La coopération internationale était au cœur du défilé du 21 juillet

photo BE Défense

En plus du thème « Fier de servir », la coopération internationale était également au cœur du traditionnel défilé militaire du 21 juillet qui a accueilli 158 militaires étrangers, contrairement à l’année dernière, avec en arrière-plan l’idée d’une défense européenne, largement reprise par les commentateurs du défilé. 

Tout d’abord, un détachement de l’Eurocorps occupait une place à part entière dans le défilé à pied pour fêter ses 25 ans. La Défense avait choisi de mettre ses différentes missions à l’étranger en avant.

La Lituanie était représentée tant dans le défilé à pied que dans le défilé motorisée. Un contigent de 100 militaires belges, appuyé de militaires luxembourgeois, est déployé en Lituanie dans un battlegroup dont  l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Norvège font partie.  Dans le détachement enhanced Forward Presence (eFP) composée de militaires de la logistique et des transmissions qui défilait, on pouvait apercevoir des militaires lituaniens et allemands. Côté motorisé, un véhicule de transport lourd Scania transportait un char Léopard II allemand.

photo BE Défense

L’EUTM Mali était également à l’honneur pour illustrer l’action de la Belgique dans des missions internationales en Afrique. Le détachement était composé de Chasseurs Ardennais, qui ont été projetés sur ce théâtre d’opérations entre juillet 2017 et janvier 2018. Ces derniers étaient accompagnés de militaires espagnols qui ont défilé derrière leur porte-drapeau. Ils provenaient du régiment d’infanterie « Inmemorial del Rey » n°1.  Au Mali, la Belgique a beaucoup collaboré avec l’Espagne qui va prendre sa succession à la tête de la mission tout comme cela sera le cas pour l’EUTM RCA.

Des véhicules français du 1er régiment de chasseurs (photo DGMR)

Le commandement de la colonne motorisée était assuré par trois véhicules Lynx Light Multirole du quartier général de la Brigade Médiane. Trois véhicules français, deux VPC (Véhicule poste de commandement) et un VB2L du 1er régiment de chasseurs, en faisaient également partie pour illustrer le récent partenariat entre la brigade Médiane et la 7ème brigade blindée française. La nouvelle capacité motorisée belge de la Composante Terre va se mettre en place avec la France dans le cadre du programme Scorpion. Deux véhicules blindés boxer hollandais fermaient la marche de cette première partie du défilé motorisée.

Durant le défilé motorisé, les Belges ont pu également apercevoir un véhicule tout terrain Amarok néerlandais avec ScanEagle UAV, deux véhicules de reconnaissance Dingo luxembourgeois, un Mercedes-Benz néerlandais avec une pièce de mortier 120 mm et un camion Mammut allemand.

Un « boxer » hollandais (photo BE Défense)

 

Mali, lutte contre Daech, Corps de réaction rapide-France au menu du dernier numéro de la Revue Militaire Belge

L’Institut royal supérieur de défense (IRSD) a sorti le dernier numéro du mois de juin de la Revue Militaire Belge de 111 pages. Cette revue s’adresse tant aux militaires qu’aux civils pour les informer sur les réalités et les enjeux dans le domaine de la Défense au niveau national et international. Pour ce nouveau numéro, les sujets sont une nouvelle fois riches et denses.

Le général de brigade Éric Harvent évoque son commandement au Mali et le docteur Didier Leroy parle de la Belgique et Daech. Un article est également consacré à la contribution belge à l’état-major du Corps de réaction rapide français. Le chef de la Composante Terre, le général-major Marc Thys, est également l’auteur d’un article en néerlandais sur les capacités de la Défense belge. Plein d’autres sujets sont à découvrir…

Par ailleurs, trois nouveaux membres rejoignent le comité de rédaction de la revue:  l’amiral de flottille e.r. Georges Heeren, ancien commandant de la Composante Marine entre 2015 et 2016, le général de brigade e.r. Henri Badot-Bertrand, ancien commandant de feu le 1er régiment d’artillerie de campagne ainsi que du CRR Fr,  et le général de brigade e.r. Philippe Dohet-Eraly, ancien commandant du feu 8ème bataillon Logistique.

