L’hommage de Jean-Claude Van Damme aux militaires belges

Le célèbre acteur, réalisateur et producteur belge Jean-Claude Van Damme a rendu un bel hommage aux militaires belges engagés dans l’opération Vigilant Guardian sur son compte Instagram.

Sur une photo, on peut y voir l’acteur entre deux militaires du 12/13ème de Ligne de l’opération Vigilant Guardian dans le hall d’un hôtel bruxellois. « Un grand merci à tous ceux qui nous protègent », a écrit Jean-Claude Van Damme pour commenter la photo.

Environ 1200 militaires belges sont toujours engagés dans l’opération Vigilant Guardian.

L’armée belge n’a pas une bonne communication sur ses opérations à l’étranger selon certains députés socialistes

Selon certains députés socialistes, l’armée belge n’a pas une bonne communication sur ses opérations à l’étranger pour le grand public sur son site internet. Explications.

Dans une proposition de résolution, les députés socialistes Stéphane Crusnière, Sébastien Pirlot, Julie Fernandez Fernandez, Éric Thiébaud et Alain Top demandent au gouvernement fédéral de publier l’ensemble des informations publiques du plan des opérations remises à la Chambre sur le site internet de la Défense avec une actualisation des informations selon l’actualité. Ils estiment que le site internet de la Défense ne donne pas un assez bon aperçu des opérations à l’étranger de l’armée belge pour les citoyens avec une carte statique du monde et peu d’informations qui ne sont pas beaucoup actualisées. Une communication plus efficiente, sans diffuser des données confidentielles et stratégiques, doit permettre à la Défense d’éviter sa réputation de « grande muette » selon ces mêmes députés.

carte des opérations de l’armée belge sur son site officiel

Pour rebondir sur cette proposition des députés socialistes, on peut apporter des précisions à cette critique. Le site internet de la Défense belge a bien un onglet spécifique « opérations et exercices » avec un bandeau déroulant. L’aperçu général consiste en une carte avec des drapeaux fléchés sur les pays où les militaires sont présents mais sans aucune précision ne serait-ce que sur le nombre de soldats impliqués dans l’opération. D’ailleurs la description de la page opérations et entraînements semble ne pas avoir été actualisée en 2016 avec une projection pour 2017. Ainsi on peut lire:« Des militaires belges de l’Eurocorps participeront à l’EUBG pendant le second semestre 2016 ». Actuellement des militaires belges du 12/13ème de Ligne font partie de l’EUBG du premier semestre 2017 sous commandement français mais aucune mention. On sait que l’actualisation des pages dite froides d’un site internet n’est pas toujours le plus simple.

                L’accent est mis sur l’Europe et les pays de l’Est

Dans le bandeau déroulant, certaines opérations de l’armée belge parmi les plus importantes ont un onglet spécifique avec une première place accordée à la Belgique et la fameuse opération Vigilant Guardian (OVG). Il a fallu du temps avant que la Défense belge ne lui donne une place spécifique sur son site, l’onglet ayant fait son apparition courant 2016. L’opération commencée en janvier 2015 se pérennisant pour une durée indéterminée, elle y a été obligée d’autant plus qu’elle s’en sert beaucoup pour entretenir sa bonne image. On peut souligner que toutes les principales opérations de l’armée belge sont plutôt bien expliquées avec une ouverture sur des articles d’actualités. Il suffit simplement de fouiller pour n’importe qui s’y intéresse.  On peut simplement regretter l’absence de la Lituanie alors que 98 militaires belges y sont présents au moins jusqu’à juillet. Sur l’Irak, l’accent est mis exclusivement sur l’opération Desert Falcon tandis que l’opération Valiant Phoenix, consacrée à la formation des militaires irakiens, n’est pas mentionnée spécifiquement ce qui est dommage.

Ces deux dernières années, la Défense belge a fait davantage d’efforts dans sa communication numérique mais cela ne reste pas une de ses priorités. Elle manque de professionnels dans ce domaine et cela se sent dans la gestion des différents canaux numériques: réseaux sociaux et site internet. Un petit coup de modernité ne ferait pas de mal pour son image auprès du grand public et des jeunes !

Le 12/13 de Ligne intègre la Brigade Médium

Le lieutenant-colonel Manuel Monin, chef de corps du 12/13 de Ligne lors de la cérémonie militaire d'accueil (photo Brigade Médium)
Le lieutenant-colonel Manuel Monin, chef de corps du 12/13 de Ligne, lors de la cérémonie militaire d’accueil (photo Brigade Médium)

Depuis le 1er janvier 2017, le bataillon d’infanterie légère le 12/13ème de Ligne a intégré la Brigade Médium. La cérémonie militaire d’accueil avait lieu le 27 janvier dernier à Bourg-Léopold au quartier général de la Brigade Médium. C’est le premier pas vers la prochaine réorganisation de la Composante Terre dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique du ministre Vandeput.

