La coopération internationale était au cœur du défilé du 21 juillet

photo BE Défense

En plus du thème « Fier de servir », la coopération internationale était également au cœur du traditionnel défilé militaire du 21 juillet qui a accueilli 158 militaires étrangers, contrairement à l’année dernière, avec en arrière-plan l’idée d’une défense européenne, largement reprise par les commentateurs du défilé. 

Tout d’abord, un détachement de l’Eurocorps occupait une place à part entière dans le défilé à pied pour fêter ses 25 ans. La Défense avait choisi de mettre ses différentes missions à l’étranger en avant.

La Lituanie était représentée tant dans le défilé à pied que dans le défilé motorisée. Un contigent de 100 militaires belges, appuyé de militaires luxembourgeois, est déployé en Lituanie dans un battlegroup dont  l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Norvège font partie.  Dans le détachement enhanced Forward Presence (eFP) composée de militaires de la logistique et des transmissions qui défilait, on pouvait apercevoir des militaires lituaniens et allemands. Côté motorisé, un véhicule de transport lourd Scania transportait un char Léopard II allemand.

photo BE Défense

L’EUTM Mali était également à l’honneur pour illustrer l’action de la Belgique dans des missions internationales en Afrique. Le détachement était composé de Chasseurs Ardennais, qui ont été projetés sur ce théâtre d’opérations entre juillet 2017 et janvier 2018. Ces derniers étaient accompagnés de militaires espagnols qui ont défilé derrière leur porte-drapeau. Ils provenaient du régiment d’infanterie « Inmemorial del Rey » n°1.  Au Mali, la Belgique a beaucoup collaboré avec l’Espagne qui va prendre sa succession à la tête de la mission tout comme cela sera le cas pour l’EUTM RCA.

Des véhicules français du 1er régiment de chasseurs (photo DGMR)

Le commandement de la colonne motorisée était assuré par trois véhicules Lynx Light Multirole du quartier général de la Brigade Médiane. Trois véhicules français, deux VPC (Véhicule poste de commandement) et un VB2L du 1er régiment de chasseurs, en faisaient également partie pour illustrer le récent partenariat entre la brigade Médiane et la 7ème brigade blindée française. La nouvelle capacité motorisée belge de la Composante Terre va se mettre en place avec la France dans le cadre du programme Scorpion. Deux véhicules blindés boxer hollandais fermaient la marche de cette première partie du défilé motorisée.

Durant le défilé motorisé, les Belges ont pu également apercevoir un véhicule tout terrain Amarok néerlandais avec ScanEagle UAV, deux véhicules de reconnaissance Dingo luxembourgeois, un Mercedes-Benz néerlandais avec une pièce de mortier 120 mm et un camion Mammut allemand.

Un « boxer » hollandais (photo BE Défense)

 

Mali, lutte contre Daech, Corps de réaction rapide-France au menu du dernier numéro de la Revue Militaire Belge

L’Institut royal supérieur de défense (IRSD) a sorti le dernier numéro du mois de juin de la Revue Militaire Belge de 111 pages. Cette revue s’adresse tant aux militaires qu’aux civils pour les informer sur les réalités et les enjeux dans le domaine de la Défense au niveau national et international. Pour ce nouveau numéro, les sujets sont une nouvelle fois riches et denses.

Le général de brigade Éric Harvent évoque son commandement au Mali et le docteur Didier Leroy parle de la Belgique et Daech. Un article est également consacré à la contribution belge à l’état-major du Corps de réaction rapide français. Le chef de la Composante Terre, le général-major Marc Thys, est également l’auteur d’un article en néerlandais sur les capacités de la Défense belge. Plein d’autres sujets sont à découvrir…

Par ailleurs, trois nouveaux membres rejoignent le comité de rédaction de la revue:  l’amiral de flottille e.r. Georges Heeren, ancien commandant de la Composante Marine entre 2015 et 2016, le général de brigade e.r. Henri Badot-Bertrand, ancien commandant de feu le 1er régiment d’artillerie de campagne ainsi que du CRR Fr,  et le général de brigade e.r. Philippe Dohet-Eraly, ancien commandant du feu 8ème bataillon Logistique.

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À l’Avant-Garde a un an

Le blog À l’Avant-Garde a un an d’existence.

Le blog À l’Avant-Garde a vu le jour le 17 juillet 2016, fruit d’une initiative personnelle partant d’un constat sur l’absence d’une blogosphère spécifique en rapport avec la Défense belge à part quelques pages Facebook. Avec la mise en place de la vision stratégique, de nombreux dossiers d’investissement vont occuper l’actualité de l’armée belge ces prochaines années, une armée qui va connaître des transformations une fois de plus. Ces dossiers d’investissement ne vont pas manquer d’intéresser également les autres pays européens d’où l’intérêt de lancer un blog spécifique, un premier du genre.

