Mali, lutte contre Daech, Corps de réaction rapide-France au menu du dernier numéro de la Revue Militaire Belge

L’Institut royal supérieur de défense (IRSD) a sorti le dernier numéro du mois de juin de la Revue Militaire Belge de 111 pages. Cette revue s’adresse tant aux militaires qu’aux civils pour les informer sur les réalités et les enjeux dans le domaine de la Défense au niveau national et international. Pour ce nouveau numéro, les sujets sont une nouvelle fois riches et denses.

Le général de brigade Éric Harvent évoque son commandement au Mali et le docteur Didier Leroy parle de la Belgique et Daech. Un article est également consacré à la contribution belge à l’état-major du Corps de réaction rapide français. Le chef de la Composante Terre, le général-major Marc Thys, est également l’auteur d’un article en néerlandais sur les capacités de la Défense belge. Plein d’autres sujets sont à découvrir…

Par ailleurs, trois nouveaux membres rejoignent le comité de rédaction de la revue:  l’amiral de flottille e.r. Georges Heeren, ancien commandant de la Composante Marine entre 2015 et 2016, le général de brigade e.r. Henri Badot-Bertrand, ancien commandant de feu le 1er régiment d’artillerie de campagne ainsi que du CRR Fr,  et le général de brigade e.r. Philippe Dohet-Eraly, ancien commandant du feu 8ème bataillon Logistique.

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Général Marc Compernol, patron de la Défense: « La manifestation du 15 novembre a été un signal fort »

Le général Marc Compernol s’est exprimé officiellement hier sur Facebook suite à la manifestation du 15 novembre contre la réforme des pensions. Il s’est déclaré satisfait du bon déroulement de la manifestation et a indiqué que le nombre élevé de manifestants était un signal fort qui devait être source d’une réflexion constructive:« Il constitue un stimulant supplémentaire à la recherche de solutions et d’éclaircissements.Tant les préoccupations compréhensibles du personnel que l’impact sur l’organisation (et donc la vision stratégique) doivent être pris en compte. » On remarquera que l’image d’illustration est très significative comme pour envoyer un message à la Police Fédérale et apaiser les quelques tensions, qui ont pu avoir lieu.

Le général Marc Compernol n’était pas présent à Bruxelles puisqu’il se trouvait en Jordanie avec le Roi Philippe pour y rencontrer le détachement aérien belge qui lutte contre Daech.

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Visite très symbolique du Roi Philippe aux pilotes belges en Jordanie

crédit: Photo News
crédit: Photo News

Le Roi Philippe a rendu visite ce 15 novembre aux pilotes belges de l’opération Desert Falcon dont le détachement aérien est basé en Jordanie dans le cadre de la lutte contre Daech. Les F-16 belges ont pris le relais de leurs homologues hollandais au mois de juillet dernier. La visite avait été tenue très secrète pour des raisons de sécurité évidentes et n’a été rendu publique qu’une fois le Roi revenu en Belgique.

À l’étranger le jour de la Fête du Roi

Le jour choisi était très symbolique puisque c’était celle de la Fête du Roi, une fête qui est également l’occasion pour l’armée de montrer sa loyauté envers le souverain. Dans toutes les unités, un toast est porté en son honneur ce jour-là. Si un Te Deum est chanté en son honneur ce jour-là à la cathédrale de Bruxelles, il n’y est pas présent contrairement aux autres membres de la famille royale. Son absence ne pouvait donc pas être remarquée. C’était la première fois qu’un souverain belge sortait du pays le jour de la Fête du Roi, preuve de l’importance et de la portée que le Roi Philippe voulait donner à cette visite. Ayant fait une brillante carrière militaire alors qu’il n’était que prince, le Roi Philippe a été pilote de F-16 et ses ailes de pilote sont toujours présentes quand il est en uniforme quel qu’il soit.

