Les militaires de l’opération Vigilant Guardian à l’honneur du défilé du 21 juillet

Les différents porte-drapeaux des unités engagées dans l’opération Vigilant Guardian le 23 mars dernier lors de la cérémonie de passation de commandement de la Composante Terre (crédit-photo Malek Azoug/BE Defense)

Pour la Fête Nationale, la Défense belge a décidé de mettre à l’honneur les militaires de l’opération Vigilant Guardian, opération désormais à part entière de l’armée belge qui mobilise quelques 1250 militaires plus 150 en réserve prêts à être déployés en cas de crise. Un détachement composé de militaires des Composantes Terre, Air et Médicale défileront pour le 21 juillet. Seule la Composante Marine ne participe pas à cette opération.

« La Défense et la Composante Terre en particulier sont très fières d’avoir pu assurer la sécurité de la population. Il ne faut cependant pas oublier qu’un militaire doit être aguerri à des tâches et missions beaucoup plus complexes se déroulant sur des théâtres d’opération étrangers », explique la Défense dans un communiqué pour expliquer ce choix. Au départ, seules les unités de combat de la Composante Terre ont pris part à cette opération mais l’armée a été obligée d’élargir son vivier à des unités d’appui comme la logistique, les transmissions ainsi qu’aux deux autres Composantes Air et Médicale. La Défense précise même que des volontaires de différents états-majors y participent après avoir suivi un entraînement spécifique dans le but d’alléger certaines unités.

Il ne faut pas non plus oublier l’opération Spring Guardian, qui vise à protéger les installations nucléaires belges et qui est moins médiatisée. Elle mobilise toujours 63 militaires.

Dans le courant de l’année 2017, la Défense belge a mis en valeur les militaires de l’opération Vigilant Guardian lors de cérémonies. Le Général-major Jean-Paul Deconinck, aujourd’hui commandant de la MINUSMA et ancien chef de la Composante Terre, avait tenu à mettre l’accent sur les militaires de Vigilant Guardian lors de la cérémonie de passation le 23 mars dernier pour les remercier de leur engagement continu depuis 2015.

Le patrouilleur Pollux a servi de plate-forme d’essais pour le remplacement des capacités de lutte contre les mines

Le patrouilleur belge Pollux a servi  de plate-forme d’essais lors de tests effectués pour le remplacement des capacités de lutte contre les mines en mer du Nord durant quinze jours depuis le 30 mai. 

Les tests ont été réalisés avec différents types de drones sous-marins et de surface. Durant ces journées, plusieurs entreprises ont pu présenter et tester les futures capacités de lutte contre les mines sans pilote. La marine belge ambitionne de renouveler sa capacité de lutte contre les mines par des systèmes autonomes afin d’accroître ses performances opérationnelles et la sécurité de son personnel. Cette série d’essais sera clôturée  par l’organisation des « Technology and Industry days » le 15 et 16 juin au port de Zeebrugge. Durant ces deux journées, plusieurs systèmes de détection seront présentés avec des présentations à l’appui. Ces deux journées sont ouvertes aux industriels spécialisés dans la lutte contre les mines qu’aux spécialistes de ce domaine au sein des marines de l’OTAN, de l’UE ou d’organismes associés.

Le patrouilleur Pollux est en service depuis 2015 et a été construit par l’entreprise française SOCARENAM.

Les marines belge et néerlandaise vont changer ensemble leur flotte. Le budget d’investissements s’élève à 1,29 milliard d’euros pour les frégates et à 932 millions d’euros pour la capacité de lutte contre les mines. La capacité de lutte contre les mines doit être remplacée à partir de 2023 et les frégates à partir de 2025.

Les photos des tests effectuées sur le Pollux: https://www.facebook.com/P902Pollux/posts/1218585531600298 et https://www.facebook.com/P902Pollux/posts/1220851668040351

Remplacement des chasseurs de mines : La marine belge organise une deuxième session d’essais pour les entreprises

photo DGMR

Au mois de juin, la marine belge en collaboration avec la marine néerlandaise organisera une deuxième session d’essais pour les entreprises dans le cadre du remplacement prochain des capacités de lutte contre les mines (MCM – Mine Counter Measures) belge et néerlandais d’ici 2023. 