La Brigade Médium est désormais composée de 3 bataillons de manœuvre médians et de 2 bataillons de manœuvre légers. Le 12/13ème de Ligne rejoint ainsi le bataillon Carabiniers Prince Baudouin-Grenadiers, le bataillon Libération-5 de Ligne, le bataillon de Chasseurs Ardennais et le 1/3 bataillon de Lanciers. Dans la vision stratégique du ministre Vandeput, la Composante Terre doit se doter d’une capacité motorisée interarmes construite autour de 5 bataillons de manœuvre motorisés, qui seront équipés de manière uniforme et complète, avec des éléments combat support (artillerie, génie, ISTAR), des éléments combat service support (logistique, appui médical, moyens de commandement et de communication). La Belgique a l’ambition de fournir de façon illimitée un Battlegroup interarmes de 800 à 1.200 hommes pour des opérations de gestion de crise. La vision stratégique met l’accent sur le concept interarmes, qui doit permettre un déploiement rapide avec une meilleure efficacité.

Depuis 2011, le 12/13 de Ligne faisait partie de la Brigade légère. L’année 2011 avait vu également de profonds changements au sein de la Composante Terre avec la dissolution de la 7ème brigade de Marche-en-Famenne et d’autres unités dans le cadre du plan de « finalisation de la transformation » du ministre de la Défense de l’époque, Pieter de Crem. Les deux brigades actuelles de la Composante Terre avaient été créées à cette époque. Dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique du ministre Vandeput, la Brigade légère va également connaître des transformations avec le renforcement des Forces Spéciales et la création d’une capacité SOF (Special Operations Forces).

Deux ans de Vigilant Guardian : Histoire d’une opération « inédite » de l’armée belge depuis 39-45

Les premiers Chasseurs Ardennais de l'opération Vigilant en mission à Bruxelles le 17 janvier 2015 (photo Daniel Orban / BE Defense)
Les premiers Chasseurs ardennais de l’opération Vigilant Guardian en mission à Bruxelles le 17 janvier 2015 (photo Daniel Orban / BE Defense)

Depuis le 17 janvier 2015, les militaires belges sont déployés dans les villes belges dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian ou Homeland. Retour sur un engagement inédit des forces armées belges depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les attentats de Charlie Hebdo en France le 7 janvier 2015 ont donné l’opération Sentinelle. Mais ils vont également avoir des conséquences en Belgique où le gouvernement Charles Michel décide de prendre des mesures contre le terrorisme dont le déploiement de militaires en soutien à la Police fédérale selon les demandes. D’abord temporaire, ce déploiement inédit ne va jamais s’arrêter en deux ans, au point de faire désormais partie du paysage belge à Bruxelles, Liège ou Anvers. Il va prendre le nom d’opération Vigilant Guardian ou parfois Homeland avec des évolutions durant les deux ans.

Au commencement de l’opération

Le 17 janvier 2015 à 7H du matin, les 150 premiers militaires belges, Chasseurs ardennais et parachutistes du 3ème Bataillon, se déploient à Bruxelles et à Anvers pour des missions de surveillance statique. La veille, le gouvernement a décidé de leur déploiement lors d’un Conseil des Ministres suite au relèvement du niveau de menace à 3 par l’OCAM (Organe de coordination pour l’analyse de la menace). Ils pourront être au maximum 300 pour sécuriser des lieux sensibles et soulager la Police fédérale. Très vite, d’autres villes demandent également un renfort militaire comme Liège le 20 janvier, qui en obtient 25 en provenance du 12/13ème de Ligne de Spa. Des Lignards sont également présents à Huy et à Verviers. Les premiers chiffres communiqués après une semaine sont les suivants : 120 à Bruxelles, 120 à Anvers et 55 en province de Liège. D’autres villes ne veulent pas de militaires comme Gand et Malines. Le 24 janvier, le ministre Steven Vandeput communique sur le déploiement temporaire de militaires pour des missions de sécurité statique à l’appui et sous le commandement de la police. Mais pas de présence militaire dans les aéroports et les gares et il n’est pas question de patrouiller. Le 23 janvier 2015, la Défense écrit sur son site : « Les militaires mettent ainsi quelques activités et exercices entre parenthèses pendant un mois afin d’assurer leur service d’aide à la nation. » (sic !) Ce dispositif, qualifié d’exceptionnel en réponse à un besoin immédiat et urgent, doit durer un mois mais peut-être prolongé…C’est le début de l’opération Vigilant Guardian !

Première vidéo produite par la Défense belge sur l’opération Vigilant Guardian, encore temporaire à ce moment

Les militaires sont sous commandement policier et répondent à une demande spécifique (photo Daniel Orban / BE Defense)
Les militaires sont sous commandement policier et répondent à une demande spécifique (photo Daniel Orban / BE Defense)

De 200 à 1828 militaires dans les rues

Le nombre des militaires n’a cessé de varier en deux ans. Durant les premiers mois, leur nombre se stabilise autour de 200 et la mission des militaires est régulièrement prolongée. On atteint un premier pic à la fin du mois de novembre après les attentats de Paris du 13 novembre 2015. L’OCAM relève le niveau de menace à 4 à Bruxelles. Pendant le week-end du 21-22 novembre 2015, Bruxelles est en état de siège et les transports publics sont fermés tout comme les écoles, une menace d’attentat étant imminente selon le gouvernement fédéral. La situation revient peu à peu à la normale à partir du 25 novembre.  Durant cette période, le déploiement militaire est important au nombre de 1428[1]. Au mois de décembre 2015, leur nombre redescend à 700 mais la hausse est significative. Fin janvier 2016, le déploiement est de 1000 dont 700 visibles dans les rues. À partir du 5 mars, ils sont 40 de plus en charge de surveiller les centrales nucléaires. Les attentats du 22 mars vont changer à nouveau la donne. D’avril 2016 jusqu’à courant novembre 2016, ils sont au nombre de 1828. Depuis le 3 janvier 2017, ils sont désormais 1250 dans les rues avec une marge de sécurité de 150. Lors d’une phase ultérieure, leur nombre pourrait baisser à 1089.

