Le bataillon ISTAR participe à Combined Resolve VII

photo Bataillon ISTAR
photo Bataillon ISTAR

Environ 120 militaires du bataillon ISTAR ou bataillon de Chasseurs à Cheval participent au grand exercice de l’OTAN Combined Resolve VII à Hohenfels en Allemagne du 29 août au 15 septembre 2016. Plus de 3.500 militaires de tout pays sont présents pour cet exercice sous commandement américain : Arménie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, France, Hongrie, Macédoine, Moldavie, Monténégro, Norvège, Pologne, Roumanie, Serbie, Slovénie, Ukraine. Les militaires belges doivent s’adapter à la façon de travailler des Américains notamment sur la façon de récolter des renseignements comme éclaireurs.

Le bataillon ISTAR (Intelligence, Surveillance, Target Acquisition and Reconnaissance) est une unité spécialisée dans l’observation et la reconnaissance et il fournit de l’appui aux unités combattantes. Il participe régulièrement à Vigilant Guardian et a été projeté au Mali de septembre 2015 à janvier 2016. Sur la photo, on peut apercevoir un Unimog SCB (surveillance du champ de bataille) de marque Mercedes.

Vigilant Guardian : Le gouvernement belge dans une impasse ?

photo Défense belge
photo Défense belge

Avec la rentrée politique, le sujet brûlant des militaires dans la rue revient dans le débat politique d’autant plus que le premier Conseil des Ministres du 26 août était principalement axé sur des dossiers de la Défense: prolongation de la mission des militaires dans la rue et lancement de deux procédures de marché public pour l’armée. Le gouvernement cherche, sans trop le dire, la solution pour mettre fin à Vigilant Guardian tout en maintenant un même niveau de surveillance. Pas facile d’autant que  l’opposition se fait pressante et que les syndicats font entendre leur mécontentement. 

Des incidents entre militaires et population civile

Depuis peu, cette opération est répertoriée dans les opérations de l’armée belge sur le site officiel de la Défense. On peut lire:« Depuis janvier 2015, l’opération Vigilant Guardian (OVG) est en cours dans notre pays. Les militaires présents dans les rues offrent un appui permanent à la police grâce à du personnel qualifié prêt à intervenir lors d’événements similaires au 22 mars 2016. L’OVG permet à la population de se sentir en sécurité et de mieux comprendre le métier de soldat. (….) La Défense poursuivra coûte que coûte la protection de notre nation. » Pourtant, le journal Le Soir se fait l’écho dans son édition du jour d’incidents et d’abus venant de militaires belges d’OVG. Le député cdH de l’opposition Georges Dallemagne, par ailleurs membre de la Commission Défense Nationale à la Chambre, met en garde : »Les militaires, qui sont de grands professionnels en terrain de guerre et de combat, sont coincés depuis maintenant 18 mois dans des missions très statiques. On comprend qu’ils puissent se fatiguer,On comprend aussi qu’un manque de respect, comme ce fut prétendument le cas à Ribaucourt, attise les tensions psychologiques. » En mars, un lieutenant du 1/3 bataillon Lanciers évoquait déjà indirectement ce risque sur le site officiel de la Défense:« La discipline et la rigueur nous permettent de rester concentrés en permanence et d’anticiper la menace terroriste. Si nous perdons en concentration, incidents et problèmes peuvent survenir. »  Il ne croyait pas si bien dire !

Manque d’un cadre légal précis et adapté ?

