Tentative d’attentat à Bruxelles : le professionnalisme des militaires de Vigilant Guardian unanimement salué

Des Chasseurs Ardennais en opération Vigilant Guardian à Bruxelles en juin 2017 (photo Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais)

Mardi soir, des militaires belges de l’opération Vigilant Guardian ont abattu un homme qui a provoqué une explosion mineure dans la gare Centrale de Bruxelles. 

Caractère inédit de la situation, c’est la première fois que des militaires de l’opération Vigilant Guardian faisaient usage de leurs armes contre un individu en train de commettre un attentat. Le Parquet a précisé qu’au vu des éléments, les règles d’engagement avaient été respectées, une information confirmée par le ministre Steven Vandeput qui a toutefois voulu les garder secrètes. Cette intervention s’est faite sans victime collatérale et aucune précision n’a été donnée sur le nombre de balles tirées par le militaire qui a abattu Oussama Z. Selon différents éléments recoupés ici et là les militaires, qui sont intervenus, faisaient partie des Chasseurs Ardennais même si aucune communication n’a été faite à ce sujet que ce soit par la Défense ou la presse.

Ce mercredi 21 juin 2017, le Chef de la Défense accompagné du Ministre de la Défense et du Commandant de la Composante…

Posted by Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais on Wednesday, June 21, 2017

Ce mercredi 21 juin 2017, le Chef de la Défense accompagné du Ministre de la Défense et du Commandant de la Composante…

Publié par Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais sur mercredi 21 juin 2017

Si cet action n’empêchera pas un débat légitime sur l’utilité ou pas des militaires dans la rue et l’opération Vigilant Guardian, l’action des militaires de Vigilant Guardian aura été unanimement saluée par les politiques et les citoyens sur les réseaux sociaux. Une belle image pour l’armée belge !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Opération Desert Falcon : Quatre F-16 belges en Irak jusqu’en décembre 2017

photo Défense belge

Le gouvernement Charles Michel a annoncé jeudi soir la prolongation de la mission de quatre F-16 belges en Irak, qui doit être officialisée lors du prochain conseil des ministres.

Depuis la fin de l’année 2016, les Pays-Bas avaient annoncé qu’ils ne pourraient pas prendre la succession de la Belgique avant janvier 2018. Depuis la Belgique étudiait à donner une nouvelle forme à l’opération Desert Falcon, la prolongation de la mission n’étant pas budgétée, ou bien à la prolonger purement et simplement. En commission de la Défense ce mercredi, le ministre Steven Vandeput avait laissé entendre que la mission des F-16 belges serait prolongée alors qu’ils devaient rentrer normalement en Belgique fin juin.

Le premier ministre Charles Michel a indiqué jeudi soir à l’agence Belga que le gouvernement avait trouvé un accord pour prolonger la mission de quatre F-16 belges en Irak jusqu’à la fin de l’année. Les deux autres F-16 devraient donc rentrer au pays. Selon le ministre Steven Vandeput, le prolongement de la mission devrait coûter environ 23 millions d’euros brut à la Belgique. En contrepartie, les Pays-Bas vont continuer à fournir le détachement de protection du contingent belge en Jordanie et assurer la protection de l’espace aérien du Benelux jusqu’à la fin de l’année sans discontinuité. D’autres contreparties sont à l’étude mais elles ne seront pas d’ordre financière.

 

Opération Desert Falcon: Le manque de transparence nuit à la crédibilité de la Belgique dans sa lutte contre l’EI

photo Défense belge
photo Défense belge

Dans une interview à des journalistes belges en début de semaine, le président syrien Assad a été très critique notamment sur l’action des F-16 belges en Syrie, déclarant que la mission de la coalition internationale était illégale: »Elle a été décidée sans nous consulter, sans demander la moindre permission au gouvernement syrien, qui est pourtant légitime. C’est une violation de notre souveraineté. » Après les graves accusations de la Russie au mois d’octobre 2016, la Belgique se trouve de nouveau mis en porte-à-faux et paye son manque de transparence dans son action militaire contre l’EI.

