Mali, lutte contre Daech, Corps de réaction rapide-France au menu du dernier numéro de la Revue Militaire Belge

L’Institut royal supérieur de défense (IRSD) a sorti le dernier numéro du mois de juin de la Revue Militaire Belge de 111 pages. Cette revue s’adresse tant aux militaires qu’aux civils pour les informer sur les réalités et les enjeux dans le domaine de la Défense au niveau national et international. Pour ce nouveau numéro, les sujets sont une nouvelle fois riches et denses.

Le général de brigade Éric Harvent évoque son commandement au Mali et le docteur Didier Leroy parle de la Belgique et Daech. Un article est également consacré à la contribution belge à l’état-major du Corps de réaction rapide français. Le chef de la Composante Terre, le général-major Marc Thys, est également l’auteur d’un article en néerlandais sur les capacités de la Défense belge. Plein d’autres sujets sont à découvrir…

Par ailleurs, trois nouveaux membres rejoignent le comité de rédaction de la revue:  l’amiral de flottille e.r. Georges Heeren, ancien commandant de la Composante Marine entre 2015 et 2016, le général de brigade e.r. Henri Badot-Bertrand, ancien commandant de feu le 1er régiment d’artillerie de campagne ainsi que du CRR Fr,  et le général de brigade e.r. Philippe Dohet-Eraly, ancien commandant du feu 8ème bataillon Logistique.

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La Belgique va diminuer sa présence militaire au Mali dès janvier 2018

Des militaires belges du bataillon ISTAR au Mali en 2015 (photo BE Defence)

Selon la VRT et l’agence Belga qui tiennent leurs informations de source militaire, la Belgique réfléchit à diminuer fortement sa présence militaire au Mali dès janvier 2018 alors que le général de brigade belge Laurent Bart vient de prendre le commandement de l’EUTM Mali. Il n’y a encore rien d’officiel mais la Belgique aurait averti l’Espagne qu’elle devrait prendre la tête de la mission européenne plus tôt que prévu lors de la cérémonie de passation de commandement.

En décembre 2016, le ministre Steven Vandeput avait indiqué que la Belgique était prête à prendre le commandement de l’EUTM Mali pour une année supplémentaire jusqu’en juillet 2018. Finalement cela ne sera pas le cas même s’il n’y a encore rien d’officiel et qu’on ne sait pas encore quelle forme prendra la contribution militaire belge au Mali. Une phrase sur le site de la Défense sur ses missions en Afrique ne laisse pas place au doute:« Le général de brigade Laurent restera, quant à lui, chef de mission jusqu’à la fin du mois de janvier 2018, sonnant ainsi le glas du commandement belge. » 

Le Mali est la mission la plus importante à l’étranger pour la Composante Terre avec un détachement de 182 militaires. Un autre détachement de 22 militaires est également présent au sein de la MINUSMA. Depuis juillet 2016, trois généraux belges se seront succédés à la tête de l’EUTM Mali: le général de brigade Éric Harvent, le général de brigade Peter Devogelaere et le général de brigade Laurent Bart.

[Interview] Général de brigade Peter Devogelaere: « Nous devons redoubler d’efforts pour aider l’armée malienne à lutter contre le terrorisme »

Le général de brigade Peter Devogelaere (photo EUTM Mali)
Le général de brigade Peter Devogelaere (photo EUTM Mali)

Interview avec le général de brigade Peter Devogelaere, commandant de l’EUTM Mali depuis décembre 2016.

Le 19 décembre 2016, le général de brigade Peter Devogelaere a pris le commandant de l’EUTM Mali succédant à son compatriote le général de brigade Éric Harvent. Depuis juillet 2016, la Belgique est à la tête de cette mission de l’UE avec un détachement d’un peu plus de 150 militaires. C’est l’opération à l’étranger la plus importante pour la Composante Terre de l’armée belge. Pour le blog À l’Avant-Garde, le général de brigade Peter Devogelaere revient sur sa préparation à cette fonction, la mission des militaires belges et l’évolution de l’EUTM Mali.