Des militaires de l'opération Spring Guardian (photo Daniel Orban/BE Defense)
Des militaires de l’opération Spring Guardian (photo Daniel Orban/BE Defense)

Une opération qui a évolué

La mission des militaires belges a connu des évolutions. Désormais les militaires patrouillent dans les rues et sont présents dans les gares et les aéroports mais aussi les centres commerciaux et ce dès fin 2015. L’opération a pris le nom de Vigilant Guardian ou OVG durant les premiers mois mais il est aussi commun de l’appeler Homeland.  Au mois de mars 2016 après les attentats, la protection spécifique des centrales nucléaires (Fleurus, Tihange, Doel, et Mol-Dessel) par les militaires au nombre de 140 donne le nom de Spring Guardian et devient une opération à part entière moins connue mais toujours en cours. Opération sans date précise de fin, elle a été sujette à des débats quant aux règles d’engagement des militaires, qui n’ont jamais vraiment été rendues publiques, ouvrant la porte à des polémiques comme celles des fouilles non légales en avril 2016. Dès le début du déploiement, la Défense avait précisé qu’elle était là en appui de la Police fédérale et que les militaires n’effectueraient pas de contrôles d’identité. En novembre 2015, l’ex-patron de l’armée le général Gerard Van Caelenberge rappelait aux syndicats que les militaires étaient soumis à la législation belge en matière de légitime défense et qu’ils ne pouvaient faire usage de la force létale pour protéger des biens ou des bâtiments. De son côté, le ministère a toujours assuré que les militaires étaient au courant des règles d’engagement spécifiques, qui leur permettent de réagir adéquatement selon les menaces. Pour l’instant, les militaires belges n’ont jamais eu à faire usage de leurs armes. La collaboration avec la police a toujours été optimale et les relations sont bonnes. Quelques incidents avec des citoyens ont été parfois signalés mais ce sont des cas vraiment isolés et sans gravité.

Les véhicules militaires font aussi partie du paysage de Vigilant Guardian (photo Daniel Orban/BE Defense)
Les véhicules militaires font aussi partie du paysage de Vigilant Guardian (photo Daniel Orban/BE Defense)

Un coût financier conséquent partagé entre la Défense et l’Intérieur

Le coût de l’opération n’a cessé de grimper, les frais se partageant entre la Défense et l’Intérieur. « La Défense prendra en charge les coûts liés au personnel. Les frais supplémentaires seront à charge de la Police Fédérale », indiquait la Défense le 1er jour du déploiement. Le coût des neuf premiers mois avait été estimé à 10 millions d’euros, i-e pendant les mois de déploiement minimum de militaires avant que l’opération ne prenne de l’ampleur. André Dumoulin, dans un article dans la Revue Défense Nationale, donne un chiffre de 18,2 millions d’euros pour 2015. En 2016, le coût global a été au moins multiplié par sept par rapport à 2015 selon des estimations (34 millions d’euros pour le premier trimestre 2016). En novembre 2015, le gouvernement belge avait débloqué 400 millions d’euros pour lutter contre le radicalisme et le terrorisme. Une partie des 50 millions d’euros restants (21 millions d’euros) ont été attribués à Vigilant Guardian en juillet 2016.

La Composante Air a aussi apporté sa contribution (photo Composante Air)
La Composante Air a aussi apporté sa contribution (photo Composante Air)

Une opération en débat au sein de la Défense

L’opération n’a pas manqué de susciter des débats surtout quand tout le monde a compris qu’elle allait durer. Dans un premier temps, les militaires participant à l’opération étaient enthousiastes. Au fil des mois, cet enthousiasme n’a plus été pareil même si le professionnalisme est toujours là. L’opération pèse lourdement sur la Composante Terre, qui a dû puiser dans des unités de logistique pour faire face à la demande. Les Composantes Air et Médicale ont également apporté leur contribution. Des exercices, parfois majeurs, ont dû être annulés ou interrompus comme cela a été le cas fin novembre 2015. Dès le mois d’octobre 2015, le général Jean-Paul Deconinck, patron de la Composante Terre, mettait en garde et estimait qu’on avait atteint les limites du système, une mise en garde répétée en décembre 2015. En avril 2016, une source militaire indiquait à l’agence Belga que la mobilisation de plus d’un millier de soldats n’était tenable que pendant quelques semaines. Plus de six mois après, ils sont toujours plus d’un millier dans la rue. Récemment le général Marc Compernol, patron de la Défense, déclarait également craindre une perte de compétences, parlant d’une génération perdue. Pourtant l’armée n’a cessé de s’adapter au fur et à mesure de l’ampleur prise par Vigilant Guardian. De son côté, l’ex-patron de l’armée le général Gerard Van Caelenberge, espérait que l’opération permettrait de monter l’utilité de l’armée aux politiques avec l’espoir d’une revalorisation budgétaire. Peine sans doute perdue au regard des signaux donnés dernièrement par le gouvernement. Néanmoins, d’autres membres d’état-major ne sont pas aussi pessimistes, étant favorables à l’opération car elle donne une meilleure image de l’armée aux citoyens. On peut citer le cas du colonel Jean-Louis Crucifix, commandant militaire de la province de Liège, qui a soutenu et défendu à plusieurs reprises l’utilité de l’opération Vigilant Guardian.

