Le gouvernement lance le processus de création du nouveau corps de sécurité

Lors d’un Conseil des ministres, le gouvernement belge a approuvé l’avant-projet de loi pour la création de la direction de la Sécurisation (DAB) au sein de la Police fédérale, un nouveau corps de sécurité qui doit permettre le désengagement progressif des militaires dans la rue.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon avait annoncé en octobre 2016 la création d’une « garde nationale » pour suppléer l’opération Vigilant Guardian, qui pèse lourdement sur l’armée belge et notamment la Composante Terre. Le projet avait pris un peu de retard mais le processus législatif est désormais bien engagé. L’avant-projet de loi, qui doit attendre l’avis du Conseil d’État, est présenté conjointement par Jan Jambon, ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Koen Geens, ministre de la Justice et Steven Vandeput, ministre de la Défense.

photo Daniel Orban/Défense belge

Ce nouveau corps de sécurité aura un effectif de 1.600 hommes. Le recrutement se fera dans trois services précis: des fonctionnaires du Corps de Sécurité, des militaires en service actif revêtus d’un grade de volontaire ou de sous-officier qui se portent candidats et sont retenus, et des membres du personnel de Brussels Airport Company revêtus de la fonction d’inspecteur de l’inspection aéroportuaire. L’effectif sera composé en grande partie d’agents de sécurisation qui seront employés, des membres du cadre opérationnel à part entière, formés avec un nouveau grade et avec certaines compétences policières. La DAB sera chargée de la surveillance de plusieurs lieux stratégiques: les palais royaux, les infrastructures du SHAPE et de l’OTAN, les institutions internationales et européennes, les bâtiments des autorités nationales et internationales, les sites nucléaires, les cours et les tribunaux ainsi que l’aéroport de Bruxelles.

Le gouvernement précise que ce nouveau corps de sécurité doit permettre à la Police fédérale de dégager un maximum de capacité policière tant au niveau local qu’au niveau fédéral et de se réinvestir dans ses missions centrales. La DAB sera d’ailleurs également chargée de l’exécution de la sécurisation ponctuelle des opérations de police et, en ordre subsidiaire, des escortes. Mais l’autre objectif de départ était également de suppléer Vigilant Guardian même si le gouvernement parle désormais d’un désengagement partiel des militaires avec un équipement et des véhicules de transport adaptés pour cette opération. Le gouvernement prévoit le déploiement progressif de la Direction de Sécurisation courant 2017.

Irak : Steven Vandeput veut augmenter la présence militaire belge en 2018

photo DGCom/BE Defense

Le ministre de la Défense Steven Vandeput compte accroître la présence militaire belge en 2018 en Irak dans le cadre de la lutte contre l’État Islamique.

Un conseil des ministres extraordinaire sur les thématiques « sécurité-justice-défense » s’est réuni ce dimanche à Val Duchesse. Si la Défense n’a pas été le thème central, on peut toutefois en tirer quelques indications notamment sur l’engagement militaire belge en Irak. À court terme, le ministre Steven Vandeput veut le déploiement d’ici cet été de 14 militaires équipés de véhicules militaires de type Dingo pour renforcer la protection du détachement présent dans le nord de l’Irak. Début 2018, le contingent belge devrait atteindre une centaine d’hommes car le ministre souhaite l’envoi d’une cinquantaine hommes supplémentaires afin d’apporter un soutien maximum à la situation sécuritaire et à la stabilité en Irak.

Actuellement, l’opération Valiant Phoenix compte quarante militaires belges. Une trentaine de militaires sont déployés depuis le début de l’année au Kurdistan alors qu’une dizaine d’autres sont toujours présents près de Bagdad où ils forment les militaires irakiens.

Fin avril, le ministre Steven Vandeput s’était rendu sur le front irakien en compagnie du ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, et du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Theo Francken. À son retour, il avait évoqué une extension de la mission de conseil et d’assistance afin que les militaires belges puissent fournir plus concrètement une contribution dirigée tactiquement.