Un cadre légal faible en Syrie

Dans une note publiée sur l’Institut royal supérieur de défense (IRSD) en septembre 2016, Catherine Rémy, Directrice-adjointe du Centre d’études de sécurité et défense de l’Institut, analysait le cadre légal de la lutte armée de la Belgique contre l’EI. Elle soulignait les faiblesses juridiques du cadre légal de l’action belge notamment sur son intervention en Syrie:« Si le cadre légal est suffisamment justifié pour ce qui concerne l’intervention en Irak, il demeure assez faible pour ce qui concerne l’intervention en Syrie. » Elle insistait notamment sur la nécessité de renforcer le cadre légal de la mission, notamment par le consentement des autorités syriennes. En réponse aux accusations du président syrien, le ministre des Affaires Étrangères Didier Reynders a publié un communiqué déclarant que le cadre juridique de l’opération belge était partagé par tous les membres de la coalition internationale. De son côté, le Premier ministre Charles Michel s’est contenté d’une simple déclaration:« Nous ne recevrons aucune leçon de droits de l’homme de la part de M. Assad. »Il n’en reste pas moins que la Belgique reste l’un des pays de la coalition les moins transparents sur son action militaire en Irak et en Syrie, une constatation partagée même dans certains médias occidentaux  comme le journal français Le Monde.

 

capture d'écran RTBF
Interview du président syrien Assad à la chaîne VRT (capture d’écran RTBF)

Le grand inconnu des frappes militaires 

Aucun chiffre exact des frappes des F-16 belges n’a jamais été donné par le ministère et ce déjà dans une certaine mesure en 2015. On se contente de parler en pourcentage ou en termes relativement flous. « Durant les 9 mois de l’opération Desert Falcon, les six F-16 belges ont effectué 163 attaques lors des 796 vols au-dessus de l’Irak. La contribution belge s’élevait à 5,5% de la coalition internationale contre Daesh », pouvait-on lire sur le site de la Défense au mois de juillet 2015. Les six F-16 sont de nouveau en Jordanie depuis juillet 2016 et les chiffres de frappe ne sont toujours pas là. Au mois d’octobre, La Libre Belgique indiquait que seulement 5% des frappes belges avaient lieu en Syrie dont une frappe  pendant l’été. On parle de sorties, d’attaques, de soutien aérien mais le mot frappes n’est jamais prononcé. On invoque des raisons de sécurité. La Défense belge précise simplement que chaque sortie aérienne est fortement encadrée pour éviter les dommages collatéraux et vérifier le cadre légal. Depuis un certain temps, la Défense française a pris l’habitude de faire un point hebdomadaire précis sur ses opérations sans que cela ne nuise aux opérations. Communiquer un petit plus, ne ferait sans doute pas de mal même à destination des citoyens belges.

Clarifier l’efficacité militaire des opérations des F-16

Effectivement pour les citoyens belges eux-mêmes, il est difficile de se donner une idée exacte de l’efficacité militaire belge en Irak et en Syrie au milieu de ces termes et pourcentage. En 2015, les F-16 belges avaient détruit  au moins 107 cibles terrestres, un chiffre déjà beaucoup plus parlant en date d’avril 2015. En 2016,  ce n’est plus le cas. Au début de l’année, l’agence Belga s’est contenté d’indiquer que les F-16 belges avaient franchi le cap des 6000 heures de vol au dessus de l’Irak et de la Syrie, ajoutant que la source militaire n’avait pas précisé le nombre de missions effectuées ni le nombre d’engagements contre des objectifs de l’EI. On pourrait croire que les F-16 belges se contentent de voler sans plus. Bien sûr tout le monde sait que ce n’est pas le cas mais un chiffre clair et précis est certainement beaucoup plus parlant que d’afficher des heures de vol, qui ne veulent pas dire grand chose. L’opposition, comme le parti socialiste, s’était déjà plainte de ce manque de transparence au mois d’octobre 2016. Le gouvernement avait rétorqué qu’il y avait une commission parlementaire dédiée aux opérations militaires et que le contrôle démocratique était donc assuré. Sauf que cette commission se réunit toujours à huis-clos et que jamais rien n’en sort.