L'armée communique beaucoup sur l'opération (photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne)
L’armée communique beaucoup sur l’opération (photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne)

Une meilleure visibilité médiatique pour l’armée

L’opération a toujours joui d’une certaine côte de popularité auprès de l’opinion publique. Deux jours après le début de l’opération, un sondage RTL-Ipsos-Le Soir indiquait que 72% des Belges étaient favorables à une présence militaire dans les rues. La Défense a beaucoup communiqué à ce sujet, profitant d’une exposition médiatique plus forte. Cet état de temporaire qui dure ne facilite pas forcément une meilleure approche du citoyen envers la mission du militaire alors que l’opération est présentée comme une des solutions face au terrorisme par les politiques, qui s’expriment d’ailleurs peu sur le sujet. L’opération reste parfois source d’une certaine incompréhension. La difficulté sera de trouver la solution pour y mettre fin pour sortir de l’impasse sans perdre la face. La création d’un corps de sécurité spécifique est à l’étude par le gouvernement et en projet mais il faudra un peu attendre avant qu’il ne voit le jour.

Les militaires, qui ont été déployés dans les rues le 17 janvier 2015, ne pensaient pas être les premiers d’une longue série toujours en cours deux ans après. Pris dans l’engrenage, le gouvernement n’a cessé de la prolonger. L’opération Vigilant Guardian a obligé l’armée belge à s’adapter et elle reste un vrai défi pour les mois à venir. Elle n’a cessé d’alimenter le débat politique, médiatique et militaire avec plus ou moins d’intensité. Il n’en reste pas moins qu’elle est devenue une opération à part entière de la Défense belge. Le ministère réfléchit d’ailleurs à la mise en place d’une médaille ou d’une décoration pour les militaires qui y ont pris part, une juste récompense !

[1] À ce sujet, lire l’excellent article de Nicolas Gros-Verheyde sur Bruxelles2 https://www.bruxelles2.eu/2015/11/22/et-bruxelles-devint-noire/

Environ 155 Lignards font partie du Battle Group européen de début 2017. Explications avec le lieutenant-colonel Manuel Monin

Le lieutenant-colonel Manuel Monin avec ses officiers lors de l'entraînement au camp Boletice en Tchéquie (photo Marc Ganser / 12/13 Li)
Le lieutenant-colonel Manuel Monin avec son état-major lors de l’entraînement au camp Boletice en Tchéquie (photo Marc Ganser / 12/13 Li)

Interview avec le lieutenant-colonel Manuel Monin, chef de corps du 12/13ème de Ligne, sur la participation du bataillon à l’EUBG  de début 2017.

Au mois d’octobre, l’État-Major de la Composante Terre a désigné le 12/13ème de Ligne pour faire partie du Battle Group européen du 1er semestre de 2017. Pour se préparer à cette mission de « stand-by », le bataillon s’est entraîné au camp d’Elsenborn dans la province de Liège et au camp Boletice en Tchéquie. Le lieutenant-colonel Manuel Monin, chef de corps du 12/13ème de Ligne, nous explique dans une interview la mission du bataillon, sa préparation, les défis à relever.

« La Belgique est associée à la France pour participer au Battle Group européen de début 2017 »

Du 1er janvier au 30 juin 2017, le 12/13ème de Ligne fera partie de l’European Union Battle Group. En quoi cela consiste-t-il ?

L’Union Européenne s’est dotée le 1er janvier 2007, d’une capacité d’intervention terrestre permanente. Depuis lors un rôle est établi où une nation cadre (framework nation) prend le commandement d’un EUBG soit purement national, mais très souvent multinational. La Belgique a pour habitude de prendre la direction d’un EUBG tous les quatre ans. C’est ce qu’elle fera en 2018. Entre ces contributions majeures, elle participe aux EUBG d’autres nations. Au premier semestre 2017, elle est associée à la France et participe à hauteur d’une compagnie d’infanterie ainsi que des éléments logistique, d’appui médical et de communication.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les éléments du bataillon qui vont en faire partie ? Combien d’hommes, cela va-t-il concerner ?

Le 12/13 de Ligne contribue à hauteur de 155 militaires composant la compagnie d’infanterie sur MPPV DINGO. Il fournit également des éléments d’état-major dans le Battle Group même, mais aussi au niveau de la Task Force (FHQ, soit l’équivalent du niveau brigade qui devrait se déployer avec le bataillon) et au niveau opératif (OHQ). A côté de cela des éléments logistiques du 4 Bn Log, d’appui aux communications du 4 Gp CIS et un rôle 1 d’appui médical du 3 EMI, unités toutes basées à Marche-en-Famenne, sont intégrés à la Cie pour former la contribution belge à cet EUBG. La Belgique contribuera donc à hauteur d’un peu plus de 230 militaires sur un total qui pourrait atteindre plus de 2000 soldats.