La Belgique a sa première loi de programmation militaire

photo d’illustration (Fraternelle Royale des Chasseurs Ardennais)

La Chambre a voté jeudi soir dernier la première loi de programmation militaire de l’histoire de la Belgique par 82 votes pour et 50 votes contre. Trois députés se sont abstenus dont les deux députés de la N-VA ayant quitté le parti au début de la rentrée parlementaire plus un du sp.a. Le vote a sans surprise marqué le clivage majorité-opposition. Deux partis, ne faisant pas partie de la majorité gouvernementale, ont voté pour: le Parti Populaire et le Vlaams Belang.

Mesure phare de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput, cette loi qui a subi des amendements suite aux recommandations du Conseil d’État n’est pas normative comme l’a précisé une nouvelle fois le député de la N-VA Peter Buysrogge lors du débat. Cela signifie donc que les crédits alloués à chaque programme doivent être inscrits annuellement dans le budget et que sa mise en place jusqu’en 2030 dépendra des législatures suivantes.

De son côté, l’opposition socialiste, farouchement contre cette loi depuis le début, a attaqué la majorité sur le dossier des pensions et parlé d:’« un mirage d’un oasis dans un désert budgétaire ». Le député Stéphane Crusnière s’est montré le plus offensif lors du débat du vote:« Les syndicats militaires ont pointé votre politique désastreuse sans précédent en matière d’investissements et de personnel (…) Le cap que vous avez pris n’est pas reflété par cette loi de programmation mais bien par votre décision unilatérale de relever l’âge de la pension des militaires de 56 à 63 ans pour 2030. » Le député André Frédéric a ensuite expliqué pourquoi le groupe socialiste voterait contre en invoquant deux arguments: l’absence d’engagement du gouvernement en faveur d’une défense européenne et le manque d’implication des Régions industrielles dans cette loi. De son côté, le cdH a estimé que le gouvernement n’avait pas cherché le consensus et que la dimension de coopération européenne était insuffisante d’où son opposition au texte.

Face aux attaques de l’opposition, la majorité gouvernementale s’est défendue notamment par l’entremise du député MR Denis Ducarme:« Cette loi de programmation militaire est la plus ambitieuse en terme d’investissements depuis la fin de la Guerre froide. Je suis surpris que vous votiez contre un investissement de plus de neuf milliards. J’espère que ce n’est pas idéologique et qu’il ne faut pas y voir une position antimilitariste dans le chef du PS », a-t-il répliqué. Le président de la Chambre Sigfried Bracke (N-VA) a marqué une volonté de changement: » Nous avons trop longtemps utilisé des plans d’investissement qui étaient ensuite amputés. La loi de programmation militaire inscrit solidement la volonté du gouvernement d’aller au bout des investissements. D’autres pays utilisent cette méthode », a-t-il notamment déclaré. « Nous nous engageons vis-à-vis des citoyens, des militaires, de nos partenaires, de notre industrie et de nos établissements scientifiques », a conclu le ministre Steven Vandeput lors du débat.

 

La loi de programmation militaire prévoit 9,2 milliards d’euros d’investissements militaires jusqu’en 2030.  Les premiers effets doivent se faire sentir à partir de 2019. Cette loi peut déjà être qualifiée d’historique, qu’elle qu’en soit la mise en place dans les législatures futures.

Débat parlementaire loi de programmation militaire (p.36)

La Belgique et les Pays-Bas créent l’European Expeditionary Helicopter Wing

photo Composante Air

Le commandant de la Composante aérienne belge, le Général-major aviateur Frederik Vansina et le Lieutenant-général Dennis Luyt de la Force aérienne néerlandaise ont signé ce mercredi 10 mai le MOU (Memorandum of understandig) pour ériger l’European Expeditionary Helicopter Wing (EEHW). Cette signature s’est faite en marge de la réunion EURAC des Air Chiefs européens qui se tient à Berlin du 9 à 12 mai.