« Le but est de délivrer nos formations là où l’armée malienne en a besoin »

Le commandement de l’EUTM Mali est une fonction importante, qui engage la crédibilité de l’armée belge. Comment avez-vous préparé cette nouvelle prise de commandement à la tête d’une mission de l’UE ? Avez-vous échangé avec votre prédécesseur le général de brigade Éric Harvent ? 

Le cycle de préparation pour une mission de cette importance s’étalait effectivement sur plusieurs mois. Il comportait, entre autres, une période de deux semaines appelée « pre-deployment training » à Otterburn en Écosse, pendant laquelle tous les membres belges du futur MHQ (Main Head Quarter) de l’EUTM Mali ont effectué une remise à niveau intensive dans toute une série de domaines (tirs, premiers soins, préparations spécifiques pour la mission, familiarisation avec le fonctionnement futur de l’EM de l’EUTM Mali.. etc). Cette période a également permis d’assurer la cohésion du groupe composé de militaires venant de différents horizons. Pendant la phase de préparation, le personnel clé de l’état-major a également reçu les formations nécessaires concernant le fonctionnement des institution européennes et plus particulièrement du EEAS (European External Action Service) dont dépend l’EUTM. Pour ma part, j’ai eu également différentes réunions de préparation au niveau Strat/Pol au sein du EEAS. Pendant les mois qui ont précédé notre départ, j’ai été en contact régulier avec mon prédécesseur et je me suis rendu sur place pour une période de reconnaissance.

 

Le général de brigade Peter Devogelaere sur le terrain dès le début de son mandat (photo EUTM Mali)
Le général de brigade Peter Devogelaere sur le terrain dès le début de son mandat (photo EUTM Mali)

Quelles seront les principales priorités de votre mandat ?

Le but premier de l’EUTM Mali est de contribuer à la restauration des capacités des Forces Armées maliennes (FAMa). L’objectif est qu’elles redeviennent capables de mener des opérations pour rétablir l’intégrité territoriale du Mali et réduire la menace terroriste. Nous sommes dans le troisième mandat de la mission qui doit voir notre zone d’action s’étendre jusqu’à la boucle du Niger, le but étant de délivrer nos formations là où l’armée malienne en a besoin. Cette décentralisation est bien entendu conditionnée par l’évolution de la situation sécuritaire dans le pays. Je rappelle que l’EUTM Mali est une mission non exécutive et non une opération : les militaires déployés ne sont pas destinés à participer à des missions de combat et n’accompagnent pas les unités maliennes dans les opérations. Au niveau des formations dispensées, une attention toute particulière est donnée au leadership et au respect des droits humains.  L’ATF (Advisory Task Force) de l’EUTM Mali joue également un rôle très important en assistant l’état-major dans le processus de transformation des FAMa.

Pour l’instant, l’EUTM Mali est localisée à Koulikoro et Bamako. Dans une interview à Bruxelles2, début décembre, votre prédécesseur le général de brigade Éric Harvent évoquait la possibilité d’aller à Gao en 2017. Qu’en est-il ? L’EUTM Mali est-elle appelée à se déplacer ?

La mission décentralise progressivement ses activités vers les régions en déployant des équipes mobiles de formateurs et de conseillers, dites CMATT (pour Combined Mobile Advisory and Training Teams). DEUX CMATT ont déjà été organisés à Segou et Kati .  D’autres sont en préparation. En ce qui concerne Gao, il est effectivement dans nos intentions d’y organiser un CMATT, mais le moment et les modalités dépendront de l’évolution de la situation dans la région.