Les Technology and Industry Days auront lieu à la base navale de Zeebrugge les 15 et 16 juin prochains. La série de tests aura lieu avec différents types de drones sous-marins et de surface présentés par des entreprises de divers continents. Ces deux journées sont ouvertes aux industriels spécialisés dans la lutte contre les mines qu’aux spécialistes de ce domaine au sein des marines de l’OTAN, de l’UE ou d’organismes associés. Les différentes entreprises inscrites à l’événement pourront présenter leurs systèmes lors d’un briefing et d’une exposition statique et dynamique.

Au mois de septembre 2016, la marine belge avait déjà organisé une session de tests à laquelle avaient participé quatre entreprises dont Teledyne Marine, Thales et ECA Group. À la suite de cette session de tests, la Défense belge avait envoyé un rapport d’évaluation aux entreprises participantes.

Les marines belge et néerlandaise vont changer ensemble leur flotte. Le budget d’investissements s’élève à 1,29 milliard d’euros pour les frégates et à 932 millions d’euros pour la capacité de lutte contre les mines. La capacité de lutte contre les mines doit être remplacée à partir de 2023 et les frégates à partir de 2025.

Le coût de Vigilant Guardian s’élève à un peu plus de 100 millions d’euros depuis 2015

Les premiers Chasseurs Ardennais de l’opération Vigilant en mission à Bruxelles le 17 janvier 2015 (photo Daniel Orban / BE Defense)

Le coût de l’opération Vigilant Guardian s’élève à un peu plus de 100 millions d’euros depuis son lancement le 17 janvier 2015 selon des chiffres fournis par le ministre Steven Vandeput aux députés de la Commission de la Défense. Le chiffre exact arrêté au 18 avril 2017 est de 100.289.000 d’euros. Son coût est supporté en grande partie par le ministère de l’Intérieur. 

Le ministre a par ailleurs indiqué que le dispositif avait évolué depuis son lancement et que le chiffre actuel de 1250 militaires déployés variait selon les endroits et les événements à couvrir. Le dispositif est désormais plus dynamique. En plus de la Composante Terre, deux autres Composantes sont concernées par l’opération: l’Air et la Médicale. Seule la Marine n’y participe pas. Depuis l’année dernière, d’autres unités que des unités de combat au sens strict sont mobilisées comme la logistique et les transmissions.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon veut lancer un cors de sécurité spécifique ou « garde nationale » qui doit remplacer les militaires dans la rue. Mais le projet prend pour l’instant du retard et les syndicats militaires ne l’espèrent pas avant 2019 voire plus tard s’il n’est pas mis en place par la législature actuelle.

 

[Interview] Joseph Henrotin: « La concurrence pour le remplacement des F-16 sera bien réelle »

Un point sur le dossier du remplacement des F-16 belges avec Joseph Henrotin, rédacteur en chef de la revue Défense & Sécurité Internationale et chargé de recherche à l’Institut de Stratégie Comparée. Interview.

La Belgique a récemment lancé son appel d’offres pour le remplacement de ses F-16. Pouvez-vous faire un rapide tour d’horizon sur les principaux prétendants qui ont répondu à cet appel d’offres ?

Nous avons cinq candidats déclarés : le Boeing Super Hornet (Etats-Unis), le Dassault Rafale (France), l’Eurofighter Typhoon (quadrinational), le Lockheed Martin F-35 (Etats-Unis), le Saab Gripen (Suède).

« L’achat d’un matériel américain est perçu comme un renforcement du lien entre Bruxelles et Washington »

Depuis le début, la presse belge a largement donné comme favori le F-35 américain avec de nombreux articles consacrés sur l’appareil américain. On sait que certains milieux politiques sont également favorables au F-35. Selon vous, à quoi cela est-il dû ? Le lobbying américain est-il plus efficace ou profite-t-il d’un a priori favorable ?

