Le lieutenant-colonel Johan Dillen, nouveau chef de corps du 18ème Bataillon Logistique

crédit-photo BE Defence/18 Bn Log

Le lieutenant-colonel Johan Dillen est le nouveau chef de corps du 18ème Bataillon Logistique, basé à Bourg-Léopold, depuis le 5 octobre dernier. Il succède au lieutenant-colonel Katrien D’Hert, première femme à devenir chef de corps dans la logistique en 2015.

De janvier à juin 2017, le 18ème Bataillon Logistique a été lourdement mis à contribution en Lituanie avec une centaine d’hommes déployés dans un bataillon multinational de l’OTAN sous commandement allemand à Rukla. Il a été relayé le 1er juin par le 29ème Bataillon Logistique de Grobbendonk. Depuis septembre, les effectifs belges de  l’opération enhanced Forward Presence sont fournis par le  4ème Bataillon Logistique de Marche-en-Famenne. Durant ces 5 mois, le lieutenant-colonel Katrien D’Hert a assuré la mise en place de l’opération avec la création d’un grand camp logistique pour fournir tout l’appui logistique au bataillon international.  » Grâce à notre excellente réputation, d’autres pays comme les Etats-Unis et le Canada ont déjà fait appel à nous. Nous sommes réputés pour notre flexibilité et notre professionnalisme, et nous pouvons en être fiers. L’opération enhanced Forward Presence a placé la logistique belge sur la carte du monde », expliquait-elle en juin dernier sur le site de la Défense.

Le lieutenant-colonel Johan Dillen occupait la fonction de directeur technique au Centre de Compétence Matériel Roulant et Armement (CC R&A) de Rocourt depuis 2015.

La cérémonie de passation s’est déroulée en présence de Wouter Beke, président du CD&V, député à la Chambre et bourgmestre de Bourg-Léopold.

 

 

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L’armée belge met en place un résumé mensuel de ses opérations à l’étranger

crédit-photo BE Defense/Ritchie Sedeyn

Pour la seconde fois depuis le mois de mars, la Défense belge a organisé un point presse sur ses opérations.  Conjointement, on a pu voir apparaître un nouvel onglet sur le site de la Défense « Point Presse opérations » avec la mise en ligne d’un document pdf qui récapitule les différentes opérations de son armée à l’étranger avec 4 axes par opération: but de la mission, nombre de militaires, événement significatif, changement de personnel.

S’il n’y a rien eu au mois d’avril, l’armée belge a réitéré pour le mois de mai en mettant un accent dans sa communication sur la Lituanie où 93 militaires belges sont déployés au sien du battle group allemand dans la ville lituanienne de Rukla. Selon les chiffres fournis par la Défense, le détachement belge en Lituanie  s’est chargé du transport de 496 containers sur 93.890km et de 276 véhicules sur 67.200km. Il a également fait le plein de 274 véhicules non belges. Effectivement l’armée belge a en charge la logistique en particulier pour le détachement allemand. Le 29ème Bataillon Logistique de Grobbendonk doit remplacer aujourd’hui le 18ème bataillon de Bourg-Léopold. Au mois de juillet prochain, le Luxembourg va déployer pour six mois un peloton de « transport » de 22 hommes qui sera intégré dans une compagnie belge. En revanche le Congo a disparu de la liste des opérations. On sait qu’il y a des tensions entre les deux pays et que le Congo a interrompu le Programme de Partenariat Militaire au mois d’avril.

Cette mise en place coïncide avec certaines accusations d’un manque de transparence et de lisibilité sur les opérations militaires belges par certains députés de l’opposition. On peut espérer que cette pratique va s’inscrire dans la durée.

resume_mensuel_des_operations_a_letranger_mai_2017

 

Homeland et Vigilant Guardian de nouveau sur la sellette

Commencée le 17 janvier 2015, l’opération Vigilant Guardian (OVG) ou Homeland n’a cessé de prendre de l’importance. Actuellement 1.800 militaires belges patrouillent dans les rues, un nombre élevé pour l’armée belge et du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Régulièrement prolongée par le gouvernement, elle ne semble pas prête de s’arrêter au vu du contexte actuel. La situation devient critique notamment pour la Composante Terre. L’opération et ses conséquences ont de nouveau été discutées dernièrement dans les médias.

