À l’Avant-Garde a un an

Le blog À l’Avant-Garde a un an d’existence.

Le blog À l’Avant-Garde a vu le jour le 17 juillet 2016, fruit d’une initiative personnelle partant d’un constat sur l’absence d’une blogosphère spécifique en rapport avec la Défense belge à part quelques pages Facebook. Avec la mise en place de la vision stratégique, de nombreux dossiers d’investissement vont occuper l’actualité de l’armée belge ces prochaines années, une armée qui va connaître des transformations une fois de plus. Ces dossiers d’investissement ne vont pas manquer d’intéresser également les autres pays européens d’où l’intérêt de lancer un blog spécifique, un premier du genre.

Durant cette année, un peu plus de 150 articles ont été publiés. Des interviews ont pu être réalisées. Le but du blog est de proposer des articles sur des sujets plus spécifiques, qui ne sont pas forcément traités par les médias généralistes mais qui intéressent la blogosphère Défense. Il faut remercier aussi le service de presse de la Défense belge qui a immédiatement collaboré et répondu à mes demandes. C’est ainsi qu’un dossier a pu être consacré sur l’action des militaires du bataillon ISTAR lors des attentats du 22 mars 2016.

Après un an d’existence, le blog va continuer sur sa lancée pour une deuxième année en gardant le rythme et en espérant pourquoi pas enrichir ses articles selon ses moyens. Les sujets ne manquent pas mais il n’y a pas toujours le temps et il faut faire des choix.

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Un livre-album exceptionnel sur les 75 ans des Forces Spéciales belges sortira au mois de mars 2017

© BEL SF Gp
© BEL SF Gp

L’Amicale des Belgian SAS va sortir sur un livre inédit sur l’histoire des Forces Spéciales belges (SF Gp) pour leurs 75 ans. Rencontre avec le lieutenant-colonel Tom Bilo, président du comité de rédaction. 

En 2017, les Forces Spéciales belges (SF Gp) vont être à l’honneur dans un livre illustré qui va retracer leur histoire, commencée il y a 75 ans. Elles ont fait leur apparition durant la période troublée de la Seconde Guerre mondiale et n’ont jamais cessé d’exister depuis malgré des évolutions. C’est l’amicale des Belgian SAS, créée il y a quatre ans, qui a décidé de se lancer dans ce vaste projet pour rendre hommage à ces hommes d’élite à travers ce travail de mémoire à dimension historique.

Une Amicale à l’origine du projet 

Lancée en 2013, l’amicale des Belgian SAS regroupe des proches des premiers SAS ainsi que quelques anciens des para-commandos et forces spéciales. Elle s’est créée autour de cette volonté commune de rendre hommage aux SAS et à ceux qui les ont suivis sous d’autres appellations pour que les faits d’armes de ces combattants de l’ombre ne tombent pas dans l’oubli. L’idée de départ était de faire un reportage-vidéo mais comme les sources audiovisuelles étaient rares, les membres de l’association ont opté pour la formule du livre. « Tous, ils se sont donné à fond pendant des années pour rédiger ce livre album qui a pour but de maintenir vivant le souvenir de ces êtres exceptionnels qui leur étaient chers », explique le lieutenant-colonel Tom Bilo, président de l’Amicale et du comité de rédaction.

Un véritable travail de recherche historique à grande échelle

Pour mener à bien le projet, les membres du comité de rédaction se sont répartis les tâches. Certains ont eu la responsabilité de rédiger les textes, d’autres étaient en appui pour la recherche historique, l’adaptation de cartes ou la collecte de photos en rapport avec l’ouvrage. Une autre équipe de bénévoles s’est même chargée de la traduction, un travail indispensable. Pour la partie historique plus ancienne, le comité de rédaction s’est appuyé sur des anciens livres déjà publiés sur le sujet ainsi que sur des mémoires inédites des SAS de la première heure comme celles du colonel Blondeel, dont le neveu est vice-président de l’Amicale. Les textes sur les unités spéciales plus récentes ont été écrits par des ex-membres de ces unités, qui se sont fait aider par d’anciens collègues en pratiquant de nombreuses interviews. Dans la majorité des cas, les personnes interrogées ont collaboré avec enthousiasme au projet. C’est un travail de titan qui a été mené par l’association au cours de ces quatre années pour élaborer ce livre historique inédit.