Nombreux, c’est relatif, comme toujours lorsqu’il s’agit du traitement des questions de défense dans la presse belge. Je pense qu’il y a eu corrélation entre les déclarations de Pieter De Crem, ministre de la défense sous le gouvernement belge précédent, et annonces successives de problèmes rencontrés dans le développement de l’avion lui-même, ses surcoûts et ses retards, ce qui induit une dissonance assez logiquement interpellante pour un journaliste. Ceci dit, la presse généraliste a commencé à vraiment s’intéresser à la question après les dernières législatives, durant lesquelles le plan de modernisation de la Défense belge – et le remplacement des F-16 – est devenu un enjeu, non pas tant de politique de défense à proprement parler, que de dépenses publiques.

Au plan militaire, tous n’adhèrent pas au F-35. Au fil des ans, j’ai pu voir une mise en perspective des apports de l’appareils, d’abord sur le plan de la furtivité – qui n’est plus maintenant considérée comme un argument de vente[1] – et ensuite sur celui de la fusion de données. Les promesses en la matière sont certes alléchantes mais encore faut-il les concrétiser. Au surplus, bon nombre des capacités impliquées sont classifiées : l’évaluation devient alors délicate. Il y a cependant une dimension essentielle dans les imaginaires politiques et militaires, qui renvoie au poids des Etats-Unis et des garanties de sécurité américaines au travers de l’OTAN. L’achat d’un matériel américain est ainsi perçu comme renforçant le lien entre Bruxelles et Washington. Reste cependant à voir comment cet imaginaire va évoluer après l’élection des Trump : les signaux envoyés par l’Administration américaine ont un temps été contradictoires.

« Le nucléaire est une fausse question »
Le F-35 est présenté comme favori mais les autres concurrents ont toutes leurs chances.

Des médias ont souligné le fait que l’appel d’offres du gouvernement belge était plus ouvert que prévu. Le ministre Steven Vandeput joue le plus possible la carte de la transparence dans le processus de décision. La concurrence sera-t-elle réelle ? D’autres concurrents que le F-35 ont-ils leur chance ?

Ils l’ont toujours eu : que l’un ou l’autre responsable se positionne en faveur du F-35 ne présage en rien de la décision de l’ensemble d’un gouvernement de coalition – en particulier, comme l’a bien montré Wally Struys, en Belgique. Au-delà, je pense que la concurrence sera bien réelle. La question des « marges d’évolution » – un peu abusivement interprétée comme ce qui est lié au nucléaire, parce qu’il n’y a pas que cela – a, en particulier, été perçue comme le signe que le jeu n’était pas limité au F-35. En réalité, le nucléaire est une fausse question : les Tornado allemands ou italiens sont aptes à l’emport des armes américaines et il avait été question, au début des années 1970, que les Mirage 5 belges aient cette capacité. Ils ne l’ont pas eu uniquement pour des raisons budgétaires, et non du fait d’un blocage politique américain.

« La dépense est considérée comme excessive au regard des autres problématiques touchant la société »

L’opposition et notamment le PS et Écolo sont très critiques sur cet achat qu’ils jugent inutile et disproportionné. Une partie de la société civile est contre avec un collectif qui s’est formé et des actions de protestation qui ont été menées. Comment peut-on analyser ce phénomène alors que le remplacement des F-16 est inévitable ?

La société civile est traversée par une multitude de clivages qui touchent également le personnel politique et les partis. C’est évidemment le cas dans beaucoup de pays, mais, dans le cas belge, ils sont particulièrement structurants de la vie politique. L’un de ces clivages est lié au rapport aux questions militaires. Ce clivage, qui peut s’épanouir du fait du rapport très spécifique à la notion de puissance qu’a la Belgique. Vous pourrez ainsi remarquer que cette notion de puissance est clairement abordée par les think tanks et quelques universités, mais que le volet « militaire » de la puissance est, paradoxalement, le plus souvent absent. In fine, les éléments politiques, stratégiques et techniques qui vous permettent de dire – et qui me permettent de penser – que « le remplacement des F-16 est inévitable » sont absents.

