[Coup de cœur] Les hommes du Bvr/5 Li en mission Vigilant Guardian à Bruxelles pour les fêtes (photos)

Depuis le mois de décembre, les hommes du  Bataillon Libération – 5 Ligne de Bourg-Léopold sont en mission Vigilant Guardian à Bruxelles pour Noël et Nouvel An. Cette unité d’infanterie a décidé de largement communiquer sur cette mission de sécurité et nous gratifie de très belles photos depuis quelques jours. Le contraste entre le militaire en patrouille et l’insouciance des personnes dans la rue est parfois saisissant. On aime aussi l’ambiance de Noël, les monuments de Bruxelles. C’est assurément le coup de cœur de cette fin d’année 2016 ! Une belle manière de rendre hommage à tous les militaires dans la rue pour ces fêtes de fin d’année !

Pour voir les photos: https://www.facebook.com/pg/Bvr5Li/photos/?tab=album&album_id=876151499144082

photo Bvr/5 Li
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Décès de Marcel Favorin, un des premiers SAS belges de 1942

photo www.paracommando.com
photo http://www.paracommando.com

Le site Paracommando nous a appris avec tristesse le décès de Marcel Favorin, avant-dernier SAS belge de 1942 qui était encore en vie.

Né le 21 août 1921 près de Charleroi, il a fait partie de la première unité d’élite belge: les SAS créés en 1942 et précurseurs du 1er Para-commando puis des SFG. Au sein de cette unité, il a participé à des opérations-commando en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale et à des missions de contre-espionnage. Il a quitté l’armée comme capitaine-commandant. Il est décédé le 29 décembre 2016 à l’âge de 95 ans. Il ne reste plus qu’un SAS de 1942 encore vivant: le caporal Pierre Vandendaele.

C’est donc une page historique des Forces Spéciales belges, qui est en train de se tourner. RIP !

L’avenir de la Composante Médicale devrait se dessiner en 2017

Photo Peter Leduc/BE Defense
Photo Peter Leduc/BE Defense

Des quatre Composantes de l’armée belge, la Composante Médicale est sans doute la moins connue et la plus discrète. Avec un peu moins de 2000 hommes, elle est la plus petite avec une proportion de 5,4% au sein de la Défense. Avec la mise en place de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput, elle devrait connaitre de profonds bouleversements. Beaucoup de spéculations ont circulé lors de cette fin d’année 2016 au sein du Département. 2017 devrait permettre d’y voir un peu plus clair à moins que les annonces soient encore retardées.

Le cas de l’Hôpital Militaire Reine Astrid de nouveau sur la table

L'Hôpital Militaire Reine Astrid le jour des attentats du 22 mars (photo BE Defense)
L’Hôpital Militaire Reine Astrid le jour des attentats du 22 mars (photo BE Defense)

En 2016, la Composante Médicale aura été mise à rude contribution avec les attentats du 22 mars et aura joué pleinement son rôle. L’Hôpital Militaire Reine Astrid en est un symbole. Il a accueilli un tiers des victimes des attentats, une situation inédite à laquelle le personnel a su faire face et s’adapter. Pourtant des spéculations demeurent autour de son avenir et ce n’est pas la première fois. En 2014, il était déjà question dans la presse d’une privatisation au point que l’ancien commandant de la Composante Médicale, le Médecin Général-Major Geert Laire, avait produit un document pour défendre l’Hôpital, demandant une rentabilisation des moyens. La vision stratégique prévoit une rationalisation du coût de fonctionnement global de 20 à 25% avec l’étude de cinq business models. On se dirigerait vers une collaboration interdépartementale et civilo-militaire renforcée. Il devrait rester un élément central de la médecine militaire. Il possède un Centre des grands brûlés à la réputation internationale. En novembre 2015, ce Centre avait accueilli 8 patients roumains du grave incendie de la discothèque, qui avait fait 32 morts et 90 blessés. Pour cette action, il avait reçu la plus haute distinction roumaine.  Les résultats d’un audit indépendant devaient être disponibles fin 2016 mais ils ne sont pas encore arrivés.