Durant cette année, un peu plus de 150 articles ont été publiés. Des interviews ont pu être réalisées. Le but du blog est de proposer des articles sur des sujets plus spécifiques, qui ne sont pas forcément traités par les médias généralistes mais qui intéressent la blogosphère Défense. Il faut remercier aussi le service de presse de la Défense belge qui a immédiatement collaboré et répondu à mes demandes. C’est ainsi qu’un dossier a pu être consacré sur l’action des militaires du bataillon ISTAR lors des attentats du 22 mars 2016.

Après un an d’existence, le blog va continuer sur sa lancée pour une deuxième année en gardant le rythme et en espérant pourquoi pas enrichir ses articles selon ses moyens. Les sujets ne manquent pas mais il n’y a pas toujours le temps et il faut faire des choix.

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La Belgique va diminuer sa présence militaire au Mali dès janvier 2018

Des militaires belges du bataillon ISTAR au Mali en 2015 (photo BE Defence)

Selon la VRT et l’agence Belga qui tiennent leurs informations de source militaire, la Belgique réfléchit à diminuer fortement sa présence militaire au Mali dès janvier 2018 alors que le général de brigade belge Laurent Bart vient de prendre le commandement de l’EUTM Mali. Il n’y a encore rien d’officiel mais la Belgique aurait averti l’Espagne qu’elle devrait prendre la tête de la mission européenne plus tôt que prévu lors de la cérémonie de passation de commandement.

En décembre 2016, le ministre Steven Vandeput avait indiqué que la Belgique était prête à prendre le commandement de l’EUTM Mali pour une année supplémentaire jusqu’en juillet 2018. Finalement cela ne sera pas le cas même s’il n’y a encore rien d’officiel et qu’on ne sait pas encore quelle forme prendra la contribution militaire belge au Mali. Une phrase sur le site de la Défense sur ses missions en Afrique ne laisse pas place au doute:« Le général de brigade Laurent restera, quant à lui, chef de mission jusqu’à la fin du mois de janvier 2018, sonnant ainsi le glas du commandement belge. » 

Le Mali est la mission la plus importante à l’étranger pour la Composante Terre avec un détachement de 182 militaires. Un autre détachement de 22 militaires est également présent au sein de la MINUSMA. Depuis juillet 2016, trois généraux belges se seront succédés à la tête de l’EUTM Mali: le général de brigade Éric Harvent, le général de brigade Peter Devogelaere et le général de brigade Laurent Bart.

Le ministre Steven Vandeput donne des précisions sur la situation des militaires belges au Congo

Un para belge au Congo à Kindu lors de l’exercice Tropical Storm en décembre 2015 (photo Stijn Verboven
/BE Defense)

Un certain flou entoure la situation exacte des militaires belges au Congo depuis certaines révélations parues la semaine dernière dans la presse et la fin de la coopération militaire décidée par le gouvernement congolais en avril dernier. Le ministre Steven Vandeput a donné des précisions en commission, sa première explication officielle sur ce dossier.

Actuellement 12 militaires belges surveillent la base logistique et le matériel belge à Kindu en attendant d’avoir les autorisations nécessaires du gouvernement congolais pour tout rapatrier. Pour l’instant, le Congo refuse d’accorder des visas et de donner des approbations diplomatiques depuis mi-mai pour le rapatriement qui doit nécessiter l’utilisation d’un C-130 et de personnel supplémentaire. Actuellement des rotations ont lieu au sein du détachement chargé de la protection de la base et du matériel pour le redéploiement pendant la période des grandes vacances. La panne qui a touché la flotte de C-130 aurait également compliqué l’évacuation, un fait non mentionné par le ministre en commission.

Les tractations pour le rapatriement n’ont lieu qu’au niveau diplomatique et du ministère des Affaires Étrangères, le ministère de la Défense n’intervenant  pas sur ce volet du dossier. Par ailleurs, le ministre Steven Vandeput a précisé que les relations étaient très bonnes entre les militaires belges et les militaires congolais.

De son côté, le gouvernement congolais nie bloquer des militaires belges et ne veut pas accorder de visas à cinquante personnes, estimant que vingt personnes suffisent pour évacuer le matériel.

Les militaires de l’opération Vigilant Guardian à l’honneur du défilé du 21 juillet

Les différents porte-drapeaux des unités engagées dans l’opération Vigilant Guardian le 23 mars dernier lors de la cérémonie de passation de commandement de la Composante Terre (crédit-photo Malek Azoug/BE Defense)

Pour la Fête Nationale, la Défense belge a décidé de mettre à l’honneur les militaires de l’opération Vigilant Guardian, opération désormais à part entière de l’armée belge qui mobilise quelques 1250 militaires plus 150 en réserve prêts à être déployés en cas de crise. Un détachement composé de militaires des Composantes Terre, Air et Médicale défileront pour le 21 juillet. Seule la Composante Marine ne participe pas à cette opération.