La plateformes Pas d’avions de chasse regroupant 130 associations de la société civile belge a organisé une manifestation nationale le 24 avril 2016 contre le remplacement des F-16

Le dire vous expose ainsi à une mise en concurrence de l’allocation des ressources publiques loin d’être inexistantes (plus de 208 milliards en 2013) ; la dépense étant considérée comme excessive au regard d’autres problématiques touchant la société. C’est d’autant plus paradoxal qu’il est bien démontré que la Belgique est en situation de sous-investissement militaire chronique depuis le début des années 2000 et aux contrats opérationnels politiquement fixés. Si l’on pousse un peu plus loin, pour l’année 2013 – donc avant le train de réductions décidées  par le nouveau gouvernement et le lancement de Vigilant Guardian – seuls 869 millions d’euros ont été affectés à l’entraînement, à l’équipement, aux infrastructures et aux opérations extérieures. C’est 509 millions de moins que le budget 2013 de la coopération au développement ; 411 millions de moins que l’entretien des routes en Wallonie de 2009 à 2013 ; ou encore 168 millions de moins que le budget affecté par la région bruxelloise aux transports en commun en 2013.

Ce premier paradoxe en cache un deuxième : la combinaison de décisions politiques opérées depuis le milieu des années 1990 minore totalement le rôle de ce qui allait devenir la Composante terrestre. Or, huitième pays le plus riche de l’UE et Etat de taille moyenne (11 millions d’habitants, ce qui permet de la comparer à la Grèce, le Portugal ou la Suède), la Belgique doit évidemment assurer les obligations qu’elle a contracté et qui la placent dans une posture où d’autres garantissent sa sécurité ; ce qui ne passe plus guère que par l’aviation. Outre que ce type de raisonnement vous fait rapidement passer pour un « faucon », il tend à être considéré comme « technique », « sub-politique », au risque d’aboutir à des aberrations. Il n’est pas rare de trouver des discours indiquant qu’acheter de nouveaux appareils implique nécessairement de s’en servir en opération, par exemple…

A partir de ce moment, un discours suivant lequel des investissements de moins de 10 milliards d’euros sur dix ans sont très inférieurs aux plus 50 milliards que la Belgique devrait dépenser sur la même période si elle voulait respecter ses engagements ne peut plus trouver prise. Reste donc à voir si le prochain gouvernement appliquera un plan qui devra, pour l’essentiel, trouver sa concrétisation dans les années 2020.

Dans la vision stratégique du ministre Vandeput, de gros investissements en matériel sont prévus pour la Composante Air et la Composante Marine. Les autres investissements seront-ils suffisants pour la Composante Terre ? Cette dernière peut-elle se sentir lésée ? Que cela dit-il des orientations futurs de la Défense belge ?

Le plan ne présente pas de véritable rupture : depuis 1993, le génocide rwandais et la perte de 10 para-commandos, les forces terrestres ont été peu à peu déconsidérées. Le coup final a été porté en 2000, le plan Flahaut ne permettant plus d’engagement dans des opérations de haute intensité. Dans les années suivantes, le nombre de brigade est passé de trois à deux, la puissance de feu terrestre belge étant, en quelques années, devenue inférieure à celle de l’Estonie[2]. In fine, la situation des forces terrestres belges pouvait être résumée par le général Deconinck : avec seulement 1 800 hommes engagés en opération, il « ne peux plus garantir l’entraînement générique qui permet d’avoir – en stand-by, en permanence – deux compagnies ou un bataillon interarmes ». Pour bien mesurer l’étendue des coupes, il faut se rappeler que l’armée de terre belge représentait six divisions et onze régiments indépendants en 1989.

