Le Général-major Marc Thys sera le nouveau chef de la Composante Terre

photo prodef.be

Le Général-major Marc Thys sera le nouveau chef de la Composante Terre à partir du 23 mars, a annoncé la Défense aujourd’hui.

Nommé à la tête de la MINUSMA (United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali), l’actuel chef de la Composante Terre Jean-Paul Deconinck va quitter ses fonctions ce jeudi 23 mars lors d’une cérémonie de passation de pouvoir. Son dernier geste à cette occasion sera de remercier les militaires des Composantes Terre, Air et Médicale pour leur implication dans l’opération Vigilant Guardian. Durant son mandat, il a d’ailleurs régulièrement critiqué l’opération Vigilant Guardian via des mises en garde sur une perte de compétences opérationnelles et une génération perdue d’officiers et sous-officiers. Il a également pris position contre la dernière mesure du gouvernement sur la réforme de la pension militaire. Il était arrivé à la tête de la Composante Terre le 30 septembre 2014.

Le Général-major Marc Thys était jusqu’alors chef de la Division Systèmes de la Direction Générale des Ressources Matérielles. « Il reprend une Composante Terre à l’agenda chargé en raison des grandes opérations à l’intérieur et à l’extérieur du pays », précise la Défense.

Un Belge à la tête de la MINUSMA

general-deconinckLe général belge Jean-Paul Deconinck a été désigné jeudi comme prochain commandant de la force (militaire) de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la quatrième plus importante force de maintien de la paix onusienne dans le monde, a-t-on appris de sources concordantes.

Le général-major Deconinck, qui commande actuellement la composante Terre de l’armée belge, devrait prendre ses fonctions à Bamako à la mi-mars. Sa candidature a franchi toute les étapes de la sélection organisée par le département des opérations de maintien de la paix (DPKO) avant d’être approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU et le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres. Sa nomination à la tête de la Minusma devrait être avalisée vendredi matin par le gouvernement belge lors d’un conseil des ministres électronique et annoncée par communiqué, selon une bonne source.

Présente au Mali depuis avril 2013, la Minusma dispose d’effectifs s’élevant à 13.456 personnes, dont 10.763 militaires, 36 observateurs et 1.258 policiers pour la composante militaire. Elle est considérée comme la mission de l’ONU la plus dangereuse au monde depuis la Somalie en 1993-1995. Elle est la cible d’attaques régulières menées par des djihadistes, avec plus de 70 Casques bleus tués lors d’attaques et un bilan total de 114 morts depuis son déploiement.

Source: Belga

Du changement à la tête de la Brigade Médium

photo Brigade Médium
photo Brigade Médium

La Brigade Médiane a un nouveau commandant avec l’arrivée du lieutenant-colonel Francis Legein qui prend la succession du lieutenant-colonel Tom Laurent. Cette passation de pouvoir s’est effectuée en présence du commandant de la Composante Terre, le général Jean-Paul Deconinck.

Entré à l’École Royale Militaire en 1989, le lieutenant-colonel Francis Legein a fait une partie de sa carrière militaire au 1er régiment de Chasseurs à Cheval (aujourd’hui bataillon de Chasseurs à Cheval) et a participé à une mission au Kosovo en 2003. Il a également occupé une fonction d’officier d’état-major à l’Eurocorps de 2012 à 2015. Depuis août 2015, il occupait un poste au Quartier général de la Composante Terre et travaillait sur un projet de numérisation de la chaîne de commandement.

Le lieutenant-colonel Tom Laurent avait pris la tête de la brigade en 2016.