photo Défense belge
photo Défense belge

Le cadre légal est un autre problème. Certains syndicats dénoncent le flou de cette mission de soutien à la Police Fédérale, un problème déjà évoqué au mois d’avril dernier notamment par rapport aux fouilles de sac. Sans autorisation et présence de la Police, les militaires belges ne peuvent en aucun cas procéder à des fouilles de sac. Le problème c’est que certains militaires ne semblaient pas être au courant de ce cadre légal malgré les démentis du cabinet de Steven Vandeput. En juillet après la polémique sur la non-intervention de militaires français de l’opération Sentinelle lors de l’attentat du Bataclan en novembre 2015, Steven Vandeput avait assuré que les militaires belges déployés dans la rue avaient les moyens à leur disposition pour réagir adéquatement: »Nos militaires sont en rue dans un contexte très spécifique avec des règles d’engagement adaptées », des règles d’engagement apparemment très précises mais qui ne seront pas débattues en public. Les syndicats ne semblent pas pour autant rassurés. « Les militaires, de bonne foi, posent parfois des actes auxquels ils n’ont pas droit », explique Vincent Gilles du syndicat SLFP-Police, qui proposait en juillet dernier la présence d’un policier par patrouille militaire comme la France. Alors règles d’engagement adaptées et légales ou pas ?

georges dallemagneVers la création d’un corps spécialisé de substitution ? 

Le député Georges Dallemagne se fait pressant: « On est arrivé au bout de ce modèle d’intervention : ils (ndlr: les militaires) sont formés pour autre chose, ils manquent sur le terrain international et ils en ont assez. » On a déjà l’occasion sur ce blog de revenir sur les contraintes que posent Vigilant Guardian à l’armée et à la Composante Terre au bord de la rupture. L’idée d’une garde nationale pour remplacer les militaires dans la rue a fait le jour et le gouvernement a commencé à communiquer à ce sujet même si on parle dorénavant plus d’un corps de sécurité spécialisé et composé de militaires et de policiers. Le député y semble d’ailleurs favorable puisqu’il va déposer une résolution dans ce sens. Les différents syndicats policiers et militaires semblent plutôt mitigés. Pour les syndicats policiers, ce corps va créer des inégalités de traitement. Les syndicats militaires, eux, craignent de voir l’armée perdre encore du personnel alors qu’ils demandent du recrutement pour rajeunir et renouveler le personnel militaire. Même si l’opposition à ce nouveau projet sera sans doute beaucoup plus forte côté policier, elle devrait aussi présente au sein de l’armée.

En rajoutant également le lourd coût financier d’une telle opération (78  millions d’€ en 2016) en plus des autres problèmes évoqués, le gouvernement Charles Michel ne va pas avoir d’autre choix que de mettre fin à l’opération Vigilant Guardian mais cela est loin d’être si simple. La solution de remplacement pourrait prendre du temps à se mettre en place de façon efficace. En plus, il n’y a pas de solution parfaite et le gouvernement français est confronté au même problème. Le dispositif Sentinelle devrait être adapté avec plus de mouvements et moins de posture statique. Une idée pour l’armée belge ?

Vigilant Guardian : Les 1828 militaires restent dans la rue

opération homeland nov 2015Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon avait déjà préparé le terrain en indiquant jeudi que rien n’avait changé concernant le niveau de menace. C’est sans surprise que le gouvernement a prolongé le déploiement des 1.828 militaires dans la rue en appui de  la Police Fédérale pour une durée d’un mois du 3 septembre au 2 octobre 2016. Le niveau de menace étant toujours de 3, le nombre de militaires déployés est toujours aussi important.

Des frigobox pour les militaires de Vigilant Guardian

Information intéressante en ces temps de chaleur, la Défense a fait l’acquisition de frigobox afin que les militaires de l’opération Vigilant Guardian puissent maintenir au frais leurs repas (lunchpacket) et boissons dans les camions selon le service de presse, cité par le journal La Capitale. Chaque frigobox a une capacité de 26L. Il y a fort à parier qu’au vu de sa taille, les militaires y mettront surtout de la boisson que la nourriture. La prolongation de l’opération Vigilant Guardian, qui doit être discutée demain au Conseil des Ministres, oblige la Défense à s’adapter et à faire des achats supplémentaires. Vont-ils être facturés au ministère de l’Intérieur ?

Vers une « garde nationale » belge en 2017 ?

