donné plus d’indication sur les modalités de recrutement, ce nouveau corps devant comprendre notamment des militaires volontaires.

Il faudra attendre avant de voir en quoi consiste concrètement ce nouveau corps de sécurité, qui s’apparente plus à une police parallèle. En tout cas, l’information du ministre Jan Jambon confirme que l’opération Vigilant Guardian continuera au moins jusqu’en 2019. Dernièrement, le commandant de la Composante Terre le général-major Marc Thys a expliqué au Standaard que les militaires se préparaient à rester dans les rues jusqu’en 2020.

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Tentative d’attentat à Bruxelles : le professionnalisme des militaires de Vigilant Guardian unanimement salué

Des Chasseurs Ardennais en opération Vigilant Guardian à Bruxelles en juin 2017 (photo Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais)

Mardi soir, des militaires belges de l’opération Vigilant Guardian ont abattu un homme qui a provoqué une explosion mineure dans la gare Centrale de Bruxelles. 

Caractère inédit de la situation, c’est la première fois que des militaires de l’opération Vigilant Guardian faisaient usage de leurs armes contre un individu en train de commettre un attentat. Le Parquet a précisé qu’au vu des éléments, les règles d’engagement avaient été respectées, une information confirmée par le ministre Steven Vandeput qui a toutefois voulu les garder secrètes. Cette intervention s’est faite sans victime collatérale et aucune précision n’a été donnée sur le nombre de balles tirées par le militaire qui a abattu Oussama Z. Selon différents éléments recoupés ici et là les militaires, qui sont intervenus, faisaient partie des Chasseurs Ardennais même si aucune communication n’a été faite à ce sujet que ce soit par la Défense ou la presse.

Ce mercredi 21 juin 2017, le Chef de la Défense accompagné du Ministre de la Défense et du Commandant de la Composante…

Posted by Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais on Wednesday, June 21, 2017

Ce mercredi 21 juin 2017, le Chef de la Défense accompagné du Ministre de la Défense et du Commandant de la Composante…

Publié par Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais sur mercredi 21 juin 2017

Si cet action n’empêchera pas un débat légitime sur l’utilité ou pas des militaires dans la rue et l’opération Vigilant Guardian, l’action des militaires de Vigilant Guardian aura été unanimement saluée par les politiques et les citoyens sur les réseaux sociaux. Une belle image pour l’armée belge !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le gouvernement lance le processus de création du nouveau corps de sécurité

Lors d’un Conseil des ministres, le gouvernement belge a approuvé l’avant-projet de loi pour la création de la direction de la Sécurisation (DAB) au sein de la Police fédérale, un nouveau corps de sécurité qui doit permettre le désengagement progressif des militaires dans la rue.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon avait annoncé en octobre 2016 la création d’une « garde nationale » pour suppléer l’opération Vigilant Guardian, qui pèse lourdement sur l’armée belge et notamment la Composante Terre. Le projet avait pris un peu de retard mais le processus législatif est désormais bien engagé. L’avant-projet de loi, qui doit attendre l’avis du Conseil d’État, est présenté conjointement par Jan Jambon, ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Koen Geens, ministre de la Justice et Steven Vandeput, ministre de la Défense.

photo Daniel Orban/Défense belge

Ce nouveau corps de sécurité aura un effectif de 1.600 hommes. Le recrutement se fera dans trois services précis: des fonctionnaires du Corps de Sécurité, des militaires en service actif revêtus d’un grade de volontaire ou de sous-officier qui se portent candidats et sont retenus, et des membres du personnel de Brussels Airport Company revêtus de la fonction d’inspecteur de l’inspection aéroportuaire. L’effectif sera composé en grande partie d’agents de sécurisation qui seront employés, des membres du cadre opérationnel à part entière, formés avec un nouveau grade et avec certaines compétences policières. La DAB sera chargée de la surveillance de plusieurs lieux stratégiques: les palais royaux, les infrastructures du SHAPE et de l’OTAN, les institutions internationales et européennes, les bâtiments des autorités nationales et internationales, les sites nucléaires, les cours et les tribunaux ainsi que l’aéroport de Bruxelles.

Le gouvernement précise que ce nouveau corps de sécurité doit permettre à la Police fédérale de dégager un maximum de capacité policière tant au niveau local qu’au niveau fédéral et de se réinvestir dans ses missions centrales. La DAB sera d’ailleurs également chargée de l’exécution de la sécurisation ponctuelle des opérations de police et, en ordre subsidiaire, des escortes. Mais l’autre objectif de départ était également de suppléer Vigilant Guardian même si le gouvernement parle désormais d’un désengagement partiel des militaires avec un équipement et des véhicules de transport adaptés pour cette opération. Le gouvernement prévoit le déploiement progressif de la Direction de Sécurisation courant 2017.