Deux ans de Vigilant Guardian : Histoire d’une opération « inédite » de l’armée belge depuis 39-45

Les premiers Chasseurs Ardennais de l'opération Vigilant en mission à Bruxelles le 17 janvier 2015 (photo Daniel Orban / BE Defense)
Les premiers Chasseurs ardennais de l’opération Vigilant Guardian en mission à Bruxelles le 17 janvier 2015 (photo Daniel Orban / BE Defense)

Depuis le 17 janvier 2015, les militaires belges sont déployés dans les villes belges dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian ou Homeland. Retour sur un engagement inédit des forces armées belges depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les attentats de Charlie Hebdo en France le 7 janvier 2015 ont donné l’opération Sentinelle. Mais ils vont également avoir des conséquences en Belgique où le gouvernement Charles Michel décide de prendre des mesures contre le terrorisme dont le déploiement de militaires en soutien à la Police fédérale selon les demandes. D’abord temporaire, ce déploiement inédit ne va jamais s’arrêter en deux ans, au point de faire désormais partie du paysage belge à Bruxelles, Liège ou Anvers. Il va prendre le nom d’opération Vigilant Guardian ou parfois Homeland avec des évolutions durant les deux ans.

Au commencement de l’opération

Le 17 janvier 2015 à 7H du matin, les 150 premiers militaires belges, Chasseurs ardennais et parachutistes du 3ème Bataillon, se déploient à Bruxelles et à Anvers pour des missions de surveillance statique. La veille, le gouvernement a décidé de leur déploiement lors d’un Conseil des Ministres suite au relèvement du niveau de menace à 3 par l’OCAM (Organe de coordination pour l’analyse de la menace). Ils pourront être au maximum 300 pour sécuriser des lieux sensibles et soulager la Police fédérale. Très vite, d’autres villes demandent également un renfort militaire comme Liège le 20 janvier, qui en obtient 25 en provenance du 12/13ème de Ligne de Spa. Des Lignards sont également présents à Huy et à Verviers. Les premiers chiffres communiqués après une semaine sont les suivants : 120 à Bruxelles, 120 à Anvers et 55 en province de Liège. D’autres villes ne veulent pas de militaires comme Gand et Malines. Le 24 janvier, le ministre Steven Vandeput communique sur le déploiement temporaire de militaires pour des missions de sécurité statique à l’appui et sous le commandement de la police. Mais pas de présence militaire dans les aéroports et les gares et il n’est pas question de patrouiller. Le 23 janvier 2015, la Défense écrit sur son site : « Les militaires mettent ainsi quelques activités et exercices entre parenthèses pendant un mois afin d’assurer leur service d’aide à la nation. » (sic !) Ce dispositif, qualifié d’exceptionnel en réponse à un besoin immédiat et urgent, doit durer un mois mais peut-être prolongé…C’est le début de l’opération Vigilant Guardian !

Première vidéo produite par la Défense belge sur l’opération Vigilant Guardian, encore temporaire à ce moment

Les militaires sont sous commandement policier et répondent à une demande spécifique (photo Daniel Orban / BE Defense)
Les militaires sont sous commandement policier et répondent à une demande spécifique (photo Daniel Orban / BE Defense)

De 200 à 1828 militaires dans les rues

Le nombre des militaires n’a cessé de varier en deux ans. Durant les premiers mois, leur nombre se stabilise autour de 200 et la mission des militaires est régulièrement prolongée. On atteint un premier pic à la fin du mois de novembre après les attentats de Paris du 13 novembre 2015. L’OCAM relève le niveau de menace à 4 à Bruxelles. Pendant le week-end du 21-22 novembre 2015, Bruxelles est en état de siège et les transports publics sont fermés tout comme les écoles, une menace d’attentat étant imminente selon le gouvernement fédéral. La situation revient peu à peu à la normale à partir du 25 novembre.  Durant cette période, le déploiement militaire est important au nombre de 1428[1]. Au mois de décembre 2015, leur nombre redescend à 700 mais la hausse est significative. Fin janvier 2016, le déploiement est de 1000 dont 700 visibles dans les rues. À partir du 5 mars, ils sont 40 de plus en charge de surveiller les centrales nucléaires. Les attentats du 22 mars vont changer à nouveau la donne. D’avril 2016 jusqu’à courant novembre 2016, ils sont au nombre de 1828. Depuis le 3 janvier 2017, ils sont désormais 1250 dans les rues avec une marge de sécurité de 150. Lors d’une phase ultérieure, leur nombre pourrait baisser à 1089.