Le 1er EMI défilant le jour de la Fête Nationale le 21 juillet 2016 (photo Composante Médicale)
Le 1er EMI défilant le jour de la Fête Nationale le 21 juillet 2016 (photo Composante Médicale)

Le cas emblématique du 1er EMI

La plus grosse polémique de cette fin d’année a été la non-annonce de la fermeture du 1er EMI (Élément Médical d’Intervention) de Lombardsijde par manque d’officiers pour mi-2017 dans une note interne en date du 28 octobre 2016 qui a fuité.  Cette note interne a été mise en ligne sur le site du député Écolo Wouter De Vriendt. Certains syndicats ont dénoncé une décision arbitraire prise dans le dos des principaux intéressés. La nouvelle a provoqué une vive inquiétude au sein du personnel de l’unité concernée. Le ministre Steven Vandeput a dû apporter une clarification, apportant plus largement une vision d’ensemble sur la situation de la Composante Médicale. Un manque d’officiers va bientôt se faire sentir. Des mesures ont été prises dans le recrutement mais leurs effets ne se feront sentir qu’en 2030. Pour compenser ce manque, la Défense fait pour l’instant appel à des médecins civils contractuels. La situation sera particulièrement difficile pour le 1er EMI mi-2017 mais il n’est pas question d’une fermeture collective, simplement d’une réorganisation. Cette unité est importante comme soutien médical aux deux Composantes Terre et Marine en Flandre Orientale et en Flandre Occidentale. Cette note, qui n’était en fait qu’une proposition stratégique interne, n’aurait jamais dû être rendue publique et il y a eu une faille. Sa diffusion en dit long sur l’inquiétude du personnel médical militaire alors qu’une réorganisation globale se profile.

Photo BE Defense
Photo BE Defense

Vers la disparition de la Composante Médicale en tant que telle

Dans les changements au sein de la Défense qui se profilent pour 2030, la Composante Médicale ne va pas disparaître mais se dissoudre dans les autres « dimensions » (nouveau nom donné au composante), avec l’apparition d’une dimension renseignement-cyber-influence à part entière. Elle se retrouve dans le commandement et l’appui opérationnel. Désormais, elle va s’articuler autour de trois grands piliers d’organisation : un pilier opérationnel appelé « capacités » (62% de la capacité médicale totale), un pilier de mise en condition centralisé pour la préparation médicale des troupes et un pilier de support aux différentes activités médicales. Des coopérations sont possibles sur le plan national, renforçant le soutien à la sécurité intérieure. La Défense belge réfléchit également à une meilleure coopération au niveau européen et en premier lieu le Benelux. Ses effectifs vont diminuer autour des 1755 ETP, prenant un peu plus d’importance au sein d’une Défense de 25000 ETP (7%). Actuellement la Composante Médicale est soumise à un audit global. Les conclusions de cet audit sont attendues pour mi-2017. De là devraient découler les premiers choix dans sa réorganisation.

Toutefois, les premiers changements notables ne devraient pas intervenir avant 2021. L’inquiétude reste présente au sein d’une Composante en plein doute face à la restructuration annoncée. Son commandant, le Médecin Général-major Pierre Neirinckx, a rassuré et remotivé ses troupes fin novembre dans un communiqué qui confirmait également la mauvaise ambiance : « De nombreuses études sont en cours, et des rumeurs ou des fuites mal intentionnées d’une petite partie de ces analyses créent malheureusement encore plus de frustration et de doutes. (…) Ne baissez pas les bras, soignez vos patients, entraînez-vous, et restez fiers de ce que vous êtes capables de faire pour la Santé de nos militaires ! » En attendant les premières décisions, il demande à son personnel de faire confiance à la hiérarchie.

 

Des hauts responsables de la Défense en visite aux militaires de Vigilant Guardian pour Noël

photo Défense belge
photo Défense belge

En cette période des fêtes, les militaires de l’opération Vigilant Guardian étaient au centre des attentions et ont reçu la visite des plus hauts responsables de la Défense. Un signe de reconnaissance pour la plus importante opération de l’armée, qui mobilise 1.250 militaires sur tout le territoire belge et particulièrement à Bruxelles, Anvers et Liège.