RMB14

La Belgique va diminuer sa présence militaire au Mali dès janvier 2018

Des militaires belges du bataillon ISTAR au Mali en 2015 (photo BE Defence)

Selon la VRT et l’agence Belga qui tiennent leurs informations de source militaire, la Belgique réfléchit à diminuer fortement sa présence militaire au Mali dès janvier 2018 alors que le général de brigade belge Laurent Bart vient de prendre le commandement de l’EUTM Mali. Il n’y a encore rien d’officiel mais la Belgique aurait averti l’Espagne qu’elle devrait prendre la tête de la mission européenne plus tôt que prévu lors de la cérémonie de passation de commandement.

En décembre 2016, le ministre Steven Vandeput avait indiqué que la Belgique était prête à prendre le commandement de l’EUTM Mali pour une année supplémentaire jusqu’en juillet 2018. Finalement cela ne sera pas le cas même s’il n’y a encore rien d’officiel et qu’on ne sait pas encore quelle forme prendra la contribution militaire belge au Mali. Une phrase sur le site de la Défense sur ses missions en Afrique ne laisse pas place au doute:« Le général de brigade Laurent restera, quant à lui, chef de mission jusqu’à la fin du mois de janvier 2018, sonnant ainsi le glas du commandement belge. » 

Le Mali est la mission la plus importante à l’étranger pour la Composante Terre avec un détachement de 182 militaires. Un autre détachement de 22 militaires est également présent au sein de la MINUSMA. Depuis juillet 2016, trois généraux belges se seront succédés à la tête de l’EUTM Mali: le général de brigade Éric Harvent, le général de brigade Peter Devogelaere et le général de brigade Laurent Bart.

Les Carabiniers-Grenadiers en partance pour le Mali pour une mission de six mois

Le lieutenant-colonel Lieven Geeraert à la tête de ses hommes (photo 1C/1Gr)

Le bataillon 1 Carabiniers – 1 Grenadiers de Bourg-Léopold va être déployé au Mali à partir de juillet pour une mission de six mois. La mission va concerner une centaine de militaires avec une rotation.

Bataillon d’infanterie légère de 400 hommes, le 1C/1GR n’avait plus  participé à une opération extérieure de cette importance depuis 2015 où il avait été déployé au Mali durant le premier trimestre. Comme les autres unités de combat de la Composante Terre, il est lourdement mis à contribution depuis avril 2015 sur le territoire belge dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian à Anvers et Bruxelles, obligeant le bataillon à annuler plusieurs exercices d’entraînement de longue durée. Le bataillon va donc retrouver une mission plus classique pendant six mois, une mission qui lui a permis de participer à nouveau à des exercices de grande ampleur à l’étranger, une première depuis deux ans.

Le 1C/1GR va déployer au Mali deux compagnies ainsi que des sous-officiers et des officiers de l’État-Major. La 1ère Compagnie de combat va assurer la mission de protection de l’EUTM Mali entre mi-juillet et mi-octobre. La 2ème Compagnie de combat prendra ensuite la relève jusqu’à mi-janvier 2018. Les officiers et sous-officiers de l’État-Major, dont leur commandant le lieutenant-colonel Lieven Geeraert, vont participer à la mission en principe pour une durée de six mois.

Cette mission a nécessité une préparation intense pour le bataillon durant les trois derniers mois en commençant d’abord par un entraînement spécifique en unité avant de participer à deux grands exercices à l’étranger afin d’évaluer et d’approfondir les compétences techniques et tactiques nécessaires pour cette opération. C’est ainsi que durant le mois d’avril, 270 militaires du bataillon se sont entraînés à la Courtine en France avant de participer à un exercice de la Brigade Médiane à Grafenwöhr en Allemagne du 5 au 15 juin. En Allemagne, les deux compagnies de combat ont passé avec succès leur exercice de certification finale avant leur déploiement au Mali.

 

Le commandant du bataillon, le lieutenant-colonel Lieven Geeraert, se dit confiant pour cette mission l’une des plus importantes de la Composante Terre à l’étranger: » Je suis très fier de mes hommes et femmes. Ils ont parcouru avec succès une préparation longue et intensive et sont prêts à partir. La mission, comme toute mission à l’étranger, n’est pas sans danger mais notre bonne préparation, notre matériel de qualité et la motivation de nos jeunes militaires font en sorte que ce danger est fortement moindre. J’ai pleine confiance en mes compagnies ! Je les suivrai de tout près durant cette mission. » Les Carabiniers-Grenadiers vont retrouver au Mali leur ancien commandant, le général de brigade Laurent Bart qui sera le commandant de l’EUTM Mali à partir du 12 juillet.