« Notre collaboration avec la force Barkhane est appelée à se renforcer »
Le 17 janvier 2017, le général de brigade Peter Devogelaere a reçu la visite du général de division François-Xavier de Woillemont, commandant de la force Barkhane (photo EUTM Mali)
Le 17 janvier 2017, le général de brigade Peter Devogelaere a reçu la visite du général de division François-Xavier de Woillemont, commandant de la force Barkhane (photo EUTM Mali)

L’enlèvement d’une ressortissante française à Gao au mois de décembre ainsi que le récent attentat meurtrier dans cette même ville montrent que la situation au Mali est toujours instable et qu’il ne faut pas baisser la garde. La protection de l’EUTM Mali est-elle d’autant plus indispensable ? Y a-t-il une collaboration avec la force Barkhane ? 

Nous connaissons en effet une recrudescence de la violence, particulièrement dans le nord et dans le centre du pays. L’attentat de Gao le 18 janvier est le plus meurtrier qu’ait connu le Mali ces dernières années et le processus de paix est mis à mal depuis quelque temps. Le MOC (Mécanisme Opérationnel de Coordination) peine à se réaliser concrètement sur le terrain et la mise en œuvre des patrouilles mixtes est sans cesse retardé. L’attentat du 18 janvier est un coup dur porté au processus de paix, mais j’espère que les Maliens trouveront les ressources nécessaires pour surmonter l’obstacle. Il nous faut en tout cas redoubler nos efforts pour aider les FAMa à relever le défi de la lutte contre le terrorisme et cela demandera une collaboration étroite entre tous les acteurs internationaux présents au Mali (MINUSMA, Barkhane, EUTM). Pour répondre à votre question : nous sommes effectivement en contact permanent avec Barkhane et notre collaboration est appelée à se renforcer avec l’avancée de notre processus de décentralisation, principalement vers le nord.

« La mission première de l’EUTM Mali reste l’entraînement et la formation »

 Entre formation et protection, comment se répartit le détachement belge de l’EUTM Mali ? Quelle est sa fonction première ?

Avec 164 militaires, le détachement belge est le plus important de l’EUTM Mali et couvre tous les aspects de la mission (officiers d’état-major, instructeurs, advise & assist, force protection, appuis…)

La Force Protection à proprement parler compte 94 militaires issus du 3ème bataillon de Parachutistes. 21 militaires belges s’occupent des activités de training et des formations. La mission première de l’EUTM Mali se concentre bien entendu sur les activités training et la force protection est là pour assurer la sécurité aussi bien des instructeurs que des militaires maliens qui suivent les formations dispensées.

 Vous allez en quelque sorte être de nouveau à la tête du 3ème bataillon de Parachutistes. Qu’est-ce que cela fait de retrouver son ancienne unité ? Cela va-t-il faciliter votre commandement à la tête de l’EUTM Mali ?

Comme vous l’avez compris, la force protection n’est qu’un des aspects de la mission et les militaires qui composent l’EUTM Mali proviennent de 26 pays différents. La provenance du détachement belge de force protection n’a donc pas vraiment d’importance, même si cela fait toujours plaisir de retrouver quelques anciens …

 

Le général Peter Devogelaere prend la tête de l’EUTM Mali

photo EUTM Mali
photo EUTM Mali

Le général de brigade Peter Devogelaere a pris le commandement de l’EUTM Mali ce lundi 19 décembre, succédant à son homologue le général de brigade Éric Harvent. La cérémonie s’est déroulée en présence du général Marc Compernol, chef de la Défense, du général Jean-Paul Deconinck, patron de la Composante Terre, ainsi que du ministre malien de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga. Un temps annoncé par un communiqué de presse du 5 décembre, le ministre Steven Vandeput n’était finalement pas présent. 

