L’armée belge travaille sur la mise en place d’une réserve opérationnelle

Du 28 au 30 août, des réservistes du 12/13 de Ligne ont effectué une période d’entrainement et de qualification aux Techniques de Tirs de Combat (TTC) au camp d’Elsenborn (crédit-photo Marc Ganser – LtBn 12/13Li-IPR)

La réserve est un domaine délaissé depuis quelques années par la Défense belge. On compte actuellement environ 5800 réservistes au sein de l’armée belge mais seulement 1200 sont entraînés et engageables sur le terrain.  Peu valorisée avec un statut pas très clair parfois, la réserve manque d’attractivité auprès des civils et des employeurs ainsi que d’une réelle plus-value militaire. Dans sa vision stratégique, le ministre Steven Vandeput a décidé de lui redonner un second souffle et de moderniser son fonctionnement avec la mise en place d’une vraie réserve opérationnelle composée d’environ 7 compagnies d’infanterie légère. Le 12/13ème de Ligne s’est porté volontaire en tant que projet-pilote. Explications.

Un projet-pilote débuté en 2016

Dès 2016 et la présentation de la vision stratégique, le 12/13ème de Ligne a travaillé sur la création d’une compagnie de réserve au sein de son bataillon. « Nous avons toujours eu à cœur d’utiliser au mieux les réservistes qui étaient dédiés au bataillon. À l’Avant-Garde, le 12/13ème de Ligne a saisi la balle au bond avec le projet du ministre et a proposé à l’état-major un projet-pilote. Ce projet se fait en parallèle des études de l’état-major et vise surtout à alimenter ce dernier avec des problèmes, défis, solutions bien concrètes venant du terrain », explique son chef de corps le lieutenant-colonel Manuel Monin. Le premier rappel officiel de cette nouvelle compagnie de réserve a eu lieu en juin dernier.

Mise en place d’une 4ème compagnie de réserve: son entraînement et ses futures missions

Du 28 au 30 août, des réservistes du 12/13 de Ligne ont effectué une période d’entrainement et de qualification aux Techniques de Tirs de Combat (TTC) au camp d’Elsenborn (crédit-photo Marc Ganser – LtBn 12/13Li-IPR)

Cette toute nouvelle compagnie, pour l’instant intégrée au bataillon en tant que 4ème compagnie, est composée actuellement d’une cinquantaine de personnes. Ce sont uniquement des réservistes déjà engagés qui en font partie mais le bataillon espère en recruter de nouveaux en 2018. L’encadrement est constitué de réservistes issus de la milice ainsi que d’anciens militaires de carrière engagés dans la réserve. Tout nouvellement créée, cette compagnie de réserve effectue une remise à niveau d’ensemble de techniques indispensables: tirs, premiers soins, maîtrise de la violence, tactique de base etc… Des rappels de trois jours ont lieu tous les deux-trois mois avec pour but un engagement au sein de l’opération Vigilant Guardian en 2018. Avant d’être déclarée opérationnelle, elle devra recruter et attendre que l’état-major ait clairement défini le concept global de ces nouvelles compagnies de réserves avec un statut bien défini. Ses missions seraient les suivantes: sécurité du territoire, aide à la Nation, protection de QG, missions protocolaires, forces ennemies lors d’exercices d’entraînement.

Le major Dohogne est à la tête de cette nouvelle compagnie de réserve

Du 28 au 30 août, des réservistes du 12/13 de Ligne ont effectué une période d’entrainement et de qualification aux Techniques de Tirs de Combat (TTC) au camp d’Elsenborn (crédit-photo Marc Ganser – LtBn 12/13Li-IPR)

La 4ème compagnie de réserve du 12/13ème de Ligne est sous le commandement du major Dohogne, fortement investi dans le projet. « Né aux confins même de la bataille des Ardennes, j’ai été marqué par l’esprit de corps et la confiance durant mes premiers mois d’affection au régiment.  L’armée belge a besoin d’une réserve formée et efficace prête à soutenir les unités d’active. Dans le contexte actuel sécuritaire en Belgique et dans le monde, il est nécessaire de créer un lien fort entre la Défense et la Nation et d’inspirer et montrer aux jeunes le devoir, l’éthique, le patriotisme et les valeurs de notre pays », explique-t-il. Le major connait bien le bataillon puisqu’après avoir fait l’école d’Infanterie, il est affecté en mars 1991 comme chef de peloton d’infanterie blindée au 12ème de Ligne de la 7ème brigade mécanisée. « C’est un honneur pour moi de faire partie de ce projet. La confiance, que m’a accordée ma hiérarchie pour mener à bien le projet, est un signe de reconnaissance de mes qualités militaires acquises au fil des entraînements et démontrées au fil des missions auxquelles j’ai participé », confie-t-il. « Le projet du ministre est un nouveau tournant pour l’évolution de la Réserve de notre pays, à l’image de ce qui se passe chez nos voisins comme la France par exemple.  Dans un premier temps, on va redéfinir un contingentement de réserve opérationnelle, puis dans un deuxième temps, structurer la sélection, le recrutement et la formation pour répondre aux besoins actuels de notre Défense, et enfin dans un troisième temps, être prêt à s’adapter à l’évolution sécuritaire intérieure et extérieure aux côtés de notre Défense », ajoute-t-il.