 

Le général de brigade Laurent Bart sera le prochain commandant de l’EUTM Mali

Le colonel Laurent Bart au micro de RTL-TVI en mars 2017 (crédit-photo Ritchie Sedeyn
/ BE Defense)

Le colonel belge Laurent Bart, qui a été élevé au grade de général de brigade le 19 juin, prendra la succession du général de brigade Peter Devogelaere à la tête de l’EUTM Mali le 12 juillet prochain. 

Le général de brigade Peter Devogelaere avait pris la succession du général de brigade Éric Harvent en janvier dernier à la tête de la mission européenne au Mali, qui est l’opération la plus importante à l’étranger pour la Composante Terre de l’armée belge avec 170 militaires déployés. À son retour en Belgique, il deviendra le directeur Opérations au sein du cabinet du ministre de la Défense.

Le général de brigade Laurent Bart était depuis février 2014 à la tête du Département Opérations au sein de l’État-Major de la Défense. Son visage est bien connu des journalistes puisqu’il était leur interlocuteur lors des conférences de presse sur les opérations de l’armée belge et notamment celle de l’opération Vigilant Guardian. Entre 2010 et 2013, il a commandé le bataillon des Carabiniers Prince Baudouin – Grenadiers, une unité qui va fournir le plus gros des troupes au Mali à partir du mois de juillet en remplacement des parachutistes.

La cérémonie de passation de commandement aura lieu à Bamako le 12 juillet prochain en présence du commandant de la Défense, le général Marc Compernol, et du chef de la Composante Terre, le général-major Marc Thys.

L’EUTM Mali célèbre le 10.000ème soldat malien formé

photo EUTM Mali

Lors d’une cérémonie célébrant la fin de deux cycles de formation distincts à Koulikoro: le cours « formation des formateurs » (TTT-Train the Trainer) et la formation ETIA (Elément Tactique Inter Arme) ce vendredi 28 avril, l’EUTM Mali a passé le cap symbolique du 10.000ème soldat malien entraîné. 

La formation ETIA (Elément Tactique Inter Arme) a débuté le 23 janvier et s’est terminée le 28 avril. Lors de cette formation, deux groupes de combat, chacun de la taille d’une compagnie (150 soldats), se sont entraînés simultanément. Au cours des premières semaines, les officiers et les sous-officiers ont été séparés de leurs soldats. Pendant que ces derniers recevaient une formation d’infanterie de base, leurs supérieurs étaient formés au travers d’un programme « formation des formateurs » (Train the Trainer (TTT)). Pendant la deuxième partie du cours, les officiers et les sous-officiers maliens ont dirigé eux-mêmes la suite de la formation de leurs subordonnés, sous la supervision des instructeurs d’EUTM.

photo EUTM Mali

Lors de la cérémonie qui a réuni une centaine d’invités parmi les autorités civiles locales de Koulikoro, les trois meilleurs étudiants ont reçu un certificat spécial. Le défilé a été suivi de démonstrations impressionnantes exécutées par les soldats maliens formés. Ces démonstrations avaient pour but de démontrer le niveau de leurs compétences à la population malienne et aux autorités locales. Environ un tiers des Forces armées maliennes (FAMa) a déjà reçu une formation militaire délivrée par l’EUTM Mali.

La Belgique est à la tête de l’EUTM Mali depuis juillet 2016. L’Espagne prendra la suite en 2018.

Premier saut pour les paras maliens depuis 2011 avec les paras belges

photo EUTM Mali

Du 6 au 9 avril, l’EUTM Mali a organisé une activité d’entrainement au parachute dans la région de Bamako avec les parachutistes belges de la « Force Protection » d’EUTM et 30 parachutistes maliens du 33ème régiment des Commandos Parachutistes. L’objectif de cette activité était de soutenir le développement des capacités de parachutisme maliennes. Pour les parachutistes maliens, il s’agissait de leur premier saut depuis 2011.

Les paras belges du 3ème bataillon de Tielen sont déployés au Mali depuis fin décembre 2016-janvier 2017. Une rotation s’est effectuée en interne début avril pour remplacer le premier détachement. Les Carabiniers-Grenadiers prendront la suite en juillet.

photo EUTM Mali

En déplacement au Mali pour la prise de commandement du général Deconinck à la tête de la MINUSMA, le ministre de la Défense Steven Vandeput a effectué une visite de deux jours pour rencontrer les troupes belges de la mission européenne en compagnie du patron de la Défense le général Marc Compernol.