Le coût de Vigilant Guardian s’élève à un peu plus de 100 millions d’euros depuis 2015

Les premiers Chasseurs Ardennais de l’opération Vigilant en mission à Bruxelles le 17 janvier 2015 (photo Daniel Orban / BE Defense)

Le coût de l’opération Vigilant Guardian s’élève à un peu plus de 100 millions d’euros depuis son lancement le 17 janvier 2015 selon des chiffres fournis par le ministre Steven Vandeput aux députés de la Commission de la Défense. Le chiffre exact arrêté au 18 avril 2017 est de 100.289.000 d’euros. Son coût est supporté en grande partie par le ministère de l’Intérieur. 

Le ministre a par ailleurs indiqué que le dispositif avait évolué depuis son lancement et que le chiffre actuel de 1250 militaires déployés variait selon les endroits et les événements à couvrir. Le dispositif est désormais plus dynamique. En plus de la Composante Terre, deux autres Composantes sont concernées par l’opération: l’Air et la Médicale. Seule la Marine n’y participe pas. Depuis l’année dernière, d’autres unités que des unités de combat au sens strict sont mobilisées comme la logistique et les transmissions.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon veut lancer un cors de sécurité spécifique ou « garde nationale » qui doit remplacer les militaires dans la rue. Mais le projet prend pour l’instant du retard et les syndicats militaires ne l’espèrent pas avant 2019 voire plus tard s’il n’est pas mis en place par la législature actuelle.

 

[Vigilant Guardian] Les 1828 militaires belges restent dans la rue pour un mois encore

photo Défense belge
photo Défense belge

Le Conseil des Ministres a décidé aujourd’hui de la prolongation de l’opération Vigilant Guardian du 2 octobre au 2 novembre 2016. Le niveau de menace reste inchangé.

« L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) a effectué une nouvelle analyse de la menace le 22 septembre 2016. Après avoir recueilli l’avis du Comité stratégique du renseignement et de la sécurité et vu le niveau général de la menace au niveau 3, le Conseil des ministres a décidé du déploiement de 1828 militaires en rue, pour une nouvelle période d’un mois, du 2 octobre au 2 novembre 2016.

L’OCAM procédera à une nouvelle évaluation globale de la menace en vue de préparer les travaux du prochain Comité stratégique du renseignement et de la sécurité. »

Vers une « garde nationale » belge en 2017 ?

Charles Michel et Jan Jambon en visite à Etterbeek, au siège des unités spéciales de la police fédérale (photo Belga)
Charles Michel et Jan Jambon en visite à Etterbeek, au siège des unités spéciales de la police fédérale (photo Belga)

Selon une information de la Dernière Heure, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon souhaite créer pour 2017 un nouveau corps de sécurité mobilisable à toute heure peu importe le niveau de menace. Ce nouveau corps se créerait sur le modèle français lancé par François Hollande: une « garde nationale » en quelque sorte. Actuellement, il est prévu que 1.440 militaires dépêchés au sein de l’armée sur base volontaire composent cette garde, tout comme 220 membres du corps de sécurité du SPF Justice. On comprend aisément l’objectif de cette garde mais cela pose toutefois des questions.

Pourquoi cette « garde nationale » ?

Le but est plus qu’évident: soulager les militaires et les policiers dans la rue car l’opération Vigilant Guardian ne semble pas prête de s’arrêter. Le chercheur André Dumoulin, attaché à l’IRSD (Institut royal supérieur de Défense), évoquait déjà au mois de mai 2016 la création d’un tel corps de sécurité nationale (« Direction Surveillance et Protection ») composé de 1220 anciens militaires, 420 membres du corps de sécurité du SPF Justice et 410 agents de sécurité de l’aéroport de Bruxelles. C’est bien la preuve que l’idée circule dans les milieux militaires, de façon plus ou moins confidentielles, depuis quelques mois. Dans le cas présent, on soulignera que l’idée émane du ministère de l’Intérieur et non de la Défense. C’est tout simplement parce que le financement de l’opération Vigilant Guardian, qui est un appui de l’armée à la Police Fédérale, revient à l’Intérieur. L’armée facture son soutien à la police (18,2 millions d’€ en 2015). En plus de soulager l’armée et la police, ce corps a sans aucun doute également le but de baisser le coût d’une telle opération de sécurité qui va durer.

logo réserveEt la réserve ?