Des militaires de l'opération Spring Guardian (photo Daniel Orban/BE Defense)
Des militaires de l’opération Spring Guardian (photo Daniel Orban/BE Defense)

Une opération qui a évolué

La mission des militaires belges a connu des évolutions. Désormais les militaires patrouillent dans les rues et sont présents dans les gares et les aéroports mais aussi les centres commerciaux et ce dès fin 2015. L’opération a pris le nom de Vigilant Guardian ou OVG durant les premiers mois mais il est aussi commun de l’appeler Homeland.  Au mois de mars 2016 après les attentats, la protection spécifique des centrales nucléaires (Fleurus, Tihange, Doel, et Mol-Dessel) par les militaires au nombre de 140 donne le nom de Spring Guardian et devient une opération à part entière moins connue mais toujours en cours. Opération sans date précise de fin, elle a été sujette à des débats quant aux règles d’engagement des militaires, qui n’ont jamais vraiment été rendues publiques, ouvrant la porte à des polémiques comme celles des fouilles non légales en avril 2016. Dès le début du déploiement, la Défense avait précisé qu’elle était là en appui de la Police fédérale et que les militaires n’effectueraient pas de contrôles d’identité. En novembre 2015, l’ex-patron de l’armée le général Gerard Van Caelenberge rappelait aux syndicats que les militaires étaient soumis à la législation belge en matière de légitime défense et qu’ils ne pouvaient faire usage de la force létale pour protéger des biens ou des bâtiments. De son côté, le ministère a toujours assuré que les militaires étaient au courant des règles d’engagement spécifiques, qui leur permettent de réagir adéquatement selon les menaces. Pour l’instant, les militaires belges n’ont jamais eu à faire usage de leurs armes. La collaboration avec la police a toujours été optimale et les relations sont bonnes. Quelques incidents avec des citoyens ont été parfois signalés mais ce sont des cas vraiment isolés et sans gravité.

Les véhicules militaires font aussi partie du paysage de Vigilant Guardian (photo Daniel Orban/BE Defense)
Les véhicules militaires font aussi partie du paysage de Vigilant Guardian (photo Daniel Orban/BE Defense)

Un coût financier conséquent partagé entre la Défense et l’Intérieur

Le coût de l’opération n’a cessé de grimper, les frais se partageant entre la Défense et l’Intérieur. « La Défense prendra en charge les coûts liés au personnel. Les frais supplémentaires seront à charge de la Police Fédérale », indiquait la Défense le 1er jour du déploiement. Le coût des neuf premiers mois avait été estimé à 10 millions d’euros, i-e pendant les mois de déploiement minimum de militaires avant que l’opération ne prenne de l’ampleur. André Dumoulin, dans un article dans la Revue Défense Nationale, donne un chiffre de 18,2 millions d’euros pour 2015. En 2016, le coût global a été au moins multiplié par sept par rapport à 2015 selon des estimations (34 millions d’euros pour le premier trimestre 2016). En novembre 2015, le gouvernement belge avait débloqué 400 millions d’euros pour lutter contre le radicalisme et le terrorisme. Une partie des 50 millions d’euros restants (21 millions d’euros) ont été attribués à Vigilant Guardian en juillet 2016.