Les photos du saut: https://www.facebook.com/pg/eutmmali/photos/?tab=album&album_id=1222334701212425

Première activité de formation de l’EUTM Mali à Gao

cérémonie de clôture du CMATT à Gao (photo EUTM Mali)

Pour la première fois depuis son lancement, l’EUTM Mali a organisé un CMATT (Combined Mobile Advisory Training Team) à Gao du 19 février au 11 mars. La mission européenne poursuit son processus de décentralisation avec ses équipes mobiles de formation. Après Segou et Kati, la ville de Gao était une possibilité évoquée depuis quelques mois mais l’organisation du CMATT dépendait de l’évolution sécuritaire de la région.

Le but du CMATT de Gao était d’améliorer les capacités militaires de la première Région Militaire, commandée par le colonel Felix Diallo. Une partie importante de ses activités portait sur les aspects médicaux. D’une part au travers des formations aux premiers soins au combat dispensées au profit des 131 militaires maliens qui ont participé, mais également grâce à la présence d’un conseiller de l’EUTM qui a apporté son aide dans la gestion de l’hôpital de campagne de Gao. L’autre volet important portait sur la lutte contre les mines et les engins explosifs improvisés (IED) avec des cours donnés par des spécialistes britanniques, irlandais et belges. De plus, des officiers français et espagnols ont apporté leurs conseils et leur assistance à l’Etat-major de la première Région Militaire. Le 2 mars dernier, le général de brigade Peter Devogelaere, commandant de l’EUTM Mali, a rendu visite au CMATT.

officiers belges de l’EUTM à Gao (photo EUTM Mali)

L’ambasseur Holeville, chef de la délégation européenne, le général de division Dacko, chef de l’État-major Général des Armées, le général de division De Woillemont, commandant de la force Barkhane, le colonel Felix Diallo, commandant de la 1ère Région Militaire, et le général de brigade Peter Devogelaere, commandant de l’EUTM Mali étaient présents à la cérémonie de clôture pour la remise de diplômes, qui a eu lieu à Gao le 11 mars dernier.

Depuis juillet 2016, la Belgique est à la tête de cette mission européenne. L’EUTM Mali est l’une des opérations les plus importantes de l’armée belge avec le déploiement de 182 militaires. Actuellement, c’est le 3ème bataillon de parachutistes de Tielen qui fournit le plus gros du détachement.

 

Le colonel Erik Norga a pris le commandement de l’ETTF au sein de l’EUTM Mali

photo EUTM Mali
photo EUTM Mali

Le 8 février 2017, le colonel belge Thierry Hinnekens a remis le commandement de l’ETTF (Education and Training Task Force) à son compatriote, le colonel Erik Norga, lors d’une parade présidée par le général de brigade Peter Devogelaere, commandant de l’EUTM Mali. Il était arrivé à la tête de l’ETTF le 30 septembre 2016.

Le colonel Erik Norga a notamment commandé le bataillon d’Artillerie entre 2013 et 2014.

C’est au sein de l’ETTF, à Koulikoro, que se déroule une grande partie des activités d’entraînement organisées par l’EUTM Mali au profit des Forces Armées maliennes (FAMa).

La Belgique est à la tête de l’EUTM Mali depuis juillet 2016.

[Interview] Général de brigade Herman Ruys: « Les Forces armées centrafricaines font face à des défis gigantesques »

Le CNE Golly-Mokanda accueil le GBR RUYS au Centre de Formation de KASSAI le GBR RUYS au Centre de Formation de KASSAI (crédit-photo EUTM RCA/V. Tritz)
Le CNE Golly-Mokanda accueil le GBR RUYS au Centre de Formation de KASSAI le GBR RUYS au Centre de Formation de KASSAI (crédit-photo EUTM RCA/V. Tritz)

Interview avec le général de brigade Herman Ruys, commandant de l’EUTM RCA depuis janvier 2017.

Le 14 janvier 2017, le général de brigade Herman Ruys a pris le commandement de l’EUTM RCA, succédant au général français Éric Hautecloque-Raysz. Cette prise de commandement s’est accompagnée de l’arrivée d’un détachement belge de 27 militaires entre le 7 et 16 janvier 2017. Vingt proviennent de l’État-Major de l’Eurocorps à Strasbourg, le reste formant l’équipe de protection du général Ruys. Après l’EUTM Mali, la Belgique est à la tête d’une autre mission européenne en Centrafrique. Pour le blog À l’Avant-Garde, le général de brigade Herman Ruys nous parle de son arrivée à la tête de la mission, de son mandat, du futur de l’armée centrafricaine ainsi que du rôle de l’armée belge.