L’EEHW va permettre d’intensifier la coopération dans le domaine des opérations d’hélicoptère avec la possibilité de déployer des unités opérationnelles. La coopération entre la Belgique et les Pays-Bas va s’élargir en optimalisant l’utilisation des moyens disponibles et complémentaires afin d’améliorer les capacités, les synergies, le niveau de préparation et l’efficience lors d’opérations aériennes déployées d’hélicoptères. L’EEHW est établi en utilisant une approche flexible et modulaire afin de de permettre le déploiement dans tout le spectre des opérations ou des entraînements.

Le MOU offre le cadre légal pour optimaliser les capacités des deux forces aériennes par la mise en commun de moyens dans le cadre d’un détachement bi ou multinational lors des déploiements dans le cadre des opérations hélicoptère. Il a pour but de minimiser les coûts pour chaque participant à ces déploiements. On peut penser notamment au Mali où les Pays-Bas ont déployé des Chinooks tandis que la Belgique prépare l’envoi de deux NH90 en 2018 au sein de la MINUSMA.

D’autres pays pourront intégrer l’European Expeditionary Helicopter Wing s’ils le désirent.

Par cette signature, la Belgique et les Pays-Bas intensifient leur coopération dans le domaine aérien après l’Irak avec l’opération Desert Falcon et la surveillance aérienne commune du Benelux.

Remplacement des chasseurs de mines : La marine belge organise une deuxième session d’essais pour les entreprises

photo DGMR

Au mois de juin, la marine belge en collaboration avec la marine néerlandaise organisera une deuxième session d’essais pour les entreprises dans le cadre du remplacement prochain des capacités de lutte contre les mines (MCM – Mine Counter Measures) belge et néerlandais d’ici 2023. 

Les Technology and Industry Days auront lieu à la base navale de Zeebrugge les 15 et 16 juin prochains. La série de tests aura lieu avec différents types de drones sous-marins et de surface présentés par des entreprises de divers continents. Ces deux journées sont ouvertes aux industriels spécialisés dans la lutte contre les mines qu’aux spécialistes de ce domaine au sein des marines de l’OTAN, de l’UE ou d’organismes associés. Les différentes entreprises inscrites à l’événement pourront présenter leurs systèmes lors d’un briefing et d’une exposition statique et dynamique.

Au mois de septembre 2016, la marine belge avait déjà organisé une session de tests à laquelle avaient participé quatre entreprises dont Teledyne Marine, Thales et ECA Group. À la suite de cette session de tests, la Défense belge avait envoyé un rapport d’évaluation aux entreprises participantes.

Les marines belge et néerlandaise vont changer ensemble leur flotte. Le budget d’investissements s’élève à 1,29 milliard d’euros pour les frégates et à 932 millions d’euros pour la capacité de lutte contre les mines. La capacité de lutte contre les mines doit être remplacée à partir de 2023 et les frégates à partir de 2025.

La Belgique veut redynamiser son patrimoine militaire

Le ministre Steven Vandeput lors de la présentation officielle du War Heritage Institute le 8 mai 2017 (photo Musée Royale de l’Armée)

Lors d’une cérémonie le 8 mai, le ministre de la Défense Steven Vandeput a présenté officiellement le War Heritage Institute au public. Cet institut, qui va réunir quatre organismes le Fort de Breendonk, la mission Mémoire et Communication de l’Institut des Vétérans – Institut National des Invalides de Guerre, Anciens Combattants et Victimes de Guerre, le Musée Royal de l’Armée et d’Histoire militaire et le Pôle historique de la Défense, veut redynamiser le patrimoine militaire avec une meilleure mise en valeur et des moyens supplémentaires.

Dans sa vision stratégique, le ministre Steven Vandeput voulait rationaliser l’utilisation des différents organismes constitutifs du patrimoine militaire belge et l’a concrétisé dans une loi votée à la Chambre le mois dernier et la création du War Heritage Institute. La mission principale du WHI sera de valoriser le patrimoine militaire belge, la mémoire des conflits armés sur le sol belge ou impliquant des Belges à l’étranger à travers la gestion, la conservation, la restauration et l’acquisition d’objets, de documents et de témoignages immatériels pour une période qui s’étend du Moyen-âge à nos jours. L’ensemble des collections vont rester la propriété de la Défense et du fédéral mais le nouvel organisme fera appel à des partenariats public-privé ainsi qu’à des partenariats avec des entités locales pour la rénovation et l’exploitation des sites. De nouveaux moyens seront aussi alloués à la recherche scientifique.