La Composante Air a aussi apporté sa contribution (photo Composante Air)
La Composante Air a aussi apporté sa contribution (photo Composante Air)

Une opération en débat au sein de la Défense

L’opération n’a pas manqué de susciter des débats surtout quand tout le monde a compris qu’elle allait durer. Dans un premier temps, les militaires participant à l’opération étaient enthousiastes. Au fil des mois, cet enthousiasme n’a plus été pareil même si le professionnalisme est toujours là. L’opération pèse lourdement sur la Composante Terre, qui a dû puiser dans des unités de logistique pour faire face à la demande. Les Composantes Air et Médicale ont également apporté leur contribution. Des exercices, parfois majeurs, ont dû être annulés ou interrompus comme cela a été le cas fin novembre 2015. Dès le mois d’octobre 2015, le général Jean-Paul Deconinck, patron de la Composante Terre, mettait en garde et estimait qu’on avait atteint les limites du système, une mise en garde répétée en décembre 2015. En avril 2016, une source militaire indiquait à l’agence Belga que la mobilisation de plus d’un millier de soldats n’était tenable que pendant quelques semaines. Plus de six mois après, ils sont toujours plus d’un millier dans la rue. Récemment le général Marc Compernol, patron de la Défense, déclarait également craindre une perte de compétences, parlant d’une génération perdue. Pourtant l’armée n’a cessé de s’adapter au fur et à mesure de l’ampleur prise par Vigilant Guardian. De son côté, l’ex-patron de l’armée le général Gerard Van Caelenberge, espérait que l’opération permettrait de monter l’utilité de l’armée aux politiques avec l’espoir d’une revalorisation budgétaire. Peine sans doute perdue au regard des signaux donnés dernièrement par le gouvernement. Néanmoins, d’autres membres d’état-major ne sont pas aussi pessimistes, étant favorables à l’opération car elle donne une meilleure image de l’armée aux citoyens. On peut citer le cas du colonel Jean-Louis Crucifix, commandant militaire de la province de Liège, qui a soutenu et défendu à plusieurs reprises l’utilité de l’opération Vigilant Guardian.

L'armée communique beaucoup sur l'opération (photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne)
L’armée communique beaucoup sur l’opération (photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne)

Une meilleure visibilité médiatique pour l’armée

L’opération a toujours joui d’une certaine côte de popularité auprès de l’opinion publique. Deux jours après le début de l’opération, un sondage RTL-Ipsos-Le Soir indiquait que 72% des Belges étaient favorables à une présence militaire dans les rues. La Défense a beaucoup communiqué à ce sujet, profitant d’une exposition médiatique plus forte. Cet état de temporaire qui dure ne facilite pas forcément une meilleure approche du citoyen envers la mission du militaire alors que l’opération est présentée comme une des solutions face au terrorisme par les politiques, qui s’expriment d’ailleurs peu sur le sujet. L’opération reste parfois source d’une certaine incompréhension. La difficulté sera de trouver la solution pour y mettre fin pour sortir de l’impasse sans perdre la face. La création d’un corps de sécurité spécifique est à l’étude par le gouvernement et en projet mais il faudra un peu attendre avant qu’il ne voit le jour.

Les militaires, qui ont été déployés dans les rues le 17 janvier 2015, ne pensaient pas être les premiers d’une longue série toujours en cours deux ans après. Pris dans l’engrenage, le gouvernement n’a cessé de la prolonger. L’opération Vigilant Guardian a obligé l’armée belge à s’adapter et elle reste un vrai défi pour les mois à venir. Elle n’a cessé d’alimenter le débat politique, médiatique et militaire avec plus ou moins d’intensité. Il n’en reste pas moins qu’elle est devenue une opération à part entière de la Défense belge. Le ministère réfléchit d’ailleurs à la mise en place d’une médaille ou d’une décoration pour les militaires qui y ont pris part, une juste récompense !

[1] À ce sujet, lire l’excellent article de Nicolas Gros-Verheyde sur Bruxelles2 https://www.bruxelles2.eu/2015/11/22/et-bruxelles-devint-noire/

Des hauts responsables de la Défense en visite aux militaires de Vigilant Guardian pour Noël

photo Défense belge
photo Défense belge

En cette période des fêtes, les militaires de l’opération Vigilant Guardian étaient au centre des attentions et ont reçu la visite des plus hauts responsables de la Défense. Un signe de reconnaissance pour la plus importante opération de l’armée, qui mobilise 1.250 militaires sur tout le territoire belge et particulièrement à Bruxelles, Anvers et Liège.