« L’année 2016 a été l’année de tous les défis pour les unités de combat belges, Vigilant Guardian oblige »

Comment le bataillon s’est-il préparé à cette nouvelle mission ? Quel était l’intérêt de la Tchéquie ?

Des Lignards en exercice en Tchéquie (photo Marc Ganser / 12/13 Li)
Des Lignards en exercice en Tchéquie (photo Marc Ganser / 12/13 Li)

L’année 2016 a été l’année de tous les défis pour les unités de combat belges, mission en appui de la Police (Operation Vigilant Guardian, OVG) oblige. Heureusement, l’Etat-Major a dégagé le détachement EUBG de toute contribution OVG pendant un peu plus de 10 semaines fin 2016 pour une bonne remise à niveau. Le déploiement dans le camp de BOLETICE en République Tchèque, constituait le point d’orgue de cette période d’entraînement avec la certification finale du détachement. Ceci nous a permis de nous entraîner à nouveau avec l’ensemble des éléments de combat de la compagnie, véhicules y compris et ce dans un terrain complexe. Cela a été également bénéfique aux éléments d’appuis Log/Med/CIS qui eux aussi se sont remis dans le bain des missions plus classiques.

Comment va se dérouler cette période de six mois pour les Lignards ? La pression va-t-elle être d’autant plus forte pour le bataillon avec Vigilant Guardian ?

Une partie de l’entrainement n’a pu être totalement menée à bien en 2016 et c’est pour cela que dès que des opportunités se présentent, la compagnie EUBG sort du quartier. Par exemple un exercice aéromobile important devrait, si la météo le permet, être effectué en terrain civil du 30 janvier au 3 février. Ensuite effectivement, la mission OVG continue et le bataillon est déjà prévu pour fournir du personnel durant pas moins 33 semaines. La pression est donc bien là mais cette année nous ne pouvons pas être surpris…

« L’EUBG nous a permis de nous entraîner à nouveau dans nos savoir-faire de base »

Lors de votre entraînement en Tchéquie, RTL-TVI est venu consacrer différents reportages sur le terrain. L’accent a été mis sur Vigilant Guardian, les répercussions sur la vie de famille, la perte de compétences militaires. En participant à un Battle Group européen, le bataillon revient-il à des missions de Défense plus classiques ? Vigilant Guardian a-t-il vraiment une incidence sur les entraînements militaires ?

Tirs aux mortiers 81mm lors d'un exercice avec munitions réelles en Tchéquie (photo Marc Ganser / 12/13 Li
Tirs aux mortiers 81mm lors d’un exercice avec munitions réelles en Tchéquie (photo Marc Ganser / 12/13 Li)

EUBG est une réelle bulle d’oxygène pour une partie du bataillon. Cette mission de « stand-by » nous a permis de nous entraîner à nouveau dans nos savoir-faire de base. Il ne faut jamais oublier que si nos contributions à OVG, et certainement quand cela va (très) mal comme lors du 22 Mars, sont appréciées, c’est parce que nous avons un entraînement militaire et pas policier. Nous sommes des compléments au dispositif policier, nous sommes capables de fournir des effets qu’eux ne peuvent générer simplement car ces effets ne font pas partie de leurs missions. Il est donc très important que nous puissions retourner vers ces savoir-faire typiquement militaires. De plus, certains pays dont la France et certaines personnalités européennes comme par exemple La Haute Représentante Mogherini, plaident pour une utilisation effective de l’EUBG. Il nous faut donc être prêt à tout.

Fin 2015 et durant toute l’année 2016, notre programme n’a pas cessé d’être chamboulé. C’est normal. Dans des circonstances extraordinaires, le Gouvernement a décidé d’agir de façon extraordinaire. Notre place était donc dans la rue aux côté de nos collègues policiers. Ceci a par exemple entraîné la suppression de deux exercices majeurs pour le 12/13 de Ligne. Dire que cela n’a aucun impact sur le niveau d’entraînement serait prétentieux. Oui il y a eu un impact, cela s’est vu par exemple à BOLETICE. A nous en 2017 de corriger le tir pour retrouver notre niveau dans nos tâches propres !

Merci au lieutenant-colonel Manuel Monin pour son aimable disponibilité.

[RÉTROSPECTIVE] Les moments marquants 2016 de l’armée belge

Photo Sedeyn Ritchie/BE Defense
Photo Sedeyn Ritchie/BE Defense

2016 aura été une année riche en engagement pour l’armée belge entre le Mali et l’Irak. Mais le point d’orgue de cette année opérationnelle sont les attentats du 22 mars et l’opération Vigilant Guardian. On ne peut manquer d’évoquer la mobilisation historique du 15 novembre contre la réforme du régime des pensions.