Le général de brigade Peter Devogelaere était le commandant de la Brigade légère jusqu’à sa récente nomination. Cette brigade se compose en grande partie d’unités parachutistes, commandos, des forces spéciales (SFG) ainsi que du 12/13ème de Ligne. Il était arrivé à la tête de la Brigade le 16 juin 2014, prenant la succession du colonel Pascal Laureys. Il a débuté sa carrière militaire comme chef de peloton au 1er bataillon de Parachutistes en 1985. Il a également commandé le 3ème bataillon de Parachustistes de 2005 à 2007 et participé à une mission au Liban au sein de la FINUL durant cette période. De septembre 2013 à juin 2014, il a été commandant du Centre de compétence de la Composante Terre.

Suite logique de sa prise de commandement, des para-commandos de cette brigade vont être déployés très prochainement au Mali pour remplacer les Chasseurs Ardennais. Ils ont préparé leur déploiement au mois d’octobre lors d’un grand exercice au camp d’Otterburn en Angleterre.

Après la Brigade Médium, c’est donc au tour de la Brigade légère d’assurer la mission belge au Mali.

[RÉTROSPECTIVE] Les moments marquants 2016 de l’armée belge

Photo Sedeyn Ritchie/BE Defense
Photo Sedeyn Ritchie/BE Defense

2016 aura été une année riche en engagement pour l’armée belge entre le Mali et l’Irak. Mais le point d’orgue de cette année opérationnelle sont les attentats du 22 mars et l’opération Vigilant Guardian. On ne peut manquer d’évoquer la mobilisation historique du 15 novembre contre la réforme du régime des pensions.

1. L’opération Vigilant Guardian

Comme en 2015, les militaires belges ont été déployés massivement dans les villes du pays pour atteindre le nombre de 1.800 malgré une baisse en fin d’année. Leur image est devenu familière pour les belges. Dans les journaux, des photos de patrouilles militaires illustrent désormais des articles en rapport avec la sécurité du territoire et le terrorisme. Opération pesant sur les unités de combat de la Composante Terre, l’armée belge a fait appel à des unités de logistique et même de la Composante Médicale. Elle continue d’alimenter régulièrement le débat politique et militaire avec des remises en question sur son efficacité et ses limites. Parallèlement, la Défense continue de mener l’opération Spring Guardian pour la protection des centrales nucléaires. Au mois de mai, des militaires ont été également déployés dans les prisons pour suppléer les gardiens de prison en grève dans une mission qui a été appelée brièvement: opération Central Guardian.

photo Daniel Orban/BE Defense
photo Daniel Orban/BE Defense

2. Les attentats du 22 mars

Les attentats du 22 mars, qui ont frappé la Belgique, ont marqué l’armée belge mise à contribution comme les différents services de sécurité et de santé du pays. Le document officiel Dbriefing de la Défense détaille précisément le rôle qu’a joué l’armée ce jour-là. Les deux lieux des attentats (Zaventem et Maelbeek) étaient sous la surveillance du bataillon de Chasseurs à cheval (ISTAR). Au moment de l’explosion dans l’aéroport, les militaires, qui se trouvaient loin du lieu de l’attaque, ont d’abord sécurisé leur position avant de se rendre dans le hall de départ en déplacement tactique et d’évacuer et soigner les blessés. Ils ont été soutenus par le 2ème bataillon de Commandos, réquisitionné en urgence, tandis que le 12/13ème de Ligne sécurisait l’aéroport de Liège. Le Service d’Enlèvement et de Destruction d’Engins Explosifs (SEDEE) a été énormément sollicité tant sur les lieux de l’attaque que sur ceux des perquisitions. L’Hôpital Militaire Reine Astrid a accueilli et soigné des blessés qui ont été évacués et transportés par les hélicoptères de la 40ème escadrille. Le 6e groupe Systèmes de Communication et d’Information (CIS) a assuré l’appui des transmissions de la Croix-Rouge, suppléant les autres réseaux de communication saturés. La police militaire a assuré les déplacements militaires en tout genre vers Bruxelles. Les unités de logistique ont également été mises à contribution pour soutenir leurs collègues. La Défense a installé son centre de crise en moins d’une heure au Centre des opérations et a été en contact étroit avec la Police fédérale et les services de secours. Ce centre de crise est resté opérationnel et actif pendant quatre semaines. Dans la lumière ou dans l’ombre, toutes les unités de l’armée belge ont agi avec efficacité durant les attentats et c’est pourquoi la Défense leur a rendu hommage appuyé dans son numéro Dbriefing spécial attentats à travers différents récits: » Des récits de personnes qui se sont surpassées, alors qu’elles étaient confrontées à d’horribles spectacles. Des récits d’une mobilisation hors norme et d’une forte réactivité. Des récits qui sont source de fierté et de gratitude. » Bravo à tous !

