L’armée belge va participer à une mission d’instruction au Bénin

Un instructeur militaire belge au Bénin à Cotonou en octobre 2014 (photo Daniel Orban/ BE Defence)

Le gouvernement belge a approuvé hier l’envoi d’un instructeur militaire au Bénin pour une mission d’instruction au profit du Centre de perfectionnement aux actions post-conflictuelles de déminage et de dépollution (CPADD) au Bénin à Ouidha à partir du mois d’avril.

Cette mission, qui commencera ce mois-ci, est d’une durée de dix-huit semaines divisée en trois périodes de six semaines. Elle répond à une demande du gouvernement béninois qui voulait disposer d’un instructeur dans les domaines de la gestion, du déminage et de l’élimination de munitions. Les cours qui sont appuyés, seront des cours démineur et un cours de chef de dépôt de munition. Ils s’adresseront à des militaires des forces armées africaines et des membres d’ONG.

La collaboration belgo-béninoise remonte aux années 70, mais l’accord de collaboration officiel date de 1999 et a été renforcé en 2001 par la signature d’un arrangement particulier qui définit les conditions de sa mise en œuvre. Depuis 2009, cette collaboration se poursuit suivant un plan annuel dénommé Programme de Partenariat Militaire (PPM). Elle comprend notamment l’assistance à la formation des cadres des forces armées dans la région comme c’est déjà le cas régulièrement pour les parachutistes ou marins béninois.

Le coût de Vigilant Guardian s’élève à un peu plus de 100 millions d’euros depuis 2015

Les premiers Chasseurs Ardennais de l’opération Vigilant en mission à Bruxelles le 17 janvier 2015 (photo Daniel Orban / BE Defense)

Le coût de l’opération Vigilant Guardian s’élève à un peu plus de 100 millions d’euros depuis son lancement le 17 janvier 2015 selon des chiffres fournis par le ministre Steven Vandeput aux députés de la Commission de la Défense. Le chiffre exact arrêté au 18 avril 2017 est de 100.289.000 d’euros. Son coût est supporté en grande partie par le ministère de l’Intérieur. 

Le ministre a par ailleurs indiqué que le dispositif avait évolué depuis son lancement et que le chiffre actuel de 1250 militaires déployés variait selon les endroits et les événements à couvrir. Le dispositif est désormais plus dynamique. En plus de la Composante Terre, deux autres Composantes sont concernées par l’opération: l’Air et la Médicale. Seule la Marine n’y participe pas. Depuis l’année dernière, d’autres unités que des unités de combat au sens strict sont mobilisées comme la logistique et les transmissions.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon veut lancer un cors de sécurité spécifique ou « garde nationale » qui doit remplacer les militaires dans la rue. Mais le projet prend pour l’instant du retard et les syndicats militaires ne l’espèrent pas avant 2019 voire plus tard s’il n’est pas mis en place par la législature actuelle.

 

Un premier bataillon centrafricain formé par l’EUTM RCA bientôt opérationnel

Au camp KASSAI, les suédois participent à la formation des FACA. Aujourd’hui, le cours de combat se compose de deux mission: s’emparer d’une maison et la défendre. Après la partie théorique sur le tableau, mise en pratique sur le terrain. (crédit-photo adjudant-chef Tritz Vincent/EUTM RCA)

Le 3ème bataillon d’infanterie territorial centrafricain sera opérationnel à la fin du mois. Il s’agit du premier bataillon formé et entraîné par l’EUTM RCA depuis le lancement de la mission européenne en juillet 2016.

Le 3ème bataillon d’infanterie territorial compte 650 soldats répartis en 3 compagnies de combat (175 soldats par compagnie), d’une compagnie de commandement et de service ainsi que d’un état-major. La formation s’est déroulée en trois temps et a mobilisé 30 instructeurs pendant 7 mois. D’octobre à décembre 2016, le mandat 1 de l’EUTM RCA s’est concentré sur la formation de la 1ère compagnie et des personnels clés de l’état-major. De janvier à mars 2017, le mandat 2 de la mission européenne a formé de front la 2ème et 3ème compagnie. Durant le mois d’avril, l’ensemble du bataillon s’est exercé. Différents cours ont été fournis par l’EUTM tant au  niveau théorique qu’au niveau pratique: combat d’infanterie de différents niveaux (groupe, section, compagnie), tir de combat, éducation physique militaire et sportive, topographie, premiers soins au combat ou bien encore procédure radio.