Charles Michel et Jan Jambon en visite à Etterbeek, au siège des unités spéciales de la police fédérale (photo Belga)
Charles Michel et Jan Jambon en visite à Etterbeek, au siège des unités spéciales de la police fédérale (photo Belga)

Selon une information de la Dernière Heure, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon souhaite créer pour 2017 un nouveau corps de sécurité mobilisable à toute heure peu importe le niveau de menace. Ce nouveau corps se créerait sur le modèle français lancé par François Hollande: une « garde nationale » en quelque sorte. Actuellement, il est prévu que 1.440 militaires dépêchés au sein de l’armée sur base volontaire composent cette garde, tout comme 220 membres du corps de sécurité du SPF Justice. On comprend aisément l’objectif de cette garde mais cela pose toutefois des questions.

Pourquoi cette « garde nationale » ?

Le but est plus qu’évident: soulager les militaires et les policiers dans la rue car l’opération Vigilant Guardian ne semble pas prête de s’arrêter. Le chercheur André Dumoulin, attaché à l’IRSD (Institut royal supérieur de Défense), évoquait déjà au mois de mai 2016 la création d’un tel corps de sécurité nationale (« Direction Surveillance et Protection ») composé de 1220 anciens militaires, 420 membres du corps de sécurité du SPF Justice et 410 agents de sécurité de l’aéroport de Bruxelles. C’est bien la preuve que l’idée circule dans les milieux militaires, de façon plus ou moins confidentielles, depuis quelques mois. Dans le cas présent, on soulignera que l’idée émane du ministère de l’Intérieur et non de la Défense. C’est tout simplement parce que le financement de l’opération Vigilant Guardian, qui est un appui de l’armée à la Police Fédérale, revient à l’Intérieur. L’armée facture son soutien à la police (18,2 millions d’€ en 2015). En plus de soulager l’armée et la police, ce corps a sans aucun doute également le but de baisser le coût d’une telle opération de sécurité qui va durer.

logo réserveEt la réserve ?

Avec cette création, on se dirigerait plus vers de la sécurité privée que l’idée de la défense du territoire nationale. La France n’a pas hésité à axer sa communication sur la réserve, à recruter et à projeter des réservistes dans la rue dans le cadre de l’opération Sentinelle. La Belgique possède bien une réserve, dont le cadre est défini par la loi du 21 mai 2001 depuis la suspension du service militaire le 1er mars 1995. Le réserviste belge doit se mettre à disposition de la Défense au moins 5 jours à 7 jours par an. Cela réduit donc les possibilités de mobiliser la réserve dans le cadre de l’opération Vigilant Guardian. D’ailleurs, il n’en a jamais été fait allusion. De plus selon les derniers chiffres, l’armée ne compterait que 5.806 réservistes dont seulement 1.196 sont des réservistes « entraînés », aptes à être engagés. Lors d’un symposium organisé à l’École Royale Militaire de Bruxelles sur « La Réserve, aujourd’hui et demain » le 14 novembre 2015, le lieutenant-colonel de réserve Philippe Légat espérait que d’ici 2030 la Défense puisse compter sur 6.000 réservistes disponibles répartis dans quatre catégories : réserve spécialisée, d’appui, territoriale et civile. D’ailleurs le document de la Vision Stratégique de la Défense pour 2030 prévoit de renouveler et de réactuliser la réserve actuelle avec la disparition de la réserve non spécialisée et la création de compagnies de réserve, constituées d’infanterie légère, qui soutiendraient les forces terrestres dans ses missions de sécurité intérieure.

Des réservistes belges lors d'une compétition nationale de réservistes à Spa en octobre 2015 (photo Défense belge)
Des réservistes belges lors d’une compétition nationale de réservistes à Spa en octobre 2015 (photo Défense belge)

Où en est l’engagement volontaire militaire (EVMI) ?