Le chef de la Défense, le général Marc Compernol, a tenu à terminer sa tournée des popotes par Vigilant Guardian, rendant au passage hommage aux familles de militaires:« Afin d’assumer toutes ces opérations, en Belgique ou à l’étranger, plus de 2000 militaires sont déployés en ce moment. 2000 autres se préparent à prendre leur relève prochainement. Autant de familles qui sont confrontées à ces départs. Elles aussi méritent toute notre gratitude ! » Il est allé à la rencontre des différents militaires déployés à Bruxelles devant des institutions ou bien dans le métro pour Noël: bataillon Libération/ 5ème de Ligne, unité logistique, parachutistes, bataillon ISTAR, Lignards etc…

photo Bataillon Libération/5 de Ligne
photo Bataillon Libération/5 de Ligne

Le ministre Steven Vandeput était également sur le terrain le jour de Noël pour aller remettre des cadeaux aux militaires déployés et a fait un tour au PC de commandement du bataillon Libération/5ème de Ligne. La communication autour de cette visite s’est faite de manière bizarre. La dépêche de l’agence Belga autour de cette visite s’est faite sur base d’un tweet de sa porte-parole Laurence Mortier:« Il a effectué cette visite de Noël à ses troupes à Bruxelles « par gratitude » et « par respect », a indiqué sa porte-parole, Laurence Mortier, sur Twitter, photos à l’appui » sauf que par la suite ce tweet a été effacé. Le ministre, lui-même, est resté très discret sur cette visite. Le bataillon a toutefois publié des photos sur sa page Facebook.

tweet-porte-parole-vandeput-noel-2016

photo Bataillon Libération/5 de Ligne
photo Bataillon Libération/5 de Ligne

Noël s’est clôturé pour les soldats de Vigilant Guardian à Bruxelles par la visite du patron de la Composante Terre, le général Jean-Paul Deconinck. Ce dernier est l’un des plus critiques envers cette opération, qui pèse lourdement sur la Composante Terre. À l’occasion, l’agence Belga n’a pas manqué de rappeler que cette opération faisait débat au sein de l’état-major.

Les Chasseurs Ardennais, en mission OVG à Liège, n’ont également pas été oubliés. Le Commandant en second, l’Adjudant de Corps et le Caporal de Corps sont venus leur remettre des cadeaux de la Fraternelle le 24 au matin. Le Chef de corps et une autre partie du bataillon sont déployés au Mali et doivent rentrer en Belgique en janvier.

photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais
photo Fraternelle des Chasseurs Ardennais

82% des Belges ont confiance dans leur armée

photo Défense belge
photo Défense belge

Selon les données des Eurobaromètres, 82% des Belges ont confiance dans leur armée, une progression de 15 points en l’espace de 10 ans. La Belgique enregistre ainsi la progression la plus forte derrière la France. Ces chiffres de la Commission Européenne ont été publiés dans le dernier bulletin de l’Observatoire Économique de la Défense( ndlr: un organe du ministère français de la Défense) , mis en ligne sur le blog français Lignes de Défense.

Cette forte hausse s’explique par le contexte terroriste et les attentats survenus en Belgique le 22 mars dernier. Même controversée, l’opération Vigilant Guardian a sans aucun doute joué un rôle dans cette vision favorable des citoyens belges envers l’institution militaire. La Belgique se classe ainsi dans les 5 premiers pays européens avec le plus fort taux de confiance derrière la Finlande, la Grande-Bretagne, la France et l’Irlande. Selon ces mêmes données, cette confiance concerne majoritairement des hommes, âgés de 25-54 ans, de la classe moyenne inférieure, plutôt optimistes dans le futur de l’UE.

L’armée belge inquiète sur la mise en place réelle de la vision stratégique

crédit-photo Belga
crédit-photo Belga

La réforme de la pension militaire, annoncée au mois d’octobre par le gouvernement et qui avait provoquée colère et incompréhension dans les rangs de l’armée belge, semble mettre véritablement mettre un frein à la mise en place de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput de quoi donner raison aux craintes du général Marc Compernol. Après les beaux espoirs du début de mandat, certaines inquiétudes justifiées commencent à poindre.

Des achats ont pris du retard

Au début du mois de novembre, le  journal L’Écho soulignait très justement que l’appel d’offres du gouvernement pour le remplacement des F-16 se faisait attendre. Ce fameux appel d’offres, tant attendu par les constructeurs, devait être lancé avant Noël pour que le gouvernement Charles Michel puisse prendre sa décision avant la fin de son mandat. Il s’est fait attendre tout le mois de novembre et celui de décembre…en vain. La Libre Belgique a confirmé cette semaine qu’il n’interviendrait pas avant 2017. En cause ? La fameuse réforme de la pension qui a retardé la rédaction du cahier des charges. Les autres achats de matériel militaire semblent également gelés en attendant d’en savoir plus sur les modalités de la réforme, qui doit rentrer en vigueur à partir de 2018.