En juin prochain s’ouvrira la première exposition officielle, « 75e anniversaire du raid sur Dieppe », organisée par le WHI. Les commémorations du cinquantième anniversaire du char Léopard et du centenaire de la troisième bataille d’Ypres sont également au programme tout comme la restauration du Musée Royale de l’Armée. Le WHI sera présidé dans un premier temps par Michel Jaupart, ancien président de l’Institut des Vétérans (IV-INIG).

Voir le reportage Bx1: http://bx1.be/news/inauguration-du-war-heritage-institute-sur-fond-dinquietude/

Comment l’armée belge utilise le photovoltaïque au Congo pour le détachement du Génie

photo Det Gn de Lokandu/BE Defense

En 2016, l’armée belge a lancé un projet pilote d’alimentation électrique au Congo à Lokandu pour son détachement Génie. Les groupes électrogènes ont été relégués au statut de backup tandis qu’une installation photovoltaïque composée de 48 panneaux photovoltaïques, d’un pack de batterie, d’un onduleur, d’une unité de gestion ainsi que d’un laptop, a été mise en place pour assurer l’indépendance énergétique du camp. Cette installation photovoltaïque alimente l’habitation et la station de purification d’eau. 

Ce projet pilote est une concrétisation du travail de fin d’études en environnement du Capitaine Rucquoy. Il a été réalisé avec la collaboration de la Direction Générale Material Resources Communication et Infrastructure (DG MR C&I), et du Field Accommodation Unit (FAU). Le DGMR précise que le budget mensuel moyen est de 4.000€ avec l’usage du fuel et les coûts de fonctionnement pour le détachement en temps ordinaire. L’investissement dans cette installation photovoltaïque a été de 38.673€, rentabilisé après 10 à 11 mois (en tenant compte des fluctuations du prix du baril) sans entretiens ni frais supplémentaires. Pour la Défense belge, cette installation permet également de libérer des capacités militaires en charge de l’approvisionnement. L’armée belge réfléchit également à déployer cette même installation sur un autre théâtre d’opérations. Le montage peut-être réalisé par quatre personnes en une dizaine de jours.

photo Michel van Reysen
/BE Defense

La durée de vie moyenne du système est de 25 ans et le Capitaine Rucquoy, initiateur du projet, en fera un bilan avec la constitution d’un dossier ‘Infra Ops : production d’électricité solaire en opération’. Des négociations ont actuellement lieu en vue d’augmenter le patrimoine de production d’électricité photovoltaïque sous forme de « Kit de production solaire » semblable à celui équipant le camp de Lokandu et pouvant être interconnectés afin d’obtenir une production importante pour les camps plus gros consommateurs.

Le détachement belge logé au camp de Lokandu est composé de sept géniaques. Ces géniaques, déployés au Congo, ont aidé à la formation et le développement de la 31ème brigade de réaction rapide de l’armée congolaise. 

Au mois de mars 2016, la Défense belge avait réuni tous ses coordinateurs environnementaux pour faire le bilan. À cette occasion, la Direction Générale Material Resources (DGMR), responsable de la matière environnementale pour l’ensemble de la Défense, avait rédigé une charte signée par le chef de la Défense, par laquelle le Département  » s’engageait à limiter ou à éviter la charge environnementale de ses activités et installations ».

Plus de photos de l’installation photovoltaïque à Lokandu: https://sway.com/JB6DHzMokGjNzj5m

L’EUTM Mali célèbre le 10.000ème soldat malien formé

photo EUTM Mali

Lors d’une cérémonie célébrant la fin de deux cycles de formation distincts à Koulikoro: le cours « formation des formateurs » (TTT-Train the Trainer) et la formation ETIA (Elément Tactique Inter Arme) ce vendredi 28 avril, l’EUTM Mali a passé le cap symbolique du 10.000ème soldat malien entraîné. 