« La Défense et la Composante Terre en particulier sont très fières d’avoir pu assurer la sécurité de la population. Il ne faut cependant pas oublier qu’un militaire doit être aguerri à des tâches et missions beaucoup plus complexes se déroulant sur des théâtres d’opération étrangers », explique la Défense dans un communiqué pour expliquer ce choix. Au départ, seules les unités de combat de la Composante Terre ont pris part à cette opération mais l’armée a été obligée d’élargir son vivier à des unités d’appui comme la logistique, les transmissions ainsi qu’aux deux autres Composantes Air et Médicale. La Défense précise même que des volontaires de différents états-majors y participent après avoir suivi un entraînement spécifique dans le but d’alléger certaines unités.

Il ne faut pas non plus oublier l’opération Spring Guardian, qui vise à protéger les installations nucléaires belges et qui est moins médiatisée. Elle mobilise toujours 63 militaires.

Dans le courant de l’année 2017, la Défense belge a mis en valeur les militaires de l’opération Vigilant Guardian lors de cérémonies. Le Général-major Jean-Paul Deconinck, aujourd’hui commandant de la MINUSMA et ancien chef de la Composante Terre, avait tenu à mettre l’accent sur les militaires de Vigilant Guardian lors de la cérémonie de passation le 23 mars dernier pour les remercier de leur engagement continu depuis 2015.

Privée de ses C-130, la Belgique a fait appel à l’European Air Transport Command

Privée de ses C-130 immobilisés pendant un mois suite à une panne, la Belgique a fait appel à ses alliés de l’European Air Transport Command comme l’a indiqué en commission de la Défense nationale le ministre Steven Vandeput. « Le pooling and sharing a ses limites mais ici c’était un succès », a-t-il précisé pour appuyer ses propos. Un avion portugais a ainsi été envoyé par l’EATC à Kindu au Congo pour porter assistance à l’un des C-130 immobilisés.

Le ministre Steven Vandeput a toutefois reconnu que des missions avaient été décalées en attendant que les C-130 puissent à nouveau être opérationnels. Même si la coopération européenne a bien fonctionné dans ce cas précis, cet incident mécanique aura quand même eu des répercussions non négligeables sur les opérations militaires comme la Défense l’a reconnu elle-même.

Deux avions sont toujours en panne, l’un au Portugal et l’autre au Congo-Brazaville.

 

Les C-130 de l’armée belge de nouveau opérationnels prochainement

crédit-photo BE Defense

Après une panne générale qui aura cloué au sol les 10 C-130 belges pendant un peu peu plus d’un mois, ces derniers devraient pouvoir reprendre leur activité prochainement. 

RTL Info révélait au mois de juin dernier qu’une panne clouait au sol la flotte de C-130 la Composante Air. Selon leurs informations, cette panne aurait été due à un changement d’huile effectué dans les circuits hydrauliques des appareils. Par souci d’économies, de l’huile minérale a été utilisée au lieu de l’huile synthétique habituelle. Le problème c’est que l’huile minérale se fige à basse température et en altitude. Il a fallu donc changer les 800 litres d’huile hydraulique de tous les appareils dont certains ne se trouvaient pas sur le territoire belge.

La Défense belge a indiqué hier sur son site que les C-130 étaient à nouveau pratiquement opérationnels. Elle parle de problèmes persistants sur le système de contrôle des commandes de vol. Des inspections techniques ont été menées sur tous les appareils avec des réparations et des réajustements ainsi que le remplacement de certains composants (comprendre le remplacement de l’huile hydraulique). Les techniciens de l’armée belge ont également amélioré les systèmes et procédures techniques.

Certains C-130 ont déjà pu reprendre leur vol tandis que les autres vont bientôt suivre, permettant à l’armée belge de disposer à nouveau entièrement de sa flotte d’avions de transport. Selon la Défense belge, cette longue indisponibilité a fortement impacté les missions du 15 Wing Transport Aérien de Melsbroek et par là-même les opérations de l’armée belge. On peut penser au Congo, au Mali etc…Fort heureusement, il n’y a pas eu de crises majeures nécessitant l’évacuation de ressortissants ou de militaires belges.

Pour le général Thys, l’avenir de la Composante Terre se base sur deux projets: le SOCOM et la capacité motorisée

Le général-major Marc Thys lors de son allocution aux colonels et chefs de corps de la Composante Terre le 19 juin dernier (photo Belgian Army)

Nouvellement nommé à la tête de la Composante Terre depuis fin mars, le général-major Marc Thys a présenté les grandes lignes de son mandat mi-juin aux colonels et chefs de corps de la Composante Terre. Malgré les nombreux défis, il s’est voulu positif sur le thème « bâtir l’avenir » dans son discours.