Des F-16 belges en Jordanie (photo Défense belge)
Des F-16 belges en Jordanie (photo Défense belge)

Vers la fin temporaire de l’opération Desert Falcon ?

Au-delà de ce manque de transparence, la crédibilité de la Belgique pourrait être entachée par l’arrêt de la mission des F-16 au mois de juillet prochain alors qu’elle avait fait son entrée en octobre 2016 dans le noyau dur des pays les plus impliqués dans la lutte contre l’EI, ce dont s’était félicité Steven Vandeput . La mission « flip-flop » avec les Pays-Bas est en train de tourner au flop, on peut le dire. Il apparaît désormais clairement après des premières rumeurs au mois de septembre 2016 que les F-16 hollandais ne pourront pas prendre la suite au mois de juillet prochain et qu’il faudra attendre au moins début janvier 2018 pour que leur retour soit possible. De son côté, la Belgique ne peut pas continuer alors que les opérations 2017 ont déjà été budgétées. Alors certes la Belgique n’y est pour rien, elle qui a tenu ses engagements, mais malheureusement c’est le résultat d’une coopération obligée, faute d’autonomie stratégique. Et le gouvernement belge n’accablera pas son homologue néerlandais alors que de nombreux projets de coopération militaire sont en cours. Le ministre de la Défense Steven Vandeput a laissé entendre que l’opération Desert Falcon prendrait temporairement fin. La contribution militaire belge dans la lutte contre l’EI serait alors cantonnée aux 30 instructeurs belges. Mais quid du détachement  de militaires qui était prévu pour protéger les F-16 hollandais ?

Entre 2016 et 2017, la Belgique aura été fortement attaquée sur son action militaire en Syrie et en Irak par la Russie et la Syrie. Fortement visée, elle devrait sans doute réfléchir à mieux communiquer sur ses opérations militaires pour gagner en crédibilité envers les autres alliés occidentaux mais aussi ses propres citoyens et éviter de devenir une cible privilégiée de pays adverses.

La première loi de programmation militaire de l’histoire belge a été déposée à la Chambre

chambre-des-representants-belgiqueLa première loi de programmation militaire de l’histoire de la Belgique a été déposée à la Chambre le 7 novembre dernier par le gouvernement. Après s’être fait attendre, l’avant-projet de loi avait été présenté et approuvé par le Conseil des Ministres le 20 octobre dernier. Cette loi de programmation militaire doit consolider les investissements belges en Défense sur la période de 2016 à 2030 et ouvrir un débat parlementaire sur la politique de Défense que veut avoir la Belgique.

Une déclinaison de la vision stratégique de la Défense pour 2030

 La vision stratégique de la Défense pour 2030 est un des chevaux de bataille du ministre Steven Vandeput depuis le début de son mandat. Il a fallu du temps avant que le document de synthèse ne soit présenté le 29 juin dernier au Conseil des Ministres. Cet investissement en matière de Défense a été conforté par la note de politique générale du gouvernement fédéral lors de la rentrée parlementaire en octobre 2016. « La Défense constitue une mission essentielle du gouvernement. Investir dans l’armée d’aujourd’hui et de demain, c’est investir dans la sécurité de notre société, la liberté, le bien-être et la prospérité de tous nos compatriotes », peut-on notamment y lire. Les premiers effets de cette réforme doivent avoir lieu en 2017. Le plan se décline en deux parties : un premier investissement de 200 millions d’euros pour stabiliser les efforts budgétaires en matière de Défense en 2017 puis des achats en matériel à hauteur de 9,2 milliards d’euros entre 2020 et 2030. Les économies budgétaires vont se faire en partie sur le personnel puisque les effectifs vont passer à 25.000 ETP et que l’État-Major va être réorganisé ainsi que sur certains bâtiments puisque on annonce de nouvelles fermetures de casernes.

