Remplacement des chasseurs de mines : La marine belge organise une deuxième session d’essais pour les entreprises

photo DGMR

Au mois de juin, la marine belge en collaboration avec la marine néerlandaise organisera une deuxième session d’essais pour les entreprises dans le cadre du remplacement prochain des capacités de lutte contre les mines (MCM – Mine Counter Measures) belge et néerlandais d’ici 2023. 

Les Technology and Industry Days auront lieu à la base navale de Zeebrugge les 15 et 16 juin prochains. La série de tests aura lieu avec différents types de drones sous-marins et de surface présentés par des entreprises de divers continents. Ces deux journées sont ouvertes aux industriels spécialisés dans la lutte contre les mines qu’aux spécialistes de ce domaine au sein des marines de l’OTAN, de l’UE ou d’organismes associés. Les différentes entreprises inscrites à l’événement pourront présenter leurs systèmes lors d’un briefing et d’une exposition statique et dynamique.

Au mois de septembre 2016, la marine belge avait déjà organisé une session de tests à laquelle avaient participé quatre entreprises dont Teledyne Marine, Thales et ECA Group. À la suite de cette session de tests, la Défense belge avait envoyé un rapport d’évaluation aux entreprises participantes.

Les marines belge et néerlandaise vont changer ensemble leur flotte. Le budget d’investissements s’élève à 1,29 milliard d’euros pour les frégates et à 932 millions d’euros pour la capacité de lutte contre les mines. La capacité de lutte contre les mines doit être remplacée à partir de 2023 et les frégates à partir de 2025.

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Comment l’armée belge utilise le photovoltaïque au Congo pour le détachement du Génie

photo Det Gn de Lokandu/BE Defense

En 2016, l’armée belge a lancé un projet pilote d’alimentation électrique au Congo à Lokandu pour son détachement Génie. Les groupes électrogènes ont été relégués au statut de backup tandis qu’une installation photovoltaïque composée de 48 panneaux photovoltaïques, d’un pack de batterie, d’un onduleur, d’une unité de gestion ainsi que d’un laptop, a été mise en place pour assurer l’indépendance énergétique du camp. Cette installation photovoltaïque alimente l’habitation et la station de purification d’eau. 

Ce projet pilote est une concrétisation du travail de fin d’études en environnement du Capitaine Rucquoy. Il a été réalisé avec la collaboration de la Direction Générale Material Resources Communication et Infrastructure (DG MR C&I), et du Field Accommodation Unit (FAU). Le DGMR précise que le budget mensuel moyen est de 4.000€ avec l’usage du fuel et les coûts de fonctionnement pour le détachement en temps ordinaire. L’investissement dans cette installation photovoltaïque a été de 38.673€, rentabilisé après 10 à 11 mois (en tenant compte des fluctuations du prix du baril) sans entretiens ni frais supplémentaires. Pour la Défense belge, cette installation permet également de libérer des capacités militaires en charge de l’approvisionnement. L’armée belge réfléchit également à déployer cette même installation sur un autre théâtre d’opérations. Le montage peut-être réalisé par quatre personnes en une dizaine de jours.

photo Michel van Reysen
/BE Defense

La durée de vie moyenne du système est de 25 ans et le Capitaine Rucquoy, initiateur du projet, en fera un bilan avec la constitution d’un dossier ‘Infra Ops : production d’électricité solaire en opération’. Des négociations ont actuellement lieu en vue d’augmenter le patrimoine de production d’électricité photovoltaïque sous forme de « Kit de production solaire » semblable à celui équipant le camp de Lokandu et pouvant être interconnectés afin d’obtenir une production importante pour les camps plus gros consommateurs.

Le détachement belge logé au camp de Lokandu est composé de sept géniaques. Ces géniaques, déployés au Congo, ont aidé à la formation et le développement de la 31ème brigade de réaction rapide de l’armée congolaise. 

Au mois de mars 2016, la Défense belge avait réuni tous ses coordinateurs environnementaux pour faire le bilan. À cette occasion, la Direction Générale Material Resources (DGMR), responsable de la matière environnementale pour l’ensemble de la Défense, avait rédigé une charte signée par le chef de la Défense, par laquelle le Département  » s’engageait à limiter ou à éviter la charge environnementale de ses activités et installations ».

Plus de photos de l’installation photovoltaïque à Lokandu: https://sway.com/JB6DHzMokGjNzj5m

Le Général-major Marc Thys sera le nouveau chef de la Composante Terre

photo prodef.be

Le Général-major Marc Thys sera le nouveau chef de la Composante Terre à partir du 23 mars, a annoncé la Défense aujourd’hui.