Le général-major Marc Thys a révélé sa volonté de renforcer la formation à tous les étages de la base aux officiers avec de meilleures perspectives d’avenir et d’évolution. Il a répété combien il était capital de réaliser les investissements prévus dans le cadre de la vision stratégique pour que la Composante Terre puisse assurer un appui journalier: « mes priorités vont (dans l’ordre) vers l’équipement individuel, les munitions et les véhicules opérationnels », a précisé le général-major. Le sourcing sera une autre partie importante du projet pour garder le même niveau d’ambition avec la prévision de baisse d’effectifs voulue par la vision stratégique du ministre Steven Vandeput.

Mais le général-major Marc Thys veut surtout rendre la Défense plus attractive envers les jeunes mais également envers ses alliés européens en construisant une Composante Terre adaptée aux caractéristiques du 21ème siècle en se basant sur deux projets d’avenir: le SOCOM pour les Forces Spéciales et la capacité motorisée:« une référence pour les forces terrestres du monde entier ». « Grâce à ces projets, nous devenons les pionniers de la coopération en matière de Défense européenne et nous créons un modèle applicable à beaucoup de nos partenaires. Nous sommes persuadés qu’il s’agit de la voie (révolutionnaire) à suivre afin de bâtir une défense européenne forte, indispensable à la sauvegarde des intérêts et des valeurs belges et européens », a déclaré le général Thys qui a mis en avant la haute qualité des forces terrestres belges, qui compense une contribution plus faible par rapport à d’autres armées dans des opérations.

« Bâtir l’avenir ne sera possible que si tout le monde fait front. Mon but est de pouvoir à nouveau augmenter nos ambitions d’ici 2020. La route est donc encore longue et parsemée d’obstacles, de moments et de passages délicats. Nous allons tous les surmonter. J’en suis persuadé ! », a conclu le général-major Marc Thys dans son allocution.

Lettre d’intention général Marc Thys juin 2017

La Belgique va acquérir 199 véhicules blindés légers pour ses Forces Spéciales

Dessin conceptuel du Light Troop Transport Vehicle

Après l’accord conclu avec la France pour l’achat de 477 véhicules blindés pour la Composante Terre, la Belgique va acquérir 199 nouveaux véhicules blindés du type Light Troop Transport Vehicle  avec des ‘mission modules’ et des systèmes (d’armes) connexes pour un coût de 63,3 millions d’euros pour ses Forces Spéciales, a annoncé le ministre Steven Vandeput dans un communiqué. Le gouvernement belge a marqué ce vendredi son accord pour le lancement de procédure de marché public. La livraison est prévue à partir de 2019 jusqu’à 2021.

Cet achat s’inscrit dans le cadre de la mise en place de la vision stratégique du ministre Steven Vandeput et du renforcement de la capacité des Forces Spéciales, les deux bataillons de paracommandos, prenant la dénomination « Ranger » (SFSG: Special Support Forces Group) pour évoluer en soutien. Des structures de commandement SOF spécialisées nationales et internationales  comme le SOCOM seront également développées. Les véhicules, qui vont être commandées, serviront donc aux Forces Spéciales mais également aux paracommandos.

Ces nouveaux véhicules blindés légers doivent permettre à la capacité SOF de se déployer rapidement, de manière autonome et flexible. La flexibilité sera renforcée par l’utilisation de différents modules de mission (SF, para-commando, en différentes versions, dont un module ambulance) qui peuvent être montés sur un LTTV, ensemble avec un armement pouvant être adapté. Cet armement comprendra des mitrailleuses légères et lourdes, des lance-grenades et des systèmes de lance-pots fumigènes. Ces LTTV auront la possibilité d’être transportés dans les actuels C-130 de la Composante Air et les futurs A400M.

Les LTTV vont remplacer les Unimogs non-blindés actuels. La protection standard balistique contre des balles, des grenades, des mines et des bombes d’accotement sera renforcée par des kits balistiques supplémentaires qui font également partie de cette acquisition. Cet achat est complémentaire de celui des Rapid Reaction Vehicles blindés déjà décidé en 2015 et dont la livraison doit commencer dans la première moitié de 2018. De plus, le ministre Steven Vandeput souhaite également acquérir quatre avions-SOF spécialisés dans la période 2025-2027.

« Cette acquisition correspond au processus de ma vision stratégique de renforcer la capacité Special Operations Forces de la Défense belge, tel qu’également demandé par l’OTAN », a indiqué le ministre de la Défense, Steven Vandeput, dans un communiqué.