Le chef de la Défense, le général Marc Compernol, a tenu à terminer sa tournée des popotes par Vigilant Guardian, rendant au passage hommage aux familles de militaires:« Afin d’assumer toutes ces opérations, en Belgique ou à l’étranger, plus de 2000 militaires sont déployés en ce moment. 2000 autres se préparent à prendre leur relève prochainement. Autant de familles qui sont confrontées à ces départs. Elles aussi méritent toute notre gratitude ! » Il est allé à la rencontre des différents militaires déployés à Bruxelles devant des institutions ou bien dans le métro pour Noël: bataillon Libération/ 5ème de Ligne, unité logistique, parachutistes, bataillon ISTAR, Lignards etc…

photo Bataillon Libération/5 de Ligne
photo Bataillon Libération/5 de Ligne

Le ministre Steven Vandeput était également sur le terrain le jour de Noël pour aller remettre des cadeaux aux militaires déployés et a fait un tour au PC de commandement du bataillon Libération/5ème de Ligne. La communication autour de cette visite s’est faite de manière bizarre. La dépêche de l’agence Belga autour de cette visite s’est faite sur base d’un tweet de sa porte-parole Laurence Mortier:« Il a effectué cette visite de Noël à ses troupes à Bruxelles « par gratitude » et « par respect », a indiqué sa porte-parole, Laurence Mortier, sur Twitter, photos à l’appui » sauf que par la suite ce tweet a été effacé. Le ministre, lui-même, est resté très discret sur cette visite. Le bataillon a toutefois publié des photos sur sa page Facebook.

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photo Bataillon Libération/5 de Ligne
photo Bataillon Libération/5 de Ligne

Noël s’est clôturé pour les soldats de Vigilant Guardian à Bruxelles par la visite du patron de la Composante Terre, le général Jean-Paul Deconinck. Ce dernier est l’un des plus critiques envers cette opération, qui pèse lourdement sur la Composante Terre. À l’occasion, l’agence Belga n’a pas manqué de rappeler que cette opération faisait débat au sein de l’état-major.

Les Chasseurs Ardennais, en mission OVG à Liège, n’ont également pas été oubliés. Le Commandant en second, l’Adjudant de Corps et le Caporal de Corps sont venus leur remettre des cadeaux de la Fraternelle le 24 au matin. Le Chef de corps et une autre partie du bataillon sont déployés au Mali et doivent rentrer en Belgique en janvier.

photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

Le général Peter Devogelaere prend la tête de l’EUTM Mali

photo EUTM Mali
photo EUTM Mali

Le général de brigade Peter Devogelaere a pris le commandement de l’EUTM Mali ce lundi 19 décembre, succédant à son homologue le général de brigade Éric Harvent. La cérémonie s’est déroulée en présence du général Marc Compernol, chef de la Défense, du général Jean-Paul Deconinck, patron de la Composante Terre, ainsi que du ministre malien de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga. Un temps annoncé par un communiqué de presse du 5 décembre, le ministre Steven Vandeput n’était finalement pas présent. 

Le général de brigade Peter Devogelaere était le commandant de la Brigade légère jusqu’à sa récente nomination. Cette brigade se compose en grande partie d’unités parachutistes, commandos, des forces spéciales (SFG) ainsi que du 12/13ème de Ligne. Il était arrivé à la tête de la Brigade le 16 juin 2014, prenant la succession du colonel Pascal Laureys. Il a débuté sa carrière militaire comme chef de peloton au 1er bataillon de Parachutistes en 1985. Il a également commandé le 3ème bataillon de Parachustistes de 2005 à 2007 et participé à une mission au Liban au sein de la FINUL durant cette période. De septembre 2013 à juin 2014, il a été commandant du Centre de compétence de la Composante Terre.

Suite logique de sa prise de commandement, des para-commandos de cette brigade vont être déployés très prochainement au Mali pour remplacer les Chasseurs Ardennais. Ils ont préparé leur déploiement au mois d’octobre lors d’un grand exercice au camp d’Otterburn en Angleterre.