En plus de l’entraînement opérationnel, l’EUTM RCA a apporté sa contribution en appui de

La section « ANACONDA » 2° compagnie 2° section réalise un exercice de combat.La mission consiste à « S’emparer d’une cache d’arme en suivant l’axe Lima1 et en revenant par Lima2.,Pour cette action un groupe doit s’emparer de la cache d’arme, un autre doit être en appui et le dernier se trouve en couverture. (crédit-photo adjudant-chef Tritz Vincent/EUTM RCA)

l’état-major centrafricain dans la sélection du personnel du point de vue médical et physique mais aussi en excluant tout militaire ayant été impliqué dans les événements récents (groupes armés, exactions…). Les militaires de l’EUTM RCA ont également conseillé les autorités militaires centrafricaines à propos des besoins en équipement de ses unités.

Le 3ème bataillon d’infanterie territorial recevra sa certification fin avril lors d’un exercice final sur le terrain où le bataillon dans son ensemble sera engagé. Il sera ensuite mis à la disposition des autorités centrafricaines qui décideront de son emploi opérationnel. Son déploiement reste toutefois conditionné à la disponibilité des équipements et à une chaîne d’appui logistique solide. Pour l’instant, ces deux conditions ne semblent pas réunies et ne permettent pas dans l’immédiat de déployer une unité de la taille d’un bataillon ou même d’une compagnie.

À partir du mois de mai 2017, l’EUTM RCA va commencer la formation d’une deuxième unité des forces armées centrafricaines. L’objectif du mandat initial de l’EUTM RCA est de former jusqu’à trois bataillons entre juillet 2016 et septembre 2018.

La Belgique est à la tête de l’EUTM RCA depuis janvier 2017 et a déployé 25 militaires en Centrafrique, en majorité issus de l’Eurocorps. Le général belge Herman Ruys commande environ 175 hommes issus de 12 pays différents.

Tir multi positions au camp de KASSAI (crédit-photo adjudant-chef Tritz Vincent/EUTM RCA)

 

La Brigade Médiane signe un partenariat avec la 7ème brigade blindée française

photo Composante Terre/ BE Defence

Le 5 avril dernier , le commandant de la Composante Terre, le Général-major Marc Thys, a signé avec le chef d’État-Major de l’Armée de Terre française, le Général d’armée Jean-Pierre Bosser une lettre d’intention en vue d’une coopération plus étroite grâce à un partenariat entre la Brigade Médiane et la 7ème brigade blindée française (7e BB), surnommé aussi la brigade des Centaures.

Ce partenariat franco-belge, qui concerne surtout les régiments et bataillons des deux brigades, se concrétisera par la planification, l’organisation et l’exécution conjoint d’exercices. Les deux brigades pourront ainsi apprendre à connaître leurs procédures  ce qui offre une plus-value lors d’un engagement international éventuel en plus des opportunités d’entraînement et d’une familiarisation avec le matériel. Cette collaboration permettra également aux deux nations de gérer des lieux et moyens d’entraînement d’une façon plus efficace.

La Brigade Médiane compte environ 2.600 hommes et est formé des Carabiniers-Grenadiers, du bataillon Libération – 5 de Ligne, des Chasseurs Ardennais, du 1/3 Lanciers, du 12/13 de Ligne ainsi que d’un Quartier général.

La 7ème brigade blindée française compte environ 8.000 hommes et est formé du 1er régiment de chasseurs, du 35ème régiment d’infanterie, du 152ème régiment d’infanterie, du 1er régiment de tirailleurs, du 68ème régiment d’artillerie d’Afrique, du 5ème régiment de dragons, du 3ème régiment génie, d’une batterie de renseignement de brigade, d’une compagnie de commandement et de transmissions ainsi que deux centres de formation initiale des militaires du rang.