Un détachement composé uniquement de réservistes a défilé le 21 juillet 2017 (photo BE Défense)

Un autre projet-pilote devrait voir le jour en Flandre au sein d’une unité du camp Bervelo. Signe que l’armée belge accorde une nouvelle attention à sa réserve, un détachement de réservistes a défilé pour la première fois le 21 juillet dernier. Des éléments de nouvelle compagnie de réserve du 12/13ème de Ligne seront d’ailleurs également présents à la cérémonie d’investiture du nouveau chef de corps du bataillon comme compagnie complètement intégrée au bataillon. La modernisation de la réserve militaire belge était impérative au risque de tomber en désuétude. Elle arrive au bon moment alors que l’armée belge est engagée dans l’opération Vigilant Guardian sur le territoire national belge.

 

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Exercice grandeur nature pour les para-commandos belges au Gabon

Des paras du 3ème bataillon lors de l’exercice Tropical Storm 2015 (photo Brigade légère)

À partir d’aujourd’hui et jusqu’au 15 octobre, environ 800 militaires belges vont s’entraîner lors d’un exercice grandeur nature intitulé Tropical Storm au Gabon pendant un mois. La majorité des troupes de cet exercice interarmes seront fournies par les para-commandos.

« Une attention particulière de l’exercice se focalisera autour des opérations spéciales et des tactiques spécifiques des para-commandos dans les conditions climatologiques propres à l’Afrique », a précisé la Défense dans un communiqué. Les unités para-commandos de la Brigade légère doivent former la nouvelle capacité de forces spéciales de l’armée belge comme voulue dans la vision stratégique du ministre Steven Vandeput. Les Composantes Air et Médicale seront en appui des unités de la Composante Terre et travailleront leurs spécificités dans des conditions tropicales. Des militaires gabonais seront également associés à cet exercice. L’armée française assurera un appui logistique. Tropical Storm sera l’occasion pour l’armée belge de préparer au mieux ses missions en Afrique.

Cet exercice sera aussi exceptionnel par le matériel engagé avec un premier déploiement de NH-90 à l’étranger en vue de leur probable projection au Mali en 2018: 3 avions de transport C-130, 2 hélicoptères A-109 et 2 hélicoptères NH-90.

L’armée belge avait déjà effectué un exercice de cet ampleur au Gabon et au Congo fin 2015. Des militaires luxembourgeois y avaient également pris part.

Engagée sur de nombreuses missions depuis 2015 en plus de l’importance prise par l’opération Vigilant Guardian, l’armée belge n’a plus l’occasion de faire régulièrement des exercices d’une telle ampleur.

Les Chasseurs Ardennais jumelés avec le 35ème régiment d’infanterie français

photo 35ème RI

Depuis trois mois, le bataillon des Chasseurs Ardennais est jumelé avec le 35ème régiment d’infanterie français, basé à Belfort. 

C’est le régiment français qui a officialisé hier le jumelage sur sa page Facebook. Le lieutenant-colonel Étienne Goudemant s’est rendu en France pour rencontrer son homologue français le lieutenant-colonel Christophe Richard. Il a pu découvrir le matériel français. Les forces armées terrestres des deux pays vont être amenées à collaborer plus étroitement dans les prochaines années après que la Belgique ait choisi de rejoindre le programme français Scorpion. Dans ce cadre, la Brigade Médiane a signé un partenariat avec la 7ème brigade blindée française en avril dernier. Les deux unités font d’ailleurs partie respectivement de ces deux brigades tout comme le 12/13 de Ligne qui est jumelé avec le 1er régiment de tirailleurs français depuis le 29 juin 2001.