L’engagement volontaire militaire (EVMI), lancée en 2010 par le ministre de la Défense de l’époque Peter de Crem, devait rajeunir l’armée belge et permettre à des jeunes sans diplôme de devenir militaire pour une période de 2 à 4 ans. C’était une forme de service militaire volontaire. Le bilan de ce dispositif a été fait en 2015, cinq ans après sa mise en place. Il n’aurait pas convaincu les jeunes malgré les premiers chiffres encourageants au moment de son lancement. Le syndicat CGSP a parlé d’échec total, trois quart des candidats n’allant pas au bout de leur engagement. Entre 2010 et 2014, 840 places ont été ouvertes mais seulement 348 places ont été pourvues. Sur ces 348 volontaires, 10 ont achevé leur engagement, 118 sont passés sous un autre statut militaire et 21 étaient encore en place. Malgré une modification du statut en 2014, le dispositif ne convainc toujours pas les jeunes et il devrait disparaître.

On attend d’en savoir plus sur cette création d’une garde nationale et ce projet de loi avant de s’en faire une réelle idée d’autant plus que cette initiative vient de l’Intérieur. Comment la Défense va-t-elle s’imbriquer sur ce projet ? La Belgique n’échappe pas au débat d’un retour au service militaire ou de la création d’une garde nationale mais elle semble plus se tourner vers de la sécurité privée qu’une sorte d’appel à la mobilisation nationale à travers la réserve par exemple. Mais par cette création, on a déjà une certitude : Vigilant Guardian va continuer sous une forme ou une autre !

[JO 2016] Le bilan des sportifs de la Défense à Rio

Après la fin des Jeux Olympiques de Rio, l’heure est au bilan. La délégation belge ramène au pays 6 médailles dont 2 en or, et réalise ses meilleurs JO depuis vingt ans. Si les sportifs de haut-niveau de la Défense n’ont pas gagné de médailles, ils n’ont toutefois pas démérité et ont réalisé de belles performances.

Photo Belga
Photo Belga

L’une des seules déceptions peut venir du judoka Toma Nikiforov, un des meilleurs espoirs de médailles. Il a malheureusement été assez rapidement éliminé dès les 8èmes de finale par le géorgien Beka Gviniashvili. Le Belge n’a pas caché sa déception à la presse après son élimination, tout en reconnaissant qu’il était tombé sur plus fort. Mais à 23 ans, il a encore de l’expérience à prendre et du temps devant lui : »Je suis jeune, des Olympiades il y en aura au minimum encore une et si mon physique le permet j’en aurai encore deux« , a-t-il confié après ce combat. On l’espère pour lui et ce sera à Tokyo en 2020, au pays du judo !

marten van riel jo 2016Le triathlète Marten Van Riel a fait plus qu’atteindre ses objectifs, lui qui visait le top 16.  Il a fini 6ème au classement final et a réalisé une très belle performance (1H46:03). Sur Twitter, l’athète lui-même n’en revenait pas de son classement.  Le site de la Défense n’a d’ailleurs pas manqué de saluer rapidement sa performance :« Avec sa sixième place, Marten Van Riel reçoit le diplôme olympique réservé au top 8. Encore un petit pas à franchir et il fera partie du top mondial. Il a terminé, en effet, à seulement vingt secondes du finaliste médaillé de bronze et à une minute du médaillé d’or. Félicitations Marten ! »

Photo News/Peter De Voecht
Photo News/Peter De Voecht

Elke Vanhoof a réussi à atteindre son objectif i-e participer à la finale. La coureuse de BMX s’est classée 6ème à 5,5 secondes de la première. « Mon départ en finale n’était pas idéal. J’espérais partir comme dans la première ou troisième série, mais ça n’a pas été du tout. Je suis restée trop longtemps sur ma roue arrière ce qui m’a fait perdre pas mal de vitesse. Après la chute de Laura Smulders dans la dernière ligne droite, tout était fini. Il y avait plus à faire mais je suis contente avec une place en finale », a-t-elle commenté. Elle n’en reste pas moins satisfaite de ses Jeux.