 

Premier saut pour les paras maliens depuis 2011 avec les paras belges

photo EUTM Mali

Du 6 au 9 avril, l’EUTM Mali a organisé une activité d’entrainement au parachute dans la région de Bamako avec les parachutistes belges de la « Force Protection » d’EUTM et 30 parachutistes maliens du 33ème régiment des Commandos Parachutistes. L’objectif de cette activité était de soutenir le développement des capacités de parachutisme maliennes. Pour les parachutistes maliens, il s’agissait de leur premier saut depuis 2011.

Les paras belges du 3ème bataillon de Tielen sont déployés au Mali depuis fin décembre 2016-janvier 2017. Une rotation s’est effectuée en interne début avril pour remplacer le premier détachement. Les Carabiniers-Grenadiers prendront la suite en juillet.

photo EUTM Mali

En déplacement au Mali pour la prise de commandement du général Deconinck à la tête de la MINUSMA, le ministre de la Défense Steven Vandeput a effectué une visite de deux jours pour rencontrer les troupes belges de la mission européenne en compagnie du patron de la Défense le général Marc Compernol.

Les photos du saut: https://www.facebook.com/pg/eutmmali/photos/?tab=album&album_id=1222334701212425

[Interview] Joseph Henrotin: « La concurrence pour le remplacement des F-16 sera bien réelle »

Un point sur le dossier du remplacement des F-16 belges avec Joseph Henrotin, rédacteur en chef de la revue Défense & Sécurité Internationale et chargé de recherche à l’Institut de Stratégie Comparée. Interview.

La Belgique a récemment lancé son appel d’offres pour le remplacement de ses F-16. Pouvez-vous faire un rapide tour d’horizon sur les principaux prétendants qui ont répondu à cet appel d’offres ?

Nous avons cinq candidats déclarés : le Boeing Super Hornet (Etats-Unis), le Dassault Rafale (France), l’Eurofighter Typhoon (quadrinational), le Lockheed Martin F-35 (Etats-Unis), le Saab Gripen (Suède).

« L’achat d’un matériel américain est perçu comme un renforcement du lien entre Bruxelles et Washington »

Depuis le début, la presse belge a largement donné comme favori le F-35 américain avec de nombreux articles consacrés sur l’appareil américain. On sait que certains milieux politiques sont également favorables au F-35. Selon vous, à quoi cela est-il dû ? Le lobbying américain est-il plus efficace ou profite-t-il d’un a priori favorable ?

Nombreux, c’est relatif, comme toujours lorsqu’il s’agit du traitement des questions de défense dans la presse belge. Je pense qu’il y a eu corrélation entre les déclarations de Pieter De Crem, ministre de la défense sous le gouvernement belge précédent, et annonces successives de problèmes rencontrés dans le développement de l’avion lui-même, ses surcoûts et ses retards, ce qui induit une dissonance assez logiquement interpellante pour un journaliste. Ceci dit, la presse généraliste a commencé à vraiment s’intéresser à la question après les dernières législatives, durant lesquelles le plan de modernisation de la Défense belge – et le remplacement des F-16 – est devenu un enjeu, non pas tant de politique de défense à proprement parler, que de dépenses publiques.

Au plan militaire, tous n’adhèrent pas au F-35. Au fil des ans, j’ai pu voir une mise en perspective des apports de l’appareils, d’abord sur le plan de la furtivité – qui n’est plus maintenant considérée comme un argument de vente[1] – et ensuite sur celui de la fusion de données. Les promesses en la matière sont certes alléchantes mais encore faut-il les concrétiser. Au surplus, bon nombre des capacités impliquées sont classifiées : l’évaluation devient alors délicate. Il y a cependant une dimension essentielle dans les imaginaires politiques et militaires, qui renvoie au poids des Etats-Unis et des garanties de sécurité américaines au travers de l’OTAN. L’achat d’un matériel américain est ainsi perçu comme renforçant le lien entre Bruxelles et Washington. Reste cependant à voir comment cet imaginaire va évoluer après l’élection des Trump : les signaux envoyés par l’Administration américaine ont un temps été contradictoires.