L’exemple du passé

Le général Marc Compernol avait déjà fait part de ses craintes devant la commission de la Défense nationale à la Chambre. Il estime que la réforme va coûter dans 3,1 milliards d’euros et qu’elle pourrait anéantir la vision stratégique. Dans l’éditorial du dernier numéro du mois de décembre de la Revue Militaire Belge, l’ancien général de brigade Jo Coelmont se montre aussi très pessimiste, se basant sur des exemples passés:« Nous ne pouvons oublier que tous les plans stratégiques ayant précédé celui-ci ont capoté étant donné que – à peine approuvés – le budget de la Défense fut systématiquement érodé lors du premier ajustement budgétaire semestriel qui suivit. Il importe maintenant de mettre fin à cette « habitude ». » Pour lui, il faut éviter que la Défense ne soit amenée en unité de « soins palliatifs » et elle doit absolument relever le défi de surmonter les difficultés:« Nous n’avons pas le droit d’échouer. Nous ne pouvons en effet pas nous le permettre. »

La loi de programmation militaire recalée par le Conseil d’État

Le dernier avis juridique du Conseil d’État, qui a recalé la loi de programmation de militaire, n’est pas là pour rassurer les militaires même si le ministre de la Défense a voulu relativiser. Cette loi était simplement là pour amener plus de clarté mais elle ne change en rien les investissements militaires décidés. Le  Directeur Général des Ressources Matérielles, le Général-major Thijs, qui a reçu dernièrement le syndicat PROdef.be, confirme qu’il a fallu encaisser cette nouvelle et que rien empêche les prochains gouvernements de « détricoter » la vision stratégique. Toutefois, il sera difficile de recaler les achats bilatéraux mais pour le reste, rien est certain. Dans ses vœux de fin d’année, Steven Vandeput ne dit pas vraiment autre chose: » Après des décennies d’âpres économies, nous avons décidé de travailler avec le gouvernement afin de réaliser de gros investissements », tout en ajoutant plus loin, « Les investissements prévus dans notre département ne sont naturellement pas un bien acquis ».

Le site Le Vif parle d’« une grosse claque à la suédoise » pour évoquer l’avis juridique du Conseil d’État sur la loi de programmation militaire et se montre très critique. Avec la réforme de la pension, les investissements décidés par le gouvernement Michel ne sont plus aussi certains malgré la volonté affichée du ministre Steven Vandeput. Cette situation n’est pas là pour rassurer les militaires belges, déjà très inquiets pour leur avenir.

 

Le général Peter Devogelaere prend la tête de l’EUTM Mali

photo EUTM Mali
photo EUTM Mali

Le général de brigade Peter Devogelaere a pris le commandement de l’EUTM Mali ce lundi 19 décembre, succédant à son homologue le général de brigade Éric Harvent. La cérémonie s’est déroulée en présence du général Marc Compernol, chef de la Défense, du général Jean-Paul Deconinck, patron de la Composante Terre, ainsi que du ministre malien de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga. Un temps annoncé par un communiqué de presse du 5 décembre, le ministre Steven Vandeput n’était finalement pas présent. 

Le général de brigade Peter Devogelaere était le commandant de la Brigade légère jusqu’à sa récente nomination. Cette brigade se compose en grande partie d’unités parachutistes, commandos, des forces spéciales (SFG) ainsi que du 12/13ème de Ligne. Il était arrivé à la tête de la Brigade le 16 juin 2014, prenant la succession du colonel Pascal Laureys. Il a débuté sa carrière militaire comme chef de peloton au 1er bataillon de Parachutistes en 1985. Il a également commandé le 3ème bataillon de Parachustistes de 2005 à 2007 et participé à une mission au Liban au sein de la FINUL durant cette période. De septembre 2013 à juin 2014, il a été commandant du Centre de compétence de la Composante Terre.

Suite logique de sa prise de commandement, des para-commandos de cette brigade vont être déployés très prochainement au Mali pour remplacer les Chasseurs Ardennais. Ils ont préparé leur déploiement au mois d’octobre lors d’un grand exercice au camp d’Otterburn en Angleterre.