Un détail des achats de matériel

La loi de programmation militaire est présentée conjointement par le Roi Philippe, le Premier ministre Charles Michel et le ministre de la Défense Steven Vandeput. Les chiffres sont ceux déjà présentés dans la vision stratégique de la Défense pour 2030. Ils se basent sur le cours de l’euro en 2015 et peuvent donc évoluer. Ces investissements vont être contrôlés et suivis par la Commission parlementaire pour les Achats et les Ventes militaires avec notamment un état des lieux annuel. Il n’y a pas de date exacte pour la livraison des nouveaux matériels car certains achats se feront en coopération avec les autres pays du Benelux. En annexe de la loi, sont détaillés les investissements et les achats avec des dates à titre indicatif. La flotte de véhicules de la Composante Terre va être renouvelée telle que les Unimog ainsi que des équipements annexes (radars, parachutes, radios, équipements d’entraînement etc).  Du côté de la Composante Air, on a le fameux dossier du remplacement des F-16, le plus gros investissement pour 3,5 milliards d’euros. La Composante Marine va être dotée de 2 nouvelles frégates, achat sans doute groupé avec la Hollande comme annoncé dans la presse, de 6 nouveaux navires de lutte contre les mines ainsi que 2 hélicoptères de frégate. Tous les détails des achats de matériel peuvent se trouver ci-dessous.

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Les premiers investissements vont être légers pour 2017. Les plus gros arriveront à partir de 2018/19. Il ne faut pas sous-estimer le fait que tous ses investissements ne se feront pas que sous cette législature mais qu’ils devront être assumés par les autres gouvernements. D’autre part, la dernière décision du gouvernement sur la réforme de la pension pourrait mettre en difficulté l’équilibre budgétaire de la Défense et avoir une incidence sur la vision stratégique pour 2030 alors que le coût des pensions est déjà important dans le budget de la Défense.

 

Le Premier ministre Charles Michel ne recevra pas les syndicats militaires

charles-michelSuite à la dernière mesure du gouvernement fédéral sur la pension militaire, les syndicats réclamaient avec insistance d’être reçus au 16, rue de la Loi par le Premier ministre Charles Michel. Ils ont déjà été reçus par le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, le 26 octobre dernier. Les syndicats viennent d’annoncer avoir reçu un courriel du Premier ministre qui se réjouit de cette rencontre ministérielle, refilant le dossier à son collègue. Pour les syndicats, cela signifie une fin de non-recevoir polie qu’ils jugent scandaleuse. Ils déplorent une fois de plus que: »la Défense n’a jamais été entendue ni reconnue. »

Il faut rappeler que cette rencontre avec le ministre Daniel Bacquelaine n’avait en rien calmé les inquiétudes syndicales. Ce refus du Premier ministre risque d’accroître les raisons de mobilisation pour la manifestation du 15 novembre. Cette dernière mesure du gouvernement fédéral est la goutte de trop pour les syndicats qui disent stop:« Depuis des années, la Défense a été minée et le personnel pressé comme un citron (…) Les mesures actuelles du gouvernement et leurs conséquences ont un impact désastreux sur le fonctionnement de la Défense, en général et sur le personnel, en particulier. » Le dialogue semble rompu entre le gouvernement et les syndicats !

[Vigilant Guardian] Le nombre des militaires dans la rue va baisser

operation-homeland-2015-3De nombreux médias belges l’évoquaient déjà ce matin avant l’annonce officielle mais le nombre des militaires déployés dans la rue va baisser d’un tiers. Cette information avait été confirmée et par Jan Jambon et par Steven Vandeput. Le gouvernement l’a officialisée après son Conseil des Ministres qui a prolongé une nouvelle fois Vigilant Guardian pour une durée d’un mois. Le nombre va passer graduellement de 1828 à 1250 militaires avec une capacité de réserve immédiatement opérationnelle de 150 militaires. Il pourrait même baisser à 1089 militaires lors d’une phase ultérieure.

 Le ministre Steven Vandeput s’est félicité de cette décision: »Nous sommes heureux d’avoir trouvé une manière plus efficace. Nous réussissons ici à réduire sensiblement le nombre de soldats dans les rues tout en gardant le même niveau de sécurité. Cela permettra de soulager la pression sur notre organisation et de donner aux gens la possibilité de se préparer pour les opérations internationales. » D’autre part, les patrouilles de militaires pourraient devenir « dynamique » mais ce nouveau concept n’est pour l’instant qu’à l’étude.