ruben scheire et jens schuermans jo 2016Les coureurs de cross-country Ruben Scheire et Jens Schuermans ont eu un classement plus qu’honorable. Le 1er s’est classé 11ème tandis que le second a fini 18ème . Ruben Scheire, champion de Belgique en titre, s’est déclaré satisfait de ces JO:« Je visais un top 16, ç’aurait déjà été très beau aux Jeux. Quand tu finis finalement 11e, c’est super. J’ai fait aujourd’hui ma meilleure course de l’année. J’aurais pu finir 10e, mais dans le dernier tour, j’ai bêtement chuté, ce qui m’a fait perdre quelques secondes. » De son côté Jens Schuermans a manqué son départ et eu quelques incidents mécaniques, ce qui l’a empêché d’atteindre son objectif de départ le top 15. « Je visais la 15e place, mais il m’a fallu l’oublier au sommet de la dernière bosse où ma chaîne a sauté (…) C’est vrai qu’en définitive, l’incident ne m’a pas coûté tellement de places, mais cela aurait quand même été plus beau de finir dans le top 15. Or ce n’est malheureusement pas le cas, et donc j’enrage », a-t-il commenté un peu déçu.

Le bilan est donc plus que positif pour les athlètes de la Défense d’autant qu’il faut rappeler que c’était pour tous les cinq leurs premiers Jeux Olympiques. La Défense belge a d’ailleurs souligné qu’ils s’étaient honorablement défendus, tout en étant déjà tournée vers 2020 :« Félicitations à tous les athlètes belges ! Les entraînements pour les prochains jeux d’été organisés à Tokyo en 2020 peuvent commencer. » Rendez-vous à Tokyo en 2020 !

Portes ouvertes au 2ème bataillon Commandos le 12 octobre

Pour l’instant, la Composante Terre n’a pas toujours pas organisé ses traditionnelles portes ouvertes après avoir dû annuler celles initialement prévues le 29 mai à cause de l’opération Vigilant Guardian. Certains régiments en organisent toutefois à leur échelle. C’est le cas du 2ème bataillon Commandos, basé à Flawinne. Elles auront lieu le mercredi 12 octobre de 10H00 à 17H00 avec au programme de nombreuses activités et démonstrations.

2 bataillon commandos

 

2 bataillon commandos-2

Le commandant de la Force Barkhane a rendu visite à l’EUTM Mali

Comme l’a indiqué l’EUTM Mali sur sa page Facebook,  le commandant français de la Force Barkhane  le Général-Major François-Xavier Le Pelletier de Woillemont, accompagné du représentant de la Force Barkhane au Mali le Général de Brigade Patrick Gournay, a rendu visite à son homologue de l’EUTM Mali  le Général de Brigade Éric Harvent le 15 août 2016. « Ce fut l’occasion pour les trois généraux de coordonner leurs efforts respectifs et de discuter de possibles collaborations futures », a simplement précisé la communication de l’EUTM Mali. Sur la photo, on remarquera accrochée au mur la photo officielle du couple royale.

photo EUTM Mali
                photo EUTM Mali

Homeland et Vigilant Guardian de nouveau sur la sellette

Commencée le 17 janvier 2015, l’opération Vigilant Guardian (OVG) ou Homeland n’a cessé de prendre de l’importance. Actuellement 1.800 militaires belges patrouillent dans les rues, un nombre élevé pour l’armée belge et du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. Régulièrement prolongée par le gouvernement, elle ne semble pas prête de s’arrêter au vu du contexte actuel. La situation devient critique notamment pour la Composante Terre. L’opération et ses conséquences ont de nouveau été discutées dernièrement dans les médias.

Des militaires du 29ème bataillon Logistique s'entraînant pour Vigilant Guardian (photo FB 29ème bataillon Logistique)
Des militaires du 29ème bataillon Logistique s’entraînant pour Vigilant Guardian (photo FB 29ème bataillon Logistique)