 Jeeps SAS belges pendant la reconquête des Pays-Bas (Collection musée Pegasus, Diest)
Jeeps SAS belges pendant la reconquête des Pays-Bas (Collection musée Pegasus, Diest)

Un livre historique inédit 

« La particularité du livre est que c’est la première fois que cette histoire des forces spéciales est racontée de leurs débuts jusqu’à la situation actuelle : 75 ans d’histoire. C’est aussi la première fois que l’histoire des unités d’après-guerre est publiée de façon aussi documentée sous forme de livre. », estime le lieutenant-colonel Tom Bilo. La première partie, qui retrace l’histoire des premiers SAS belges, est assez volumineuse. Il faut dire que leur parcours est assez chaotique mais également riche de leur arrivée en Angleterre à travers des périples divers et variés à leur entraînement sur le sol britannique et leur participation à différentes opérations en Normandie, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Dans une seconde partie est racontée l’histoire inédite des unités spéciales qui leur ont succédé : les Équipes spéciales de reconnaissance, le Détachement LRRP et le Groupe des Forces spéciales (SF Gp). Rien est laissé au hasard dans le livre qui sera une véritable fresque historique.

Après quatre ans de travail acharné, le livre est désormais dans sa phase finale de conception. Il va paraître au mois de mars 2017 et servira de référence historique non seulement pour la Défense mais aussi pour un public plus large comme les historiens par exemple. Il sera présenté le 31 mars 2017 au Château de Belœil pour les 50 ans de l’Amicale Nationale Para-Commando en présence de toutes les Amicales Para-Commandos de Belgique et de nombreuses autorités civiles et militaires. Un événement exceptionnel pour un livre exceptionnel et inédit !

Le livre est disponible à la commande au prix de 60€ (édition classique) ou 135€ (édition de luxe limitée) sur le site de l’Amicale des Belgian SAShttp://www.belgian-sas.be/boutique.html

image002Deux questions d’actualité au lieutenant-colonel Tom Bilo, ancien chef de corps des SF Gp de 2011 à 2014

On remarque une nouvelle exposition médiatique sur les forces spéciales belges avec la série de reportages exceptionnels sur VTM et bientôt la RTBF ou encore la sortie de votre livre même si moins grand public. Est-ce positif pour l’image des forces spéciales dans l’opinion publique qui peut mieux percevoir leur mission et leur utilité ?

Très certainement ! L’inconvénient des forces spéciales est qu’elles ont un devoir de réserve et de discrétion. Ceci engendre naturellement une méconnaissance de ces unités avec pour effet non seulement certains préjugés mais également des difficultés au niveau du recrutement. Le fait de s’ouvrir au grand public à travers les médias devrait donc avoir un effet positif à plusieurs égards : une meilleure compréhension du rôle des forces spéciales en général et un attrait plus grand encore au niveau du recrutement.

Vous qui avez été le commandant des SF Gp, comment voyez-vous aujourd’hui le futur et les prochains défis des SF Gp dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique ?

Actuellement, nous sommes occupés à créer, un peu à l’image du COS en France, un commandement belge des opérations spéciales, regroupant un état-major, le SF Gp et les capacités para-commandos. Les unités para-commandos seront ainsi réorientées vers le domaine des opérations spéciales.