« Le nucléaire est une fausse question »
Le F-35 est présenté comme favori mais les autres concurrents ont toutes leurs chances.

Des médias ont souligné le fait que l’appel d’offres du gouvernement belge était plus ouvert que prévu. Le ministre Steven Vandeput joue le plus possible la carte de la transparence dans le processus de décision. La concurrence sera-t-elle réelle ? D’autres concurrents que le F-35 ont-ils leur chance ?

Ils l’ont toujours eu : que l’un ou l’autre responsable se positionne en faveur du F-35 ne présage en rien de la décision de l’ensemble d’un gouvernement de coalition – en particulier, comme l’a bien montré Wally Struys, en Belgique. Au-delà, je pense que la concurrence sera bien réelle. La question des « marges d’évolution » – un peu abusivement interprétée comme ce qui est lié au nucléaire, parce qu’il n’y a pas que cela – a, en particulier, été perçue comme le signe que le jeu n’était pas limité au F-35. En réalité, le nucléaire est une fausse question : les Tornado allemands ou italiens sont aptes à l’emport des armes américaines et il avait été question, au début des années 1970, que les Mirage 5 belges aient cette capacité. Ils ne l’ont pas eu uniquement pour des raisons budgétaires, et non du fait d’un blocage politique américain.

« La dépense est considérée comme excessive au regard des autres problématiques touchant la société »

L’opposition et notamment le PS et Écolo sont très critiques sur cet achat qu’ils jugent inutile et disproportionné. Une partie de la société civile est contre avec un collectif qui s’est formé et des actions de protestation qui ont été menées. Comment peut-on analyser ce phénomène alors que le remplacement des F-16 est inévitable ?

La société civile est traversée par une multitude de clivages qui touchent également le personnel politique et les partis. C’est évidemment le cas dans beaucoup de pays, mais, dans le cas belge, ils sont particulièrement structurants de la vie politique. L’un de ces clivages est lié au rapport aux questions militaires. Ce clivage, qui peut s’épanouir du fait du rapport très spécifique à la notion de puissance qu’a la Belgique. Vous pourrez ainsi remarquer que cette notion de puissance est clairement abordée par les think tanks et quelques universités, mais que le volet « militaire » de la puissance est, paradoxalement, le plus souvent absent. In fine, les éléments politiques, stratégiques et techniques qui vous permettent de dire – et qui me permettent de penser – que « le remplacement des F-16 est inévitable » sont absents.

La plateformes Pas d’avions de chasse regroupant 130 associations de la société civile belge a organisé une manifestation nationale le 24 avril 2016 contre le remplacement des F-16

Le dire vous expose ainsi à une mise en concurrence de l’allocation des ressources publiques loin d’être inexistantes (plus de 208 milliards en 2013) ; la dépense étant considérée comme excessive au regard d’autres problématiques touchant la société. C’est d’autant plus paradoxal qu’il est bien démontré que la Belgique est en situation de sous-investissement militaire chronique depuis le début des années 2000 et aux contrats opérationnels politiquement fixés. Si l’on pousse un peu plus loin, pour l’année 2013 – donc avant le train de réductions décidées  par le nouveau gouvernement et le lancement de Vigilant Guardian – seuls 869 millions d’euros ont été affectés à l’entraînement, à l’équipement, aux infrastructures et aux opérations extérieures. C’est 509 millions de moins que le budget 2013 de la coopération au développement ; 411 millions de moins que l’entretien des routes en Wallonie de 2009 à 2013 ; ou encore 168 millions de moins que le budget affecté par la région bruxelloise aux transports en commun en 2013.