L’artillerie fait partie des domaines de la Composante Terre qui ont l’attention de la vision stratégique (photo DG Com)

Pratiquement, ce qu’il reste des forces terrestres bénéficie malgré tout d’une attention, notamment dans le secteur des forces spéciales et des forces à présent qualifiées de motorisées. Les documents liés au plan d’investissement font ainsi directement référence au programme SCORPION, ce qui n’est pas anodin dans des documents de telle nature. De même, l’artillerie à longue portée devrait connaître une renaissance. Dans l’ensemble, le plan Vandeput est un travail sérieux, mais qui fait face à deux problèmes majeurs. Le premier est la déconsidération générale des élites politiques belges pour la défense. Le deuxième est calendaire : c’est au prochain gouvernement d’appliquer le plan décidé par celui-ci. A voir s’il sera réélu : l’actuelle configuration gouvernementale est en bonne partie due à la volatilité politique au sud du pays en 2014. Si la réforme fiscale décidée ne délivre pas rapidement ses effets et que les électeurs indécis n’y voient pas leur intérêt, l’affaire est cuite.

« Si le contrat n’est pas signé en juin 2018, le remplacement entrera dans une zone de forte turbulence »

Pour finir, l’appel d’offres a été lancé tardivement. Le gouvernement aura-t-il le temps de prendre sereinement une décision avant la prochaine législature ?

La question ne me parait pas tant celle de la prise de décision que celle de la signature effective du contrat. Le choix sera probablement rapide, dès lors que les différents Etats engagés dans la compétition préparent leurs propositions depuis un certain temps et que l’appel d’offre a bien cadré la méthodologie d’évaluation. Mais choisir et ne pas signer, c’est ne pas s’engager. Or, les prochaines législatives, qui sont déterminantes en Belgique du nouveau gouvernement, se tiendront au printemps 2019. Je ne pense pas que les responsables gouvernementaux prendront le risque d’une décision impopulaire à une date trop rapprochée de l’élection, sachant que le travail est ralenti, les derniers mois, par la campagne électorale. Autant dire que si le contrat n’est pas signé en juin 2018, le remplacement entrera dans une zone de forte turbulence.

[1] D’autant plus qu’elle n’est que radar : sa configuration fait du F-35 un appareil particulièrement visible aux capteurs IR à grand angle qu’investiguent actuellement Chinois et Russes.

[2] Soit 18 Piranha dotés de canons de 90 mm ; 32 Piranha dotés de canons de 30 mm ; 24 obusiers de 105 mm ; 52 mortiers de 120 mm. Sources : IISS Military balance 2014.

La Belgique et les Pays-Bas franchissent une nouvelle étape dans le remplacement de leur marine

Crédit-photo: BE Defence-Malek Azoug
Crédit-photo: BE Defence-Malek Azoug

Le ministre de la Défense belge Steven Vandeput et son homologue néerlandais Jeanine Hennis-Plasschaert ont signé aujourd’hui deux accords de programme ‘’Program Arrangements’’ pour le remplacement conjoint de frégates et de chasseurs de mines. C’est le franchissement d’une nouvelle étape dans l’autre dossier important de la vision stratégique en achat de matériel avec le remplacement des F-16. Une lettre d’intention commune entre les deux pays avait été signée au mois de novembre 2016. 

Ces deux accords de programme ‘’Program Arrangements’’ prévoient le cadre dans lequel les deux équipes de projet vont examiner et définir les exigences essentielles des nouveaux navires. Ainsi, pour le programme de remplacement des frégates une étude préliminaire pour un « Above Water Warfare »-cluster est lancée en vue d’examiner quels capteurs et quelle technologie de la communication de données sont nécessaires à la défense du nouveau navire contre les menaces aériennes et de surface. Une étude est également lancée pour le programme de remplacement des chasseurs de mines. Celle-ci vise à définir l’architecture des systèmes d’information nécessaires à la « Command & Control » (C2) configuration du nouveau MCM-navire (Mine Countermeasures). Sur base des résultats de ces deux études, les équipes de projet présenteront la description des besoins pour les deux programmes de remplacement et poseront la base pour les deux Memoranda of Understanding.