Ce nouveau commandement permettra de mieux faire face aux nombreux défis qui nous attendent. Nous allons non seulement intensifier nos collaborations avec les partenaires internationaux, mais nous allons aussi consolider les liens que nous avons avec les autres acteurs de la sécurité en Belgique. Au niveau militaire, ce nouveau commandement veillera aussi à améliorer l’interaction des forces spéciales avec d’autres capacités provenant d’armes ou de forces différentes, comme le renseignement, l’aviation, les capacités canines ou encore les démineurs de combat. C’est un défi d’envergure qui demandera de nombreux investissements en personnel et en moyens ainsi qu’une bonne touche de créativité, de communication et de persuasion, mais au final ce sera une très belle contribution à la sécurité de notre pays et des alliances dont nous faisons partie.

Merci au lieutenant-colonel Tom Bilo pour son aimable disponibilité.

 

 

82% des Belges ont confiance dans leur armée

photo Défense belge
photo Défense belge

Selon les données des Eurobaromètres, 82% des Belges ont confiance dans leur armée, une progression de 15 points en l’espace de 10 ans. La Belgique enregistre ainsi la progression la plus forte derrière la France. Ces chiffres de la Commission Européenne ont été publiés dans le dernier bulletin de l’Observatoire Économique de la Défense( ndlr: un organe du ministère français de la Défense) , mis en ligne sur le blog français Lignes de Défense.

Cette forte hausse s’explique par le contexte terroriste et les attentats survenus en Belgique le 22 mars dernier. Même controversée, l’opération Vigilant Guardian a sans aucun doute joué un rôle dans cette vision favorable des citoyens belges envers l’institution militaire. La Belgique se classe ainsi dans les 5 premiers pays européens avec le plus fort taux de confiance derrière la Finlande, la Grande-Bretagne, la France et l’Irlande. Selon ces mêmes données, cette confiance concerne majoritairement des hommes, âgés de 25-54 ans, de la classe moyenne inférieure, plutôt optimistes dans le futur de l’UE.

[PERSPECTIVE] Quel visage pour l’armée belge en 2017 ?

photo Défense belge
photo Défense belge

En 2017, de nouveaux défis vont se présenter pour l’armée belge avec la mise en place progressive de la vision stratégique pour 2030. L’armée belge commence sa mutation. Tour d’horizon sur les principaux enjeux.

Un effectif en légère baisse

Comme le veut la Constitution, le gouvernement a fixé le nombre du contingent pour 2017. Le nombre maximum de militaires mobilisables a été fixé à 30.130 et devra être atteint au mois de mars. Dans les faits, l’armée belge va descendre en-dessous des 30.000 avec 29.980 militaires du cadre actif et élèves. Elle va recruter 1.160 militaires en 2017 avec une augmentation prévue les deux années suivantes (1.285 en 2018 et 1.410 en 2019) pour compenser les départs à la pension prévus au nombre de 1.709. Le but est d’atteindre progressivement 25.000 ETP dont 1.000 civils. La création du nouveau corps de sécurité entretient également le flou. 150 militaires pourraient partir pour l’intégrer. L’armée aurait alors la possibilité d’engager 285 militaires. Il en est de même pour l’élargissement des missions des sociétés de sécurité et la fin de la période d’attente de 3 ans pour les militaires voulant les intégrer. Des militaires pourraient se tourner vers le privé. D’autre part, la Défense va lancer plusieurs projets pilotes de privatisation en 2017.Cette expérimentation menacerait quelque 5 000 équivalents temps plein selon les syndicats.

photo Belga
photo Belga

Pas de grand bouleversement budgétaire

L’impact de la vision stratégique sera encore réduit pour 2017. Le gouvernement ne prévoit pas d’augmentation du budget de la Défense avant 2018/19. Le budget ne devrait donc pas trop bouger mais il va falloir tenir compte de la réforme du régime de la pension. Dans les documents officiels sur la vision stratégique, le budget des pensions est stable jusqu’en 2030 avec une très légère augmentation. La réforme devrait bouleverser ses chiffres. Il est également prévu la livraison de matériel militaire à hauteur de 5 millions d’euros. Pour respecter la trajectoire budgétaire 2017-2019, la Défense a budgétisé 400.000 jours d’entraînement intensif pour l’ensemble des activités d’entraînement. Par ailleurs, le gouvernement a décidé d’augmenter  légèrement le budget des opérations de 69 à 73 millions d’euros.

photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

Une présence sur tous les théâtres d’opération

Pour 2017, les deux grosses opérations de l’armée belge resteront l’Irak et le Mali. Les F-16 belges achèveront leur mission en Jordanie au mois de juillet 2017. La Belgique fournira ensuite un détachement de 30 militaires pour la protection des avions de chasse néerlandais. En plus des 13 instructeurs déjà présents en Irak, l’armée belge va envoyer 30 militaires pour former les équipes A&A (Advice and assist) en collaboration avec les Pays-Bas.  Le gouvernement a également décidé de maintenir les 175 militaires belges au Mali jusqu’à mi-2018. L’Afghanistan n’est pas non plus à négliger puisque 75 militaires seront toujours présents dans le cadre de la mission Resolute Report de l’OTAN.  L’Europe de l’Est fera aussi partie des opérations internationales. La Belgique fournira une compagnie de transport d’environ 90 militaires entre février et fin 2017 au sein du Battle Group allemand déployé en Lituanie. La Composante Marine sera mise en contribution dans la mer Baltique dans des missions de déminage et dans la mer Méditerranée avec l’opération EUNAVFOR Med.

photo Défense belge
photo Défense belge

Quid de Vigilant Guardian ?

C’est l’inconnu. Au mois de novembre, le gouvernement a décidé de baisser progressivement le nombre des militaires dans la rue. Ils sont passés de 1.828 à 1.250. Il était même prévu que le nombre passe à 1.089 militaires lors d’une phase ultérieure mais pour l’instant ce n’est toujours pas le cas. Il faudra attendre fin décembre pour savoir combien de militaires seront déployés au mois de janvier. La création d’un nouveau corps de sécurité (genre de garde nationale) est dans les papiers du gouvernement et devrait être mis en place en 2017. Mais pour l’instant, rien ne dit qu’il sera opérationnel avant 2018. La mission des militaires dans la rue durera sans doute encore un an. L’opération Vigilant Guardian va continuer de peser sur la Composante Terre.

Les défis restent nombreux pour une armée belge en mutation mais qui restera présente sur les différents théâtres d’opération. 2017 sera une année de transition en attendant la réelle mise en place de la vision stratégique. Il faudra également suivre le dossier de la réforme des pensions et l’avancée de la première loi de programmation militaire à la Chambre bloquée pour l’instant par l’opposition.

Belgique et Pays-Bas ont signé un premier protocole d’accord pour l’achat commun de navires

Crédits-photo: BE Defence-Malek Azoug
Crédits-photo: BE Defence-Malek Azoug

Le 30 novembre, le ministre de la Défense belge Steven Vandeput et son homologue néerlandais Jeanine Hennis-Plasschaert ont signé à Bruxelles un premier protocole d’accord pour l’achat commun de navires. Annoncée la semaine dernière dans la presse belge, la nouvelle a été officialisée par Steven Vandeput et par le ministère de la Défense des Pays-Bas.

Les deux pays vont faire l’acquisition commune de quatre nouvelles frégates et de quatre navires de lutte contre les mines, deux contrat d’un montant total de quelque quatre milliards d’euros. La Défense néerlandaise prendra en charge le dossier du remplacement des frégates, son homologue belge se chargeant quant à elle des navires de lutte contre les mines.