Après la Brigade Médium, c’est donc au tour de la Brigade légère d’assurer la mission belge au Mali.

La Défense met ses opérations en valeur dans une vidéo

En cette fin d’année 2016, le service de communication de la Défense a tenu à mettre en valeur les différentes opérations de l’armée belge au cours de l’année écoulée dans une courte vidéo de 2’26. Le message:« notre engagement se poursuit ». Si l’accent est mis sur les opérations à l’étranger, une place est accordée à Vigilant Guardian, première opération citée avec des images des attentats du 22 mars. « La présence de la Défense à l’étranger garantit indirectement la sécurité de notre pays. Depuis que cette sécurité nationale est menacée, nos troupes sont également prêtes à défendre notre territoire », peut-on lire sur le site de la Défense.

[RÉTROSPECTIVE] Les moments marquants 2016 de l’armée belge

Photo Sedeyn Ritchie/BE Defense
Photo Sedeyn Ritchie/BE Defense

2016 aura été une année riche en engagement pour l’armée belge entre le Mali et l’Irak. Mais le point d’orgue de cette année opérationnelle sont les attentats du 22 mars et l’opération Vigilant Guardian. On ne peut manquer d’évoquer la mobilisation historique du 15 novembre contre la réforme du régime des pensions.

1. L’opération Vigilant Guardian

Comme en 2015, les militaires belges ont été déployés massivement dans les villes du pays pour atteindre le nombre de 1.800 malgré une baisse en fin d’année. Leur image est devenu familière pour les belges. Dans les journaux, des photos de patrouilles militaires illustrent désormais des articles en rapport avec la sécurité du territoire et le terrorisme. Opération pesant sur les unités de combat de la Composante Terre, l’armée belge a fait appel à des unités de logistique et même de la Composante Médicale. Elle continue d’alimenter régulièrement le débat politique et militaire avec des remises en question sur son efficacité et ses limites. Parallèlement, la Défense continue de mener l’opération Spring Guardian pour la protection des centrales nucléaires. Au mois de mai, des militaires ont été également déployés dans les prisons pour suppléer les gardiens de prison en grève dans une mission qui a été appelée brièvement: opération Central Guardian.

photo Daniel Orban/BE Defense
photo Daniel Orban/BE Defense

2. Les attentats du 22 mars

Les attentats du 22 mars, qui ont frappé la Belgique, ont marqué l’armée belge mise à contribution comme les différents services de sécurité et de santé du pays. Le document officiel Dbriefing de la Défense détaille précisément le rôle qu’a joué l’armée ce jour-là. Les deux lieux des attentats (Zaventem et Maelbeek) étaient sous la surveillance du bataillon de Chasseurs à cheval (ISTAR). Au moment de l’explosion dans l’aéroport, les militaires, qui se trouvaient loin du lieu de l’attaque, ont d’abord sécurisé leur position avant de se rendre dans le hall de départ en déplacement tactique et d’évacuer et soigner les blessés. Ils ont été soutenus par le 2ème bataillon de Commandos, réquisitionné en urgence, tandis que le 12/13ème de Ligne sécurisait l’aéroport de Liège. Le Service d’Enlèvement et de Destruction d’Engins Explosifs (SEDEE) a été énormément sollicité tant sur les lieux de l’attaque que sur ceux des perquisitions. L’Hôpital Militaire Reine Astrid a accueilli et soigné des blessés qui ont été évacués et transportés par les hélicoptères de la 40ème escadrille. Le 6e groupe Systèmes de Communication et d’Information (CIS) a assuré l’appui des transmissions de la Croix-Rouge, suppléant les autres réseaux de communication saturés. La police militaire a assuré les déplacements militaires en tout genre vers Bruxelles. Les unités de logistique ont également été mises à contribution pour soutenir leurs collègues. La Défense a installé son centre de crise en moins d’une heure au Centre des opérations et a été en contact étroit avec la Police fédérale et les services de secours. Ce centre de crise est resté opérationnel et actif pendant quatre semaines. Dans la lumière ou dans l’ombre, toutes les unités de l’armée belge ont agi avec efficacité durant les attentats et c’est pourquoi la Défense leur a rendu hommage appuyé dans son numéro Dbriefing spécial attentats à travers différents récits: » Des récits de personnes qui se sont surpassées, alors qu’elles étaient confrontées à d’horribles spectacles. Des récits d’une mobilisation hors norme et d’une forte réactivité. Des récits qui sont source de fierté et de gratitude. » Bravo à tous !