Au mois de janvier dernier, Steven Vandeput a confirmé que le maintien à flot des chasseurs de mines néerlandais et belge était compliqué.  La maintenance des bâtiments des deux pays est assurée par la marine belge à Zeebrugge. Des pannes surviennent parfois en dehors des entretiens prévus. Les plateformes opérationnelles étant moins nombreuses, les effets de ces pannes sont plus perceptibles qu’auparavant. Toutefois, les bâtiments pourront rester en service jusqu’à leur remplacement, moyennant les efforts nécessaires et le remplacement des logiciels obsolètes.

Le dossier est plus avancé côté belge que côté néerlandais. Le budget d’investissements s’élève à 1,29 milliard d’euros pour les frégates et à 932 millions d’euros pour la capacité de lutte contre les mines, côté belge. Le budget est toujours en cours d’élaboration côté néerlandais. La capacité de lutte contre les mines doit être remplacée à partir de 2023 et les frégates à partir de 2025.

Un nouveau commandant pour la frégate Louise-Marie

photo Belgian Navy
photo Belgian Navy

Ce vendredi 20 janvier, la frégate Louise-Marie et son équipage ont reçu un nouveau commandant, a indiqué la Marine belge hier dans un communiqué. Au cours d’une cérémonie militaire, qui s’est tenue à la base navale de Zeebruges, le commandant de la composante marine, l’amiral de division Wim Robberecht a présenté le capitaine de frégate breveté d’état-major Guy Schotte comme nouveau commandant du navire en présence du vice-amiral Michel Hofman sous-chef d’état-major Opérations et Entraînement et ancien commandant de la Composante Marine.

Le capitaine de frégate breveté d’état-major Guy Schotte vient du Département d’Etat-Major Opérations et Entraînement au sein duquel il chapeautait les différentes opérations aériennes, terrestres et maritimes aux quatre coins du monde. Dès le début de la menace terroriste, il y a été impliqué et a dirigé les opérations de soutien à la Police par les militaires belges suites à la menace et les attaques terroristes.

A la fin du mois de janvier, la frégate partira en direction des eaux norvégiennes au sein de l’escadre permanente de l’OTAN, le Standing NATO Maritime Group 1. En juillet, elle reprendra la direction de la Méditerranée pour participer à l’opération Sophia organisée par l’Union Européenne.

[PERSPECTIVE] Quel visage pour l’armée belge en 2017 ?

photo Défense belge
photo Défense belge

En 2017, de nouveaux défis vont se présenter pour l’armée belge avec la mise en place progressive de la vision stratégique pour 2030. L’armée belge commence sa mutation. Tour d’horizon sur les principaux enjeux.

Un effectif en légère baisse

Comme le veut la Constitution, le gouvernement a fixé le nombre du contingent pour 2017. Le nombre maximum de militaires mobilisables a été fixé à 30.130 et devra être atteint au mois de mars. Dans les faits, l’armée belge va descendre en-dessous des 30.000 avec 29.980 militaires du cadre actif et élèves. Elle va recruter 1.160 militaires en 2017 avec une augmentation prévue les deux années suivantes (1.285 en 2018 et 1.410 en 2019) pour compenser les départs à la pension prévus au nombre de 1.709. Le but est d’atteindre progressivement 25.000 ETP dont 1.000 civils. La création du nouveau corps de sécurité entretient également le flou. 150 militaires pourraient partir pour l’intégrer. L’armée aurait alors la possibilité d’engager 285 militaires. Il en est de même pour l’élargissement des missions des sociétés de sécurité et la fin de la période d’attente de 3 ans pour les militaires voulant les intégrer. Des militaires pourraient se tourner vers le privé. D’autre part, la Défense va lancer plusieurs projets pilotes de privatisation en 2017.Cette expérimentation menacerait quelque 5 000 équivalents temps plein selon les syndicats.

photo Belga
photo Belga

Pas de grand bouleversement budgétaire

L’impact de la vision stratégique sera encore réduit pour 2017. Le gouvernement ne prévoit pas d’augmentation du budget de la Défense avant 2018/19. Le budget ne devrait donc pas trop bouger mais il va falloir tenir compte de la réforme du régime de la pension. Dans les documents officiels sur la vision stratégique, le budget des pensions est stable jusqu’en 2030 avec une très légère augmentation. La réforme devrait bouleverser ses chiffres. Il est également prévu la livraison de matériel militaire à hauteur de 5 millions d’euros. Pour respecter la trajectoire budgétaire 2017-2019, la Défense a budgétisé 400.000 jours d’entraînement intensif pour l’ensemble des activités d’entraînement. Par ailleurs, le gouvernement a décidé d’augmenter  légèrement le budget des opérations de 69 à 73 millions d’euros.

photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

Une présence sur tous les théâtres d’opération

Pour 2017, les deux grosses opérations de l’armée belge resteront l’Irak et le Mali. Les F-16 belges achèveront leur mission en Jordanie au mois de juillet 2017. La Belgique fournira ensuite un détachement de 30 militaires pour la protection des avions de chasse néerlandais. En plus des 13 instructeurs déjà présents en Irak, l’armée belge va envoyer 30 militaires pour former les équipes A&A (Advice and assist) en collaboration avec les Pays-Bas.  Le gouvernement a également décidé de maintenir les 175 militaires belges au Mali jusqu’à mi-2018. L’Afghanistan n’est pas non plus à négliger puisque 75 militaires seront toujours présents dans le cadre de la mission Resolute Report de l’OTAN.  L’Europe de l’Est fera aussi partie des opérations internationales. La Belgique fournira une compagnie de transport d’environ 90 militaires entre février et fin 2017 au sein du Battle Group allemand déployé en Lituanie. La Composante Marine sera mise en contribution dans la mer Baltique dans des missions de déminage et dans la mer Méditerranée avec l’opération EUNAVFOR Med.

photo Défense belge
photo Défense belge

Quid de Vigilant Guardian ?

C’est l’inconnu. Au mois de novembre, le gouvernement a décidé de baisser progressivement le nombre des militaires dans la rue. Ils sont passés de 1.828 à 1.250. Il était même prévu que le nombre passe à 1.089 militaires lors d’une phase ultérieure mais pour l’instant ce n’est toujours pas le cas. Il faudra attendre fin décembre pour savoir combien de militaires seront déployés au mois de janvier. La création d’un nouveau corps de sécurité (genre de garde nationale) est dans les papiers du gouvernement et devrait être mis en place en 2017. Mais pour l’instant, rien ne dit qu’il sera opérationnel avant 2018. La mission des militaires dans la rue durera sans doute encore un an. L’opération Vigilant Guardian va continuer de peser sur la Composante Terre.

Les défis restent nombreux pour une armée belge en mutation mais qui restera présente sur les différents théâtres d’opération. 2017 sera une année de transition en attendant la réelle mise en place de la vision stratégique. Il faudra également suivre le dossier de la réforme des pensions et l’avancée de la première loi de programmation militaire à la Chambre bloquée pour l’instant par l’opposition.

Un belge à la tête de l’École opérationnelle belgo-néerlandaise de Den Helder

photo Jorn Urbain/Défense belge
photo Jorn Urbain/Défense belge

Pour la première fois depuis sa création en 1994, l’École opérationnelle belgo-néerlandais de Den Helder va être commandée par un belge, le capitaine de corvette Christophe Colonval.

Il a pris ses fonctions ce 22 novembre en présence du commandant de la Composante Marine, l’amiral de division Wim Robberecht. Il a été nommé par le commodore J.K Hulsker, directeur du personnel et de la gestion d’entreprise de la Marine royale néerlandaise. L’École opérationnelle belgo-néerlandaise était commandée jusqu’ici par le capitaine-lieutenant néerlandais J.J. Oppeneer. Cette école forme annuellement quelque 180 élèves appartenant aux deux marines belge et néerlandaise. Elle forme également des étudiants de la marine britannique et allemande. Elle compte 190 membres du personnel, dont 135 instructeurs belges et néerlandais.