Des militaires du 29ème bataillon Logistique s'entraînant pour Vigilant Guardian (photo FB 29ème bataillon Logistique)
Des militaires du 29ème bataillon Logistique s’entraînant pour Vigilant Guardian (photo FB 29ème bataillon Logistique)

La Composante Terre est forte de 12.000 hommes selon les derniers chiffres officiels. On comprend donc que la mobilisation de 1.800 hommes, qui proviennent en très grande majorité de cette Composante, pèse et met en péril son opérationnalité d’autant plus que la Belgique va disposer d’un contingent important au Mali en septembre (120 hommes). Elle a d’ailleurs dû annuler ses portes ouvertes du 29 mai 2016 par manque de personnel et de matériel. Elle pourrait bien ne pas avoir lieu du tout en 2016. Certains diront que depuis janvier 2015, le contact avec la population est 24H/24 mais l’exemple est significatif.  Présent jusqu’en août à Bruxelles, le 12-13ème bataillon de Ligne, basé à Spa, a transféré son PC de commandement dans la capitale pour mieux coordonner et gérer les opérations. En juin, la RTBF indiquait que des militaires d’unités d’appui se préparaient pour pouvoir participer à Vigilant Guardian et suppléer leurs camarades des unités de combat durant l’été. Déjà au mois de mai, le 29ème bataillon de Logistique de Grobbendonk publiait des photos sur sa page Facebook d’entraînement dans le cadre d’une participation à Vigilant Guardian. C’est désormais officiel puisque le site de la Défense a publié le portrait du 1er sergent Lisa d’une unité spécialiste en systèmes de communication et d’information (CIS), participant à Vigilant Guardian. Ces unités fourniraient 10% des effectifs déployés.

photo FOB http://forcesoperations.com/
photo FOB http://forcesoperations.com/

Pourquoi ce soudain regain d’intérêt envers cette opération ? Le tout est partie d’une lettre poignante publiée sur Facebook d’un militaire belge. Son succès est devenu viral au point d’atteindre les internautes français. Dans ce message, ce militaire belge explique son ressenti sur sa mission et tente d’expliquer aux gens qu’il est un humain comme un autre:« Je suis un de ces soldats qui sont prêts à quitter notre pays pour un autre. Ce soldat qui est prêt à laisser les gens qu’il aime sans savoir s’il reviendra. Et je vous entends déjà dire: ‘Vous avez signé pour ça’. Oui, vous avez raison. Nous avons signé pour ça. Par contre, nous n’avons pas signé pour les insultes, les manques de respect et toutes les agressions dont nous sommes victimes. Mais vous avez raison. En nous engageant, nous savons ce qu’il nous attend lorsque nous sommes en mission dans notre propre pays » évoquant plus loin les personnes respectueuses qui remercient les militaires ou leur apportent à manger  » Vous savez pourquoi ces petits gestes sont si importants pour nous? Car ils nous rappellent que nous ne sommes pas que des pions en uniforme qui apportent un sentiment de sécurité aux citoyens, pour éviter la peur dans leur regard à chaque suspicion d’attaque. Ils nous rappellent que nous existons, que notre travail n’est pas juste de se balader dans les rues (…) Ces petits gestes sont si importants. Pour nous, ils veulent dire beaucoup. Aux personnes qui sont intimidées par nos uniformes et nos armes: n’oubliez pas que nous ne sommes que des hommes et que nous avons les mêmes émotions que vous. »

photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne
photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne

Les médias belges ont parlé d’un ras-le-bol chez les militaires belges, parlant de démissions à cause de Vigilant Guardian. Renchérissant, le site français Zone Militaire n’a pas hésité à titrer « Démissions en série dans l’armée belge », un titre un peu trop exagéré et catastrophique si on lit l’article ensuite. Il y aurait en tout entre 10 et 20 militaires, qui auraient démissionné et ce pour des raisons différentes. Rien de vraiment alarmant. L’agence Belga évoque des divorces en hausse chez les militaires, des heures supplémentaires  mal-payées, une mission qui peut durer jusqu’à 5 semaines. Selon le secrétaire permanent de la CGSP-Défense, Patrick Descy, la grogne porterait aussi sur la baisse des mission d’entraînement, la base du métier de militaire professionnel. Les mises en garde sur la perte des capacités opérationnelles des unités belges à cause de Vigilant Guardian sont récurrentes et parfois par des personnes extérieures de l’armée belge. C’est d’ailleurs facile à comprendre. Il est difficile de faire des manoeuvres avec différentes unités, occupées alternativement dans les rues. En juillet, des lignards étaient dans les rues à Bruxelles avec le bataillon ISTAR et des commandos. En août, des parachutistes ont pris la relève et on peut ajouter des militaires d’unités d’appui, évoqués ci-dessus.  Le bataillon Libération – 5 Ligne est projeté en partie au Mali tandis qu’une autre patrouille dans les rues. Toutefois la vision alarmiste de cette dépêche contraste avec l’accent appuyé mis par la communication de la Défense sur la fierté des militaires dans leur rôle de protection des citoyens. Les militaires sont peut-être plutôt inquiets pour la conservation de leurs compétences et savoir-faire mais la presse belge ne se penche pas vraiment sur le sujet et certains citoyens ne semblent pas pouvoir le comprendre à lire certains commentaires .

On saura fin août-début septembre si Vigilant Guardian va être prolongée et si oui avec quel niveau de mobilisation. En attendant, l’opération continue de faire parler dans la presse, dans la communauté militaire et la société civile. Avec la France, la Belgique est le seul pays européen à avoir mobilisé massivement les militaires dans la rue à proportion égale. Cette situation inédite risque de faire encore parler et d’interroger. Il sera intéressant de voir la réaction des citoyens si elle venait à durer.