photo EUTM Mali
photo EUTM Mali

3. La Belgique prend la tête de l’EUTM Mali

Le 3 juillet 2016, le général de brigade Éric Harvent a pris le commandement de l’EUTM Mali en remplaçant le général de brigade allemand Werner Albl. Le mois précédent, le colonel Verdoodt avait pris de son côté le commandement de l’Education and Training Task Force (ETTF). L’armée belge porte son contingent au Mali à 175 militaires au mois de septembre, composé en grande partie de Chasseurs ardennais. Le Mali devient alors la plus importante mission à l’étranger pour la Composante Terre.

photo BE Defense
photo BE Defense

4. Les F-16 de retour en Jordanie

Le lundi 27 juin 2016, six F-16 belges ont décollé de la base aérienne de Kleine-Brogel en présence du ministre de la Défense Steven Vandeput et du commandant de la Composante Air le général-major aviateur Frederik Vansina pour rejoindre la Jordanie et remplacer les F-16 hollandais. Depuis, ils participent à la lutte contre Daesh au sein de la coalition internationale mais très peu d’informations filtrent sur les frappes menées. Le contingent belge a reçu la visite du Roi Philippe le 15 novembre dernier.

photo page FB Belgian Military Interests
photo page FB Belgian Military Interests

5. La mobilisation historique du 15 novembre

Les militaires belges n’étaient plus descendus dans la rue depuis 2002. La nouvelle de la décision du gouvernement de prolonger l’âge de la pension militaire a provoqué beaucoup d’émoi et de colère au sein des rangs de la Défense. Les syndicats ont appelé à manifester le jour symbolique de la Fête du Roi. Ils étaient environ 1/3 de l’armée belge à être descendus dans la rue, envoyant un message fort aux politiques. Des personnalités importantes du monde de la Défense ont pris publiquement position pour apporter leur soutien aux manifestants. On peut déjà qualifier cette manifestation d’historique.

L’armée belge aura été mise à rude contribution cette année mais elle a répondu à chaque fois présente pour la sécurité de la Belgique. Pour 2016, les attentats du 22 mars resteront sans aucun doute l’événement le plus marquant. Maintenant cap vers 2017 pour de nouveaux défis !

Le Mali, nouvelle opération-vitrine de l’armée belge

Photo Daniel Orban/BE Defence
Photo Daniel Orban/BE Defence

Le gouvernement a approuvé dernièrement les opérations pour 2017 de l’armée belge avec une légère augmentation du budget (de 69 à 73 millions d’euros). Parmi la liste des opérations, une retient plus particulièrement avec l’EUTM Mali dont la Belgique assurera le commandement jusqu’à mi-juillet 2018. La Belgique va donc rester deux ans au Mali avec 175 militaires. Elle reste l’opération-vitrine d’une armée belge qui veut rester crédible avec ses partenaires malgré des moyens réduits.

Pourquoi ?

Si on exclut l’opération Vigilant Guardian sur le territoire national, l’autre opération-phare de l’armée belge est son implication dans la lutte contre l’EI en Irak que ce soit par des frappes ou que ce soit par l’envoi d’instructeurs. Mais elle n’a pas la même couverture par la communication de la Défense pour deux raisons. De un, la Défense et le gouvernement communiquent de façon très discrète sur l’opération Desert Falcon pour des raisons de sécurité selon les arguments avancés. La Belgique est le pays le moins transparent de la coalition internationale quant à ses actions sur le sol irakien. De deux, elle coopère avec les Pays-Bas et ne mène pas seule ses actions. Le choix du Mali est le plus pertinent.

