La grande bataille des Forces spéciales belges : le recrutement !

photo Malek Azoug/BE Defence
photo Malek Azoug/BE Defence

La Défense belge a indiqué hier que la plus grande bataille livrée en ce moment par les SFG (Special Forces Group) était le recrutement. Cette allusion clôturait un article sur un exercice d’infiltration nocturne effectué par des SFG. Un défi récurrent ces dernières années mais qui va se faire pressant avec la mise en place de la vision stratégique pour 2030.

Un renforcement des SFG pour 2030

Leur nombre est confidentiel et jamais communiqué par la Défense mais les SFG seraient entre 115 et 130. Dans la vision stratégique du ministre Vandeput, ils vont voir leur capacité grandir pour atteindre le chiffre de 225 opérateurs en plus des deux bataillons de paracommando, qui vont prendre la dénomination « Ranger » (SFSG: Special Support Forces Group) et évolueront en soutien des premiers. En tout, la Défense belge va être dotée d’une capacité de forces spéciales de 1309 hommes. Il va donc falloir recruter pour atteindre les objectifs annoncés mais pas simple.

Photo de recrutement publiée sur la page FB des SFG
Photo de recrutement publiée sur la page FB des SFG (© Fract-Art https://www.facebook.com/CManPower1960/)

 

 

Un recrutement continu depuis 2003

Depuis sa création le 5 février 2003 après la disparition de la Compagnie Special Forces, le recrutement est une des principales difficultés des SFG. Deux ans après sa création, ce corps d’élite n’avait que la moitié de son effectif prévu au départ comme l’indiquait à La Libre Belgique le lieutenant-colonel Claeys qui plaidait pour élargir le vivier de candidatures aux civils. Cette ouverture aux civils sera effective en 2007 sans régler entièrement le problème. En 2008, l’unité organise une journée d’informations pour les candidats, à la recherche de 23 opérateurs. Cette année-là, le SFG voit l’arrivée d’un ancien « marinier » (fusilier-marin) néerlandais en fin de contrat aux Pays-Bas ! En 2012, elle lance à nouveau une campagne de recrutement uniquement destinée aux militaires pour combler le vide dans ses effectifs, peinant à faire le plein. De fait, les SFG recrutent tout le temps et en continu et ce depuis leur création.

Une formation extrêmement exigeante et des contraintes familiales

En soi, les conditions d’accès sont plutôt larges. En plus des militaires, les civils peuvent aussi en faire partie après avoir suivi l’instruction militaire de base et si possible dans une unité para-commando puisque les brevets A-Commando et A-Para sont obligatoires pour devenir opérateur SF. Mais une chose est de faire acte de candidature, une autre est de passer la sélection. En 2007, seulement cinq candidats sur trente ont été retenus à l’issue de la semaine de sélection. Le taux de réussite était de 1% en 2011. En plus d’une formation extrêmement exigeante, les contraintes familiales sont aussi un autre obstacle de recrutement au vu du caractère très particulier et secret inhérent à toute unité de forces spéciales. Toutefois, il n’est pas question d’abaisser les critères de sélection. « J’ai besoin de la crème de la crème », expliquait en 2008 le commandant de l’unité, le lieutenant-colonel Bob Dufrane aux journalistes.

Les SGF lors de l'exercice international Flintlock en février 2016 au Sénégal (photo SFG)
Les SGF lors de l’exercice international Flintlock en février 2016 au Sénégal (photo SFG)

Une durée de formation très longue

Le cours de qualification pour devenir opérateur dans les SFG dure environ 19 mois voire plus. Il se compose de trois parties: la phase de pré-sélection (pré-stage), le cours de sélection (stage), et la formation complémentaire. Ce cours de qualification (ou Q-Course) est d’ailleurs très détaillé sur le site de l’unité, qui donne également des conseils pour bien se préparer à cette phase intensive de formation en amont. Après la réussite du programme de formation, les candidats reçoivent leur certification d’opérateur des forces spéciales. À partir de ce moment, ils sont incorporés à une équipe opérationnelle existante et peuvent être déployés pour des missions. On comprendra qu’au vu de la durée de la formation et du taux d’échec lors de la phase de sélection, les SFG doivent anticiper leur campagne de recrutement pour atteindre le nombre prévu d’effectifs. Une phase de formation a débuté le 2 janvier dernier pour 2017.

Les Forces spéciales belges bénéficient dernièrement d’une meilleure médiatisation avec la sortie d’une série de reportages exceptionnels sur la VTM en décembre et prochainement sur la RTBF. L’unité compte bien s’en servir pour attirer des candidats dans les prochaines années malgré les difficultés rencontrées. Et comme le dit si bien sa devise: « Who dares wins » !

 

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