La Composante Terre est forte de 12.000 hommes selon les derniers chiffres officiels. On comprend donc que la mobilisation de 1.800 hommes, qui proviennent en très grande majorité de cette Composante, pèse et met en péril son opérationnalité d’autant plus que la Belgique va disposer d’un contingent important au Mali en septembre (120 hommes). Elle a d’ailleurs dû annuler ses portes ouvertes du 29 mai 2016 par manque de personnel et de matériel. Elle pourrait bien ne pas avoir lieu du tout en 2016. Certains diront que depuis janvier 2015, le contact avec la population est 24H/24 mais l’exemple est significatif.  Présent jusqu’en août à Bruxelles, le 12-13ème bataillon de Ligne, basé à Spa, a transféré son PC de commandement dans la capitale pour mieux coordonner et gérer les opérations. En juin, la RTBF indiquait que des militaires d’unités d’appui se préparaient pour pouvoir participer à Vigilant Guardian et suppléer leurs camarades des unités de combat durant l’été. Déjà au mois de mai, le 29ème bataillon de Logistique de Grobbendonk publiait des photos sur sa page Facebook d’entraînement dans le cadre d’une participation à Vigilant Guardian. C’est désormais officiel puisque le site de la Défense a publié le portrait du 1er sergent Lisa d’une unité spécialiste en systèmes de communication et d’information (CIS), participant à Vigilant Guardian. Ces unités fourniraient 10% des effectifs déployés.

photo FOB http://forcesoperations.com/
photo FOB http://forcesoperations.com/

Pourquoi ce soudain regain d’intérêt envers cette opération ? Le tout est partie d’une lettre poignante publiée sur Facebook d’un militaire belge. Son succès est devenu viral au point d’atteindre les internautes français. Dans ce message, ce militaire belge explique son ressenti sur sa mission et tente d’expliquer aux gens qu’il est un humain comme un autre:« Je suis un de ces soldats qui sont prêts à quitter notre pays pour un autre. Ce soldat qui est prêt à laisser les gens qu’il aime sans savoir s’il reviendra. Et je vous entends déjà dire: ‘Vous avez signé pour ça’. Oui, vous avez raison. Nous avons signé pour ça. Par contre, nous n’avons pas signé pour les insultes, les manques de respect et toutes les agressions dont nous sommes victimes. Mais vous avez raison. En nous engageant, nous savons ce qu’il nous attend lorsque nous sommes en mission dans notre propre pays » évoquant plus loin les personnes respectueuses qui remercient les militaires ou leur apportent à manger  » Vous savez pourquoi ces petits gestes sont si importants pour nous? Car ils nous rappellent que nous ne sommes pas que des pions en uniforme qui apportent un sentiment de sécurité aux citoyens, pour éviter la peur dans leur regard à chaque suspicion d’attaque. Ils nous rappellent que nous existons, que notre travail n’est pas juste de se balader dans les rues (…) Ces petits gestes sont si importants. Pour nous, ils veulent dire beaucoup. Aux personnes qui sont intimidées par nos uniformes et nos armes: n’oubliez pas que nous ne sommes que des hommes et que nous avons les mêmes émotions que vous. »

photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne
photo FB bataillon Libération-5ème de Ligne

Les médias belges ont parlé d’un ras-le-bol chez les militaires belges, parlant de démissions à cause de Vigilant Guardian. Renchérissant, le site français Zone Militaire n’a pas hésité à titrer « Démissions en série dans l’armée belge », un titre un peu trop exagéré et catastrophique si on lit l’article ensuite. Il y aurait en tout entre 10 et 20 militaires, qui auraient démissionné et ce pour des raisons différentes. Rien de vraiment alarmant. L’agence Belga évoque des divorces en hausse chez les militaires, des heures supplémentaires  mal-payées, une mission qui peut durer jusqu’à 5 semaines. Selon le secrétaire permanent de la CGSP-Défense, Patrick Descy, la grogne porterait aussi sur la baisse des mission d’entraînement, la base du métier de militaire professionnel. Les mises en garde sur la perte des capacités opérationnelles des unités belges à cause de Vigilant Guardian sont récurrentes et parfois par des personnes extérieures de l’armée belge. C’est d’ailleurs facile à comprendre. Il est difficile de faire des manoeuvres avec différentes unités, occupées alternativement dans les rues. En juillet, des lignards étaient dans les rues à Bruxelles avec le bataillon ISTAR et des commandos. En août, des parachutistes ont pris la relève et on peut ajouter des militaires d’unités d’appui, évoqués ci-dessus.  Le bataillon Libération – 5 Ligne est projeté en partie au Mali tandis qu’une autre patrouille dans les rues. Toutefois la vision alarmiste de cette dépêche contraste avec l’accent appuyé mis par la communication de la Défense sur la fierté des militaires dans leur rôle de protection des citoyens. Les militaires sont peut-être plutôt inquiets pour la conservation de leurs compétences et savoir-faire mais la presse belge ne se penche pas vraiment sur le sujet et certains citoyens ne semblent pas pouvoir le comprendre à lire certains commentaires .