1. L’opération Vigilant Guardian

Comme en 2015, les militaires belges ont été déployés massivement dans les villes du pays pour atteindre le nombre de 1.800 malgré une baisse en fin d’année. Leur image est devenu familière pour les belges. Dans les journaux, des photos de patrouilles militaires illustrent désormais des articles en rapport avec la sécurité du territoire et le terrorisme. Opération pesant sur les unités de combat de la Composante Terre, l’armée belge a fait appel à des unités de logistique et même de la Composante Médicale. Elle continue d’alimenter régulièrement le débat politique et militaire avec des remises en question sur son efficacité et ses limites. Parallèlement, la Défense continue de mener l’opération Spring Guardian pour la protection des centrales nucléaires. Au mois de mai, des militaires ont été également déployés dans les prisons pour suppléer les gardiens de prison en grève dans une mission qui a été appelée brièvement: opération Central Guardian.

photo Daniel Orban/BE Defense
photo Daniel Orban/BE Defense

2. Les attentats du 22 mars

Les attentats du 22 mars, qui ont frappé la Belgique, ont marqué l’armée belge mise à contribution comme les différents services de sécurité et de santé du pays. Le document officiel Dbriefing de la Défense détaille précisément le rôle qu’a joué l’armée ce jour-là. Les deux lieux des attentats (Zaventem et Maelbeek) étaient sous la surveillance du bataillon de Chasseurs à cheval (ISTAR). Au moment de l’explosion dans l’aéroport, les militaires, qui se trouvaient loin du lieu de l’attaque, ont d’abord sécurisé leur position avant de se rendre dans le hall de départ en déplacement tactique et d’évacuer et soigner les blessés. Ils ont été soutenus par le 2ème bataillon de Commandos, réquisitionné en urgence, tandis que le 12/13ème de Ligne sécurisait l’aéroport de Liège. Le Service d’Enlèvement et de Destruction d’Engins Explosifs (SEDEE) a été énormément sollicité tant sur les lieux de l’attaque que sur ceux des perquisitions. L’Hôpital Militaire Reine Astrid a accueilli et soigné des blessés qui ont été évacués et transportés par les hélicoptères de la 40ème escadrille. Le 6e groupe Systèmes de Communication et d’Information (CIS) a assuré l’appui des transmissions de la Croix-Rouge, suppléant les autres réseaux de communication saturés. La police militaire a assuré les déplacements militaires en tout genre vers Bruxelles. Les unités de logistique ont également été mises à contribution pour soutenir leurs collègues. La Défense a installé son centre de crise en moins d’une heure au Centre des opérations et a été en contact étroit avec la Police fédérale et les services de secours. Ce centre de crise est resté opérationnel et actif pendant quatre semaines. Dans la lumière ou dans l’ombre, toutes les unités de l’armée belge ont agi avec efficacité durant les attentats et c’est pourquoi la Défense leur a rendu hommage appuyé dans son numéro Dbriefing spécial attentats à travers différents récits: » Des récits de personnes qui se sont surpassées, alors qu’elles étaient confrontées à d’horribles spectacles. Des récits d’une mobilisation hors norme et d’une forte réactivité. Des récits qui sont source de fierté et de gratitude. » Bravo à tous !

photo EUTM Mali
photo EUTM Mali

3. La Belgique prend la tête de l’EUTM Mali

Le 3 juillet 2016, le général de brigade Éric Harvent a pris le commandement de l’EUTM Mali en remplaçant le général de brigade allemand Werner Albl. Le mois précédent, le colonel Verdoodt avait pris de son côté le commandement de l’Education and Training Task Force (ETTF). L’armée belge porte son contingent au Mali à 175 militaires au mois de septembre, composé en grande partie de Chasseurs ardennais. Le Mali devient alors la plus importante mission à l’étranger pour la Composante Terre.

photo BE Defense
photo BE Defense

4. Les F-16 de retour en Jordanie

Le lundi 27 juin 2016, six F-16 belges ont décollé de la base aérienne de Kleine-Brogel en présence du ministre de la Défense Steven Vandeput et du commandant de la Composante Air le général-major aviateur Frederik Vansina pour rejoindre la Jordanie et remplacer les F-16 hollandais. Depuis, ils participent à la lutte contre Daesh au sein de la coalition internationale mais très peu d’informations filtrent sur les frappes menées. Le contingent belge a reçu la visite du Roi Philippe le 15 novembre dernier.

photo page FB Belgian Military Interests
photo page FB Belgian Military Interests

5. La mobilisation historique du 15 novembre

Les militaires belges n’étaient plus descendus dans la rue depuis 2002. La nouvelle de la décision du gouvernement de prolonger l’âge de la pension militaire a provoqué beaucoup d’émoi et de colère au sein des rangs de la Défense. Les syndicats ont appelé à manifester le jour symbolique de la Fête du Roi. Ils étaient environ 1/3 de l’armée belge à être descendus dans la rue, envoyant un message fort aux politiques. Des personnalités importantes du monde de la Défense ont pris publiquement position pour apporter leur soutien aux manifestants. On peut déjà qualifier cette manifestation d’historique.

L’armée belge aura été mise à rude contribution cette année mais elle a répondu à chaque fois présente pour la sécurité de la Belgique. Pour 2016, les attentats du 22 mars resteront sans aucun doute l’événement le plus marquant. Maintenant cap vers 2017 pour de nouveaux défis !