Selon les précisions de Steven Vandeput, l’idée est de signer le Memorandum of Understanding pour l’acquisition et les contrats y afférents en 2018. Les coûts d’acquisition pour la Belgique sont estimés à 1 milliard € pour les 2 frégates et 1 milliard € pour les 6 chasseurs de mines. Selon lui, cette signature souligne l’intention qu’ont les deux pays de continuer à coopérer dans le futur.  Jeanine Hennis-Plasschaert espère :« Que cette coopération soit une inspiration pour d’autres capacités et d’autres pays », ajoutant « Au final, notre objectif est de renforcer la force de frappe de l’Europe et aujourd’hui, dans un tel moment, pour la Belgique et les Pays-Bas, d’ajouter le geste à la parole. »

La coopération devrait se poursuivre aussi sur le terrain de la formation. Le Corps de Marine hollandais va poursuivre l’entrainement amphibie d’une ou deux compagnies des paracommandos belges. La Belgique étude aussi la possibilité de fournir une participation au Joint Support Ship Néerlandais avec, par exemple, une unité médicale belge ou un détachement hélicoptère.

La ministre Jeanine Hennis-Plasschaert se trouvait à Bruxelles pour une conférence à l’IRSD (Institut royal supérieur de Défense)  sur le thème «La coopération Benelux en matière de défense: un catalyseur pour l’intégration de la défense européenne». La Défense néerlandaise a également insisté sur la coopération militaire, qui ne cesse de s’accroître ces dernières années, entre les trois pays du Benelux. À partir du 1er janvier 2017, un autre accord va rentrer en vigueur avec la mise en place d’une rotation pour la surveillance aérienne des trois pays du Benelux.

Homeland et Vigilant Guardian de nouveau sur la sellette

Commencée le 17 janvier 2015, l’opération Vigilant Guardian (OVG) ou Homeland n’a cessé de prendre de l’importance. Actuellement 1.800 militaires belges patrouillent dans les rues, un nombre élevé pour l’armée belge et du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Régulièrement prolongée par le gouvernement, elle ne semble pas prête de s’arrêter au vu du contexte actuel. La situation devient critique notamment pour la Composante Terre. L’opération et ses conséquences ont de nouveau été discutées dernièrement dans les médias.

Des militaires du 29ème bataillon Logistique s'entraînant pour Vigilant Guardian (photo FB 29ème bataillon Logistique)
Des militaires du 29ème bataillon Logistique s’entraînant pour Vigilant Guardian (photo FB 29ème bataillon Logistique)

La Composante Terre est forte de 12.000 hommes selon les derniers chiffres officiels. On comprend donc que la mobilisation de 1.800 hommes, qui proviennent en très grande majorité de cette Composante, pèse et met en péril son opérationnalité d’autant plus que la Belgique va disposer d’un contingent important au Mali en septembre (120 hommes). Elle a d’ailleurs dû annuler ses portes ouvertes du 29 mai 2016 par manque de personnel et de matériel. Elle pourrait bien ne pas avoir lieu du tout en 2016. Certains diront que depuis janvier 2015, le contact avec la population est 24H/24 mais l’exemple est significatif.  Présent jusqu’en août à Bruxelles, le 12-13ème bataillon de Ligne, basé à Spa, a transféré son PC de commandement dans la capitale pour mieux coordonner et gérer les opérations. En juin, la RTBF indiquait que des militaires d’unités d’appui se préparaient pour pouvoir participer à Vigilant Guardian et suppléer leurs camarades des unités de combat durant l’été. Déjà au mois de mai, le 29ème bataillon de Logistique de Grobbendonk publiait des photos sur sa page Facebook d’entraînement dans le cadre d’une participation à Vigilant Guardian. C’est désormais officiel puisque le site de la Défense a publié le portrait du 1er sergent Lisa d’une unité spécialiste en systèmes de communication et d’information (CIS), participant à Vigilant Guardian. Ces unités fourniraient 10% des effectifs déployés.