Après la Brigade Médium, c’est donc au tour de la Brigade légère d’assurer la mission belge au Mali.

Ce qu’il faut retenir de la manifestation du 15 novembre : Des militaires en nombre dans la rue, des officiers d’état-major qui prennent position

photo page FB Belgian Military Interests
photo page FB Belgian Military Interests

Très attendue, la manifestation des militaires du 15 novembre en dit long sur l’inquiétude du monde de la Défense. Les militaires étaient nombreux dans  la rue à Bruxelles. Des officiers importants ont pris position. Cette manifestation va faire date dans l’histoire de l’armée belge et elle est un signal fort envoyé au monde politique.

Un tiers des militaires belges dans la rue à Bruxelles

Les chiffres officiels oscillent entre 8.000 et 10.000 manifestants, selon qu’on prend ceux de la police ou ceux des syndicats. Actuellement l’armée compte dans les 30.000 militaires, ce qui signifie que presqu’un tiers de l’armée était dans la rue. Bien sûr on peut nuancer ses chiffres parce qu’il y avait également des proches de militaires mais on peut également ajouter que des militaires en opération étaient de tout cœur avec les manifestants et les soutenaient. Leur nombre aurait pu être bien plus élevé. Le ministre Steven Vandeput a d’ailleurs reconnu que le nombre des manifestants était « un signal très important ». Sa lettre ouverte n’y aura rien changé. La colère était trop forte, signe d’un ras-le-bol qui n’a cessé de grandir ces dernières années et qui pourrait atteindre un point de non-rupture.

Des personnalités importantes de la Défense brisent le silence

Du patron de la Défense au chef de corps du 12/13ème de Ligne, des officiers importants de l’armée belge ont pris position de façon plus ou moins appuyée. Le général Marc Compernol, patron de la Défense, a été le plus prudent dans ses propos. Il a indiqué qu’il comprenait bien les inquiétudes des militaires. « Cela va coûter beaucoup d’argent, c’est clair », a-t-il indiqué, regrettant qu’il n’y ait pas eu une meilleure concertation du gouvernement avec l’état-major de l’armée. Le message le plus appuyé a été celui du chef de la Composante Terre, le général Jean-Paul Deconinck, qui aurait été l’auteur « anonyme » du post FB de la page officielle de la Composante Terre, soutenant les manifestants, selon des médias belges. De son côté, le chef de corps du 12/13ème de Ligne, le lieutenant-colonel Manuel Monin, a également soutenu ouvertement les manifestants:« Je n’irai pas à Bruxelles car, avec de nombreux Lignards nous sommes en camp à BOLETICE, République Tchèque. Mais si j’avais été en Belgique, j’aurais été à Bruxelles et plutôt deux fois qu’une. » Le mal est profond.

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Des incidents ont brouillé le message

La couverture médiatique a été également intense. Le Soir, RTL, la RTBF étaient sur place tout comme d’autres médias belges. Les manifestants ont pu exprimer leur colère devant les caméras. On peut regretter que les légers incidents ont retenu l’attention des médias au point d’en faire les titres (comme cela a été le cas pour l’AFP) même si certains ont ajouté que la manifestation s’était terminée dans le calme. Au final, les incidents avec la police n’auront duré que quelques minutes et sur un lieu du parcours bien précis. Malheureusement, c’était inévitable. Policiers et militaires patrouillent ensemble depuis maintenant plus d’un an dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian et ont appris à se connaître. Des liens se sont tissés. Ce n’est donc pas étonnant d’avoir vu certains manifestants aller serrer la main des policiers.

On pourrait également parler de la récupération politique cynique du PS et Écolo, qui n’ont jamais rien fait pour s’opposer à l’érosion de la Défense belge ces dernières années quand ils n’y ont pas directement contribué. Les militaires belges ne sont pas dupes et n’ont plus confiance dans le monde politique en général. La manifestation est le fruit d’années de frustration. Au final, le ministre Steven Vandeput a assuré qu’il parlerait à son collègue le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, tout en reconnaissant à demi-mot qu’il subissait plus la situation qu’il ne la maîtrisait. La balle est désormais dans le camp du gouvernement fédéral !