Visite d’un militaire aux militaires 

Beaucoup de médias belges y ont vu un signe de soutien aux pilotes belges face aux accusations russes de bombardements belges sur Alep causant des pertes civiles. Ces allégations russes avaient été fermement démenties par le ministre des Affaires Étrangères et le ministre de la Défense. Mais cette visite était bien plus que ça et d’ailleurs l’entourage royal a indiqué à un média flamand que ce n’était pas du tout le but. Bertrand Henne, journaliste à la RTBF,  ne s’y est pas trompé dans sa chronique du jour: « Cette visite royale aux soldats en mission résonne du coup comme un soutien implicite à l’armée, à son utilité. En ce sens, le symbole était aussi un peu politique. » Preuve supplémentaire, le Roi était habillé en tenue de pilote de chasse de combat comme pour montrer qu’il venait en militaire en tant que commandant en chef des Forces armées et non pas en tant que chef d’État.

Le Roi Philippe et le Roi Abdullah II, tous deux anciens pilotes de F-16

Le Roi Philippe a été reçu en Jordanie par le roi Abdullah II. Les deux familles royales sont très liées. Au mois de mai de cette année, le souverain jordanien avec sa femme Rania avait effectué une visite d’État en Belgique. À cette occasion, il s’était rendu avec le Roi Philippe sur la base aérienne de Florennes d’où devaient partir les F-16 belges pour la Jordanie au mois de juillet. Les deux souverains étaient restés sur la base pendant une heure et demie et avaient assisté à une démonstration d’acrobaties aériennes de F-16.  Le roi Abdullah II est également ancien pilote de F-16. De son côté, la reine Mathilde avait elle-même fait un déplacement en Jordanie au début du mois de novembre pour visiter un camp de réfugiés.

Pour cette visite, le Roi Philippe était accompagné du général Marc Compernol, patron de la Défense, du général Frederik Vansinna, chef de la Composante Air, ainsi que du secrétaire d’État Pieter de Crem, ancien ministre de la Défense. Le ministre de la Défense Steven Vandeput était retenu à Bruxelles pour les raisons que l’on sait. De leur côté, les pilotes belges ont apprécié cette visite et ont pu porter leur toast au Roi Philippe en présence de ce dernier. Le souverain a envoyé un signal fort à la communauté militaire, dont il reste proche, le jour-même où des milliers de militaires inquiets descendaient dans la rue pour manifester. Le Roi ne pouvant pas prendre publiquement la parole pour s’exprimer et donner son opinion, cette visite est également un signal envoyé au monde politique.

Rallongement de l’âge de la pension militaire: Le gouvernement n’a vraiment pas le sens du timing

photo agence Belga
photo agence Belga

Depuis l’annonce du rallongement de l’âge de la pension militaire, les milieux militaires belges n’arrêtent pas d’en parler avec colère mais aussi avec ironie parfois. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le gouvernement n’a vraiment pas le sens du timing. Il y a fort à parier que si cette mesure avait été prise il y a deux ans avec un peu plus de concertation, elle n’aurait pas eu le même impact. 

Ici tout a été fait à l’envers mais évidemment le gouvernement s’est trouvé au pied du mur pour négocier le budget entre membres de la coalition dans l’urgence. Pas vraiment le temps de concertation sociale. Maintenant, on peut se demander ce que va amener comme plus cette mesure si ce n’est plus fragiliser le ministère de la Défense. Quelle en sera l’avantage ? Il ne saute pas vraiment aux yeux. Mais au fait la Défense est-elle vraiment la priorité du gouvernement ? Les mots de Charles Michel à  la Chambre dimanche ne sont que de la poudre aux yeux. La loi de programmation militaire, devant valider la vision stratégique de la Défense pour 2030, se fait toujours attendre. Samedi pour la conférence de presse du gouvernement sur l’accord budgétaire, Steven Vandeput n’était pas présent contrairement à son homologue de l’Intérieur Jan Jambon, qui se trouvait juste à la gauche du 1er ministre. Il n’a même pas participé aux discussions budgétaires, occupé en Scandinavie. Que doit-on y comprendre ? Que le dossier Défense est minoritaire et déjà réglé ?