photo FOB http://forcesoperations.com/
photo FOB http://forcesoperations.com/

Pourquoi ce soudain regain d’intérêt envers cette opération ? Le tout est partie d’une lettre poignante publiée sur Facebook d’un militaire belge. Son succès est devenu viral au point d’atteindre les internautes français. Dans ce message, ce militaire belge explique son ressenti sur sa mission et tente d’expliquer aux gens qu’il est un humain comme un autre:« Je suis un de ces soldats qui sont prêts à quitter notre pays pour un autre. Ce soldat qui est prêt à laisser les gens qu’il aime sans savoir s’il reviendra. Et je vous entends déjà dire: ‘Vous avez signé pour ça’. Oui, vous avez raison. Nous avons signé pour ça. Par contre, nous n’avons pas signé pour les insultes, les manques de respect et toutes les agressions dont nous sommes victimes. Mais vous avez raison. En nous engageant, nous savons ce qu’il nous attend lorsque nous sommes en mission dans notre propre pays » évoquant plus loin les personnes respectueuses qui remercient les militaires ou leur apportent à manger  » Vous savez pourquoi ces petits gestes sont si importants pour nous? Car ils nous rappellent que nous ne sommes pas que des pions en uniforme qui apportent un sentiment de sécurité aux citoyens, pour éviter la peur dans leur regard à chaque suspicion d’attaque. Ils nous rappellent que nous existons, que notre travail n’est pas juste de se balader dans les rues (…) Ces petits gestes sont si importants. Pour nous, ils veulent dire beaucoup. Aux personnes qui sont intimidées par nos uniformes et nos armes: n’oubliez pas que nous ne sommes que des hommes et que nous avons les mêmes émotions que vous. »

photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne
photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne

Les médias belges ont parlé d’un ras-le-bol chez les militaires belges, parlant de démissions à cause de Vigilant Guardian. Renchérissant, le site français Zone Militaire n’a pas hésité à titrer « Démissions en série dans l’armée belge », un titre un peu trop exagéré et catastrophique si on lit l’article ensuite. Il y aurait en tout entre 10 et 20 militaires, qui auraient démissionné et ce pour des raisons différentes. Rien de vraiment alarmant. L’agence Belga évoque des divorces en hausse chez les militaires, des heures supplémentaires  mal-payées, une mission qui peut durer jusqu’à 5 semaines. Selon le secrétaire permanent de la CGSP-Défense, Patrick Descy, la grogne porterait aussi sur la baisse des mission d’entraînement, la base du métier de militaire professionnel. Les mises en garde sur la perte des capacités opérationnelles des unités belges à cause de Vigilant Guardian sont récurrentes et parfois par des personnes extérieures de l’armée belge. C’est d’ailleurs facile à comprendre. Il est difficile de faire des manoeuvres avec différentes unités, occupées alternativement dans les rues. En juillet, des lignards étaient dans les rues à Bruxelles avec le bataillon ISTAR et des commandos. En août, des parachutistes ont pris la relève et on peut ajouter des militaires d’unités d’appui, évoqués ci-dessus.  Le bataillon Libération – 5 Ligne est projeté en partie au Mali tandis qu’une autre patrouille dans les rues. Toutefois la vision alarmiste de cette dépêche contraste avec l’accent appuyé mis par la communication de la Défense sur la fierté des militaires dans leur rôle de protection des citoyens. Les militaires sont peut-être plutôt inquiets pour la conservation de leurs compétences et savoir-faire mais la presse belge ne se penche pas vraiment sur le sujet et certains citoyens ne semblent pas pouvoir le comprendre à lire certains commentaires .

On saura fin août-début septembre si Vigilant Guardian va être prolongée et si oui avec quel niveau de mobilisation. En attendant, l’opération continue de faire parler dans la presse, dans la communauté militaire et la société civile. Avec la France, la Belgique est le seul pays européen à avoir mobilisé massivement les militaires dans la rue à proportion égale. Cette situation inédite risque de faire encore parler et d’interroger. Il sera intéressant de voir la réaction des citoyens si elle venait à durer.