Ce premier paradoxe en cache un deuxième : la combinaison de décisions politiques opérées depuis le milieu des années 1990 minore totalement le rôle de ce qui allait devenir la Composante terrestre. Or, huitième pays le plus riche de l’UE et Etat de taille moyenne (11 millions d’habitants, ce qui permet de la comparer à la Grèce, le Portugal ou la Suède), la Belgique doit évidemment assurer les obligations qu’elle a contracté et qui la placent dans une posture où d’autres garantissent sa sécurité ; ce qui ne passe plus guère que par l’aviation. Outre que ce type de raisonnement vous fait rapidement passer pour un « faucon », il tend à être considéré comme « technique », « sub-politique », au risque d’aboutir à des aberrations. Il n’est pas rare de trouver des discours indiquant qu’acheter de nouveaux appareils implique nécessairement de s’en servir en opération, par exemple…

A partir de ce moment, un discours suivant lequel des investissements de moins de 10 milliards d’euros sur dix ans sont très inférieurs aux plus 50 milliards que la Belgique devrait dépenser sur la même période si elle voulait respecter ses engagements ne peut plus trouver prise. Reste donc à voir si le prochain gouvernement appliquera un plan qui devra, pour l’essentiel, trouver sa concrétisation dans les années 2020.

Dans la vision stratégique du ministre Vandeput, de gros investissements en matériel sont prévus pour la Composante Air et la Composante Marine. Les autres investissements seront-ils suffisants pour la Composante Terre ? Cette dernière peut-elle se sentir lésée ? Que cela dit-il des orientations futurs de la Défense belge ?

Le plan ne présente pas de véritable rupture : depuis 1993, le génocide rwandais et la perte de 10 para-commandos, les forces terrestres ont été peu à peu déconsidérées. Le coup final a été porté en 2000, le plan Flahaut ne permettant plus d’engagement dans des opérations de haute intensité. Dans les années suivantes, le nombre de brigade est passé de trois à deux, la puissance de feu terrestre belge étant, en quelques années, devenue inférieure à celle de l’Estonie[2]. In fine, la situation des forces terrestres belges pouvait être résumée par le général Deconinck : avec seulement 1 800 hommes engagés en opération, il « ne peux plus garantir l’entraînement générique qui permet d’avoir – en stand-by, en permanence – deux compagnies ou un bataillon interarmes ». Pour bien mesurer l’étendue des coupes, il faut se rappeler que l’armée de terre belge représentait six divisions et onze régiments indépendants en 1989.

L’artillerie fait partie des domaines de la Composante Terre qui ont l’attention de la vision stratégique (photo DG Com)

Pratiquement, ce qu’il reste des forces terrestres bénéficie malgré tout d’une attention, notamment dans le secteur des forces spéciales et des forces à présent qualifiées de motorisées. Les documents liés au plan d’investissement font ainsi directement référence au programme SCORPION, ce qui n’est pas anodin dans des documents de telle nature. De même, l’artillerie à longue portée devrait connaître une renaissance. Dans l’ensemble, le plan Vandeput est un travail sérieux, mais qui fait face à deux problèmes majeurs. Le premier est la déconsidération générale des élites politiques belges pour la défense. Le deuxième est calendaire : c’est au prochain gouvernement d’appliquer le plan décidé par celui-ci. A voir s’il sera réélu : l’actuelle configuration gouvernementale est en bonne partie due à la volatilité politique au sud du pays en 2014. Si la réforme fiscale décidée ne délivre pas rapidement ses effets et que les électeurs indécis n’y voient pas leur intérêt, l’affaire est cuite.

« Si le contrat n’est pas signé en juin 2018, le remplacement entrera dans une zone de forte turbulence »

Pour finir, l’appel d’offres a été lancé tardivement. Le gouvernement aura-t-il le temps de prendre sereinement une décision avant la prochaine législature ?

La question ne me parait pas tant celle de la prise de décision que celle de la signature effective du contrat. Le choix sera probablement rapide, dès lors que les différents Etats engagés dans la compétition préparent leurs propositions depuis un certain temps et que l’appel d’offre a bien cadré la méthodologie d’évaluation. Mais choisir et ne pas signer, c’est ne pas s’engager. Or, les prochaines législatives, qui sont déterminantes en Belgique du nouveau gouvernement, se tiendront au printemps 2019. Je ne pense pas que les responsables gouvernementaux prendront le risque d’une décision impopulaire à une date trop rapprochée de l’élection, sachant que le travail est ralenti, les derniers mois, par la campagne électorale. Autant dire que si le contrat n’est pas signé en juin 2018, le remplacement entrera dans une zone de forte turbulence.