« La mission de l’EUTM RCA s’articule autour de deux axes: le conseil stratégique et la formation »

Général Ruys, vous venez de prendre la tête de l’EUTM RCA. Comment se sont passées votre prise de fonction et la transition avec le général Hautecloque-Raysz ?

Pour commencer, j’aimerais rappeler que cette mission militaire européenne d’entraînement et de conseil stratégique répond à un mandat de deux ans, mandat qui pourrait éventuellement être renouvelé. Le premier contingent est arrivé à Bangui en juillet 2016 et la mission EUTM RCA a été déclarée opérationnelle le 22 septembre suivant. C’est le général Hautecloque-Raysz, le commandant de ce premier contingent, qui a établi l’EUTM au camp Moana, en y succédant à la mission EUMAM-RCA. En passant d’EUMAM à EUTM, l’effectif européen est passé de 60 à 170 militaires, hommes et femmes, issus de 12 nations de l’UE et Etats tiers.

A l’instar du premier contingent, c’est l’Eurocorps qui a fourni le cœur du détachement ; le commandement et la majorité du personnel des trois piliers. Le général Hautecloque-Rayz et moi-même, nous provenons de cet état-major. Nous avons la même culture d’entreprise (multinationale et opérationnelle), nous nous connaissons et nous nous estimons. C’est ce lien particulier qui a permis la transition de janvier dans les meilleures conditions.

Le GBR RUYS salue les troupes avant de viviter le camp KASSAI (crédit-photo: EUTM RCA/ V. Tritz)
Le GBR RUYS salue les troupes avant de viviter le camp KASSAI (crédit-photo: EUTM RCA/ V. Tritz)

Comment va se dérouler votre mandat ? Quelles actions allez-vous mener au sein de l’EUTM RCA ?

 Conformément au mandat reçu de l’Union européenne, ma mission, ici en RCA, est de six mois et elle s’inscrit dans la poursuite de celle modelée par mon prédécesseur.

La mission de l’EUTM s’articule autour de deux axes: le conseil stratégique et la formation. Et pour atteindre les objectifs assignés, je peux compter sur les trois piliers : le pilier de conseil stratégique, le pilier de formation et le pilier d’entrainement opérationnel.

Tous sont importants et tous les trois sont complémentaires.

Leurs personnels abordent des matières aussi diverses que variées :

  • Le conseil stratégique au niveau du Ministère de la Défense et de l’État-major des Armées. Mes conseillers sont des spécialistes en organisation, opérations, planification, gestion des ressources humaines, matérielles et financières, en projets de développement également.
  • La formation des cadres officiers et sous-officiers, dispensée au Centre de formation Kassaï, qui les amènera à pourvoir agir dans un milieu professionnel complexe en respectant les valeurs que tout militaire moderne se doit de respecter, et ce faisant, en évitant de réitérer les erreurs du passé.
  • L’entraînement des unités qui se poursuit pour arriver à la fin de cette année à deux bataillons formés.

Vous le constatez, la mission de l’EUTM s’inscrit dans le cadre de l’approche globale telle que définie par l’Union Européenne. Cette approche associe le développement à la sécurité, ce qui en est une condition essentielle. En outre, de par les projets développés, elle permettra bientôt aux militaires centrafricains devant quitter l’armée d’être reconvertis préalablement. Cette reconversion, une formation dans un métier de base (menuisier, agriculteur, éleveur, boulanger, mécanicien, électricien…), est la condition pour une intégration réussie à la vie civile et donc une garantie de stabilité dans ce pays qui n’a que trop souffert.

Heureusement, l’EUTM n’est pas seule à Bangui ! Je peux compter sur des partenaires forts et fiables tels qu’EUDEL (European delegation) et la MINUSCA. Nos actions sont coordonnées et complémentaires.

« Je veux souligner la grande motivation et la soif d’entraînement des militaires centrafricains en formation »
Le GBR RUYS visite la salle de cours d'angais (crédit-photo EUTM RCA/V. Tritz)
Le GBR RUYS visite la salle de cours d’angais (crédit-photo EUTM RCA/V. Tritz)

 Dans quel état se trouve actuellement l’armée centrafricaine ? À quels défis doit-elle faire face pour les années à venir ?

