Qu’en est-il de l’opération Desert Falcon et des frappes des F-16 belges en Syrie et en Irak ?

photo Défense belge

Le Soir parle de cacophonie et c’est bien le flou qui entoure la situation des F-16 belges basés en Jordanie et qui frappent en Syrie et en Irak depuis juillet 2016. Deux raisons sont à l’origine du flou: l’incident à Mossoul du 17 mars et le raid aérien américain sur une base syrienne dans la nuit du 6 avril. Si on ajoute une communication pas toujours très claire de la part du gouvernement et des différents ministères, il est difficile de s’y retrouver. 

Le déclencheur est bien le récent raid aérien américain sur une base syrienne. Dans un temps, l’agence Belga a annoncé que la Belgique avait suspendu officiellement ses vols au-dessus de la Syrie tandis qu’une autre source au sein de la Défense a précisé que la situation n’avait rien d’anormal puisque les F-16 belges ne se trouvaient pas tous les jours dans l’espace aérien syrien. Selon les dires de Steven Vandeput, il y a eu suspension de vols sans en avoir eu. Effectivement la Syrie ne concerne qu’environ 20% des missions des F-16 belges. Il n’est toutefois pas illogique de penser que la Belgique n’ait pas voulu prendre de risque pour ses pilotes si Russes et Américains ne s’entendaient plus et que l’espace aérien syrien n’était plus sûre. D’ailleurs les politiques belges se sont montrés réservés dans leurs réactions sur l’initiative américaine faite sans l’accord de l’ONU et qu’ils sont loin de franchement approuver. Cela ne signifiait pas de toute façon que la Belgique avait suspendu les missions de ses F-16 au-dessus de  l’Irak.

Des F-16 belges en Jordanie (photo Défense belge)

D’un autre côté, le récent incident du raid de la coalition à Mossoul du 17 mars joue également un rôle qu’on ne peut écarter. L’incident, qui a donné lieu à une polémique belgo-belge, doit pousser le gouvernement belge à la retenue pour ne pas avoir à gérer une autre polémique. La Défense est toujours dans l’attente des résultats de l’enquête de la coalition internationale et le parquet fédéral n’a pas lancé de procédure pour l’instant. Ce matin dans une interview sur Bel RTL, le ministre des Affaires Étrangères Didier Reynders a précisé que la Belgique avait modifié ses règles d’intervention notamment sur Mossoul, des règles d’intervention qui on le rappelle sont déjà très strictes aucune frappe n’étant effectuée avant une vérification poussée. Il semble que le jour de l’incident du 17 mars, les F-16 belges aient répondu à une demande urgente de leurs alliés irakiens et que le temps était couvert. En revanche, Didier Reynders a nié toute suspension de raids aériens belges. On l’a compris, la prudence est le maître-mot: sécurité des pilotes et sécurité des populations civiles.

Une chose est sûre, la mission des pilotes des F-16 belges déjà compliquée est loin d’être sereine au vu de la situation actuelle et de la position des politiques belges. Elle doit s’arrêter en juillet prochain et personne ne sait quand elle reprendra, les Pays-Bas n’assurant pas l’intérim. Pas sûr que la Belgique soit vraiment chaude pour retenter l’expérience dans un an surtout si la mort de civils venait à se confirmer. Une décision d’arrêter définitivement tout bombardement comme le Danemark ne serait pas surprenante d’autant plus qu’en 2019 de nouvelles élections vont avoir lieu avec la mise en place d’un nouveau gouvernement de coalition !

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