[1] D’autant plus qu’elle n’est que radar : sa configuration fait du F-35 un appareil particulièrement visible aux capteurs IR à grand angle qu’investiguent actuellement Chinois et Russes.

[2] Soit 18 Piranha dotés de canons de 90 mm ; 32 Piranha dotés de canons de 30 mm ; 24 obusiers de 105 mm ; 52 mortiers de 120 mm. Sources : IISS Military balance 2014.

Le général Deconinck officiellement à la tête de la MINUSMA

Cérémonie de passation de commandement de la Force MINUSMA le 11 Avril 2017 (Photo : MINUSMA/Harandane Dicko)

Le général Jean-Paul Deconinck a officiellement pris aujourd’hui la tête de la MINUSMA, la mission de l’ONU au Mali, lors d’une cérémonie qui a eu lieu  au quartier général de la Minusma à Bamako en présence du général Marc Compernol et du ministre Steven Vandeput.

Présente au Mali depuis avril 2013, la Minusma dispose d’effectifs maximum autorisés de 15.209 « membres du personnel en uniforme » – même si les effectifs réellement déployés au 31 janvier étaient moindres, s’élevant à 13.456 personnes, dont 10.763 militaires, 36 observateurs et 1.258 policiers pour la composante militaire. Dans ses rangs, la Minusma compte actuellement une vingtaine de militaires belges, mais ce nombre devrait augmenter l’année prochaine.

Le mandat du général Deconinck est d’un an avec possibilité de prolongation.

Qu’en est-il de l’opération Desert Falcon et des frappes des F-16 belges en Syrie et en Irak ?

photo Défense belge

Le Soir parle de cacophonie et c’est bien le flou qui entoure la situation des F-16 belges basés en Jordanie et qui frappent en Syrie et en Irak depuis juillet 2016. Deux raisons sont à l’origine du flou: l’incident à Mossoul du 17 mars et le raid aérien américain sur une base syrienne dans la nuit du 6 avril. Si on ajoute une communication pas toujours très claire de la part du gouvernement et des différents ministères, il est difficile de s’y retrouver. 

Le déclencheur est bien le récent raid aérien américain sur une base syrienne. Dans un temps, l’agence Belga a annoncé que la Belgique avait suspendu officiellement ses vols au-dessus de la Syrie tandis qu’une autre source au sein de la Défense a précisé que la situation n’avait rien d’anormal puisque les F-16 belges ne se trouvaient pas tous les jours dans l’espace aérien syrien. Selon les dires de Steven Vandeput, il y a eu suspension de vols sans en avoir eu. Effectivement la Syrie ne concerne qu’environ 20% des missions des F-16 belges. Il n’est toutefois pas illogique de penser que la Belgique n’ait pas voulu prendre de risque pour ses pilotes si Russes et Américains ne s’entendaient plus et que l’espace aérien syrien n’était plus sûre. D’ailleurs les politiques belges se sont montrés réservés dans leurs réactions sur l’initiative américaine faite sans l’accord de l’ONU et qu’ils sont loin de franchement approuver. Cela ne signifiait pas de toute façon que la Belgique avait suspendu les missions de ses F-16 au-dessus de  l’Irak.

Des F-16 belges en Jordanie (photo Défense belge)

D’un autre côté, le récent incident du raid de la coalition à Mossoul du 17 mars joue également un rôle qu’on ne peut écarter. L’incident, qui a donné lieu à une polémique belgo-belge, doit pousser le gouvernement belge à la retenue pour ne pas avoir à gérer une autre polémique. La Défense est toujours dans l’attente des résultats de l’enquête de la coalition internationale et le parquet fédéral n’a pas lancé de procédure pour l’instant. Ce matin dans une interview sur Bel RTL, le ministre des Affaires Étrangères Didier Reynders a précisé que la Belgique avait modifié ses règles d’intervention notamment sur Mossoul, des règles d’intervention qui on le rappelle sont déjà très strictes aucune frappe n’étant effectuée avant une vérification poussée. Il semble que le jour de l’incident du 17 mars, les F-16 belges aient répondu à une demande urgente de leurs alliés irakiens et que le temps était couvert. En revanche, Didier Reynders a nié toute suspension de raids aériens belges. On l’a compris, la prudence est le maître-mot: sécurité des pilotes et sécurité des populations civiles.