La formation ETIA (Elément Tactique Inter Arme) a débuté le 23 janvier et s’est terminée le 28 avril. Lors de cette formation, deux groupes de combat, chacun de la taille d’une compagnie (150 soldats), se sont entraînés simultanément. Au cours des premières semaines, les officiers et les sous-officiers ont été séparés de leurs soldats. Pendant que ces derniers recevaient une formation d’infanterie de base, leurs supérieurs étaient formés au travers d’un programme « formation des formateurs » (Train the Trainer (TTT)). Pendant la deuxième partie du cours, les officiers et les sous-officiers maliens ont dirigé eux-mêmes la suite de la formation de leurs subordonnés, sous la supervision des instructeurs d’EUTM.

photo EUTM Mali

Lors de la cérémonie qui a réuni une centaine d’invités parmi les autorités civiles locales de Koulikoro, les trois meilleurs étudiants ont reçu un certificat spécial. Le défilé a été suivi de démonstrations impressionnantes exécutées par les soldats maliens formés. Ces démonstrations avaient pour but de démontrer le niveau de leurs compétences à la population malienne et aux autorités locales. Environ un tiers des Forces armées maliennes (FAMa) a déjà reçu une formation militaire délivrée par l’EUTM Mali.

La Belgique est à la tête de l’EUTM Mali depuis juillet 2016. L’Espagne prendra la suite en 2018.

Victimes civiles à Mossoul : L’ancien chef de la Composante Air défend les pilotes belges accusés et demande des excuses

photo Défense belge

Le lieutenant général aviateur en retraite Guido Van Hecke, ancien chef de la Composante Air entre 1991 et 2000 et président de la Belgian Air Force Association, a réagi à la polémique impliquant les pilotes belges dans le raid aérien de la coalition internationale qui avait fait une centaine de morts civils à Mossoul au mois de mars dernier dans une lettre ouverte au député socialiste flamand Van der Maelen.

« Comme président de cette association, je considère qu’il est nécessaire de vous faire part des considérations suivantes suite à la campagne anti force aérienne que vous avez menée récemment », écrit le lieutenant général aviateur. « Vous savez naturellement que depuis 1999 notre force aérienne est continuellement engagée pour défendre les valeurs de la démocratie, là où nos politiciens élus démocratiquement le trouvent nécessaire. Des jeunes hommes et femmes de vingt, vingt-cinq ans effectuent des tâches éminemment dangereuses avec une maturité admirable, de la discipline et du respect pour les populations civiles et ce, loin de chez eux et loin de leur famille », poursuit-il. Le lieutenant général aviateur en retraite Guido Van Hecke accuse le député Van der Maelen de ne pas avoir attendu avant d’en savoir plus et de s’être précipité dans la polémique à des fins politiciennes:« Vous avez immédiatement pointé un doigt accusateur vers nos gens. Ils étaient quelque part dans la zone, donc coupable (…) Était-ce par souci d’équité ou était-ce une façon de récolter des votes à bon compte aux dépens de l’honneur de la profession de ces jeunes gens qui servent leur pays en mettant leur vie en danger ? »

Le lieutenant général aviateur Guido Van Hecke lors d’une cérémonie de commémoration aux morts de la Composante Air en 2016 (photo Composante Air)

En conclusion de sa lettre ouverte, le lieutenant général aviateur en retraite Guido Van Hecke demande des excuses publiques au député: « Je pense donc aussi monsieur Van der Maelen, qu’il serait équitable et approprié  que vous présentiez vos excuses publiques à toutes ces personnes que vous avez accusées à tort. Vous avez porté préjudice à leur travail et leur dévouement de manière extrêmement injuste. »

Selon des informations parues cette semaine dans la VRT, les F-16 belges n’ont pas participé au raid aérien de la coalition internationale à Mossoul du 17 mars dernier. De son côté, le ministère de la Défense a jugé que cette information était prématurée et qu’il attendait toujours le rapport d’enquête de la coalition internationale.