Les militaires en colère contre le gouvernement Michel: « On va descendre dans la rue et c’est grave pour le pays »

capture RTL-TVI
capture RTL-TVI

L’émission C’est pas tous les jours dimanche de la chaîne RTL-TVI  est revenue sur la décision du gouvernement de rallonger l’âge de la pension pour les militaires avec un représentant du syndicat ACMP-CGPM, Philippe Sion et le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine. 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Philippe Sion était très en colère et offensif contre le gouvernement, mettant en garde: »C’est scandaleux, M. le ministre, scandaleux, indigeste. Aucun militaire ne va accepter cette mesure. C’est honteux, on le prend très mal. C’est un couteau dans le dos des militaires. M. le ministre, s’il vous plaît, revoyez votre copie, c’est inacceptable. On ne peut pas imposer ce genre de choses. Il n’y a eu aucune discussion. Ce que je veux surtout dire à monsieur le ministre, c’est qu’on veut rencontrer le premier ministre. On a déjà sollicité une rencontre, on n’a toujours pas de nouvelles. Monsieur le ministre, il y a un ultimatum pour ces deux choses, voir le ministre et supprimer cette mesure. Si pour le 15 novembre, nous n’avons rien eu, je vous assure que les militaires vont descendre dans la rue et là vous assumerez la sécurité des militaires. Ce ne seront plus les militaires qui vont faire la sécurité du pays, mais ce seront vous, les politiciens, qui allez devoir nous protéger. Vous vous rendez compte, des militaires qui vont descendre dans la rue, ils ne peuvent pas. On va descendre quand même. C’est grave. Qui va nous protéger ? »

Face à lui, Daniel Bacquelaine a tenté de défendre la réforme pour lui nécessaire car la Belgique doit s’harmoniser sur les autres pays européens. Il s’est un peu trouvé un peu plus embarrassé sur l’accusation du manque de concertation car il n’a pas montré beaucoup de détermination pour la réfuter. Il s’est plutôt agacé du fait qu’on racontait tout et n’importe quoi sur cette réforme comme si elle était uniforme.  Le chroniqueur Michel Henrion a estimé que cette réforme risquait de contrarier la politique du ministre Steven Vandeput, qui veut redonner un nouveau souffle à l’armée belge. D’ailleurs à l’annonce de la réforme, certains spécialistes ont mis en garde sur son coût qui mettra en danger le budget de la Défense. Certains chroniqueurs ont suggéré l’idée de donner le choix aux militaires de continuer ou pas leur carrière.

L’intervention de Daniel Bacquelaine est loin d’avoir rassurer le représentant du syndicat Philippe Sion. Son intervention traduit la colère sourde des militaires belges face à cette réforme, qui pourrait se traduire dans la rue le 15 novembre prochain. On ne dira jamais assez que le gouvernement n’a vraiment pas le sens du timing dans le contexte actuel. Le dossier est loin d’être clos.

L’avant-projet de loi de programmation militaire présenté au Conseil des Ministres

16-rue-de-la-loiLe Conseil des ministres a approuvé jeudi l’avant-projet de loi de programmation militaire, qui vise à « bétonner » pour les prochaines législatures les investissements de 9,4 milliards d’euros en matériels majeurs (avions de combat, frégates, véhicules blindés, …) décidés par le gouvernement, a-t-on appris auprès de la Défense.

Le principe d’une telle loi de programmation militaire – une première en Belgique – était inscrit dans la déclaration gouvernementale afin de financer les grands programmes d’armement prévus dans la « vision stratégique » qui dessine les contours de l’armée belge à l’horizon 2030. Ce plan, préparé par le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), avait finalement été approuvé en juin dernier et prévoit une réduction de format des forces armées de 32.000 personnes (civils et militaires) à 25.000.

