Pour le général Thys, l’avenir de la Composante Terre se base sur deux projets: le SOCOM et la capacité motorisée

Le général-major Marc Thys lors de son allocution aux colonels et chefs de corps de la Composante Terre le 19 juin dernier (photo Belgian Army)

Nouvellement nommé à la tête de la Composante Terre depuis fin mars, le général-major Marc Thys a présenté les grandes lignes de son mandat mi-juin aux colonels et chefs de corps de la Composante Terre. Malgré les nombreux défis, il s’est voulu positif sur le thème « bâtir l’avenir » dans son discours.

Le général-major Marc Thys a révélé sa volonté de renforcer la formation à tous les étages de la base aux officiers avec de meilleures perspectives d’avenir et d’évolution. Il a répété combien il était capital de réaliser les investissements prévus dans le cadre de la vision stratégique pour que la Composante Terre puisse assurer un appui journalier: « mes priorités vont (dans l’ordre) vers l’équipement individuel, les munitions et les véhicules opérationnels », a précisé le général-major. Le sourcing sera une autre partie importante du projet pour garder le même niveau d’ambition avec la prévision de baisse d’effectifs voulue par la vision stratégique du ministre Steven Vandeput.

Mais le général-major Marc Thys veut surtout rendre la Défense plus attractive envers les jeunes mais également envers ses alliés européens en construisant une Composante Terre adaptée aux caractéristiques du 21ème siècle en se basant sur deux projets d’avenir: le SOCOM pour les Forces Spéciales et la capacité motorisée:« une référence pour les forces terrestres du monde entier ». « Grâce à ces projets, nous devenons les pionniers de la coopération en matière de Défense européenne et nous créons un modèle applicable à beaucoup de nos partenaires. Nous sommes persuadés qu’il s’agit de la voie (révolutionnaire) à suivre afin de bâtir une défense européenne forte, indispensable à la sauvegarde des intérêts et des valeurs belges et européens », a déclaré le général Thys qui a mis en avant la haute qualité des forces terrestres belges, qui compense une contribution plus faible par rapport à d’autres armées dans des opérations.

« Bâtir l’avenir ne sera possible que si tout le monde fait front. Mon but est de pouvoir à nouveau augmenter nos ambitions d’ici 2020. La route est donc encore longue et parsemée d’obstacles, de moments et de passages délicats. Nous allons tous les surmonter. J’en suis persuadé ! », a conclu le général-major Marc Thys dans son allocution.

Lettre d’intention général Marc Thys juin 2017

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Remplacement des blindés : La Belgique choisit officiellement le programme français Scorpion

un piranha du 1/3 Lanciers (photo BE Defense)

Le ministre de la Défense Steven Vandeput a annoncé dans un communiqué de presse que la Belgique avait choisi le programme français Scorpion pour le remplacement de la capacité motorisée de la Composante Terre. Ce choix était attendue depuis quelques semaines et a été donc officialisé par le gouvernement belge.

La Belgique va acheter de nouveaux véhicules de combat pour les forces terrestres belges, en coopération avec la France. Avec 1,1 milliard d’euros, il s’agit du plus grand programme d’investissement pour les forces terrestres dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique, indique le communiqué du ministère :« L’objectif est d’établir un partenariat fondé sur des véhicules de combat français et belges identiques. La Belgique et la France auront, entre autres, une organisation commune et la formation, l’entraînement et le soutien logistique seront organisés conjointement. »

Ces nouveaux véhicules de combat sont actuellement développés dans le programme français Scorpion et prendront la place des véhicules de combat type Piranha et Dingo actuels. 60 véhicules de combat médians du type ‘’Jaguar’’ et 417 véhicules de combat légers de type ‘’Griffon’’ seront achetés, les moyens de communication ainsi que les pièces de rechange étant compris. Ces véhicules seront les véhicules de base pour la capacité motorisée interarmes de la Défense belge et seront également utilisés dans une version médicale et de reconnaissance. L’entrée en service des véhicules est prévue dans la période 2025-2030 et il est prévu de commencer déjà à court terme avec le développement du partenariat étroit avec la France.

Renouvellement des véhicules de combat : La Belgique étudie d’autres pistes que le programme français Scorpion

un piranha du 1/3 Lanciers (photo BE Defense)

Dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique, la Belgique compte remplacer les Dingo et les Piranha de la Composante Terre, des véhicules entrés en service en 2006 et 2008. C’est le troisième gros dossier de remplacement de matériel militaire après les F-16 de  la Composante Air et les frégates et chasseurs de mines de la Composante Marine.

Pour le développement de sa nouvelle capacité motorisée, le ministre Steven Vandeput mentionne nommément dans son document de la Vision Stratégique un partenariat avec la France et le programme Scorpion :« un programme entre actuellement déjà en ligne de compte dans nos pays voisins, à savoir le programme français Scorpion. Ce programme permettrait de remplacer les véhicules de base de la capacité motorisée interarmes par différents types d’une plateforme internationale commune. » Au mois d’avril, la Libre Belgique mentionnait également cette forte probabilité : » S’y ajoute (…) l’achat de nouveaux véhicules pour doter la composante Terre d’une capacité motorisée (en jargon « Camo »), sans doute en partenariat avec la France, si Paris mord à l’hameçon. »

Le dossier, peu médiatisé contrairement à celui du remplacement des F-16, semble avancer dans la discrétion au sein du ministère de la Défense alors que les contrats doivent être signés courant 2018 et qu’une livraison est planifiée dans une période entre 2025 et 2030. Dans  une réponse à une question écrite du député Denis Ducarme le mois dernier, le ministre est resté évasif indiquant que le choix du pays partenaire n’était pas encore fait:  » La préparation de ce choix fait actuellement l’objet d’une prospection militaire qui vise à identifier des synergies possibles à travers toutes les lignes de développement y compris les domaines de l’appui logistique, la formation, l’entrainement et la doctrine. Le programme français Scorpion est effectivement une des pistes qui est évaluée, mais pas nécessairement la seule », a-t-il simplement répondu.

Le programme Scorpion semble tenir la corde comme choix prioritaire même si le ministre Steven Vandeput laisse penser qu’un autre pays que la France pourrait être choisi. La Commission Achats et ventes militaires était réunie hier pour discuter de dossiers relatifs à la capacité motorisée de quoi peut-être espérer une avancée et une annonce dans les prochaines semaines.