 

Présentation du 1/3 Bataillon de Lanciers (vidéo)

Une vidéo du ministère de la Défense nous permet de découvrir un peu plus le 1/3 Bataillon de Lanciers. En 2003, les 1 et  3 Régiments de Lanciers ont fusionné. Depuis, le Régiment a participé à de nombreuses missions de l’OTAN et des Nations-Unies. EN 2008, il a également formé les militaires afghans à Kaboul. En 2010, le Régiment est devenu un Bataillon.

 

De nouvelles jeeps « FOX » pour les para-commandos et les forces spéciales

photo Belgian Army
photo Belgian Army

Ce lundi 18 juillet, le ministre de la Défense Steven Vandeput et le patron de la Défense le général Marc Compernol ont présenté à la presse les nouvelles jeeps « FOX » qui vont équiper les forces spéciales et les para-commandos. La présentation avait lieu à Heverlee, près de Louvain, dans la caserne qui abrite le groupe des forces spéciales (SFG).

Ces jeeps (« Rapid Reaction Vehicles ») ont été commandés à la société britannique Jankel Armouring ltd au nombre de 108 pour un montant de 23 millions d’euros. Elles seront toutes livrées d’ici 2018. Il y aura deux versions de ce prototype: le véhicule de commandement et de liaison ainsi que le modèle scout. « Le grand avantage de ce véhicule est sa grande capacité de chargement », a expliqué le capitaine Félix Pieters, officier projet. « Il peut transporter un peu moins d’une tonne neuf cents. Il peut, de plus, couvrir une distance de 1.200 kilomètres sans aucun problème grâce à son grand réservoir. Il est donc idéal pour des opérations spéciales demandant une grande autonomie. »  Cet jeep a servi de nombreuses années sur les terrains accidentés de l’Afrique et de l’Asie.

Depuis sa nomination en 2014, Steven Vandeput a montré sa volonté de renouveler le matériel de l’armée belge. En plus du remplacement des F-16, le dernier Conseil des ministres du 15 juillet a entre autre donné son accord pour lancer une procédure de marché public pour acheter des radios multi-rôle tactiques pour le  Special Forces Group, dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian.

Steven Vandeput présent à la traditionnelle parade au Cénotaphe de Londres

Photo Malek Azoug (http://www.vandeput.belgium.be/)
Photo Malek Azoug (http://www.vandeput.belgium.be/)

Ce samedi 16 juillet 2016, le ministre de la Défense Steven Vandeput était présent au Cénotaphe de Londres aux côtés d’autorités civiles et militaires belges et anglaises pour la commémoration annuelle aux morts des deux pays des deux guerres mondiales. À noter aussi la présence du tout nouveau patron de la Défense belge qui a pris ses fonctions le 13 juillet dernier : le général Marc Compernol.

Cette cérémonie existe depuis 1934 et la mort du roi Albert Ier dont la mort lors d’une escalade avait ému le monde entier. Le roi britannique Georges V avait accordé un privilège particulier à l’armée belge, lui permettant de défiler au Cénotaphe de Whitehall le week-end précédant la Fête Nationale du 21 juillet. Cette cérémonie symbolise l’amitié qui unit ces deux pays et les sacrifices qu’ils ont consenti lors des deux guerres mondiales. La Belgique est le seul pays ne faisant pas partie du Commonwealth autorisé à défiler avec des armes dans Londres.

Pour cette 82ème parade annuelle, des détachements de l’Ecole Royale Militaire (ERM), de l’Ecole Royale des Sous-Officiers (ERSO), des Centres de Formation de Base et d’Ecolage (CIBE/CBOS) et de la Composante Marine ainsi que les Cadets de la Marine et les Cadets de l’Air belges et britanniques étaient présents.

Photo Malek Azoug (http://www.vandeput.belgium.be/)
Photo Malek Azoug (http://www.vandeput.belgium.be/)