En un an et demi, on aura tout demandé aux militaires belges: de patrouiller dans les rues, d’aider dans les prisons, d’apporter sa contribution à la crise des réfugiés en soutien logistique et en mise à disposition de bâtiments etc… En même temps, la fermeture de casernes et la réduction de postes sont prévues. Ils ont été la cible de Daech. Les différentes unités ont peu le temps de souffler. Sitôt une mission à l’étranger ou un exercice finis, elles sont de nouveau projetées dans les rues. Certes il est facile de prononcer des mots devant des députés et les caméras du pays dans un exercice de communication politique. Les militaires, eux, attendent des actes concrets sur leur avenir et leur carrière et la réponse du gouvernement est le rallongement de l’âge de la pension du militaire. C’est ce qui s’appelle un camouflet, un coup de poignard dans le dos. On peut facilement comprendre leur colère et la fronde unanime des syndicats militaires. Tout a été fait à l’envers.

Alors oui on peut dire que le gouvernement n’a pas vraiment le sens du timing et le PS a beau jeu d’ironiser, lui qui n’a guère donner une meilleure considération à la Défense quand il était au gouvernement. La Défense mérite mieux que ce risible jeu politicien et un peu plus de considération. Tous les partis confondus ont laisser s’éroder peu à peu l’armée belge et ils sont tous responsables. Aucun n’a réussi à la remettre véritablement au cœur du débat politique…à moins que la loi de programmation militaire n’arrive vraiment à la Chambre !

La Défense met en ligne une vidéo sur l’utilisation des réseaux sociaux

Suite aux dernières menaces de Daech visant nommément des militaires belges, la Défense a décidé de communiquer à nouveau sur l’utilisation des réseaux sociaux par les militaires mais aussi leurs familles. À cet effet, elle a mis en ligne une vidéo synthétique. Certaines unités avaient déjà fait la même démarche sur leurs propres réseaux sociaux. 

Voir la vidéo : https://www.facebook.com/defence.be/videos/1114085218667537/

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Des militaires belges menacés de mort par Daech

photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

Des militaires belges sont visés par Daech, qui a établi une liste nominative. La menace est prise très au sérieux par les autorités judiciaires du pays. Le général Marc Compernol et le ministre Steven Vandeput se sont voulus rassurants. 

C’est une information parue dans l’édition du jour du quotidien la Dernière Heure, qui a fait l’effet d’une bombe. Le propagandiste en chef de Daech pour la francophonie, le français Rachid Kassim, a établi une liste de militaires belges à abattre. Cette liste a été diffusée lundi après-midi par l’intermédiaire de l’application de messagerie cryptée Telegram à ses quelque 300 followers sous l’intitulé « petite amana(commandement) pour les frères de Belgique » . La menace a été prise très au sérieux par les autorités judiciaires belges, qui ont demandé au journal un délai de 24H avant de diffuser l’information, le temps de pouvoir prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des intéressés dont les identités, les photos et les localisations approximatives ont été diffusées sur la toile. Rachid Kassim aurait trouvé les informations sur internet et les réseaux sociaux. Une partie d’entre elles seraient d’ailleurs erronées.

Olivier Severin, porte-parole de l’armée belge, a confirmé à la DH que« l’enquête en cours est prise très au sérieux et suivie de près par le service de renseignement de l’armée », ajoutant que « un rappel des mesures de sécurité en vigueur en niveau 3 et 4 de menace a été fait à tous les membres du personnel de l’armée ». Le ministre de la Défense Steven Vandeput a également réagi en déclarant qu’il ne fallait pas céder à l’angoisse que tentait de provoquer l’EI. De son côté le patron de la Défense, le général Marc Compernol, a tenu à relativiser: »il faut situer ces menaces dans le contexte général. C’est quelque chose qu’on suit avec nos services de renseignement et de sécurité« , précisant que les photos qui ont circulé sur Facebook ne sont pas « sensibles« . L’un comme l’autre ont rappelé que des mesures de sécurité avaient été prises visant à protéger les militaires et que ceux-ci avaient reçu des consignes relatives à l’utilisation des réseaux sociaux. « Dans le contexte actuel il faut être vigilant en ce qui concerne les contenus publiés« , a ajouté le général Marc Compernol.

Une enquête a été ouverte par le parquet fédéral. Même si on peut relativiser l’importance de cette liste, elle rappelle toutefois que la menace terroriste reste toujours présente en Belgique. 1800 militaires belges patrouillent tous les jours sur tout le territoire national dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian et sont également des cibles potentielles au même titre que les policiers.