On saura fin août-début septembre si Vigilant Guardian va être prolongée et si oui avec quel niveau de mobilisation. En attendant, l’opération continue de faire parler dans la presse, dans la communauté militaire et la société civile. Avec la France, la Belgique est le seul pays européen à avoir mobilisé massivement les militaires dans la rue à proportion égale. Cette situation inédite risque de faire encore parler et d’interroger. Il sera intéressant de voir la réaction des citoyens si elle venait à durer.

 

[JO 2016] 5 sportifs de la Défense à Rio

photo Défense belge
photo Défense belge

La Défense belge va envoyer 5 sportifs de haut-niveau aux Jeux Olympiques de Rio : Toma Nikiforov (Judo), Marten Van Riel (Triathlon), Elke Vanhoof (BMX), Ruben Scheire et Jens Schuermans (Mountainbike)

photo Défense belge
photo Défense belge

      – Premier soldat Toma Nikiforov. Affecté à l’École royale militaire à Bruxelles, il entre en lice le 11 août  à 15h. Né le 25 janvier 1993, il est l’un des plus grands espoirs du judo belge. En 2015, il a ramené le bronze des Jeux Européens de Bakou et l’argent en 2016 après s’être distingué dans les catégories de jeunes. Il est 9ème au classement mondial. Ce sont ses premiers jeux olympiques. Pas d’objectif particulier, il prendra les combats les uns après les autres.

photo Défense belge
photo Défense belge

     – Premier soldat Marten Van Riel. Affecté au Bataillon d’artillerie de Brasschaat, il entre en lice le 18 août à 16h. Né le 15 décembre 1992, il s’est distingué lors des derniers jeux mondiaux militaires de Poshang où il a fini 2ème. Il a été médaille de bronze à la coupe du monde à Chengdu en 2016. Il s’entraîne habituellement dans les Pyrénées.  Ce sont également ses premiers jeux olympiques. Il espère finir dans le top 16. 

photo Défense belge
photo Défense belge

    – Premier soldat Elke Vanhoof. Affectée au 10ème Groupe Communication Information System à Bourg-Léopold, elle entre en lice le 19 août à 18h30. Née le 16 décembre 1991, elle a été 6 fois championne de Belgique de 2010 à 2016. Elle a remporté l’or en 2015 aux championnats d’Europe. Elle est 5ème au classement UCI. C’est sa première participation à des jeux olympiques. Elle vise la finale.

photo Défense belge
photo Défense belge

    – Premier soldat Ruben Scheire. Affecté à l’Air Trafic Control Center à Semmerzake, il entre en lice le 21 août à 17h30. Né le 6 décembre 1991, il a été champion du Benelux en 2009 puis champion de Belgique en 2016. Il participe pour la première fois à des jeux olympiques. Il espère être dans le top 20.

photo Défense belge
photo Défense belge

   – Premier soldat Jens Schuermans. Affecté au 10ème Wing tactique à Kleine-Brogel, il entre en lice le 21 août à 17h30. Né le 13 février 1993, il est sportif professionnel depuis 2014. Il s’est classé 22ème aux championnats d’Europe en 2016 pour sa première saison dans l’élite. Ce sont ses premiers jeux olympiques. Il vise le top 15.

Ces jeunes athlètes vont porter haut les couleurs de la Défense belge avec l’espoir de ramener des médailles !