Nommé à la tête de la MINUSMA (United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali), l’actuel chef de la Composante Terre Jean-Paul Deconinck va quitter ses fonctions ce jeudi 23 mars lors d’une cérémonie de passation de pouvoir. Son dernier geste à cette occasion sera de remercier les militaires des Composantes Terre, Air et Médicale pour leur implication dans l’opération Vigilant Guardian. Durant son mandat, il a d’ailleurs régulièrement critiqué l’opération Vigilant Guardian via des mises en garde sur une perte de compétences opérationnelles et une génération perdue d’officiers et sous-officiers. Il a également pris position contre la dernière mesure du gouvernement sur la réforme de la pension militaire. Il était arrivé à la tête de la Composante Terre le 30 septembre 2014.

Le Général-major Marc Thys était jusqu’alors chef de la Division Systèmes de la Direction Générale des Ressources Matérielles. « Il reprend une Composante Terre à l’agenda chargé en raison des grandes opérations à l’intérieur et à l’extérieur du pays », précise la Défense.

L’armée belge inquiète sur la mise en place réelle de la vision stratégique

crédit-photo Belga
crédit-photo Belga

La réforme de la pension militaire, annoncée au mois d’octobre par le gouvernement et qui avait provoquée colère et incompréhension dans les rangs de l’armée belge, semble mettre véritablement mettre un frein à la mise en place de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput de quoi donner raison aux craintes du général Marc Compernol. Après les beaux espoirs du début de mandat, certaines inquiétudes justifiées commencent à poindre.

Des achats ont pris du retard

Au début du mois de novembre, le  journal L’Écho soulignait très justement que l’appel d’offres du gouvernement pour le remplacement des F-16 se faisait attendre. Ce fameux appel d’offres, tant attendu par les constructeurs, devait être lancé avant Noël pour que le gouvernement Charles Michel puisse prendre sa décision avant la fin de son mandat. Il s’est fait attendre tout le mois de novembre et celui de décembre…en vain. La Libre Belgique a confirmé cette semaine qu’il n’interviendrait pas avant 2017. En cause ? La fameuse réforme de la pension qui a retardé la rédaction du cahier des charges. Les autres achats de matériel militaire semblent également gelés en attendant d’en savoir plus sur les modalités de la réforme, qui doit rentrer en vigueur à partir de 2018.

L’exemple du passé

Le général Marc Compernol avait déjà fait part de ses craintes devant la commission de la Défense nationale à la Chambre. Il estime que la réforme va coûter dans 3,1 milliards d’euros et qu’elle pourrait anéantir la vision stratégique. Dans l’éditorial du dernier numéro du mois de décembre de la Revue Militaire Belge, l’ancien général de brigade Jo Coelmont se montre aussi très pessimiste, se basant sur des exemples passés:« Nous ne pouvons oublier que tous les plans stratégiques ayant précédé celui-ci ont capoté étant donné que – à peine approuvés – le budget de la Défense fut systématiquement érodé lors du premier ajustement budgétaire semestriel qui suivit. Il importe maintenant de mettre fin à cette « habitude ». » Pour lui, il faut éviter que la Défense ne soit amenée en unité de « soins palliatifs » et elle doit absolument relever le défi de surmonter les difficultés:« Nous n’avons pas le droit d’échouer. Nous ne pouvons en effet pas nous le permettre. »

La loi de programmation militaire recalée par le Conseil d’État

Le dernier avis juridique du Conseil d’État, qui a recalé la loi de programmation de militaire, n’est pas là pour rassurer les militaires même si le ministre de la Défense a voulu relativiser. Cette loi était simplement là pour amener plus de clarté mais elle ne change en rien les investissements militaires décidés. Le  Directeur Général des Ressources Matérielles, le Général-major Thijs, qui a reçu dernièrement le syndicat PROdef.be, confirme qu’il a fallu encaisser cette nouvelle et que rien empêche les prochains gouvernements de « détricoter » la vision stratégique. Toutefois, il sera difficile de recaler les achats bilatéraux mais pour le reste, rien est certain. Dans ses vœux de fin d’année, Steven Vandeput ne dit pas vraiment autre chose: » Après des décennies d’âpres économies, nous avons décidé de travailler avec le gouvernement afin de réaliser de gros investissements », tout en ajoutant plus loin, « Les investissements prévus dans notre département ne sont naturellement pas un bien acquis ».

Le site Le Vif parle d’« une grosse claque à la suédoise » pour évoquer l’avis juridique du Conseil d’État sur la loi de programmation militaire et se montre très critique. Avec la réforme de la pension, les investissements décidés par le gouvernement Michel ne sont plus aussi certains malgré la volonté affichée du ministre Steven Vandeput. Cette situation n’est pas là pour rassurer les militaires belges, déjà très inquiets pour leur avenir.