Une chose est sûre, la mission des pilotes des F-16 belges déjà compliquée est loin d’être sereine au vu de la situation actuelle et de la position des politiques belges. Elle doit s’arrêter en juillet prochain et personne ne sait quand elle reprendra, les Pays-Bas n’assurant pas l’intérim. Pas sûr que la Belgique soit vraiment chaude pour retenter l’expérience dans un an surtout si la mort de civils venait à se confirmer. Une décision d’arrêter définitivement tout bombardement comme le Danemark ne serait pas surprenante d’autant plus qu’en 2019 de nouvelles élections vont avoir lieu avec la mise en place d’un nouveau gouvernement de coalition !

Le 12/13 de Ligne en exercice en Autriche avec le 1er régiment de Tirailleurs français

crédit-photo Marc Ganser-12/13 LI

Du 27 mars au 6 avril, la 1ère Compagnie du 12/13 de Ligne renforcée du Détachement Sniper et d’une section de dix hommes du 1er Régiment de Tirailleurs français était en exercice au camp Seetaler Alpen en Autriche. Elle était également appuyée par un Obstacle Crossing Team (OCT) du Centre d’Entraînement Commando et par le 3ème Élément Médical d’Intervention (3EMI). Le nom de l’exercice était Vertigo.

Parmi les objectifs prévus au départ de cet exercice: mise en place de postes d’observation de jour et de nuit, bivouac, stationnement inopiné ou de fortune, vie en campagne, tir avec dévers (négatif ou positif), exécution de patrouilles de jour et de nuit, réactions au contact et établissement de liaisons radio longue distance. En raison des conditions printanières, le programme a été un peu modifié. Les Lignards ont pu parfaire leur ski militaire et effectuer une progression en raquettes, une via cordata et une via ferrata. Les snipers ont effectué des tirs longue distance avec dévers dans les montagnes alpestres autrichiennes.

crédit-photo Marc Ganser-12/13 LI

Durant cette exercice, les tirailleurs français ont pu également essayer le FN-SCAR de l’armée belge. Le FN-SCAR faisait partie des prétendants à la succession du FAMAS français mais c’est le HK 416 allemand qui avait été finalement choisi par l’armée française.

De belles photos de cet exercice prises par le photographe du bataillon Marc Ganser sont à retrouver sur la page Facebook du 12/13 de Ligne: https://www.facebook.com/pg/1213Li/photos/

In memoriam les dix paras belges tués à Kigali en 1994

Comme chaque année le 7 avril, l’armée belge va rendre hommage aux 252 soldats belges morts en opération depuis 1945. Cette date d’hommage a été choisie par le gouvernement belge comme jour anniversaire de l’assassinat des dix paras belges du 2ème bataillon de Commandos de Flawinne tués à Kigali le 7 avril 1994. Ces paras belges appartenaient à l’opération MINUAR. Leur assassinat va provoquer le retrait du contingent belge du Rwanda et marquer profondément l’opinion publique belge.

In memoriam

 1er Lieutenant Lotin Thierry (1964-1994)
1er sergent Leroy Yannick (1965-1994)
Caporal Lhoir Stéphane (1966-1994)
Caporal Bassine Bruno (1966-1994)
Caporal Uyttebroeck Marc (1968-1994)
Caporal Dupont Christophe (1968-1994)
Caporal Debatty Alain (1964-1994)
Caporal Meaux Bruno (1965-1994)
Caporal Plescia Louis (1961-1994)
Caporal Renwa Christophe (1967-1994)