La future loi couvrira les futurs investissements dans les dimensions Terre, Air, Maritime et Renseignement/Cyber/Influence qui seront payés durant la période 2020-2030, pour un montant estimé à 9,2 milliards d’euros (en euros constants de 2015). S’y ajoute un montant de 200 millions d’euros durant cette législature, déjà accordé à la Défense pour des achats urgents.

Ce ministère justifie la nécessité d’une loi de programmation par le caractère « inter-générationnel » des investissements en matière de défense, qui requiert une « vision à long terme » pour assurer la « stabilité nécessaire » – alors que les programmes d’armement s’étalent souvent sur plus d’une décennie.

En prévoyant de consacrer 9,2 milliards d’euros – plus les 200 autres millions – à des investissements majeurs, comme 34 nouveaux avions de combat, deux frégates, six chasseurs de mines, six drones, des véhicules de combat motorisés et des canons lourds, le gouvernement souhaite ramener la Belgique « dans le peloton » des pays européens en matière de dépenses de défense pour « rester un partenaire fiable ». Il prévoit donc une augmentation d’ici 2030 de ces dépenses, pensions comprises, à 1,3% du PIB, alors qu’elles sont tombées à un minimum historique de 0,9%, là où l’OTAN réclame 2% de ses Etats membres.

La philosophie du plan réside dans l’acquisition de capacités dans quatre « dimensions » (Terre, Air, Mer et Cyber) pour consolider l’acquis tout en renonçant à certaines capacités de moindre utilité et remédier à des lacunes existant aussi bien à l’OTAN qu’au sein de l’Union européenne, comme le renseignement avec des drones ou des satellites, les forces spéciales et, éventuellement la défense contre des missiles balistiques.

Source Belga

Rallongement de l’âge de la pension : Le chef de la Défense n’entravera pas l’action syndicale

57622dea35708dcfedafed9bLes syndicats ont indiqué avoir été reçu par le général Marc Compernol, chef de la Défense, ce jeudi 20 octobre au sujet de la dernière mesure du gouvernement Charles Michel sur le rallongement de l’âge de la pension.

Le général a rappelé que cette décision faisait partie d’un débat sociétal incontournable pour le régime des pensions en Belgique jusqu’en 2030 et qu’elle était politique. Il a toutefois dit sa préoccupation aux syndicats pour son personnel, son organisation et le budget, car sa vision de la Défense est orientée vers l’opérationnel. Il a promis aux représentants syndicaux qu’il ferait tout pour défendre les intérêts du personnel militaire, admettant que les militaires constituaient une profession particulière qui méritait toute la reconnaissance nécessaire. Il a également assuré qu’il n’entraverait pas l’action des organisations syndicales.

On peut comprendre à demi-mot que le général Marc Compernol n’est pas non plus réellement ravi par cette mesure. De leur côté, les syndicats attendent toujours d’être reçus par le Premier Ministre Charles, qui ne s’est pour l’instant pas exprimé publiquement à ce sujet. Ils ont prévu de manifester le 15 novembre prochain.

 

Quatorze ans après, les militaires vont manifester

syndicats-militairesPour protester contre la dernière mesure du gouvernement Charles Michel sur le rallongement de l’âge de la pension militaire, les quatre syndicats militaires ont arrêté ensemble une date de manifestation. Il s’agit du 15 novembre, jour de la Fête du Roi. Les syndicats ont également indiqué avoir sollicité de toute urgence une entrevue avec le chef de Défense le général Marc Compernol et le Premier Ministre Charles Michel. Les syndicats ont déjà rencontré le ministre de la Défense Steven Vandeput.

Les manifestations des militaires sont extrêmement rares. La dernière date de 2002. Elle avait été appelée la manifestation des gamelles. Les militaires tapaient sur leurs gamelles. Gamelles qui avaient été lancées contre les forces de l’ordre.

Ironie du sort, les militaires belges sont déjà bien présents dans les rues mais pas pour la même raison. Cette fois-ci, ils devraient être plus nombreux à moins que le gouvernement ne fasse un geste. Il faudra également voir comment l’opinion publique va accueillir cette manifestation.