Vigilant Guardian : Le chef de la Défense s’inquiète d’une perte de compétences

57622dea35708dcfedafed9bDans une interview à la Libre Belgique, le nouveau patron de la Défense depuis juillet, le général Marc Compernol, a fait de nouveau part de ses inquiétudes sur les conséquences de l’opération Vigilant Guardian sur les capacités de l’armée belge.

S’il ne remet pas en cause l’utilité de l’opération, il estime toutefois qu’elle n’est pas la mission première de l’armée et qu’elle commencer à peser. L’an dernier, certains militaires ont effectué 22 semaines de garde. « A côté, ils devaient encore s’entraîner et prendre leurs congés. Ça devient lourd. Cela dit, je ne suis pas d’accord avec certains syndicats quand ils disent que les soldats en ont ras-le-bol. Je suis convaincu que ce n’est pas le cas parce qu’ils se rendent compte que, pour le moment, il n’y a pas d’autres alternatives », a-t-il indiqué selon des propos rapportés par l’agence Belga.

Il s’inquiète sur l’opérationnalité de son armée :« Mais vu la disponibilité de nos gens, on se limite à l’entraînement de base pour la mission qu’ils doivent assumer. Du coup, on perd déjà des compétences », comme celle de déployer une compagnie interarmes dans un conflit d’une certaine intensité. C’est-à-dire une compagnie qui peut mener un combat d’une intensité assez élevée avec tous ses moyens (…) Ça demande un entraînement poussé qu’on ne peut plus organiser. Et puis, il y a un autre problème: il faut faire très attention à ne pas créer une génération perdue (…) de lieutenants et de sergents qui n’ont rien fait d’autre que cette mission, qui ne sollicitent qu’une petite partie des compétences à acquérir. C’est inquiétant. Ils sont en train de rater une phase d’apprentissage qu’il va falloir rattraper. »

Au mois de décembre dernier, le général Jean-Paul Deconinck son homologue de la Composante Terre, la plus concernée par Vigilant Guardian,  avait fait part des mêmes inquiétudes dans une interview à L’Écho.  À la rentrée, le gouvernement doit se pencher sur un projet de création d’un nouveau corps de sécurité spécialisée, qui doit suppléer les militaires dans la rue.

Un nouveau chef de corps pour le Centre d’Entraînement des Commandos

centre commando juillet 2016-2Ce lundi 18 juillet 2016 avait lieu la passation de commandement entre le Lieutenant-colonel BEM Steven Van Den Bogaert et le Major Xavier van de Werve de Schilde à Marche-les-Dames au Centre d’Entraînement des Commmandos. Le général Deconinck, patron de la Composante Terre, était présent. 

Le Lieutenant-colonel BEM Steven Van Den Bogaert était arrivé en 2014 à la place du Lieutenant-colonel BEM Thierry Hinnekens. Il ne sera resté que deux ans contrairement à son prédécesseur, qui a été trois ans à la tête du Centre. Son successeur a déjà eu une expérience en commandement d’unité-commando. Du 3 mars 2008 à début juillet 2008, le major Xavier van de Werve, alors commandant, a été à la tête d’un détachement belge de la mission ISAF en Afghanistan, détachement de 240 hommes qui protégeait l’aérodrome de Kaboul et dont le 2ème Bataillon de Commandos a fourni la plus grande majorité du personnel comme unité-pilote. En 2014, il était commandant du département manœuvres et directeur de l’instruction. Il commandera désormais le Centre d’Entraînement des Commandos.

Lors de cette passation de commandement, des brevets et des bérets ont été remis à de jeunes recrues qui ont réussi leur formation.

Plus de photos de la cérémonie: https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1130109620363769&id=676974609010608