Ce qu’il faut retenir de la manifestation du 15 novembre : Des militaires en nombre dans la rue, des officiers d’état-major qui prennent position

photo page FB Belgian Military Interests
photo page FB Belgian Military Interests

Très attendue, la manifestation des militaires du 15 novembre en dit long sur l’inquiétude du monde de la Défense. Les militaires étaient nombreux dans  la rue à Bruxelles. Des officiers importants ont pris position. Cette manifestation va faire date dans l’histoire de l’armée belge et elle est un signal fort envoyé au monde politique.

Un tiers des militaires belges dans la rue à Bruxelles

Les chiffres officiels oscillent entre 8.000 et 10.000 manifestants, selon qu’on prend ceux de la police ou ceux des syndicats. Actuellement l’armée compte dans les 30.000 militaires, ce qui signifie que presqu’un tiers de l’armée était dans la rue. Bien sûr on peut nuancer ses chiffres parce qu’il y avait également des proches de militaires mais on peut également ajouter que des militaires en opération étaient de tout cœur avec les manifestants et les soutenaient. Leur nombre aurait pu être bien plus élevé. Le ministre Steven Vandeput a d’ailleurs reconnu que le nombre des manifestants était « un signal très important ». Sa lettre ouverte n’y aura rien changé. La colère était trop forte, signe d’un ras-le-bol qui n’a cessé de grandir ces dernières années et qui pourrait atteindre un point de non-rupture.

Des personnalités importantes de la Défense brisent le silence

Du patron de la Défense au chef de corps du 12/13ème de Ligne, des officiers importants de l’armée belge ont pris position de façon plus ou moins appuyée. Le général Marc Compernol, patron de la Défense, a été le plus prudent dans ses propos. Il a indiqué qu’il comprenait bien les inquiétudes des militaires. « Cela va coûter beaucoup d’argent, c’est clair », a-t-il indiqué, regrettant qu’il n’y ait pas eu une meilleure concertation du gouvernement avec l’état-major de l’armée. Le message le plus appuyé a été celui du chef de la Composante Terre, le général Jean-Paul Deconinck, qui aurait été l’auteur « anonyme » du post FB de la page officielle de la Composante Terre, soutenant les manifestants, selon des médias belges. De son côté, le chef de corps du 12/13ème de Ligne, le lieutenant-colonel Manuel Monin, a également soutenu ouvertement les manifestants:« Je n’irai pas à Bruxelles car, avec de nombreux Lignards nous sommes en camp à BOLETICE, République Tchèque. Mais si j’avais été en Belgique, j’aurais été à Bruxelles et plutôt deux fois qu’une. » Le mal est profond.

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Des incidents ont brouillé le message

La couverture médiatique a été également intense. Le Soir, RTL, la RTBF étaient sur place tout comme d’autres médias belges. Les manifestants ont pu exprimer leur colère devant les caméras. On peut regretter que les légers incidents ont retenu l’attention des médias au point d’en faire les titres (comme cela a été le cas pour l’AFP) même si certains ont ajouté que la manifestation s’était terminée dans le calme. Au final, les incidents avec la police n’auront duré que quelques minutes et sur un lieu du parcours bien précis. Malheureusement, c’était inévitable. Policiers et militaires patrouillent ensemble depuis maintenant plus d’un an dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian et ont appris à se connaître. Des liens se sont tissés. Ce n’est donc pas étonnant d’avoir vu certains manifestants aller serrer la main des policiers.

On pourrait également parler de la récupération politique cynique du PS et Écolo, qui n’ont jamais rien fait pour s’opposer à l’érosion de la Défense belge ces dernières années quand ils n’y ont pas directement contribué. Les militaires belges ne sont pas dupes et n’ont plus confiance dans le monde politique en général. La manifestation est le fruit d’années de frustration. Au final, le ministre Steven Vandeput a assuré qu’il parlerait à son collègue le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, tout en reconnaissant à demi-mot qu’il subissait plus la situation qu’il ne la maîtrisait. La balle est désormais dans le camp du gouvernement fédéral !

[Vigilant Guardian] Un patch en référence aux attentats du 22 mars fait son apparition

Photo Marc Ganser/12-13ème de Ligne
Photo Marc Ganser/12-13ème de Ligne

Sur les dernières photos mises en ligne sur la page Facebook du 12-13ème de Ligne, on peut voir l’apparition d’un patch en référence aux attentats du 22 mars avec notamment le fameux Manneken-Pis éteignant une bombe avec le slogan United We Stand. Sept mois après, les attentats du 22 mars restent à l’esprit des forces de sécurité du pays, qui sont déterminés à tout faire pour que cela ne se reproduise plus face à la menace terroriste. 

Ce patch est porté par certains Lignards en mission Vigilant Guardian à Bruxelles. Renseignement pris, ce patch n’a pas de caractère officielle et est le fait d’initiative personnelle. Son origine viendrait des excellents contacts que l’armée a avec la Police fédérale depuis le lancement de l’opération. Des policiers en auraient fourni aux militaires en mission sur le terrain. Quoique ce patch ne soit pas très réglementaire, il est toléré par l’armée. Le chef du corps du 12-13ème de Ligne le lieutenant-colonel Manuel Monin a apprécié l’initiative, qui  pour lui contribue aux bonnes relations avec la Police Fédérale.