Avec cette création, on se dirigerait plus vers de la sécurité privée que l’idée de la défense du territoire nationale. La France n’a pas hésité à axer sa communication sur la réserve, à recruter et à projeter des réservistes dans la rue dans le cadre de l’opération Sentinelle. La Belgique possède bien une réserve, dont le cadre est défini par la loi du 21 mai 2001 depuis la suspension du service militaire le 1er mars 1995. Le réserviste belge doit se mettre à disposition de la Défense au moins 5 jours à 7 jours par an. Cela réduit donc les possibilités de mobiliser la réserve dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian. D’ailleurs, il n’en a jamais été fait allusion. De plus selon les derniers chiffres, l’armée ne compterait que 5.806 réservistes dont seulement 1.196 sont des réservistes « entraînés », aptes à être engagés. Lors d’un symposium organisé à l’École Royale Militaire de Bruxelles sur « La Réserve, aujourd’hui et demain » le 14 novembre 2015, le lieutenant-colonel de réserve Philippe Légat espérait que d’ici 2030 la Défense puisse compter sur 6.000 réservistes disponibles répartis dans quatre catégories : réserve spécialisée, d’appui, territoriale et civile. D’ailleurs le document de la Vision Stratégique de la Défense pour 2030 prévoit de renouveler et de réactuliser la réserve actuelle avec la disparition de la réserve non spécialisée et la création de compagnies de réserve, constituées d’infanterie légère, qui soutiendraient les forces terrestres dans ses missions de sécurité intérieure.

Des réservistes belges lors d'une compétition nationale de réservistes à Spa en octobre 2015 (photo Défense belge)
Des réservistes belges lors d’une compétition nationale de réservistes à Spa en octobre 2015 (photo Défense belge)

Où en est l’engagement volontaire militaire (EVMI) ?

L’engagement volontaire militaire (EVMI), lancée en 2010 par le ministre de la Défense de l’époque Peter de Crem, devait rajeunir l’armée belge et permettre à des jeunes sans diplôme de devenir militaire pour une période de 2 à 4 ans. C’était une forme de service militaire volontaire. Le bilan de ce dispositif a été fait en 2015, cinq ans après sa mise en place. Il n’aurait pas convaincu les jeunes malgré les premiers chiffres encourageants au moment de son lancement. Le syndicat CGSP a parlé d’échec total, trois quart des candidats n’allant pas au bout de leur engagement. Entre 2010 et 2014, 840 places ont été ouvertes mais seulement 348 places ont été pourvues. Sur ces 348 volontaires, 10 ont achevé leur engagement, 118 sont passés sous un autre statut militaire et 21 étaient encore en place. Malgré une modification du statut en 2014, le dispositif ne convainc toujours pas les jeunes et il devrait disparaître.

On attend d’en savoir plus sur cette création d’une garde nationale et ce projet de loi avant de s’en faire une réelle idée d’autant plus que cette initiative vient de l’Intérieur. Comment la Défense va-t-elle s’imbriquer sur ce projet ? La Belgique n’échappe pas au débat d’un retour au service militaire ou de la création d’une garde nationale mais elle semble plus se tourner vers de la sécurité privée qu’une sorte d’appel à la mobilisation nationale à travers la réserve par exemple. Mais par cette création, on a déjà une certitude : Vigilant Guardian va continuer sous une forme ou une autre !

Un mois de plus pour Vigilant Guardian

Le Conseil des Ministres du 20 juillet a annoncé le prolongement de l’opération Vigilant Guardian pour un mois:

« Sur proposition du ministre de la Sécurité et de l’Intérieur Jan Jambon et du ministre de la Défense Steven Vandeput, le Conseil des ministres a approuvé le maintien du déploiement de militaires sur le terrain, dans le cadre du protocole d’accord relatif à l’appui de la Défense au service de police intégré en vue d’assurer des missions de surveillance.

L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) a effectué une nouvelle analyse de la menace. Après avoir recueilli l’avis du Comité stratégique du renseignement et de la sécurité et vu le niveau général de la menace au niveau 3, le Conseil des ministres a décidé du déploiement de 1828 militaires en rue, pour une nouvelle période d’un mois, du 3 août au 2 septembre 2016.

L’OCAM procédera à une nouvelle évaluation globale de la menace en vue de préparer les travaux du prochain Comité stratégique du renseignement et de la sécurité. »