L’histoire de la prise de commandement belge au Mali

Au mois de février dernier, le gouvernement belge approuve le prolongement de la participation belge à l’EUTM Mali et le ministre Steven Vandeput annonce que la Belgique en prendra le commandement à partir du mois de juillet pour une durée d’un an portant le nombre de militaires belges à 175. Cette décision répond à une demande d’assistance de la France après les attentats du 13 novembre. À une époque, la Belgique avait envisagé l’envoi d’une brigade tactique interarmes d’environ 300 militaires au Sahel aux côtés de l’opération Barkhane. Elle avait finalement dû y renoncer sur une demande de la Minusma et aussi sans aucun doute pour des raisons financières.

L’opération de la Composante Terre la plus importante sous les projecteurs

Les Chasseurs Ardennais se sont envolés au mois de septembre pour le Mali et leur déploiement a fait l’objet d’une série de reportages de la Dernière Heure sur plusieurs jours. Ces derniers jours, la page FB de la Défense a publié plusieurs portraits de militaires belges de l’EUTM. On a ainsi eu Marie-Sophie, Liaison Officer Medical; Michel de la Force Protection; Céline, médecin d’unité des Chasseurs Ardennais et commandant du centre médical rôle 1 à Kati; Aymeric, chef de la division presse au sein de la Direction Générale Communication; Samuel, mécanicien au sein du Joint Support Détachement et même le général de brigade Éric Harvent, commandant de l’EUTM. C’est en tout 6 portraits, divers et variés, qui ont été publiés en l’espace d’une semaine du 29 novembre au 4 décembre, une façon d’écrire l’histoire de cette opération et de montrer l’action de la Belgique au Mali. C’est sans compter les autres reportages sur le site de la Défense.

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« En prenant la direction de toute la mission au Mali, notre pays prouve qu’il s’engage énergiquement dans les opérations de l’Union européenne », écrivait le site de la Défense au mois de juin dernier. C’est sans aucun doute une satisfaction pour la Belgique d’avoir le commandement d’une mission de l’UE car elle peut montrer ses capacités militaires et la confiance qu’elle a de ses partenaires européens. Le 19 décembre prochain, le ministre de la Défense Steven Vandeput et le patron de la Défense le général Marc Compernol seront présents à Koulikoro pour la passation de commandant entre le général de Brigade Éric Harvent et le général de brigade Peter Devogelaere, un signe de plus de l’importance accordée à cette mission.

 

 

 

À Otterburn, les para-commandos ont préparé leur déploiement au Mali

photo Défense belge
photo Défense belge

Du 3 au 14 octobre 2016, environ 500 hommes de la Brigade Légère ont participé à un exercice grandeur nature au camp d’Otterburn dans le nord-est anglais. Le 3ème Bataillon de parachutistes était l’unité-maîtresse de cet exercice. Les militaires belges ont profité du cadre exceptionnel de ce camp pour parfaire leurs connaissances militaires et s’entraîner intensivement. Le général Marc Compernol, chef de la Défense, a rendu visite aux troupes participant à l’exercice et a notamment assisté à une démonstration de tirs du 3ème Bataillon de parachutistes.

Une partie de ses éléments vont être déployés au Mali en décembre, prenant la suite des Chasseurs Ardennais, dans le cadre de l’EUTM Mali. Depuis le mois de  juillet, la Belgique a pris le commandement de la mission européenne de formation. Le commandant de la Brigade Légère, le colonel Peter Devogelaere, prendra la succession du général de brigade Eric Harvent.