Depuis le 17 janvier 2015, l’armée belge patrouille dans les rues en soutien de la Police Fédérale dans le cadre de l’opération Homeland ou Vigilant Guardian. Prolongée mensuellement, l’opération Vigilant Guardian est appelée à durer. L’armée et la police se sont toujours félicitées de leur mutuelle collaboration sur le terrain qui est là pour contribuer à une meilleure sécurité de leurs concitoyens.

350 militaires belges en Lituanie pour l’exercice de l’OTAN Baltic Piranha

En 2015, l'armée belge était déjà en Lituanie pour le même exercice (photo Défense belge)
En 2015, l’armée belge était déjà en Lituanie pour le même exercice (photo Défense belge)

Quelque 350 militaires belges, provenant principalement du 1er/3e bataillon de Lanciers, sont déployés pour un mois environ en Lituanie pour un exercice organisé dans le cadre des «mesures d’assurance» prises par l’Otan pour répondre à l’inquiétude de ses membres est-européens à la suite de la crise ukrainienne.

Durant un mois, du 1er au 27 octobre pour l’essentiel des militaires, la composante Terre de l’armée dépêchera ainsi un «groupe de combat» (en jargon «Combined Arms Task Group», CATG) dans ce pays balte, à deux pas de l’enclave russe de Kaliningrad, pour s’entraîner dans le cadre du «plan d’action pour la réactivité» («Readiness Action Plan», RAP) de l’Otan.

Ce dernier, élaboré en septembre 2014 pour rassurer les alliés d’Europe centrale et orientale face à une Russie plus agressive, prévoit notamment le déploiement de troupes alliées par rotation — mais sans présence «permanente» afin de ne pas fâcher définitivement Moscou en violant l’«Acte fondateur» des relations Otan-Russie.

La contribution belge, sous la forme de cet exercice baptisé «Baltic Piranha 2016» (combinant l’aspect balte et le nom donné aux blindés utilisés par l’unité engagée, le 1er/3e bataillon de Lanciers (1/3 L) de Marche-en-Famenne), représente le second déploiement dans un environnement opérationnel de nouveaux véhicules de combat de type AIV (Armored Infantry Vehicles), des Piranha IIIC 8×8, a expliqué le commandant de l’unité, le lieutenant-colonel Philippe Hoggart, à l’agence Belga.

Des snipers du 12/13 Ligne lors de l'exercice Baltic Piranha (photo 12/13 Ligne)
Des snipers du 12/13 Ligne lors de l’exercice Baltic Piranha (photo 12/13 Ligne)

Les lanciers seront appuyés par différents contingents (logistique, médical, de génie, de transmissions) et même deux hélicoptères de transport tactique NH90, a précisé l’officier. Le 12/13ème de Ligne y a également envoyé un détachement de snipers en soutien.

C’est le seul exercice majeur auquel le bataillon participera cette année, en raison de son engagement constant depuis des mois dans l’opération Vigilant Guardian (OVG) de soutien à la police fédérale dans les grandes villes belges, a ajouté le lieutenant-colonel Hoggart. D’ailleurs lors d’un récent point presse sur les opérations de l’armée belge, le capitaine de frégate Guy Schotte avait également évoqué cette conséquence de Vigilant Guardian: « La Composante Terre est lourdement impactée par cet engagement. L’opération Baltic Piranha, dont un des buts est d’entraîner l’interopérabilité internationale aux portes de la Russie, est l’unique occasion pour les soldats de cette Composante de réellement entraîner leurs compétences interarmes et internationales. »

L’arrière-garde du bataillon restée en Belgique — une cinquantaine d’hommes — continuera à être présente en rue. Et les militaires du 1/3 L de retour de Lituanie rejoindront rapidement leurs collègues d’OVG, a souligné l’officier.

Source: Belga, Défense belge, Sudpresse

La Belgique en mode « Garde à vous » !

Photo 12/13ème de Ligne
Photo 12/13ème de Ligne

L’émission de téléréalité française « Garde à vous », diffusée au mois de mars 2016 sur M6, va faire son arrivée en Belgique ce mardi 13 septembre sur RTL-TVI. Elle met en scène un groupe de 19 jeunes garçons de 18 à 27 ans confronté durant trois semaines aux conditions du service militaire dans les années 1960. Ces jeunes conscrits ont pour instructeur l’ancien commando Marius. Cette émission intervient en plein débat sur le retour du service militaire en France dans le contexte de la menace terroriste après les attentats qui ont touché le pays.

Le service militaire en Belgique a été suspendu le 1er mars 1996. La possibilité de sa restauration est parfois évoquée depuis les attentats du 22 mars mais beaucoup moins qu’en France. Avant la diffusion du 1er épisode de « Garde à vous », la chaîne belge va diffuser un reportage sur les conditions du service militaire en Belgique avant sa suspension avec notamment des invités qui raconteront leur expérience personnelle. Ce reportage sera présenté par Philippe Malherbe.

C’est le 12/13ème bataillon de Ligne, basé à Spa, qui a été choisi comme lieu de tournage du reportage. L’animateur Philippe Malherbe était avec ses équipes à la caserne du bataillon ce vendredi 3 septembre pour le tournage. Le chef de corps du bataillon, le lieutenant-colonel Manuel Monin, était bien sûr présent. Il faudra attendre le 13 septembre pour voir le rendu !

Des photos du tournage : https://www.facebook.com/1213Li/photos/?tab=album&album_id=553441351533290