Le capitaine de corvette Christophe Colonval est entré dans la Marine en août 1987 comme second-maître. Après avoir gravi les échelons de la Marine, il a été commandant en second à bord du chasseur de mines Narcis en 2006. En 2009, il est officier d’état-major des opérations au sein de la composante maritine FINUL au Liban. De 2011 à 2013, il commande le chasseur de mines Bellis. De 2013 à 2014, il effectue un passage à l’École Royale Militaire. D’août 2014 jusqu’à sa nomination actuelle, il a été chef d’état-major à l’École opérationnelle belgo-néerlandaise, une école qu’il connaît donc bien.

 

La première loi de programmation militaire de l’histoire belge a été déposée à la Chambre

chambre-des-representants-belgiqueLa première loi de programmation militaire de l’histoire de la Belgique a été déposée à la Chambre le 7 novembre dernier par le gouvernement. Après s’être fait attendre, l’avant-projet de loi avait été présenté et approuvé par le Conseil des Ministres le 20 octobre dernier. Cette loi de programmation militaire doit consolider les investissements belges en Défense sur la période de 2016 à 2030 et ouvrir un débat parlementaire sur la politique de Défense que veut avoir la Belgique.

Une déclinaison de la vision stratégique de la Défense pour 2030

 La vision stratégique de la Défense pour 2030 est un des chevaux de bataille du ministre Steven Vandeput depuis le début de son mandat. Il a fallu du temps avant que le document de synthèse ne soit présenté le 29 juin dernier au Conseil des Ministres. Cet investissement en matière de Défense a été conforté par la note de politique générale du gouvernement fédéral lors de la rentrée parlementaire en octobre 2016. « La Défense constitue une mission essentielle du gouvernement. Investir dans l’armée d’aujourd’hui et de demain, c’est investir dans la sécurité de notre société, la liberté, le bien-être et la prospérité de tous nos compatriotes », peut-on notamment y lire. Les premiers effets de cette réforme doivent avoir lieu en 2017. Le plan se décline en deux parties : un premier investissement de 200 millions d’euros pour stabiliser les efforts budgétaires en matière de Défense en 2017 puis des achats en matériel à hauteur de 9,2 milliards d’euros entre 2020 et 2030. Les économies budgétaires vont se faire en partie sur le personnel puisque les effectifs vont passer à 25.000 ETP et que l’État-Major va être réorganisé ainsi que sur certains bâtiments puisque on annonce de nouvelles fermetures de casernes.

Un détail des achats de matériel

La loi de programmation militaire est présentée conjointement par le Roi Philippe, le Premier ministre Charles Michel et le ministre de la Défense Steven Vandeput. Les chiffres sont ceux déjà présentés dans la vision stratégique de la Défense pour 2030. Ils se basent sur le cours de l’euro en 2015 et peuvent donc évoluer. Ces investissements vont être contrôlés et suivis par la Commission parlementaire pour les Achats et les Ventes militaires avec notamment un état des lieux annuel. Il n’y a pas de date exacte pour la livraison des nouveaux matériels car certains achats se feront en coopération avec les autres pays du Benelux. En annexe de la loi, sont détaillés les investissements et les achats avec des dates à titre indicatif. La flotte de véhicules de la Composante Terre va être renouvelée telle que les Unimog ainsi que des équipements annexes (radars, parachutes, radios, équipements d’entraînement etc).  Du côté de la Composante Air, on a le fameux dossier du remplacement des F-16, le plus gros investissement pour 3,5 milliards d’euros. La Composante Marine va être dotée de 2 nouvelles frégates, achat sans doute groupé avec la Hollande comme annoncé dans la presse, de 6 nouveaux navires de lutte contre les mines ainsi que 2 hélicoptères de frégate. Tous les détails des achats de matériel peuvent se trouver ci-dessous.

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Les premiers investissements vont être légers pour 2017. Les plus gros arriveront à partir de 2018/19. Il ne faut pas sous-estimer le fait que tous ses investissements ne se feront pas que sous cette législature mais qu’ils devront être assumés par les autres gouvernements. D’autre part, la dernière décision du gouvernement sur la réforme de la pension pourrait mettre en difficulté l’équilibre budgétaire de la Défense et avoir une incidence sur la vision stratégique pour 2030 alors que le coût des pensions est déjà important dans le budget de la Défense.