Les Forces armées centrafricaines (FACA) ont été en grande partie détruites durant la crise de 2013-2015. Durant les évènements passés, les FACA se sont retrouvées totalement désorganisées et sans aucun moyen. Les défis sont donc gigantesques !  Cependant, petit à petit, jour après jour, les obstacles de la reconstruction sont franchis, avec plus ou moins de difficultés. Et le mandat de l’EUTM est là : définir et faire accepter le nouveau modèle (il n’est plus question d’une armée politisée et centrée sur la capitale, Bangui) et ceci étant fait, aider ces FACA à devenir une armée moderne, professionnelle, représentative et contrôlée démocratiquement.

La politique de défense du Président Felix-Ange Touadera, président élu démocratiquement en févier 2016, s’inscrit totalement dans ce nouveau concept d’emploi des forces. Le Président a exprimé sa volonté de déployer les unités formées en garnison, à travers toute la RCA, au plus proche de la population, alors qu’une partie importante du pays est encore sous le contrôle de groupes armés.

La population centrafricaine a grand besoin de sécurité, dans le pays mais aussi à Bangui, et seule une armée forte et reconnue saura capitaliser la confiance des Centrafricains.

Il y a un élément, plutôt un constat, extrêmement important que je veux ici souligner, c’est la grande motivation et la soif d’entraînement qu’ont les FACA en formation. Chaque fois que je visite le camp Kassaï, où se concentre la majorité des activités de formation, je suis frappé par leur dynamisme et leur motivation. Quand je vois l’état d’esprit dans lequel ces militaires centrafricains travaillent malgré les difficultés rencontrées, je sais pourquoi nous sommes là !

« Le contingent belge se doit d’être exemplaire »
Le GBR RUYS assiste à un cours de tactique (crédit-photo EUTM RCA/V. Tritz)
Le GBR RUYS assiste à un cours de tactique (crédit-photo EUTM RCA/V. Tritz)

Quel rôle exact joue le détachement belge au sein de cette mission européenne ?

Le contingent belge compte 27 hommes et femmes. À l’exception de mon équipe de protection rapprochée, elles et ils sont tous issus de l’Eurocorps. Nous nous connaissons donc tous bien, et tant les femmes que les hommes s’étaient portés volontaires pour cette mission.

Les Belges sont répartis équitablement dans l’organigramme de la mission, cette répartition s’étant faite en fonction des spécialités de chacun.

Le rôle du contingent belge n’est pas différent de celui des autres contingents nationaux mais comme il s’agit du contingent du général commandant la mission, il se doit d’être exemplaire.

La Belgique est à la tête de deux missions de l’UE. Cela montre-t-il que la Défense belge est toujours considérée comme un partenaire fiable au sein de la défense européenne ?

La Belgique a toujours été un partenaire fiable au sein de la défense européenne, comme au sein de l’OTAN d’ailleurs. A l’époque, elle fut une des premières nations  à rejoindre l’Eurocorps, organisation dans laquelle elle a toujours pris sa part et rempli sa mission telle que demandée par le comité commun. Déjà, en 2014, la Belgique était représentée dans la mission EUTM MALI, non seulement par son contingent national qui en assurait la protection, mais par un détachement de l’Eurocorps occupant des postes au sein de l’état-major.

Le GBR RUYS s'adresse aux troupes de l'EUTM RCA (crédit-photo EUTM RCA/V. Tritz)
Le GBR RUYS s’adresse aux troupes de l’EUTM RCA (crédit-photo EUTM RCA/V. Tritz)

Quand je pense à l’allocution du Chairman du Comité militaire de l’union européenne le 14 janvier dernier à Bangui, je dirai que maintenant plus que jamais, la Belgique est à considérer comme un partenaire fiable. En effet, le général Mikhail Kostarakos précisait alors: « L’Union a étendu son champ d’action bien plus loin que ses frontières naturelles afin qu’en agissant là-bas, nous garantissions notre sécurité chez nous. »

Fort de cela, je constate qu’à l’heure où je vous parle, à travers les missions EUTM et d’autres en cours, la défense belge est présente sur terre, sur mer et dans les airs afin de préserver cette liberté européenne qui nous est si chère et ces valeurs qui ont fait de nous ce que nous sommes. N’est-ce pas là la preuve de notre fiabilité ?