Des F-16 belges interceptent un avion civil indien dans l’espace aérien néerlandais

photo Défense belge

Deux F-16 belges ont intercepté aujourd’hui un avion civil indien au-dessus de l’espace aérien néerlandais. C’est la première intervention du QRA (Quick Reaction Alert), au-dessus du territoire néerlandais, depuis le début des accords entre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

La patrouille belge, qui a effectué cette interception, est partie depuis la base de Florennes. Les interceptions au-dessus des Pays-Bas sont dirigées depuis l’AOCS de Nieuw-Milligen. L’ordre de décoller a été donné à 10H44. Les deux F-16 belges ont quitté la piste pour l’interception à 10H53. L’interception du Boeing 787-800 d’Air India, qui ne répondait plus aux injonctions du contrôle aérien au-dessus du territoire allemand, a été effectuée à 11H14. Un contact visuel a été établi entre les pilotes belges et ceux de l’avion civil, victime d’un souci technique indéterminé. Les F-16 belges ont escorté l’avion civil jusque dans l’espace aérien britannique et l’ont laissé poursuivre en route vers Londres.

Depuis le début des accords du traité Renegade en janvier 2017, les F-16 belges et néerlandais veillent en alternance sur l’espace aérien du Benelux. Les F-16 belges ont pris la première rotation de six mois. Les Néerlandais prendront le relais au mois de juin prochain.

C’est la deuxième interception effectuée par les F-16 belges cette semaine après celle de l’avion civil hongrois mardi dernier. La Défense belge a précisé que c’était exceptionnel. En 2016, la procédure QRA a été appliquée six fois et les F-16 belges ont décollé à quatre reprises pour des interventions (scrambles).

Belgique et Pays-Bas ont signé un premier protocole d’accord pour l’achat commun de navires

Crédits-photo: BE Defence-Malek Azoug
Crédits-photo: BE Defence-Malek Azoug

Le 30 novembre, le ministre de la Défense belge Steven Vandeput et son homologue néerlandais Jeanine Hennis-Plasschaert ont signé à Bruxelles un premier protocole d’accord pour l’achat commun de navires. Annoncée la semaine dernière dans la presse belge, la nouvelle a été officialisée par Steven Vandeput et par le ministère de la Défense des Pays-Bas.

Les deux pays vont faire l’acquisition commune de quatre nouvelles frégates et de quatre navires de lutte contre les mines, deux contrat d’un montant total de quelque quatre milliards d’euros. La Défense néerlandaise prendra en charge le dossier du remplacement des frégates, son homologue belge se chargeant quant à elle des navires de lutte contre les mines.

Selon les précisions de Steven Vandeput, l’idée est de signer le Memorandum of Understanding pour l’acquisition et les contrats y afférents en 2018. Les coûts d’acquisition pour la Belgique sont estimés à 1 milliard € pour les 2 frégates et 1 milliard € pour les 6 chasseurs de mines. Selon lui, cette signature souligne l’intention qu’ont les deux pays de continuer à coopérer dans le futur.  Jeanine Hennis-Plasschaert espère :« Que cette coopération soit une inspiration pour d’autres capacités et d’autres pays », ajoutant « Au final, notre objectif est de renforcer la force de frappe de l’Europe et aujourd’hui, dans un tel moment, pour la Belgique et les Pays-Bas, d’ajouter le geste à la parole. »

La coopération devrait se poursuivre aussi sur le terrain de la formation. Le Corps de Marine hollandais va poursuivre l’entrainement amphibie d’une ou deux compagnies des paracommandos belges. La Belgique étude aussi la possibilité de fournir une participation au Joint Support Ship Néerlandais avec, par exemple, une unité médicale belge ou un détachement hélicoptère.

La ministre Jeanine Hennis-Plasschaert se trouvait à Bruxelles pour une conférence à l’IRSD (Institut royal supérieur de Défense)  sur le thème «La coopération Benelux en matière de défense: un catalyseur pour l’intégration de la défense européenne». La Défense néerlandaise a également insisté sur la coopération militaire, qui ne cesse de s’accroître ces dernières années, entre les trois pays du Benelux. À partir du 1er janvier 2017, un autre accord va rentrer en vigueur avec la mise en place d’une rotation pour la surveillance aérienne des trois pays du Benelux.

Un belge à la tête de l’École opérationnelle belgo-néerlandaise de Den Helder

photo Jorn Urbain/Défense belge
photo Jorn Urbain/Défense belge

Pour la première fois depuis sa création en 1994, l’École opérationnelle belgo-néerlandais de Den Helder va être commandée par un belge, le capitaine de corvette Christophe Colonval.