Le 35ème régiment d’infanterie de Belfort est composé de 1195 hommes surnommés les Gaillards. Il est spécialisé dans le combat débarqué au contact direct de l’adversaire. Il est actuellement le plus moderne des régiments d’infanterie de l’armée de Terre avec la maîtrise du VBCI (véhicule blindé de combat d’infanterie), du système FELIN (Fantassin à équipements et liaisons intégrés) et du NEB (numérisation de l’espace de bataille). Sa devise est : « Tous gaillards, pas d’trainards ».

 

L’armée belge crée une division unique pour accompagner la mise en place de ses futures capacités

photo Christian Decloedt, Malek Azoug/BE Defence

Les divisions Doctrines and Requirements du département d’état-major Opérations et Entraînement et Defense Development du département d’état-major Stratégie ont fusionné au mois de mai dernier pour créer la division Integrated Capability Management (ICM), chargée d’accompagner les transformations des capacités de l’armée belge dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique.

Le dernier numéro de la revue Dbriefing de la Défense belge est revenu longuement sur cette nouvelle création en prenant l’exemple du SOCOM et de la mise en place de la nouvelle capacité de Forces Spéciales. Cette division est composée de 23  Capability Team (CT), une pour chaque capacité des différentes dimensions mises en place dans la vision stratégique: Terre, Air, Mer, Information, Protection et Appui (médical et logistique). Chaque Capability Team a plusieurs axes de travail: doctrine, organisation, training, matériel, leadership, personnel, facilités et interopérabilité. Les membres de chaque Capacibility Team sont un haut-gradé de la capacité concernée, des représentants du département d’état-major Opérations et entraînement, de la Direction générale des Ressources Matérielles (DG MR) et de la Direction générale des Ressources Humaines (DG HR).

La division Integrated Capability Management (ICM) devra ensuite présenter ses résultats et faire des propositions au Capability Transformation Steering Group (CTSG), pilotée par le vice-commandant en chef de la Défense et qui comprend des représentants de tous les départements d’état-major, des directions générales et des différentes composantes. La division ICM est commandée par le colonel Ray De Loose qui vient de la Composante Air.

Pour en savoir plus: http://magazines.mil.be/division-integrated-capability-management/?lang=fr

La Belgique va diminuer sa présence militaire au Mali dès janvier 2018

Des militaires belges du bataillon ISTAR au Mali en 2015 (photo BE Defence)

Selon la VRT et l’agence Belga qui tiennent leurs informations de source militaire, la Belgique réfléchit à diminuer fortement sa présence militaire au Mali dès janvier 2018 alors que le général de brigade belge Laurent Bart vient de prendre le commandement de l’EUTM Mali. Il n’y a encore rien d’officiel mais la Belgique aurait averti l’Espagne qu’elle devrait prendre la tête de la mission européenne plus tôt que prévu lors de la cérémonie de passation de commandement.

En décembre 2016, le ministre Steven Vandeput avait indiqué que la Belgique était prête à prendre le commandement de l’EUTM Mali pour une année supplémentaire jusqu’en juillet 2018. Finalement cela ne sera pas le cas même s’il n’y a encore rien d’officiel et qu’on ne sait pas encore quelle forme prendra la contribution militaire belge au Mali. Une phrase sur le site de la Défense sur ses missions en Afrique ne laisse pas place au doute:« Le général de brigade Laurent restera, quant à lui, chef de mission jusqu’à la fin du mois de janvier 2018, sonnant ainsi le glas du commandement belge. » 

Le Mali est la mission la plus importante à l’étranger pour la Composante Terre avec un détachement de 182 militaires. Un autre détachement de 22 militaires est également présent au sein de la MINUSMA. Depuis juillet 2016, trois généraux belges se seront succédés à la tête de l’EUTM Mali: le général de brigade Éric Harvent, le général de brigade Peter Devogelaere et le général de brigade Laurent Bart.

Les militaires de l’opération Vigilant Guardian à l’honneur du défilé du 21 juillet

Les différents porte-drapeaux des unités engagées dans l’opération Vigilant Guardian le 23 mars dernier lors de la cérémonie de passation de commandement de la Composante Terre (crédit-photo Malek Azoug/BE Defense)

Pour la Fête Nationale, la Défense belge a décidé de mettre à l’honneur les militaires de l’opération Vigilant Guardian, opération désormais à part entière de l’armée belge qui mobilise quelques 1250 militaires plus 150 en réserve prêts à être déployés en cas de crise. Un détachement composé de militaires des Composantes Terre, Air et Médicale défileront pour le 21 juillet. Seule la Composante Marine ne participe pas à cette opération.