photo EUTM Mali
photo EUTM Mali

3. La Belgique prend la tête de l’EUTM Mali

Le 3 juillet 2016, le général de brigade Éric Harvent a pris le commandement de l’EUTM Mali en remplaçant le général de brigade allemand Werner Albl. Le mois précédent, le colonel Verdoodt avait pris de son côté le commandement de l’Education and Training Task Force (ETTF). L’armée belge porte son contingent au Mali à 175 militaires au mois de septembre, composé en grande partie de Chasseurs ardennais. Le Mali devient alors la plus importante mission à l’étranger pour la Composante Terre.

photo BE Defense
photo BE Defense

4. Les F-16 de retour en Jordanie

Le lundi 27 juin 2016, six F-16 belges ont décollé de la base aérienne de Kleine-Brogel en présence du ministre de la Défense Steven Vandeput et du commandant de la Composante Air le général-major aviateur Frederik Vansina pour rejoindre la Jordanie et remplacer les F-16 hollandais. Depuis, ils participent à la lutte contre Daesh au sein de la coalition internationale mais très peu d’informations filtrent sur les frappes menées. Le contingent belge a reçu la visite du Roi Philippe le 15 novembre dernier.

photo page FB Belgian Military Interests
photo page FB Belgian Military Interests

5. La mobilisation historique du 15 novembre

Les militaires belges n’étaient plus descendus dans la rue depuis 2002. La nouvelle de la décision du gouvernement de prolonger l’âge de la pension militaire a provoqué beaucoup d’émoi et de colère au sein des rangs de la Défense. Les syndicats ont appelé à manifester le jour symbolique de la Fête du Roi. Ils étaient environ 1/3 de l’armée belge à être descendus dans la rue, envoyant un message fort aux politiques. Des personnalités importantes du monde de la Défense ont pris publiquement position pour apporter leur soutien aux manifestants. On peut déjà qualifier cette manifestation d’historique.

L’armée belge aura été mise à rude contribution cette année mais elle a répondu à chaque fois présente pour la sécurité de la Belgique. Pour 2016, les attentats du 22 mars resteront sans aucun doute l’événement le plus marquant. Maintenant cap vers 2017 pour de nouveaux défis !

La Belgique va renforcer sa présence militaire en Centrafrique et en Irak

photo Défense belge
photo Défense belge

Différents engagements opérationnels de l’armée belge pour 2017 étaient à l’ordre du jour du Conseil des ministres d’aujourd’hui. Les principaux enseignements sont que la Belgique va renforcer sa présence militaire en Centrafrique et en Irak.

L’information avait filtré début novembre mais le général belge Herman Ruys, qui était jusqu’ici en poste à l’Eurocorps, va prendre la tête de la mission européenne en Centrafrique et remplacer le général français Éric Hautecloque. L’information a été confirmée par le site Bruxelles2 le 12 décembre dernier. Parallèlement, l’armée belge va y envoyer 26 militaires pour participer à la mission d’entraînement européenne . Ils seront principalement affectés au quartier général de l’Eurocorps à Bangui de janvier à juin 2017.

En Irak, la Belgique va envoyer un deuxième détachement d’environ 30 instructeurs en plus de la dizaine d’autres déjà présents sur place. Ce deuxième détachement formera les équipes A&A (Advice and Assist) en collaboration avec les Pays-Bas,  comme annoncé fin novembre, pour soutenir les troupes irakiennes. Ce second groupe devrait rester stationné dans les environs de Bagdad, alors que le premier sera déployé plus au nord, dans la région d’Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. En appui à cette opération, un officier de liaison sera déployé au sein du US Special Operations Command à Tampa.

De plus dans la lutte contre Daesh en Irak, le gouvernement a prolongé la mission du détachement F-16, composé d’environ 110 militaires et basé en Jordanie, jusqu’à la fin du mois de juin 2017. À partir de juillet 2017, la Belgique déploiera un détachement de protection pour les F-16 hollandais jusqu’à décembre 2017.