L’opération Sophia, l’opération moins « glamour » de l’armée belge délaissée par le gouvernement

crédit-photo Daniel Orban/BE Défense

La frégate Louise-Marie est de retour en Belgique après que sa mission ait fait l’objet d’une polémique politique sans avoir eu la reconnaissance à la hauteur de son action en Méditerranée.

La frégate Louise-Marie effectuait sa deuxième mission en mer Méditerranée dans le cadre de l’opération Sophia. Pendant plus d’un mois, cette mission de la Composante Marine aura mobilisé 162 militaires, une mission aussi importante que celle de la Composante Terre au Mali. La frégate Léopold Ier y avait également participé. Durant cette opération, elle aura porté assistance à une embarcation de 118 migrants mais aussi recueilli des informations pour lutter contre des trafiquants en tout genre. Pourtant, elle n’aura pas eu l’aura escomptée alors que la marine belge participe régulièrement à cette opération qui n’est pas de tout repos et éprouvante.

Sans doute moins porteuse que l’opération Vigilant Guardian en terme de communication, l’opération Sophia est très peu commentée par les politiques si ce n’est pour mettre en question son utilité. Elle a ainsi fait l’objet d’une polémique quand le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Theo Francken a déclaré qu’il préférait annuler la mission de la frégate, car elle risquait de créer un appel d’air pour les migrants illégaux. Cette déclaration a pris de court son collègue N-VA de la Défense Steven Vandeput. S’il n’a pas été question évidemment de faire rentrer plus tôt la frégate, le gouvernement Charles Michel ne veut pas engager de frégate dans cette opération en 2018 dans les conditions habituelles, c’est-à-dire sans pouvoir intervenir dans les eaux libyennes. On pourrait également ajouter que l’opération n’emballe pas non plus côté européen et qu’elle a été prolongée de justesse jusqu’en décembre 2018 cette semaine par le conseil de l’Union Européenne sans grande publicité.

Les marins de la frégate Louise-Marie ont fait part dans la presse du manque de reconnaissance de la part des politiques. Le ministre Steven Vandeput n’était d’ailleurs pas là vendredi pour les accueillir à leur retour. Il a voulu éteindre toute polémique sur sa page Facebook:« Votre travail et votre investissement n’ont pas été mis en cause et n’ont jamais été mis en cause. Je vous remercie sincèrement pour votre professionnalisme ». Pas sûr que cela convaincra les marins belges que leur mission a été reconnue à sa juste valeur contrairement au Mali ou à l’Irak.

La frégate Louise-Marie de novembre à décembre en Méditerranée au sein de la mission européenne Sophia

photo Erwin Ceuppens/Défense belge
photo Erwin Ceuppens/Défense belge

La frégate Louise-Marie va bientôt quitter son port d’attache de Zeebrugge pour rejoindre les eaux méditerranéennes au large de la Libye dans le cadre de l’opération européenne EUNAVFOR MED ou « Sophia », qui a pour but de lutter contre le trafic de migrants et de former la marine libyenne. Elle sera en opération du 11 novembre au 22 décembre 2016.

La frégate Louise-Marie est l’une des deux frégates de la Marine belge avec le Léopold Ier. Son équipage compte 145 hommes : 15 officiers, 70 sous-officiers et 60 matelots. Elle a subi récemment d’importantes modifications aux différents systèmes d’armes et de communication, étant au Pays-Bas à Den Helder pendant deux ans avant de rentrer en Belgique en mars 2016. Elle avait dû s’entraîner intensivement pour obtenir la certification RFD (Ready for duty), lui permettant de participer à différentes opérations.

Pays participant à l’opération militaire européenne tout comme 24 autres pays de l’UE, la Belgique avait déjà envoyé le Léopold Ier, qui avait été en Méditerranée d’octobre à novembre 2015 avant d’escorter le porte-avions français Charles De Gaulle du 18 novembre 2015 au 2 janvier 2016 dans le cadre de l’opération Chammal et la lutte contre Daesh.