« La Défense et la Composante Terre en particulier sont très fières d’avoir pu assurer la sécurité de la population. Il ne faut cependant pas oublier qu’un militaire doit être aguerri à des tâches et missions beaucoup plus complexes se déroulant sur des théâtres d’opération étrangers », explique la Défense dans un communiqué pour expliquer ce choix. Au départ, seules les unités de combat de la Composante Terre ont pris part à cette opération mais l’armée a été obligée d’élargir son vivier à des unités d’appui comme la logistique, les transmissions ainsi qu’aux deux autres Composantes Air et Médicale. La Défense précise même que des volontaires de différents états-majors y participent après avoir suivi un entraînement spécifique dans le but d’alléger certaines unités.

Il ne faut pas non plus oublier l’opération Spring Guardian, qui vise à protéger les installations nucléaires belges et qui est moins médiatisée. Elle mobilise toujours 63 militaires.

Dans le courant de l’année 2017, la Défense belge a mis en valeur les militaires de l’opération Vigilant Guardian lors de cérémonies. Le Général-major Jean-Paul Deconinck, aujourd’hui commandant de la MINUSMA et ancien chef de la Composante Terre, avait tenu à mettre l’accent sur les militaires de Vigilant Guardian lors de la cérémonie de passation le 23 mars dernier pour les remercier de leur engagement continu depuis 2015.

Pour le général Thys, l’avenir de la Composante Terre se base sur deux projets: le SOCOM et la capacité motorisée

Le général-major Marc Thys lors de son allocution aux colonels et chefs de corps de la Composante Terre le 19 juin dernier (photo Belgian Army)

Nouvellement nommé à la tête de la Composante Terre depuis fin mars, le général-major Marc Thys a présenté les grandes lignes de son mandat mi-juin aux colonels et chefs de corps de la Composante Terre. Malgré les nombreux défis, il s’est voulu positif sur le thème « bâtir l’avenir » dans son discours.

Le général-major Marc Thys a révélé sa volonté de renforcer la formation à tous les étages de la base aux officiers avec de meilleures perspectives d’avenir et d’évolution. Il a répété combien il était capital de réaliser les investissements prévus dans le cadre de la vision stratégique pour que la Composante Terre puisse assurer un appui journalier: « mes priorités vont (dans l’ordre) vers l’équipement individuel, les munitions et les véhicules opérationnels », a précisé le général-major. Le sourcing sera une autre partie importante du projet pour garder le même niveau d’ambition avec la prévision de baisse d’effectifs voulue par la vision stratégique du ministre Steven Vandeput.

Mais le général-major Marc Thys veut surtout rendre la Défense plus attractive envers les jeunes mais également envers ses alliés européens en construisant une Composante Terre adaptée aux caractéristiques du 21ème siècle en se basant sur deux projets d’avenir: le SOCOM pour les Forces Spéciales et la capacité motorisée:« une référence pour les forces terrestres du monde entier ». « Grâce à ces projets, nous devenons les pionniers de la coopération en matière de Défense européenne et nous créons un modèle applicable à beaucoup de nos partenaires. Nous sommes persuadés qu’il s’agit de la voie (révolutionnaire) à suivre afin de bâtir une défense européenne forte, indispensable à la sauvegarde des intérêts et des valeurs belges et européens », a déclaré le général Thys qui a mis en avant la haute qualité des forces terrestres belges, qui compense une contribution plus faible par rapport à d’autres armées dans des opérations.

« Bâtir l’avenir ne sera possible que si tout le monde fait front. Mon but est de pouvoir à nouveau augmenter nos ambitions d’ici 2020. La route est donc encore longue et parsemée d’obstacles, de moments et de passages délicats. Nous allons tous les surmonter. J’en suis persuadé ! », a conclu le général-major Marc Thys dans son allocution.

Lettre d’intention général Marc Thys juin 2017

Le général de brigade Laurent Bart sera le prochain commandant de l’EUTM Mali

Le colonel Laurent Bart au micro de RTL-TVI en mars 2017 (crédit-photo Ritchie Sedeyn
/ BE Defense)

Le colonel belge Laurent Bart, qui a été élevé au grade de général de brigade le 19 juin, prendra la succession du général de brigade Peter Devogelaere à la tête de l’EUTM Mali le 12 juillet prochain. 

Le général de brigade Peter Devogelaere avait pris la succession du général de brigade Éric Harvent en janvier dernier à la tête de la mission européenne au Mali, qui est l’opération la plus importante à l’étranger pour la Composante Terre de l’armée belge avec 170 militaires déployés. À son retour en Belgique, il deviendra le directeur Opérations au sein du cabinet du ministre de la Défense.