Il a pris ses fonctions ce 22 novembre en présence du commandant de la Composante Marine, l’amiral de division Wim Robberecht. Il a été nommé par le commodore J.K Hulsker, directeur du personnel et de la gestion d’entreprise de la Marine royale néerlandaise. L’École opérationnelle belgo-néerlandaise était commandée jusqu’ici par le capitaine-lieutenant néerlandais J.J. Oppeneer. Cette école forme annuellement quelque 180 élèves appartenant aux deux marines belge et néerlandaise. Elle forme également des étudiants de la marine britannique et allemande. Elle compte 190 membres du personnel, dont 135 instructeurs belges et néerlandais.

Le capitaine de corvette Christophe Colonval est entré dans la Marine en août 1987 comme second-maître. Après avoir gravi les échelons de la Marine, il a été commandant en second à bord du chasseur de mines Narcis en 2006. En 2009, il est officier d’état-major des opérations au sein de la composante maritine FINUL au Liban. De 2011 à 2013, il commande le chasseur de mines Bellis. De 2013 à 2014, il effectue un passage à l’École Royale Militaire. D’août 2014 jusqu’à sa nomination actuelle, il a été chef d’état-major à l’École opérationnelle belgo-néerlandaise, une école qu’il connaît donc bien.

 

La première loi de programmation militaire de l’histoire belge a été déposée à la Chambre

chambre-des-representants-belgiqueLa première loi de programmation militaire de l’histoire de la Belgique a été déposée à la Chambre le 7 novembre dernier par le gouvernement. Après s’être fait attendre, l’avant-projet de loi avait été présenté et approuvé par le Conseil des Ministres le 20 octobre dernier. Cette loi de programmation militaire doit consolider les investissements belges en Défense sur la période de 2016 à 2030 et ouvrir un débat parlementaire sur la politique de Défense que veut avoir la Belgique.

Une déclinaison de la vision stratégique de la Défense pour 2030

 La vision stratégique de la Défense pour 2030 est un des chevaux de bataille du ministre Steven Vandeput depuis le début de son mandat. Il a fallu du temps avant que le document de synthèse ne soit présenté le 29 juin dernier au Conseil des Ministres. Cet investissement en matière de Défense a été conforté par la note de politique générale du gouvernement fédéral lors de la rentrée parlementaire en octobre 2016. « La Défense constitue une mission essentielle du gouvernement. Investir dans l’armée d’aujourd’hui et de demain, c’est investir dans la sécurité de notre société, la liberté, le bien-être et la prospérité de tous nos compatriotes », peut-on notamment y lire. Les premiers effets de cette réforme doivent avoir lieu en 2017. Le plan se décline en deux parties : un premier investissement de 200 millions d’euros pour stabiliser les efforts budgétaires en matière de Défense en 2017 puis des achats en matériel à hauteur de 9,2 milliards d’euros entre 2020 et 2030. Les économies budgétaires vont se faire en partie sur le personnel puisque les effectifs vont passer à 25.000 ETP et que l’État-Major va être réorganisé ainsi que sur certains bâtiments puisque on annonce de nouvelles fermetures de casernes.

Un détail des achats de matériel

La loi de programmation militaire est présentée conjointement par le Roi Philippe, le Premier ministre Charles Michel et le ministre de la Défense Steven Vandeput. Les chiffres sont ceux déjà présentés dans la vision stratégique de la Défense pour 2030. Ils se basent sur le cours de l’euro en 2015 et peuvent donc évoluer. Ces investissements vont être contrôlés et suivis par la Commission parlementaire pour les Achats et les Ventes militaires avec notamment un état des lieux annuel. Il n’y a pas de date exacte pour la livraison des nouveaux matériels car certains achats se feront en coopération avec les autres pays du Benelux. En annexe de la loi, sont détaillés les investissements et les achats avec des dates à titre indicatif. La flotte de véhicules de la Composante Terre va être renouvelée telle que les Unimog ainsi que des équipements annexes (radars, parachutes, radios, équipements d’entraînement etc).  Du côté de la Composante Air, on a le fameux dossier du remplacement des F-16, le plus gros investissement pour 3,5 milliards d’euros. La Composante Marine va être dotée de 2 nouvelles frégates, achat sans doute groupé avec la Hollande comme annoncé dans la presse, de 6 nouveaux navires de lutte contre les mines ainsi que 2 hélicoptères de frégate. Tous les détails des achats de matériel peuvent se trouver ci-dessous.

loi-de-programmation-militaire

loi-de-programmation-militaire-2

loi-de-programmation-militaire-3

Les premiers investissements vont être légers pour 2017. Les plus gros arriveront à partir de 2018/19. Il ne faut pas sous-estimer le fait que tous ses investissements ne se feront pas que sous cette législature mais qu’ils devront être assumés par les autres gouvernements. D’autre part, la dernière décision du gouvernement sur la réforme de la pension pourrait mettre en difficulté l’équilibre budgétaire de la Défense et avoir une incidence sur la vision stratégique pour 2030 alors que le coût des pensions est déjà important dans le budget de la Défense.