Le colonel Thierry Hinnekens à la tête de l’ETTF au sein de l’EUTM Mali

photo Défense belge
photo Défense belge

Le 30 septembre dernier, lors d’une cérémonie présidée à Koulikoro par le général de brigade Éric Harvent, chef de l’EUTM Mali, le colonel Thierry Hinnekens a remplacé le colonel Koen Verdoodt à la tête de l’ETTF (Education and Training Task Force). 

Le colonel Koen Verdoodt avait pris la tête de l’ETTF le 2 juin 2016, prenant la succession du colonel allemand Wachter. Cette prise de commandement était une première étape avant que la Belgique ne prenne la tête de l’EUTM Mali. Le colonel Thierry Hinnekens ne devrait pas être trop dépaysé dans ses nouvelles fonctions. De 2011 à 2014 , il a été le chef de corps du Centre d’Entraînement des Commandos de Marche-les-Dames.

[EUTM Mali] 90 Chasseurs Ardennais en partance pour le Mali

Photo TV Lux
Photo TV Lux

Ce lundi 12 septembre, 90 militaires des Chasseurs Ardennais ont décollé de Melsbroek pour Koulikoro au Mali dans le cadre de la mission de l’EUTM Mali. Ils vont assurer la protection des instructeurs chargés de former l’armée malienne pendant 4 mois. Ils seront rejoints le 17 septembre par 33 autres militaires. Ils vont remplacer leurs camarades du Bataillon Libération- 5 Ligne de Bourg Léopold.

Pour assurer cette mission, les Chasseurs Ardennais seront appuyées par du personnel issu du 4ème Bataillon Logistique (4Bn Log), du 3ème Élément Médical d’Intervention (3EMI) et du 4ème Groupement Communication Information System (4Gp CIS), de Marche-en-Famenne également, ainsi que d’un élément MCG (Movement Control Gp) de Zeebrugge.

Des Chasseurs Ardennais en exercice à Canjuers (photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais)
Des Chasseurs Ardennais en exercice à Canjuers (photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais)

Pour préparer au mieux cette mission de 4 mois, le bataillon a été en exercice du 9 au 25 mai sur l’immense camp français de Canjuers. « La météo et le terrain du sud de la France sont mieux adaptés à leurs objectifs », déclarait le lieutenant-colonel Étienne Goudemant, « La plupart des hommes se préparent à l’European Union Training Mission (EUTM) au Mali. Ici, nous avons un grand terrain disponible avec stands de tirs, villages reconstruits, etc. Nous avons cette infrastructure en Belgique mais il manque la chaleur qui est une grande difficulté sur le terrain, c’est pour ça que nous travaillons ici. » Le  4ème Groupement Communication Information System faisait également partie de l’exercice.

Depuis juillet, un général belge est à la tête de l’EUTM Mali. Il s’agit du général de brigade Éric Harvent, commandant de la brigade Médium depuis le 13 février 2015 et ancien chef de corps des Chasseurs Ardennais entre avril 2006 et décembre 2008. L’actuel chef de corps des Chasseurs Ardennais, le lieutenant-colonel Étienne Goudemant, est déjà sur place depuis quelques semaines au sein de l’état-major européen. Il est remplacé par son commandant en second, le commandant Bruneau.

Le commandant de la Force Barkhane a rendu visite à l’EUTM Mali

Comme l’a indiqué l’EUTM Mali sur sa page Facebook,  le commandant français de la Force Barkhane  le Général-Major François-Xavier Le Pelletier de Woillemont, accompagné du représentant de la Force Barkhane au Mali le Général de Brigade Patrick Gournay, a rendu visite à son homologue de l’EUTM Mali  le Général de Brigade Éric Harvent le 15 août 2016. « Ce fut l’occasion pour les trois généraux de coordonner leurs efforts respectifs et de discuter de possibles collaborations futures », a simplement précisé la communication de l’EUTM Mali. Sur la photo, on remarquera accrochée au mur la photo officielle du couple royale.

photo EUTM Mali
                photo EUTM Mali