Le général de brigade Laurent Bart était depuis février 2014 à la tête du Département Opérations au sein de l’État-Major de la Défense. Son visage est bien connu des journalistes puisqu’il était leur interlocuteur lors des conférences de presse sur les opérations de l’armée belge et notamment celle de l’opération Vigilant Guardian. Entre 2010 et 2013, il a commandé le bataillon des Carabiniers Prince Baudouin – Grenadiers, une unité qui va fournir le plus gros des troupes au Mali à partir du mois de juillet en remplacement des parachutistes.

La cérémonie de passation de commandement aura lieu à Bamako le 12 juillet prochain en présence du commandant de la Défense, le général Marc Compernol, et du chef de la Composante Terre, le général-major Marc Thys.

Remplacement des blindés : La Belgique choisit officiellement le programme français Scorpion

un piranha du 1/3 Lanciers (photo BE Defense)

Le ministre de la Défense Steven Vandeput a annoncé dans un communiqué de presse que la Belgique avait choisi le programme français Scorpion pour le remplacement de la capacité motorisée de la Composante Terre. Ce choix était attendue depuis quelques semaines et a été donc officialisé par le gouvernement belge.

La Belgique va acheter de nouveaux véhicules de combat pour les forces terrestres belges, en coopération avec la France. Avec 1,1 milliard d’euros, il s’agit du plus grand programme d’investissement pour les forces terrestres dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique, indique le communiqué du ministère :« L’objectif est d’établir un partenariat fondé sur des véhicules de combat français et belges identiques. La Belgique et la France auront, entre autres, une organisation commune et la formation, l’entraînement et le soutien logistique seront organisés conjointement. »

Ces nouveaux véhicules de combat sont actuellement développés dans le programme français Scorpion et prendront la place des véhicules de combat type Piranha et Dingo actuels. 60 véhicules de combat médians du type ‘’Jaguar’’ et 417 véhicules de combat légers de type ‘’Griffon’’ seront achetés, les moyens de communication ainsi que les pièces de rechange étant compris. Ces véhicules seront les véhicules de base pour la capacité motorisée interarmes de la Défense belge et seront également utilisés dans une version médicale et de reconnaissance. L’entrée en service des véhicules est prévue dans la période 2025-2030 et il est prévu de commencer déjà à court terme avec le développement du partenariat étroit avec la France.

Renouvellement des véhicules de combat : La Belgique étudie d’autres pistes que le programme français Scorpion

un piranha du 1/3 Lanciers (photo BE Defense)

Dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique, la Belgique compte remplacer les Dingo et les Piranha de la Composante Terre, des véhicules entrés en service en 2006 et 2008. C’est le troisième gros dossier de remplacement de matériel militaire après les F-16 de  la Composante Air et les frégates et chasseurs de mines de la Composante Marine.

Pour le développement de sa nouvelle capacité motorisée, le ministre Steven Vandeput mentionne nommément dans son document de la Vision Stratégique un partenariat avec la France et le programme Scorpion :« un programme entre actuellement déjà en ligne de compte dans nos pays voisins, à savoir le programme français Scorpion. Ce programme permettrait de remplacer les véhicules de base de la capacité motorisée interarmes par différents types d’une plateforme internationale commune. » Au mois d’avril, la Libre Belgique mentionnait également cette forte probabilité : » S’y ajoute (…) l’achat de nouveaux véhicules pour doter la composante Terre d’une capacité motorisée (en jargon « Camo »), sans doute en partenariat avec la France, si Paris mord à l’hameçon. »

Le dossier, peu médiatisé contrairement à celui du remplacement des F-16, semble avancer dans la discrétion au sein du ministère de la Défense alors que les contrats doivent être signés courant 2018 et qu’une livraison est planifiée dans une période entre 2025 et 2030. Dans  une réponse à une question écrite du député Denis Ducarme le mois dernier, le ministre est resté évasif indiquant que le choix du pays partenaire n’était pas encore fait:  » La préparation de ce choix fait actuellement l’objet d’une prospection militaire qui vise à identifier des synergies possibles à travers toutes les lignes de développement y compris les domaines de l’appui logistique, la formation, l’entrainement et la doctrine. Le programme français Scorpion est effectivement une des pistes qui est évaluée, mais pas nécessairement la seule », a-t-il simplement répondu.

Le programme Scorpion semble tenir la corde comme choix prioritaire même si le ministre Steven Vandeput laisse penser qu’un autre pays que la France pourrait être choisi. La Commission Achats et ventes militaires était réunie hier pour discuter de dossiers relatifs à la capacité motorisée de quoi peut-être espérer une avancée et une annonce dans les prochaines semaines.