Jusqu’ici, les associations de Défense étaient restées silencieuses face aux accusations qui avaient suscité une polémique politique sur les frappes des F-16 belges en Irak et en Syrie. Certains médias avaient même parlé de « bavure ».

Un premier bataillon centrafricain formé par l’EUTM RCA bientôt opérationnel

Au camp KASSAI, les suédois participent à la formation des FACA. Aujourd’hui, le cours de combat se compose de deux mission: s’emparer d’une maison et la défendre. Après la partie théorique sur le tableau, mise en pratique sur le terrain. (crédit-photo adjudant-chef Tritz Vincent/EUTM RCA)

Le 3ème bataillon d’infanterie territorial centrafricain sera opérationnel à la fin du mois. Il s’agit du premier bataillon formé et entraîné par l’EUTM RCA depuis le lancement de la mission européenne en juillet 2016.

Le 3ème bataillon d’infanterie territorial compte 650 soldats répartis en 3 compagnies de combat (175 soldats par compagnie), d’une compagnie de commandement et de service ainsi que d’un état-major. La formation s’est déroulée en trois temps et a mobilisé 30 instructeurs pendant 7 mois. D’octobre à décembre 2016, le mandat 1 de l’EUTM RCA s’est concentré sur la formation de la 1ère compagnie et des personnels clés de l’état-major. De janvier à mars 2017, le mandat 2 de la mission européenne a formé de front la 2ème et 3ème compagnie. Durant le mois d’avril, l’ensemble du bataillon s’est exercé. Différents cours ont été fournis par l’EUTM tant au  niveau théorique qu’au niveau pratique: combat d’infanterie de différents niveaux (groupe, section, compagnie), tir de combat, éducation physique militaire et sportive, topographie, premiers soins au combat ou bien encore procédure radio.

En plus de l’entraînement opérationnel, l’EUTM RCA a apporté sa contribution en appui de

La section « ANACONDA » 2° compagnie 2° section réalise un exercice de combat.La mission consiste à « S’emparer d’une cache d’arme en suivant l’axe Lima1 et en revenant par Lima2.,Pour cette action un groupe doit s’emparer de la cache d’arme, un autre doit être en appui et le dernier se trouve en couverture. (crédit-photo adjudant-chef Tritz Vincent/EUTM RCA)

l’état-major centrafricain dans la sélection du personnel du point de vue médical et physique mais aussi en excluant tout militaire ayant été impliqué dans les événements récents (groupes armés, exactions…). Les militaires de l’EUTM RCA ont également conseillé les autorités militaires centrafricaines à propos des besoins en équipement de ses unités.

Le 3ème bataillon d’infanterie territorial recevra sa certification fin avril lors d’un exercice final sur le terrain où le bataillon dans son ensemble sera engagé. Il sera ensuite mis à la disposition des autorités centrafricaines qui décideront de son emploi opérationnel. Son déploiement reste toutefois conditionné à la disponibilité des équipements et à une chaîne d’appui logistique solide. Pour l’instant, ces deux conditions ne semblent pas réunies et ne permettent pas dans l’immédiat de déployer une unité de la taille d’un bataillon ou même d’une compagnie.

À partir du mois de mai 2017, l’EUTM RCA va commencer la formation d’une deuxième unité des forces armées centrafricaines. L’objectif du mandat initial de l’EUTM RCA est de former jusqu’à trois bataillons entre juillet 2016 et septembre 2018.

La Belgique est à la tête de l’EUTM RCA depuis janvier 2017 et a déployé 25 militaires en Centrafrique, en majorité issus de l’Eurocorps. Le général belge Herman Ruys commande environ 175 hommes issus de 12 pays différents.

Tir multi positions au camp de KASSAI (crédit-photo adjudant-chef Tritz Vincent/EUTM RCA)